prodigieuses créatures

Publié le par Za

Tout d'abord, il y a le plaisir de tenir entre les mains un volume des éditions quai Voltaire: le bleu caractéristique de la couverture, son grain si agréable au bout des doigts. Et le logo, en ombres chinoise, François Marie Arouet, dit Voltaire, confortablement installé, un livre sur les genoux, les jambes croisées, la mule en équilibre sur le bout du pied...

 

 

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Le voilà donc, le nouveau Tracy Chevalier, Prodigieuses créatures. Mary Anning et Elizabeth Philpot ont bel et bien existé. Elles ont vécu au sud de l'Angleterre, au bord de la mer, cherchant, scrutant, grattant, à la recherche de fossiles, apportant leur contribution à la naissance de la paléontologie. Les trouvailles de Mary Anning vont bousculer les dogmes, comme celui qui voulait la création divine parfaite et finie et n'acceptait pas l'idée de l'extinction des espèces. Mary Anning, c'était elle:

 

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À lire Tracy Chevalier, on comprend comment sa passion pour les fossiles, sa condition sociale l'ont condamnée au célibat, tout comme son amie Elizabeth Philpot, trop bizarre pour prétendre au mariage... Des femmes faisant une incursion, une intrusion plutôt, dans un monde d'hommes et de certitudes.

 

L'ombre de Jane Austen plane sur ce roman (elle est citée plusieurs fois). Comme dans le Récital des anges - autre roman de Tracy Chevalier, les femmes n'ont d'autre choix que l'ennui d'une vie déjà écrite ou l'étrangeté et la solitude, mais surtout pas la reconnaissance: les découvertes de Mary Anning ne lui seront pratiquement jamais attribuées.

 

C'est un roman fluide et limpide, sans doute pas mon préféré... De Tracy Chevalier, j'aime surtout la Jeune fille à la perle, peut-être parce que je l'avais en partie lu à Bruges, dans des décors qui sonnaient un peu comme Delft, et surtout l'Innocence, dont vous trouverez un bel écho du côté de chez Christine.

 

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