le journal de Gurty

Publié le par Za

Des trains, il y en a plein. Au moins quatre. Il y en a un pour Paris, un pour la Provence et puis un autre pour l'Amérique, mais celui-là, il vole.

le journal de Gurty

C'est justement du train pour la Provence que débarquent Gurty et son maître, sur le quai de la gare d'Aix-en-Provence, pour de longues vacances, du 1er au 42 juillet. D'ailleurs, une petite invraisemblance pour commencer, qui peut bien bénéficier de vacances aussi longues ? (à part moi, bien sûr)

Mais en attendant, je suis allée me coucher. La sieste dans le train m'avait épuisée et il fallait que je sois en forme pour demain, car j'aurais plein de vacances à faire.

Les vacances donc, à hauteur de Gurty, une très épatante bestiole. On savait que Bertrand Santini écrivait carrément bien - et ce texte le confirme une fois pour toutes. Et voilà que, lassé sans doute d'avoir à partager les projecteurs des dédicaces et l'admiration des admirateurs, il a illustré ce roman lui-même. Bien lui en a pris ! Qui d'autre aurait pu dessiner Gurty sans la trahir ? Qui d'autre aurait pu rendre si justement ce regard malin, cette truffe frémissante, ce poil enjoué, ce caractère ébourriffé ? (ou l'inverse) Qui d'autre aurait pu brosser cet hilarant bestiaire ?

le chat Tête de Fesses / l'écureuil qui fait hi hi / Fleur (c'est elle que je préfère)
le chat Tête de Fesses / l'écureuil qui fait hi hi / Fleur (c'est elle que je préfère)

le chat Tête de Fesses / l'écureuil qui fait hi hi / Fleur (c'est elle que je préfère)

Les vacances, c'est l'aventure, le grand air, les retrouvailles avec les amis, la rigolade. (et je m'y connais en vacances, croyez-moi) Cependant, je me permettrai ici une remarque. Quand je lis, je n'aime pas rire - parce que je lis le plus souvent allongée et que ça secoue le livre.
C'est pénible.
Et ça m'est arrivé souvent en lisant Le journal de Gurty.

A ma surprise générale, Gaspard m'a traité de cochonne et il m'a dit que c'était nul d'avoir tué "un animal comme moi".
Mais d'abord, c'est pas moi qui l'ai tué, le rat. Il s'ennuyait tout seul dans la cuisine, alors je l'ai mordu pour rigoler et ensuite, il est mort de vieillesse, peuchère. Et puis, le rat n'est pas "un animal comme moi". Lui, il est moche et noir, alors que moi je suis belle et en couleur.

Heureusement, ce texte est paré d'autres vertus que la pure rigolade. Car les livres, tout le monde le sait, c'est surtout fait pour faire réfléchir, notamment lorsqu'on s'adresse à des enfants, personnes au cerveau maléable, puisqu'en cours d'élaboration. Et j'en connais un rayon en cerveaux enfantins (comme dirait le Yark), vu que je passe une grande partie de mon temps à essayer d'en remplir une vingtaine (de cervelles). (le reste du temps, je suis en congés)
Grâce soit rendue à l'auteur de ce livre, ces vacances trépidantes et joyeuses sont également pour la candide Gurty l'occasion de se poser quelques questions essentielles, pour ne pas dire existentielles. A cet égard, nous lirons avec attention le chapitre en date du 32 juillet, intitulé Les oiseaux, une petite merveille du genre...

A ce sujet, des légendes prétendent que lorsqu'on meurt, on va au ciel. Si c'était vrai, ça ne changerait pas grand chose pour les oiseaux, de toute façon. Mais je trouve que ce ne serait quand même pas une raison pour les tuer de leur vivant.
Bizarre cette légende... Si elle était vraie, on ne saurait jamais si les oiseaux qu'on voit passer dans le ciel sont des vivants ou bien des morts.

J'arrive au terme de ce billet en me posant deux questions.
La première est importante, la seconde est cruciale.
La première donc : me suis-je bien fait comprendre ? Allez-vous, une fois ma chronique lue, vous ruer chez votre libraire indépendant le plus proche afin d'acheter ce roman échevelé et désopilant, qui vous tartinera de tendresse, à défaut de le faire de caca ? (car le caca est ici élevé au rang des beaux-arts, s'il en fallait un dixième)
La seconde me hante depuis plusieurs jours. Dans le rabat de la première de couverture, on peut lire ces quelques mots : Sous le pseudonyme de Bertrand Santini, Gurty a écrit et illustré ce livre elle-même. Cette phrase m'a fait frémir. Mais alors, lecteur chéri, si Gurty, toute mignonne et poilue qu'elle est, se révèle être la plume de Bertrand Santini, qui, je te le demande, lecteur égaré, alors qui, juste ciel, a écrit le Yark ?

le journal de Gurty

Le journal de Gurty
(Vacances en Provence)
Bertrand Santini
(à moins que ce ne soit la per
sonne à côté)
Sarbacane
collection Pépix
mai 2015 (c'est à dire tout de suite)

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Commenter cet article

L'or rouge 27/06/2015 15:02

Tout, mais vraiment tout me plait dans ce que tu en dis, et les extraits sont juste délicieux !! Tu crois que ça plairait à Petitdernier (10 ans) ? Je pense que c'est l'âge idéal pour le lire, non ? Lui qui aime rigoler ça devrait le faire.... Et j'adore tes deux questions, à la fin ;0) Allez, je ne peux résister et je mets ton billet dans vos plus tentateurs... Et je vais, de ce pas, faire lire ton billet (et surtout les extraits) à Petitdernier. Bisous Za

Za 07/07/2015 21:51

Ah mais oui ! C'est une lecture d'été idéale pour Petitdernier ! Et tu devrais bien rigoler aussi :D

Virginie 11/05/2015 00:08

A mon avis, la réponse à la première question ne peut être que oui. D'ailleurs j'y cours.

Gaëlle 05/05/2015 09:55

Nom d'un ptit bonhomme, quelle drôle de bonne question?!?

Nom d'un ptit bonhomme - bis, quelle drôle de bonne chronique!

Za 07/05/2015 19:18

Nom d'un petit bonhomme, quel drôle de bon roman !!!

Violette 30/04/2015 21:26

très tentant!!! A partir de quel âge? Mon fils est un petit lecteur (oui, j'en pleure tous les jours!)

Violette 08/05/2015 18:29

merci pour ta réponse, Za! Non, je ne désespère pas et je lui fais toujours la lecture à haute voix, qu'il apprécie +++

Za 07/05/2015 19:17

A partir de... 7/8 ans ? Mais peu importe l'appétit de ton fiston, tu le lui lis à haute voix ! Si tu arrives a garder un semblant de sérieux... Le texte se prête on ne peut mieux à ce type de lecture, il est même fait pour ça.
Et puis petit lecteur deviendra grand, et ce genre de livre ne peut que l'encourager à confondre littérature et plaisir !

Noukette 29/04/2015 18:11

J'adore ton billet ! Mon fils l'a déjà lu deux fois ! Je le lui pique et je me jette dessus très vite ! ;-)

Za 07/05/2015 19:15

C'est en effet un livre qu'on ne peut s'empêcher de relire ! Tu vas te régaler !

Céline du tiroir 28/04/2015 19:17

Hahahaha ! Super chronique ! Je ne dirai pas mieux.
(regard soudain épouvanté) Mais oui, qui alors...?

Za 28/04/2015 19:50

Ça angoisse, hein ?
En tout cas, voilà un épatant roman qui va faire (ou a déjà fait) hurler de rire les papooses et leur mère !
(mon papoose à moi ne s'en est pas remis)