imagine

Publié le par Za

Je ne crois que ce que je vois.

 

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Si Saint Thomas avait connu Norman Messenger, il aurait sans peine réalisé l'étendue de sa méprise, l'insondable profondeur de son aveuglement. Car sous l'apparente banalité de l'image se cache toujours le non-vu, comme le non-dit se tient en embuscade derrière chaque parole.

Et l'on ne peut se fier à personne.

Surtout pas à cette mignonne petite fille, avec ses bonnes joues de croqueuse de bonbons.

Enfin, de bonbons...

 

 

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Le pire, c'est que tout n'est pas aussi évident, aussi criant. Parfois l'étrange est plus subtil, comme un arrière goût de bizarre diffus. J'en ai passé du temps devant cette image, à débusquer l'erreur de perspective, la vache coupée en deux, le linge séchant sans son fil...

 

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Norman Messenger inscrit l'irréel dans une précision graphique époustouflante, à la manière d'un Hitchkock distillant l'angoisse dans la banalité. Voici un inventaire d'étrangetés posé là par une imagination sans limite.

Et puis il y a les habituels animaux mêlés, qui gagnent ici une saveur particulière.

 

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Laissez courir votre imagination au fil des pages de ce bel album pour grands et petits, et rencontrez des géants endormis, des arbres sans tronc, des valises sans poignées*, des nuages mirifiques... 

 

Imagine un visage sans bouche : un baiser serait une telle déception.

 

Imagine

Norman Messenger

Seuil Jeunesse, 2005

 

* oui, je sais, c'est c... !

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