la nuit quand je dors...

Publié le par Za

la nuit quand je dors...

Notez les points de suspension du titre, ils ne sont pas anodins. Les yeux exorbités du chat non plus, d'ailleurs.
Une petite silhouette noire s'endort et l'aventure commence. Nous voici embarqués dans les pérégrinations nocturnes d'un album sans texte dont le rythme va crescendo.

la nuit quand je dors...
la nuit quand je dors...

Et c'est ce qui est fascinant dans ce livre. Il happe le lecteur dès la première page en lui insufflant l'envie d'aller voir au bout du rêve. D'une image à l'autre, le végétal et l'urbain se mêlent, les maisons poussent comme des radis, prennent des airs de canards flottants. Le voyage se fait par les airs, souvent, sous l'eau, un peu, mais aussi à travers une course folle, fuyant le danger, se jetant dans la gueule du loup. Un rêve, un cauchemar, quelque part à mi-chemin.

la nuit quand je dors...

De majestueuses doubles pages sépia, des découpages nerveux, et puis l'incursion de la couleur parfois éblouissante, puis immédiatement glaciale. Chaque image tisse un lien avec la précédente et déroule la nuit jusqu'au matin tonitruant du coucou qui marque sept heures.
Il y a aussi les yeux, les yeux des chats, l'oeil qui anime parfois le visage du héro, les regards fixes des créatures que l'on croise, scrutant le vide, devenant un péril.

la nuit quand je dors...
la nuit quand je dors...

Depuis Winsor Mc Cay et son Little Nemo (1905), on sait que c'est dans le rêve que se lisent les plus belles aventures, les plus folles, les plus dérangeantes. Pour sa première incursion dans l'album de jeunesse, Ronald Curchod propose un livre étrange et haletant, à laisser traîner sur la table pour que chacun s'en empare.

la nuit quand je dors...
Ronald Curchod
Rouergue, octobre 2014

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Publié dans albums, Ronald Curchod, Rouergue

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Nath56 01/02/2015 15:04

Il est intrigant celui-ci ! J'aime assez les illustrations...