au pays des livres

Publié le par Za

Avant tout, merci à Mirontaine pour cette trouvaille:

 

"Des bibliothèques pleines de fantômes", Jacques Bonnet, Éditions Denoël, 2008

 

La photo de couverture, un miroir reflétant une bibliothèque un peu poussiéreuse, me renvoie à un Wonderland oppressant de livres.

 

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La quatrième de couverture présente cet essai comme un "traité sur l'art de vivre avec trop de livres". Je me suis donc immédiatement procuré l'ouvrage (un de plus !), persuadée d'y trouver des réponses, ou pire, d'autres questions sur ce vice délicieux qu'est la possession de livres. Et d'abord, je me suis trouvée soulagée et plus légère de n'être qu'une toute petite joueuse, face à des lecteurs comme Jacques Bonnet et ses dizaines de milliers d'ouvrages. Dans ses "bibliothèques pleines de fantômes", il nous propose  la palette des amoureux des livres. Bibliophiles, collectionneurs, lecteurs impénitents ...

 

Le texte s'ouvre sur un hommage au saint martyr de la cause sacrée des bibliophiles: Charles-Valentin Alkan, dont la légende veut  qu'il ait péri enseveli sous une avalanche de livres, provoquée par l'écroulement de sa bibliothèque... Chaque chapitre est accompagné d'une citation. La plus savoureuse, à mon goût est de Jacques Laurent: "C'est chez Alexandre Dumas que j'ai mangé mes meilleures omelettes au lard." 

 

Dans un excellent chapitre intitulé "Personnages réels et personnages fictifs", Jacques Bonnet nous montre comment les héros de fiction sont pour lui plus réels, plus vivant que leurs auteurs. Un bémol, cependant:

"Nulle part, il n'est précisé dans Moby Dick quelle est la jambe du capitaine Achab qui est en bois, suite à son combat avec la baleine (ignorance, fait remarquer Umberto Eco, que n'a pu respecter Huston qui dut se décider pour l'une plutôt que pour l'autre lorsqu'il s'est agi d'appareiller Gregory Peck). Melville ne nous l'ayant pas dit, nous ne le saurons jamais."       Depuis le temps qu'il faut que j'y aille  voir ...

 

Croisée dans cet ouvrage, et qui me touche infiniment,  l'idée que l'on peut offrir certains livres "comme une partie importante de soi-même". Mais ce texte est avant tout le reflet d'une vie par et pour les livres, biens si précieux et si fragiles, portes ouvertes sur le monde, sur toutes les époques, y compris à venir, sur des mondes infinis et sans frontières...

 

Alors forcément, après une telle lecture, on regarde d'un autre oeil les quelques planches en face du lit, supportant certains de nos volumes adorés. Il y a peu, dans un moment d'agacement (que c'est lourd, une caisse de livres), j'avoue avoir commencé à les trouver envahissants, insupportables, trop nombreux...

 

Pourtant...

... emballer, déballer des livres, les déménager...

... les conserver dans des cartons le temps d'interminables travaux et, ce faisant, en acheter d'autres...

... se retrouver avec des étagères pleines à craquer, plus de mur disponible qu'on ait envie d'y consacrer, et encore des cartons, des cartons...

... se raisonner, mais non, tant pis...

 

Pourtant...

... retrouver des livres qu'on avait perdu de vue depuis des années et les feuilleter à nouveau avec gourmandise...

... créer une P.A.R (pile à relire), à côté de la P.A.L (pile à lire)...

 

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... agencer très savamment un rayon noir, très noir...

 

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... et, pour l'instant, entasser comme on peut, sans classement aucun, en pensant que c'est déjà un genre de classement...

 

Pourtant...

... décider de faire un peu de vide: les livres dont on n'a gardé aucun souvenir, ceux qu'on n'a pas aimés, ceux dont on peut se passer, ceux qu'on pense ne jamais relire... Ceux-là finissent dans un carton, proposés à la bibliothèque d'un village proche, au Secours Populaire, à qui les veut.

 

Parce que non, décidément, je n'arrêterai pas d'avoir des livres, alors, il faudra bien faire de la place.

 

Surtout que la relève est assurée... Les dernières acquisitions petitounesques datent de la semaine dernière, librairie jeunesse du Louvre. Il faisait tellement beau, l'air était tellement doux, l'humeur générale était si printanière, que bon, voilà...

 

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Sans commentaire, la qualité de cette collection parle d'elle-même.

Souvenir d'une visite qui a enchanté Petitou.

 

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De Caroline Desnoëttes et Isabelle Hartmann, édité par la RMN. Une splendeur: page de gauche, une photo prolongée par le dessin, page de droite, une oeuvre du pays évoqué (Mali, Burkina Faso, Afrique du Sud...) & une belle histoire.

 

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Livre et jeu, tout en un, une belle édition, que demander de plus ?

 

 

Pour terminer, j'ai remis la main sur une carte achetée il y a longtemps.

 

 

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  Le dessin est signé Lisa Swerling & Ralph Lazar.

Publié dans essais, Jacques Bonnet, Denoël

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Marc 10/01/2012 16:48


Je suis justement en train de lire le livre de Jacques Bonnet que j'adore! En effet, c'est une superbe trouvaille pour tous les amoureux des livres!

Za 10/01/2012 23:30



Et après, il faut enchainer avec Alberto Manguel et son histoire de la lecture, plus fou encore !


J'ai fini par lire Moby Dick et, en effet, il n'est nulle part fait mention de la jambe absente, droite ou gauche ?



Mirontaine 27/04/2010 10:48


Merci pour ce clin d'oeil ;)
J'ai relevé quelques titres en jeunesse notamment Tam Tam couleurs et puis ce mémorimagier, il est grand temps que j'initie le Petitkorrigan à l'art!
J'aime partager ce plaisir des livres, merci à Jacques Bonnet d'ouvrir nos bibliothèques respectives! ;) A très vite.


Za 27/04/2010 12:26



A très vite pour de nouvelles aventures, du côté encore, j'en ai bien peur, de la bibliothèque de Petitou...