la préférence nationale

Publié le par Za

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De Fatou Diome, j'avais terriblement aimé Le ventre de l'Atlantique. La Préférence Nationale est un recueil de nouvelles, moitié africaines, moitié européennes. L'enfance en Afrique, la débrouille et la famille, ennemie rapprochée, broyeuse d'enfants. Puis la vie en France, à Strasbourg, la débrouille toujours, le mépris, la méfiance et l'incompréhension. C'est passionnant, sans concession avec le romanesque, brillant, urgent.  (Éditions Présence Africaine, 2001)

 

"J'ai eu la meilleure des grand-mères. Elle ne me lisait pas d'histoires pour m'endormir et ne m'embrassait pas pour mon anniversaire. Mais elle m'a gavée de couscous et racontée la vie telle qu'elle est vraiment. Elle a refusé le mensonge de tous les grands-parents du monde, qui empruntent la bouche d'une fée pour raconter à leurs petits-enfants la vie telle qu'elle ne sera jamais.

Le meilleur des grands-pères est le mien. Dans les champs de mil fécondés par les pluies sahéliennes, mon grand-père ne m'offrait pas de petites fleurs. Il me tendait la houe et me disait de gratter le sol. À force de transpirer, j'ai compris que seule la sueur faisait pousser les plus belles fleurs, celles qui garnissent une vie digne, le seule qui mérite d'être vécue." (Cunégonde à la bibliothèque)

 

 

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