Il m'arrive de changer d'avis. De reconnaître que j'ai tort. Mais c'est juste parce qu'en ce moment je travaille très sérieusement le niveau 2 de mon stage de perfection - qui compte 56 324 niveaux, je vous tiendrai au courant...
Lorsque j'ai entendu parler de ce film d'animation, j'ai fait la fine bouche, pour ne pas dire la moue, plaçant d'emblée l'album d'Axel Scheffler et Julia Donaldson au-dessus de tout. J'étais dans l'erreur. Bien enfoncée dedans, avec juste les yeux qui surnagent. Mais je me repends. Depuis la séance de dimanche matin, 10h30, dans un cinéma sur un quai au bord de l'Oise ouske barbotent des cygnes niais...
Le Gruffalo, donc.
Un album à offrir à vos microbes, dès... que possible, il n'y a pas d'âge pour ce genre de réjouissances !
Le Gruffalo a débarqué chez nous il y a fort fort fort longtemps, dans sa version anglaise. Le pauvre Petitou - qui ne mesurait pas encore un mètre - l'a entendu en anglais dans le texte, puis en traduction française en direct, c'est à dire jamais deux fois avec le même texte...
Entendons-nous bien, le Gruffalo, sans la souris ne serait rien, juste une boule de poils hirsute, un regard orange, certes, une langue noire, certes, mais dans le genre monstre, on a vu plus terrible. C'est qu'il lui doit tout, à la souris, le balourd poilu ! Elle l'a inventé. Comme toute souris qui se respecte, elle est fragile et si mignonne qu'on aurait envie de l'adopter (enfin, vous, pas moi, car s'il n'y a rien dont je me méfie davantage que des chats, je ne raffole pas des souris non plus...). Sauf que celle-là, dans les situations désespérées, elle dégaine une arme irrésistible : l'imagination !
Le décor est soigné à l'extrême. La forêt est magnifiquement bien traitée : la lumière dans les feuilles, la profondeur, les changements d'atmosphères, de la clairière au bois sombre, de la mare au nid des écureuils, les premiers flocons de neige (yerk!), et surtout, deux scènes magnifiques dans un champ d'aigrettes de pissenlits qui donnent envie de souffler, ou d'éternuer, au choix ! Et les grenouilles...
La qualité de l'animation parle d'elle même dans l'extrait suivant. Les petits sauts de la souris lorsque le Gruffalo marche derrière elle ! Une perfection d'humour et d'intelligence !