11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 18:21

Pour accompagner ce post de saison, ma chanson de Noël favorite interprétée à grand coup de velours par un crooner comme on n'en fera plus...

 

 

 

 

Bon, la Marelle et moi, il y a longtemps qu'on est en phase...

Cette année, pour Noël, nous battons tous les records de télépathie.

Mais voyez plutôt:

 

pluto

 

D'accord, elle est facile mais on ne va pas toujours faire dans la difficulté, surtout l'hiver, je dois réserver mon énergie pour supporter le froid, la neige, le verglas,  tout ça...

 

Revenons à la Marelle et à cette photo captée sur leur indispensable blog:

 

 

mes-chaussons.jpg

 

Alors, d'abord, l'article s'appelle "des cabas plein la hotte". Bon début. Les cabas de Mademoiselle Héloïse font ma joie depuis longtemps, leur prix tout à fait raisonnable en faisant le cadeau idéal pour la cabaïsta que je suis. Je dis ça, je dis rien...

Mais surtout, surtout, pour ceux qui me connaissent intimement, c'est à dire qui sont déjà venus l'hiver à ma maison,  me prouvant par là-même leur amour, parce que bon, c'est pas la Laponie mais il y a des matins où quand même... Eh bien, les chaussons en photo... Ce sont tout simplement les miens !!!! Les fidèles, germaniques et increvables chaussons oranges, les mêmes je vous dis !

La preuve :

 

mes chaussons 2

 

mes chaussons 3

 

Alors bon, cher Père Noël, avec toute l'énergie que je déploie depuis plus d'un an, ici-même, à promouvoir le cabas dans tous ses états, en sac à tricot, en stockage de livres, en cartable, en réserve à idées, en déversoir de mots et d'humeurs... Ce serait quand même le diable si au pied du sapin, sous la poudreuse cantalienne, il ne se trouvait pas un joli cabas...

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 18:01

Pierre Bergounioux.

L'arbre sur la rivière, Gallimard, 1988.

 

 

riviere-2.JPG

 

 

Mais pourquoi diable ai-je mis le nez là-dedans ? Les mots me sautent à la figure à chaque phrase et je n'ai qu'une envie,  vous lire ce texte, vous le faire entendre, vous le mettre entre les mains. Il est l'heure où déjà la lecture grignote les minutes précieuses du sommeil nécessaire pour supporter la journée du lendemain. Mais je lis L'arbre sur la rivière, et je fais l'expérience en direct de ce que Bergounioux appelle le temps du livre.

"Quand le bibliothécaire rabattait le couvercle des longues boites vernies où il classait les fiches, il était sept heures. C'était chaque fois comme si je retrouvais le lit principal du temps, la nuit froide de février de ce qui était (fut) notre quatorzième année après que des siècles, des ères avaient investi, occupé la lumière sans âge de l'après-midi. 

Mars a pourtant fini par venir. Ensuite la saison glissait d'elle-même jusqu'aux heures pacifiques où le temps, le vrai, pas celui des livres, s'immobilisait, cessait d'être le temps, l'inégale fuite, tantôt rapide, effarante, et tantôt rétive."

 

Depuis quand n'avais-je éprouvé une telle jubilation de lecture ? Certes, j'ai un peu le sentiment de découvrir l'eau tiède, d'être l'indécrottable de service: Bergounioux a ses amateurs depuis toujours, et je suis là, au creux de la nuit, à m'émerveiller...

"J'étais de nouveau à califourchon dans les feuilles. Nous observions un silence si parfait que le cri du martinet nous parvenait sans interruption avec le bruit d'argenterie, de table mise montant de la rivière. [...] C'était l'après-midi, à coup sûr, l'espèce de lenteur, de majesté qui succède au matin. Nous nous étions mis à attendre, à espérer si fort que le temps n'était plus la dérive impavide des heures et des jours mais le crépitement des particules qu'on voit tomber dans les sabliers. Même quand des milliers ont passé, ça ne fait jamais que trois minutes. Et quand d'autres milliers ont franchi l'étranglement, ça ne fait toujours pas beaucoup de temps, c'est encore un peu le même moment, le présent. [...] Il me semble qu'avec l'oiseau, les couverts entrechoqués de l'eau, le murmure passionné de Pomme, on entendait encore le crépitement des corpuscules dans le sablier et même le court instant de silence, d'absence de temps, quand trois minutes ont passé et qu'on le retourne pour faire passer les grains en sens inverse."

 

Ils sont quatre, Alain, Pomme, Daniel et le narrateur, perchés sur leur arbre, au-dessus de la rivière; ils ont huit, puis douze, puis quatorze, puis dix-huit ans. Leurs existences tracent des chemins, les rattrappent, les séparent. Ils font ensemble l'expérience du temps, celui des saisons et des ans, inexorable, le temps social de la famille et de l'école, le temps étiré des livres, et surtout celui de la rivière, celui-là même qui leur appartient et ne les lâche pas, alors que la ville, l'océan les appelle. Ils sont à la frontière, cheminent entre deux, conduisent des voitures sans pour autant renoncer à la rivière, qui, sous leurs yeux, invente les poissons qui entreront vivants dans la mythologie de leur amitié.

"[...] Daniel regardait l'apparence non pas d'herbe comme en plaine, mais vraiment de sable et de gravier se tordre, jeter de brèves lueurs dans l'eau pareille à l'air froid, pareillement déserte.

Pomme avait glissé. Il s'était retrouvé d'un seul coup dans l'eau mais debout, immergé jusqu'à mi-cuisse, sans avoir cessé à aucun moment de tirer et de rembobiner et alors c'était devenu une truite, une furieuse convulsion d'or et d'acier bruni qu'il avait jetée derrière lui, dans la bruyère. Daniel s'était précipité en criant dans la brande et ils s'étaient retrouvés. Pomme dont les mains tremblaient légèrement et Daniel qui n'y croyait toujours pas, penchés sur le petit poisson féroce, piqueté de rouge, dans les fougères mortes."

 

riviere


Je ne saurais disséquer savamment le style de Bergounioux, je m'y ridiculiserais sans doute. car j'entre dans des domaines qui me dépassent, dont je ne peux qu'admirer le miroitement lointain. Je vous livre ce que j'ai reçu de ce texte, en m'excusant d'être peut-être passée à côté de l'essentiel mais je n'ai pas non plus envie de vous faire le coup de la modernité contre la ruralité, tant, vingt-deux ans après la publication de ce roman, cette opposition n'est plus de mise. La grande beauté de ce livre, lu aujourd'hui, est ailleurs. En grand sorcier du verbe, c'est du côté des sensations que Pierre Bergounioux travaille le lecteur.

"Juin, enfin, à cause de l'odeur. Elle commençait au roncier. Si on avait eu de très bons yeux ou que la couleur qu'ont les odeurs avait été lègèrement plus soutenue, peut-être qu'on l'aurait vue, comme une construction aérienne, un bloc de buée aux angles nets s'élevant à l'endroit où la ville finissait, tout contre l'ultime maisonnette, mordant même sur les jardins aventurés où des draisines, des carcasses de fourgons sans roues ni moteurs servaient de cabanons: d'un vert qui n'était celui d'aucune plante, traversé de rubans clairs - les parfums de sève et de sucre - et festonné de brun au bord même de la rivière - les senteurs de limon, de poisson et d'eau."

 

Arrivée en bas d'une page ou au bout d'un chapitre, embarquée dans un sentiment proche de l'incrédulité, je me suis souvent retournée sur une phrase ou un passage. Un texte de Bergounioux ne se dévore pas, il se savoure lentement. Et dans l'ambition de consacrer du temps à ces phrases rigoureuses et belles, dans l'effort apparent de concentration qu'elles demandent, je peux vous assurer qu'on ressort de cette lecture rassasié, vraiment.

 

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 19:15

Le seul avantage de la neige, je l'ai découvert ce matin.

Au lieu de passer un précieux quart d'heure en supplications tendres et énervées, "Petitou, il est l'heure, debout, on va être en retard, allez, on se lève, etc...", il a suffit d'un simple "il a neigé" et hop ! nous voici prêt à affronter les éléments, et en pyjama, s'il le faut !

Les récriminations ne viendront que plus tard, sur le chemin. "Et pourquoi on habiterait pas dans le Cantal ? Parce que, là-bas,  y en a beaucoup plus, de la neige !"

Justement.

Parce que.

 

 

givre.JPG

(cauchemar)

 

 

Ma relation à la neige, allez savoir pourquoi, n'est pas dénuée d'une certaine phobie. Karen B. from Kenya, à l'abri de ce genre d'avanie, est priée de compatir. Merci.

Je trouve tout ce blanc monotone, triste et ennuyeux. Qui n'a jamais fait Lyon/Nancy en train Corail (oui, ça date ) avec la neige pour seul paysage ne peut comprendre et est prié de me laisser poursuivre.

J'en entends d'ici me dire qu'il y a des nuances dans le blanc.

Admettons.

Je déteste le contact à la fois brûlant et glacé de la neige. "Mais on peut faire des batailles de boules de neige, des bonshommes, des igloos !", vous entends-je rétorquer. Certes, sauf que je perds tout sens de l'humour lorsque, par moins cinq degrés, on introduit une matière froide et mouillée dans mon cou.

Et puis surtout, je n'ai aucun goût pour ce qu'il est fashion d'appeler la glisse. J'ai les genoux fragiles (surtout le gauche, plaignez-moi) et cette idée d'insécurité dans l'équilibre m'est tout simplement odieuse.

Je me déçois moi-même. Alors que je cultive précieusement cette part d'enfance qui m'envahit dès que je croise un sapin de Noël, je me transforme immédiatement en adulte maussade à  l'apparition du moindre flocon qui ne fondrait pas dans la seconde. Moins maussade depuis que je vais travailler à pied, mais quand même...

 

Depuis longtemps, je voulais bidouiller un petit texte sur mon aversion hivernale. C'est fait, nous n'y reviendrons pas. Mais si vous avez trois minutes encore à m'accorder, regardez ce qui suit - et excusez-moi pour les sales secondes de pubs infligées avant la vidéo proprement dite, elles ne sont évidemment pas de mon fait et je m'en ré-excuse bien bas. Bohort est mon héros, je partage chaque atome de ses angoisses, je pense chaque mot de sa tirade...

 

 


Kaamelott Saison 2 Episode 55 : Les neiges éternelles - wideo
Auteur : Alexandre Astier Réalisé par : Alexandre Astier Avec :Alexandre Astier, Nicolas Gabion, Lionel Astier, Thomas Cousseau © Calt - Dies Iræ – Shortcom
 

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 18:50

Joie...

Fierté...

Soulagement...

Dépassement de soi...

 

Non, pas de saut à l'élastique ou en parachute.

Non, pas la piste noire du parcours d'accrobranche de Ruynes en Margeride.

Non, pas "la Recherche du temps perdu".

Non, pas la Tétralogie en une seule fois.

Non, pas la tête de veau, ni le pied de cochon pané.

Je ne me suis pas non plus inscrite à la gym.

 

Non, simplement, je l'ai fait.

Moi toute seule.

Je l'ai terminé.

Sans JAMAIS jeter les aiguilles à l'autre bout du salon.

Sans froisser le modèle en maudissant la folle perverse qui l'a créé (je ne la connais même pas).

Sans maudire le peuple celte et insulaire à l'origine de ces points retors.

Le voici.

Il est à MOI.

Je l'aime.

Je vais dormir avec.

 

 

beret 1

 

 

Le béret irlandais du dernier catalogue d'accessoires Phildar, en Partner 6, à priori, le max de ce que je peux faire question difficulté.

 

Petit zoom sur le point démoniaque.

 

 

beret 2

 

 

C'est là que je vois que je m'améliore. En temps normal, j'aurais tout bazardé. Là, j'ai accepté de me tromper, je l'ai recommencé cinq fois.

 

beret 3

 

 

Le début de la sagesse...

 

photocabine-3.jpg

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 08:11

Lu pour

http://les-carabistouilles.fr/wp-content/uploads/2010/03/defi_classique-300x116.jpg

 

 

 

L'actualité littéraire, ça peut être ça, aussi. Un texte de 1662 remis sur le devant de la scène pile au moment où les prix littéraires tombent avec plus de régularité que les feuilles de mon pommier, ne suscitant, dans les deux cas que bâillement d'ennui... Et revoilà Madame de La Fayette, encore toute auréolée de sa polémique présidentielle et néanmoins navrante.

 

 

 

princesse_.jpg

 

 

"Pendant que la guerre civile déchirait la France sous le règne de Charles IX, l'amour ne laissait pas de trouver sa place parmi tant de désordres et d'en causer beaucoup dans son empire."

 

La Princesse de Montpensier est une nouvelle d'une trentaine de pages, denses comme ce n'est pas permis, ramassées, prêtes à vous sauter à la gorge. Un déferlement de sentiments d'autant plus violents qu'ils sont contenus, d'autant plus éclatants, qu'ils sont voués au secret. La pauvre princesse déclenche des cataclysmes amoureux, peine à se dépêtrer de ses propres désirs, distille froideur et encouragements. À une époque où les femmes de sa condition sont des monnaies d'échanges entre familles, Madame de Montpensier - les personnages de la nouvelle n'ont pas de prénoms, que des titres - aura la chance d'être instruite par le Comte de Chabanes, lequel, suivant le mouvement général, tombe éperdument amoureux d'elle...

 

" Il devint passionnément amoureux de cette princesse et, quelque honte qu'il trouvât à se laisser surmonter, il fallut céder et l'aimer de la plus violente et de la plus sincère passion qui fût jamais. S'il ne fut pas maître de son coeur, il le fut de ses actions. Le changement de son âme n'en apporta point dans sa conduite et personne ne soupçonna son amour. Il prit un soin exact, pendant une année entière, de le cacher à la princesse, et il crut qu'il aurait toujours le même désir de le lui cacher. "

 

 

la-princesse-de-montpensier-2.jpg


 


Tavernier fait de cet homme discret le personnage le plus intéressant de son film. L'interprétation incandescente et la beauté de Lambert Wilson n'y sont pas étrangères... Il est plus âgé, pétri de doutes, là où les autres, Anjou, Guise et Montpensier ne sont que fougue aveugle - à la guerre comme en amour - et jalousie.

L'Aveyron et le Cantal prêtent à cette histoire leurs paysages, ici plongés dans un éternel et splendide automne.

 

Un beau moment de lecture, un beau moment de cinéma.

 

 

la-princesse-de-montpensier1

 

 

 

Post-scriptum...

La musique de Philippe Sarde se déploie autour d'un thème déjà entendu dans "Tous les matins du monde" d'Alain Corneau.

 

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 12:46

C'est cette phrase, un moment scandée par Fatou Diome qui pourrait donner la couleur, le goût de ce roman  - et pas le texte ridicule du bandeau éditeur..." le prix de l'amour "... au secours...

 

 

attendent

 

 

Une île du Sénégal.

Quatre femmes.

Deux mères , deux épouses qui attendent deux hommes partis un jour à bord d'une pirogue à destination de l'Espagne. On ne saura qu'à la fin combien de temps cette absence a duré, combien les enfants auront grandi, combien cette attente aura alourdi les jours et les nuits de celles qui s'obstinent en silence, ou presque. Les mères organisent le départ des fils vers une Europe fantasmée et prometteuse d'une vie meilleure pour tous. Elles les envoient au loin en toute bonne foi, et leurs brus attendent avec elles, font bouillir la marmite. Les unes ne savent pas lire, les autres sont allées à l'école, mais à la fin, elles sont toutes soumises au carcan du quotidien, à la polygamie, au regard sans pitié de la communauté. Plus douloureusement encore pour les secondes.

 

Les récits de cuisine rythment le récit; il fait trouver chaque jour de quoi manger, l'accommoder le mieux possible. Les mères comptent sur leurs belles-filles pour les seconder, voire les remplacer dans ces tâches harassantes, préoccupantes, où l'honneur même est parfois en jeu.

" Cuisine de peu d'ingrédients, plat rapide, pas le temps de jouer l'artiste en cherchant la meilleure présentation. Quand il s'agit de simplement tenir la carcasse d'aplomb, les repas nécessitent peu de préambules. C'est cuit, c'est servi, c'est tout. De toute façon, personne n'y verrait rien: avec la lampe tempête qui rougeoyait de pudeur, on distinguerait à peine la forme du bol, le toucher et l'odorat suffiraient à susciter l'appétit. Pour le goût, Arame avait écrasé des oignons et quelques épices, en signe de respect pour ces belles daurades qu'elle n'aurait jamais pu s'offrir. "

 

Et les hommes, pendant ce temps ? Les rares nouvelles ne sont pas rassurantes. Vont-ils revenir ? Fatou Diome répond à cette question en ménageant deux fins à son roman. "Celles qui attendent" est un texte sans concession pour l'Afrique, sans concession pour l'Europe.

 

Fatou Diome a le sens de la formule lapidaire - "Cette femme avait la délicatesse d'une éclaboussure." L'importance et la détermination du propos font passer au second plan le style un peu inégal à mon sens, et pourtant flamboyant par moment, à l'image des toutes premières lignes: " Arame, Bougna, Coumba, Daba, mères et épouses de clandestins, portaient jusqu'au fond des pupilles des rêves gelés, des fleurs d'espoir flétries et l'angoisse permanente d'un deuil hypothétique; mais quand le rossignol chante, nul ne se doute du poids de son coeur. Longtemps, leur dignité rendit leur fardeau invisible. Tous les suppliciés ne hurlent pas."

 

 

Voir l'avis de Gangoueus sur son excellent blog.

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 08:34

des livres et des gâteaux !019

 

 

-Comment on connaît les métiers ?

- ?

- Les métiers qu'on voudra faire, comment on les connaît?

- Il y a les métiers des gens qu'on connaît...

[ Suit un quart d'heure d'énumération: docteur, ingénieur, coiffeur, routier, dessiner les maisons, maître-sse, facteur, berger, fermier, boulanger... ]

- Mais comment on fait pour choisir ?

- Il y a des gens pour t'aider. Papa, Maman, des gens dont c'est le travail... Mais la première chose à faire, c'est de se demander ce qu'on aime le plus. Qu'est-ce que tu  préfères, dans la vie ?

- Les livres et les gâteaux !!!

[ Fierté des parents, qui ont su transmettre les vraies valeurs à leur Petitou ! ]

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 10:43

Il y a quelques temps, j'ai répondu à ce genre d'exercice sur un réseau social bien connu. À la demande de l'Or des chambres, je m'y recolle avec plaisir. Cette fois, c'est quinze auteurs, comme ça, sans réfléchir, donc, ceux qui nous collent à la peau, au cerveau, à la rétine, voire aux lunettes pour certains... Je me permets de demander à mes abonnés adorés de se prêter au jeu, en commentaire ou sur leur blog, car je les sais fins lecteurs...

Alors, allons-y !

 

15-auteurs029.jpg

 

Maintenant que j'ai terminé, je vais au devant de certains commentaires perfides...

1) pour la parité, c'est loupé ! 

2) beau trio de barbus au sommet de ce Panthéon !

3) j'ai oublié Giono ! et Marcel Pagnol !

4) je suis une bille en littérature asiatique !

5) il n'y a pas de Russe !

6) et j'ai oublié les grands égyptiens, Naguib Mahfouz et Alaa el Aswani !

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 11:34

Le fait que j'ai retrouvé mon appareil photo adoré, absent pour maladie pendant des mois, n'est pas étranger à cet article, certes. Cependant, il est surtout destiné à ma chère Karen B., back home, en des lieux où les feuilles ne rougissent pas trop, où l'air ne fraîchit pas pareil. Pour elle un petit air d'automne, à la fois joyeux et nostalgique, un peu.

 

AUTRE 3281bis

 

 

AUTRE 3294bis

 

 

AUTRE 3310bis

 

 

AUTRE 3313bis

 

 

AUTRE 3301bis

 

 

AUTRE 3289bis

 

Et puis comme les températures deviennent un chouïa frisquettes, j'ai volé au secours de mes oreilles !

 

photocabine-4

 

Bonnet Wurm, modèle Umschlagplatz, traduction française par ici.

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 08:22

Un jour, on croit avoir pris le rythme. Un rythme de lecture un peu frénétique, mû par l'envie de dévorer ce qui se présente, d'en découdre avec les mots. Puis, au détour d'une étagère, on tombe sur un nom qui nous flottait autour depuis longtemps, qu'on osait approcher par peur de l'altitude ou par timidité. Mais il se trouve que ce jour-là,  va savoir pourquoi, c'est le moment d'aller à la rencontre, d'ouvrir le livre comme on pousserait une porte.

Alors, le rythme, le fameux rythme est bouleversé. Un coup de frein brutal. On est en train de lire Pierre Bergounioux. On est de ceux-là. On vient de se faire happer par un texte, une mélopée qui avance avec le pas du marcheur un peu égaré dans la neige.

 

"C'était la nuit, mais pas celle, hermétique, impénétrable, qui entoure les lieux habités, les enclaves protégées où brûlent des lampes. Celle, brunâtre, légèrement translucide et comme imparfaite où l'on est entré peu à peu. J'étais du côté de la nuit, poussant énergiquement sur mes jambes, me frayant un lent chemin vers la maison rose. J'ai passé une main sur ma figure pour chasser la mouche ou l'aigrette obstinée de chardon. Puis j'ai songé que c'était l'hiver, que c'était la neige et non pas un insecte. J'ai levé la tête vers les profondeurs brunes du ciel. Je ne voyais rien mais j'ai senti d'autres heurts infimes. "

 

 

maison-rose.jpg

 

La maison rose, c'est la maison de famille, où vivent les grands-parents, la tante. C'est le lieu où l'on se retrouve pour les enterrements. Chaque retour à la maison rose est une étape de vie. Les saisons emportent les êtres qui deviennent les visages sépia des photos sur les murs.

 

"Ils avaient affronté le temps, la terre hostile, les périls inconnus que le temps (le leur) avait fomenté pour eux. Et ce qu'ils étaient devenus (tante Lise, le grand-oncle André, les autres) n'était pas forcément ce qu'ils avaient conçu, voulu - vivre, gravir une colline, trouver la sagesse ou la fin de l'histoire, un présent sans besoins. C'était différent, c'était presque le contraire puisqu'ils étaient mutilés, malheureux, morts et que personne, jamais, n'a pu souhaiter de l'être et de le rester."

 

La maison est le réceptacle habituel des deuils, à tel point qu'on finit par la croire vouée à la mort, au souvenir. Alors qu'elle est simplement un repère.

 

C'est exactement le genre de texte, de thème à côté desquels je passe habituellement sans m'arrêter. Trop quotidien, trop familier peut-être. Mais c'est sans compter avec l'écriture de Bergounioux, son habileté à ne pas lâcher le lecteur une fois qu'il est ferré, à le balader au bout de sa ligne, phrase après phrase. Les mots évoquent, font sentir, plus qu'ils ne montrent.

 

"La chaleur pesait comme si le peu d'espace que j'occupais lui était indispensable, qu'elle n'eût d'avoir de cesse qu'après qu'elle m'aurait expulsé, dissous."

 

"J'ai regagné ma chambre que je sentais peuplée d'arbres, d'oiseaux impalpables, de tout ce qu'une chambre abrite avant que l'aube ne dessine le joint du volet."

 

Et dans la lenteur imposée de cette lecture, à tourner les pages de papier épais (Gallimard,  1987), on va au bout de la rencontre, heureux d'être en littérature, vraiment. 

 

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