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le mardi sur son 31

Publié le par Za

L'idée de Sophie m'a séduite. Tous les mardis, ouvrir le livre qu'on est en train de lire à la page 31 et en noter une phrase. Pas toujours facile cependant...

 

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Voici donc ma première contribution...

 

" M. Cornélius, votre grand-oncle, en vous faisant son héritier (d'ailleurs sous condition, comme vous le verrez) ne vous a légué que des biens modestes..."

 

Je lis Malicroix, un roman d'Henri Bosco, et cette phrase, tirée de la page 31 de l'édition Folio, résume assez parfaitement l'intrigue camarguaise du livre.

 

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A mardi prochain !

Publié dans romans

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macao et cosmage

Publié le par Za

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Macao et Cosmage nous toise du haut de son aînesse, du haut de son format qui le fait dépasser dans tous les sens sur le rayonnage, du haut de sa réputation, de sa légende, auréolé de sa première édition estampillée N.R.F., excusez du peu… Il serait le premier livre du genre, premier album de cette envergure destiné aux enfants. Il est signé Édouard-Léon Legrand dit Édy-Legrand.

 

Ouvrons ce grand livre et tentons d'éviter - ou pas, tout jugement empreint d'anachronisme. Là commence un feuilletage émerveillé, car chaque page tournée recèle  merveilles et surprises.

 

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Ce qui frappe immédiatement c’est la modernité du trait, de la couleur.  Cet album pourrait avoir été illustré hier. Bon d’accord, avant-hier. Au jeu des références, il y aurait de quoi remplir un cabas tant ce livre fait figure de précurseur sur des styles qui, comme l'Art déco, connaîtront leur heure de gloire au même instant. Macao et Cosmage est le contemporain de Raoul Dufy, de Fernand Léger, et lorgne parfois vers l'art japonais de l'estampe… Lors de la première édition, les grands aplats de couleur seront réalisés à la main.

 

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Macao et Cosmage ou l’expérience du bonheur

L’expérience du bonheur…

Lorsque s’ouvre ce livre, Macao et sa compagne Cosmage rêvent au pied d’un grand arbre, entouré d’oiseaux et de papillons, sur une île ignorée de tous et de la « civilisation » en particulier… C’est le temps d’une insouciance édénique, rousseauiste à mort - encore que - , à coup d’envolées d’images somptueuses aux mouvements amples.

 

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Jusqu’au jour où un bateau se pointe à l’horizon…

C’était le commandant Létambot et les joyeux marins du croiseur « le Poilu »… Grands chasseurs de sous-marins boches, ils fouillaient, depuis des mois, les mers en tous sens, quand tout à coup, ils avaient découvert l’île de Macao et Cosmage, que ne mentionnait aucune carte géographique…

À partir de là, nos deux héros, qui ont évité les grandes boucheries de l’époque, contrairement à leurs collègues déjà colonisés,  vont découvrir en bloc : le drapeau, la patrie, la guerre, les avions, les défilés militaires, les fanfares, le charbon, le fer, l’or, le bruit, le travail, bref, tout ce qui fait l’honneur d’une nation, non ? Macao et Cosmage tentent de s’adapter aux bienfaits du progrès, mais, en parfaits ingrats, ils finissent par s’enfuir au plus profond de l’île, incapables de saisir toute la subtilité et la supériorité du jardin public sur la jungle, des élégants bains de mer sur l’élan primitif de se baigner tout nu dans les cascades.

 

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Le gouverneur lui répondit : « Vous vivez à l’époque des grandes inventions ; l’activité humaine, sous toutes ses formes, est sans limites ! Le bonheur est dans le travail ! » - « Je n’entends rien à votre travail, dit Macao, et je suis trop vieux pour apprendre… »

 

Quant à la morale de cette histoire,  je vous laisse la mastiquer tout seuls, comme des grands…

 

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Macao et Cosmage ou l'expérience du bonheur

Edy-Legrand

réédition Editions Circonflexe, 2000

 

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Publié dans albums, Edy-Legrand, Circonflexe

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histoire du prince pipo

Publié le par Za

Le prince Pipo est heureux. Heureux comme on peut l'être lorsqu'on est le fils unique d'un roi débonnaire, et que l'on a été choisi par son père avant même d'être né. Le prince Pipo a un cheval rouge qui s'appelle Pipo aussi, Pipo le cheval. Et le temps pourrait s'écouler de façon parfaitement ennuyeuse si le cheval, un jour, n'écoutant que son instinct de bête aventureuse, n'entraînait son maître à l'orée d'un volcan, si près du bord qu'ils seront, le prince et sa monture, expédiés très loin par le souffle du volcan.

C'est là que la vie commence, la vie proprement dite, une vie faite pour les livres d'histoires, avec un dragon, des enchantements, une sorcière, une princesse endormie et des tiroirs qui s'ouvrent sur d'autres contes... Le prince Pipo découvre alors une réalité bien triste, où ses parents sont des êtres cruels, où le monde est carcéral, militaire.

 

Le texte de Pierre Gripari, publié la première fois en 1976 dans une édition illustrée par une quinzaine de dessinateurs dont Claude Lapointe et René Haussmann, est aujourd'hui réédité par Grasset Jeunesse. Nouvelle maquette, claire et moderne, nouvel illustrateur ! Et cette fois, c'est Laurent Gapaillard qui s'y colle, tout seul ! Oui, le Monsieur du Yark, lui-même !

Déjà, rien que la couverture vaut le détour... Mouvement, couleur, tout y est !

 

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J'aime ce cheval qui saute par-dessus la lune, comme la vache de la comptine...

 

On se jette alors dans le livre pour voir tout, et tout de suite, et l'on reste coi, quoi !

 

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Car loin de trahir le texte d'une quelconque manière, Laurent Gapaillard l'attire du côté noir et désespéré de la quête de Pipo, il l'embarque directement chez Dickens, à l'ombre de Gustave Doré, une ombre qui hante les arbres menaçants. Et que dire des espaces oniriques et vertigineux, de ce monde oppressant, des trognes inquiétantes...

 

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C'est magistral, virtuose au meilleur sens du terme, lorsque la virtuosité est au service du texte, le dépoussière, nous le donne à redécouvrir. Car sans ces images, et malgré l'immense talent de conteur de Gripari, je n'aurais peut-être pas autant aimé cette histoire impossible à résumer...

 

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" Et c'est pourquoi, mes petits amis, si vos aînés se moquent de vous parce que vous aimez les contes, laissez-les dire et soyez bien tranquilles : des tas de gens d'autrefois, très vieux, très sages, avec de grandes barbes, les ont aimés, comme vous, et ils avaient pour ce la d'excellentes raisons ! "


Sur les rééditions de Gripari chez Grasset Jeunesse,

voir l'article de la Soupe de l'Espace...

 

Histoire du prince Pipo, de Pipo le cheval et de la princesse Popi

Pierre Gripari

ill. Laurent Gapaillard

Grasset Jeunesse, mars 2012

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dentelles d'hiver

Publié le par Za

Parce qu'il est derrière nous, et que l'ai trouvé affreux.

Pour ces chansons qui m'ont accompagnée

durant ces jours de froid et d'engourdissement.

 

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La première m'a époustouflée avec cette chanson à la technique parfaite, à la mélodie toute de silences et de retenue, de souffle brodé, de temps suspendu. Du travail de dentellière, fin, délicat, fort, magistral.

 

Je suis le bruit du vent dans les arbres.

 

 

 

La seconde nous a conté une belle histoire d'amour éternel et déchirant. C'est irrésistible et généreux, comme toujours avec Émilie Simon...

 

Publié dans chansongs, Camille, Emilie Simon

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la Terre est ronde comme une marmite de soupe

Publié le par Za

On m'avait pourtant prévenue : "Mange ta soupe, ça fait grandir !" Mais je me suis entêtée et voilà qu'aujourd'hui, tout le monde me mange la soupe sur la tête. Bisque, bisque, rage ! Maintenant, dès qu'il pleut, je bois le bouillon ! Je n'ai pas pied dans les flaques, je suis trempée comme une soupe...

Mais ce n'est pas parce que je suis petite qu'il faut me marcher sur la tête ! Attention, je ne fais pas dans le velouté ! Je suis soupe au lait et je n'y vais pas avec le dos de la cuillère !

Pour autant, je ne vais pas cracher dans la soupe. Dans un potiron, j'ai creusé ma maison. Alors, quand j'ai les crocs, je mets la marmite sur le feu et par ici la bonne soupe !

 

 

Trêve de plaisanterie,

voici de quoi satisfaire mon goût du grand, du bel album

et mon amour des fourneaux.

 

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Alors avant d'en prendre plein les papilles,

affolons-nous les mirettes !

 

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Ce livre regroupe des recettes de soupes des quatre coins du monde, faciles à réaliser, facile à dépayser ! Le tout est truffé de petites histoires, d'anecdotes croustillantes...

 

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Je me suis laissée tenter par une soupe antillaise qui laissait espérer de belles couleurs, orange et corail, douceur et parfum, à l'image des illustrations signées Aurélia Fronty.

 

Velouté banane et chorizo

 

Ingrédients: 1 grosse patate douce, 2 bananes plantains, 2 petites carottes, 1 chorizo doux, 1 oignon, 1 boite de maïs (300g), 1 litre de bouillon de volaille, 25 cl de crème fraîche, de l'huile d'olive, du thym, du persil, du sel

pour 4 personnes

préparation : 25 min

cuisson : 35 min

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 "1. J'épluche l'oignon et je le coupe en fines lamelles. je débite le chorizo en rondelles épaisses, puis je divise chaque rondelle en quatre petits morceaux. J'épluche et je coupe en dés la patate douce, les bananes et les carottes. Je fais chauffer 4 cuillères à soupe d'huile dans une cocotte. Quand elle est bien chaude, j'y fais revenir l'oignon et le chorizo pendant 3 minutes.

 

2. J'ajoute dans la cocotte les dés de légumes et le maïs que j'ai bien égoutté. Je remue et je laisse dorer 3 minutes avant d'ajouter le bouillon, le thym et le persil. Je sale un peu mais pas trop à cause du chorizo et du bouillon qui sont déjà salés.

 3. Je porte à ébullition, puis je baisse le feu et je laisse mijoter 20 minutes sous un couvercle.
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 À l'aide d'une écumoire, je retire les brins de thym et les morceaux de chorizo, et je verse la moitié de la soupe dans un saladier pour la mixer. Quand c'est fait, je le remets dans la cocotte avec les morceaux de chorizo; je fais chauffer quelques minutes. Juste avant de servir je vérifie l'assaisonnement et j'ajoute la crème fraîche. L'ensemble prend  une belle couleur corail qui, combinée à l'odeur, ouvre d'emblée l'appétit. "

À servir dans des petits bols. Enfin, des bolinettes, voire des verrines, si vous êtes adeptes. Parce que c'est le genre de soupe qui rassasie assez vite... Mais c'est délicieux, pas trop sucré - la banane plantain est très peu sucrée. Je n'ai mis que la moitié du chorizo. J'avais oublié le maïs, il faudra donc que j'essaie une autre fois avec, en rajoutant une carotte ou deux.

 

Une cuisine qui sent bon les soupes du monde (non mais quel titre...)

Alain Serres, Laurana Serres-Giardi

Aurélia Fronty

éditions Rue du Monde, 2011

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pettson & picpus

Publié le par Za

Que diriez-vous de rendre une petite visite à Petson et à Picpus son chat ?

Retrouver les dessins malicieux de Sven Nordqvist est un régal digne de la plus exquise des gourmandises, comme, par exemple, un macaron basilic-citron. Quel rapport, me direz-vous ? Aucun. Je me damnerais pour un macaron basilic-citron, mais revenons à nos Suédois.

 

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Aujourd'hui, Pettson n'a pas la pêche. Il broie du noir, il déprime, envie de rien, juste attendre que la nuit tombe pour aller se coucher. Mais c'est sans compter avec Picpus...

 

J'ai feuilleté mon premier Pettson dans une librairie/magasin de jeu en Allemagne - Kunst und Spiel à Sarrebrück, Fürsenstraße 1a - si jamais vous passez par là... Je ne comprenais strictement rien au texte mais qu'importe, le charme a opéré immédiatement.

 

Les dessins, la composition des pages, tout concourt à plonger le lecteur dans un dilemme affreux : tourner la page ou prolonger le plaisir d'y farfouiller encore. Car il y a toujours dans un coin une créature hypothétique, un détail hilarant, une grenouille un brin barrée qui nous font de l'oeil. Sven Nordqvist tient son lecteur en assez haute estime pour lui proposer ce genre de complicité. 

 

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Et ils valent leur pesant de surströmming nos deux camarades ! Le chat frappadingue vaguement hyperactif et le ronchon pas rasé de près, pas habillé à la dernière mode. Clown et Auguste, trublion et bougon, le tout dans un joyeux fouillis résolument anti-Feng shui ! Ah, c'est sûr qu'il ne doit pas faire la poussière tous les jours, ce bon Pettson et qu'il se fout bien que la couleur de ses rideaux soit assortie à la nappe...

 

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Après cette lecture, j'avais presque envie d'une longue balade au bord d'un lac en Suède.

J'ai dit presque.

 

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guten tag

Publié le par Za

Parlez-moi d'moi, y a qu'ça qui m'intéresse !

Comment résister

aux questions mitonnées

par mon A Mimi Rat,

enfin,

mon amie Mira ?

Le tag des onze,

à ma sauce...

 

Tout d'abord, onze aveux, parmi lesquels j'ai caché six mensonges éhontés... À vous de les trouver !

 

1. Je suis née à Ville d'Avray. Ma mère s'appelle Jeanne et mon père Victor.

2. J'ai gagné des compétitions de ski.

3. Je ne repasse jamais. Je vis froissée et, ce faisant, je gagne un temps fou.

4. J'ai vendu des glaces en Aragon.

5. J'aime les bagues, les grandes, les lourdes, les bagouzes, quoi !

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Ces photos tendraient à prouver la véracité de cet aveu.

(quand je pense que je viens de passer un bon quart d'heure à photographier ma main gauche...)

 

6. J'ai un amour immodéré pour les talons hauts. Ce qui, au regard de ma grande taille, pose quelques problèmes à mes interlocuteurs de moins d'un mètre quatre-vingt.

7. J'ai sauté à l'élastique depuis le viaduc de Garabit.

8. J'aime le rugby depuis toujours. 

9. J'ai tellement de surnoms, de diminutifs que lorsque je téléphone à mes proches, il me faut d'abord réfléchir avant de me présenter... Za, Zette, Éli, Babé, Lisou, Lisbeth, Zabeth...

10. Je n'ai jamais lu aucun livre d'Amélie Nothomb.

11. Je connais Carmen par coeur. De la première à la dernière note, même les parties d'orchestre. J'ai même un jour chanté sur scène cette partie de l'acte III (le rôle de Carmen, tant qu'à faire !)

 

 

 

 

Ceci étant dit, ceci étant fait, répondons maintenant aux onze questions qui ont germé dans l'esprit retors de Mira... Je n'ai pas trop le choix, la hallebarde délicatement posée sur ma tempe tenant lieu de motivation...

 

1- Allez PAF ! donne-moi 3 rimes en « ASE » !

trypanosomiase, hypostase, carboxylase (ça se voit que j'ai triché ?)


2- ...3 livres qui restent soudés à ton chevet ?

Les trois du dessous de la pile, soudés par le poids de ceux qui sont au-dessus.


3- Formule toi-même ta propre question et réponds-y ! hihi ! tu verras comme c’est rigolo !!

 

Qu'est-ce qui t'agace, t'énerve, t'exaspère ? Mais vraiment... 

> L'expression "c'est que du bonheur !" ... Elle devrait être interdite, par décret spécial, on devrait filer une amende aux gens qui l'utilisent, avec aggravation de la peine en cas de récidive...


4- A ton avis, l’absurde fait-il avancer le débat ? ou alors parfois pas ? Et si les débats sont ouverts , alors qu'en sera-t-il des petits pois ?

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poutou à gagner

pour qui trouvera

le jeu de mot ultra fin qui sous-tend cette photo...

 

5- Dis, dis, tu me racontes une histoire…euh alors….euh… avec un loup, des méchantes, un ogre, une botte de carotte, un pneu et aussi des babouches.

 

"Remue-toi, rat de fond de cale ! J’ai besoin d’une botte de carottes ! Et ne me regarde pas comme ça ! Oui, j’ai dit une botte de carottes ! Et de carottes nouvelles, s’il te plaît, avec fanes. Des fanes pas fraîches feront l’affaire. Et tant que tu y seras, il me faudrait aussi quelques poils de loup, de loup gris de préférence. Où vas-tu ? Qui t’a dit que tu devais aller les chercher sur la bête ? Mais qui m’a fourré cette raclure de chaudron dans les pattes ? Des poils de loup, il y en a dans le pot qui est sur la quatrième étagère, là, devant ton nez  morveux. Non ! Ne te mouche pas, malheureux ! Viens par ici que je récupère ce qui coule de tes naseaux, ça pourra servir…  Alors, elles arrivent ces carottes, parce qu’ici ça commence à bouillir et je ne voudrais pas que ça attache au fond ! Pourrais-tu me râper quelques lamelles de pneu, si ce n’est pas trop te demander ? Stop, ça suffit ! Je ne prépare pas une potion pour un ogre ! Tu te souviens de celle qu'on avait faite pour le pauvre malheureux qui avait égorgé ses sept filles ? Il était bien mal en point… A-t-on idée d’être aussi goulu ! Non, aujourd’hui, c’est une commande pour deux vilaines. Des vraies, des méchantes ! Elles veulent faire rétrécir leurs pieds. Ne me demande pas pourquoi. Après elles reviendront me demander une potion pour garder l’équilibre. C’est n’importe quoi. Et je la leur ferai leur potion. La bêtise, ça fait marcher le commerce… Voilà, c’est prêt. En plus, faut la livrer, la potion. Les feignasses ! Allez, délicieux furoncle, adorable verrue, mets tes babouches et fonce, l’envoyé du roi passe dans une heure !"

 


6- C’est quoi ton moteur, pour écrire, dessiner, carburer, quoi ? ( là je voudrais bien une vraie réponse)

J'veux qu'on m'aime !


7- C’est quoi ton moteur, pour écrire, dessiner, carburer, quoi ? ( là, je voudrais bien une réponse hyper politiquement correcte)

L'amour de la littérature, bien sûr !


8- Quelle(s) langue(s) aimerais-tu parler ? Pourquoi ?

Хотела бы по-русски  говорить.Это прекрасный язык!


9- Comme moi, aimes-tu les chiens ?

À la folie ! Presque autant que les chats ! C'est dire !


10- Un livre à conseiller absolument et à lire toutes affaires cessantes ?

Le dernier catalogue Playmobil, pour la nouvelle série préhistorique ! Les fresques de la grotte sont présentées en auto-collants. Mais il semble qu'il n'y ait pas de pingouin... Nous serions donc plutôt Lascaux que Cosquer, ce qui me défrise un brin.

 

playmo grotte


11- Et sinon, ça va toi en ce moment ?

 

 

 


Et comme si ça ne suffisait pas, il fallait ensuite rédiger onze questions, choisir quelques victimes expiatoires élire des blogopotes, parmi la crème de la crème et les taguer... Je botte en touche pour cette partie du tag. Enfin, presque... Je pose une seule question - aux plus férus de poésie d'entre vous, évidemment. De quel poème sont tirés ces quelques vers... Le gagnant se verra gratifier d'un double poutou ! 

 

Près de nous sifflait un merle,

La rosée faisait des perles...

 

 

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les piqués de Peake # 3

Publié le par Za

Avez-vous le pied marin ?  

Il va falloir.

Je vous dis ça, mais moi, j’ai le mal de mer. J'ai cru mourir, un jour, dans le ferriboite qui va du Vieux-Port aux îles du Frioul. À quai. Et voilà que j'ai la prétention de vous embarquer pour les îles anglo-normandes. Tout ça pour accompagner monsieur Albert Lemant  sur les traces de Mervyn Peake. Et ce disant, je ne suis pas peu fière d’accueillir ici un piqué de première importance. Que dis-je,  un piqué… Avec Albert Lemant, nous entrons dans la confrérie nettement plus chic des Peakies. Ceux qui, à bord du HMS Gormenghast, navire de Lord Marmaduke Lovingstone, le héros des Lettres des Isles Girafines, ont fait LE voyage.

Le voyage de Sark !

 

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carte des îles Anglo-Normandes

almanach de la Nouvelle Chronique de Jersey, 1891

 

" Comme la plupart des mabouls du club des Peakies je suis rentré dans la confrérie lors de la sortie chez Stock dans les années 70 de la trilogie Gormenghast... et comme pour tous les autres, inutile de dire que ça a changé ma vie d'artiste, de bibliophile, de lecteur, etc, etc... Comme les autres je passais mon temps à chercher l'édition rare, à transmettre la bonne parole en bassinant tout le monde lors de soirées en disant : "mais vous ne connaissez pas Mervyn Peake ? Quelle chance vous avez !"

 

Mais ma "rencontre", ma vraie rencontre, est singulière...

J'habite dans les Pyrénées un tout petit village dans une vallée un peu labyrinthique, un peu magique, les Baronnies... Les vacanciers épris de calme, de marche, et de rapaces, viennent se reposer par chez nous.

Les Britanniques notamment...

Il y a une quinzaine d'années je vais (alors que je ne vais jamais à ce genre de manifestations) à un repas de fête dans un village voisin et faisant la queue avec mon assiette remplie de charcutailles, je vois au bout d’une grande tablée un petit couple assez âgé et un peu timide se tenant à l'écart des ripailles bigoudannes. Bizarre comme on reconnaît un anglais à sa façon de "pichiguer" dans son assiette. Je m'assois aussitôt à côté d'eux pour lier conversation....

Nous sympathisons vite et je commence à parler de ma vie ici, de mon métier, la gravure, les livres, les illustrations... Inévitablement à un moment j'évoque le nom de Mervyn Peake. Les yeux de la vieille dame anglaise  (forcément bleus) s'illuminent alors.

" When I was a young girl, I played on his knees you know  ?..."

"J'ai joué sur ses genoux lorsque j'étais enfant !..."

En fait lorsqu'elle était petite fille, ses parents étaient les voisins des Peake et cette dame était l'amie du fils de Peake, Sebastian....

Une chose que j'ai toujours sue : le hasard, ça n'existe pas

Je suis bien sûr resté en contact avec ce couple anglais, la dame, la petite fille s'appelait Kate Dessau. Couple qui m'a ensuite donné le contact avec Sebastian. J'ai eu quelques échanges de courrier et de téléphone avec lui et c'était émouvant.

Et utile puisque quelques années plus tard grâce au soutien de l'éditrice Joëlle Losfeld, et avec mon amie Nicole Caligaris, nous avons entrepris de réaliser une "folie", un "road-movie" sur les traces de Peake sur l'île de Sark. Une île improbable face à Guernesey.

 

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tombal cross

Peake y a vécu à deux moments de sa vie dans les années 30 puis 40. Ce livre devait être une vraie-fausse fiction relatant le voyage de deux "idiots du village" partis sur les traces de leur idole, traces qui avaient presque toutes disparues (mais pas tout à fait...). Mélangeant fiction et réalité, carnet de voyage et bio-bibliographie de Peake, ce livre " Tombal Cross" n'a pas été ce que nous voulions, trop compliqué sûrement, on ne passe pas aussi facilement entre les coups de lames de Steerpike, on ne sort pas comme ça de l'antre de Swelter...

Mais il s'était passé quelque chose pendant ce voyage.

Nous étions partis à sept. Sept amis amoureux de Peake, des îles, des livres...

Il n'y a pas eu qu'un seul livre en fait. Il y en a eu encore un autre " Gormone", un livre de gravures (sept) dont le texte relatant ce "voyage" avait été écrit par un des sept "voyageurs", Christophe Caillé, et tiré à 77 exemplaires...

 

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gravure extraire de "Gormone"

 

Puis il y en a eu encore un autre "les Peakies"... tiré celui-là à...7 exemplaires...

Titus Groan, 77 ème comte de Gormengahst...

Un voyage...initiatique en somme...

 

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la dernière maison habitée par la famille Peake ( des travaux ont été faits depuis )

 

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un panneau indicateur de la présence de Peake sur l'île ( le seul )

 

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un morceau de l'architecture étrange du château dit " la Seigneurie",

siège des comtes de Beaumont, anciens seigneurs de l'île, jusqu'à récemment.....

 

[L'île de Sercq est composée de deux parties reliées entre elles par un isthme de trois mètres de large : la Coupée. Le genre de sentier délicieux qu’on ne pouvait franchir qu’en rampant par gros temps, avant la construction du parapet, une promenade pour équilibriste, un délice de Peakies…  ]

 

Bien sûr que nous l'avons passée la Coupée, passée, repassée et encore repassée... L'île de Sark (nous ne disons jamais Serq entre nous! Serq... Berk! C'est bon pour les contrebandiers de Moulefrites ! Pas pour des habitués de l'Amiral Benbow comme nous !), l'île de Sark, disais-je avant que vous m'interrompiez sans ambages, n'a guère de secrets pour nous, aussi vrai que deux pièces d'argent et deux pièces d'or font quatre doublons de Maracaïbo et que le Parrot du Capt'ain Trelawney s'appelait Mathusalem... C'est comme j'vous l'dis jeune dame!...

La preuve cette gravure d'époque représentant votre serviteur et sa charmante et vociférante compagne au cours d'une querelle relative à l'heure des marées du côté de Dixcart Bay, querelle qui fit vibrer les sous-bassements de la Coupée car se déroulant juste en son point central.

 

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gravure extraite de Gormone

 

 

et puis à Sark j'ai vraiment rencontré Fuschia !...

[Fuschia Groan, la sœur de Titus, la fille aînée du 77ème comte de Gormenghast, Fuschia la rouge, la brûlante, l’incandescente Fuschia… Vous avez rencontré Fuschia ?!]

Je serais tenté de vous dire simplement: " Lisez Tombal Cross !  Mille Milliards de Mille crachats de cachalots blancs !!!!"

Tout y est dit, ou presque, à la fin du récit, de notre rencontre avec une vieille dame dont nous avions découvert l'existence quelques heures avant de repartir et qui, nous faisant rentrer dans son cosy salon, nous montra timidement son portrait peint par Mervyn Peake, 60 ans plus tôt, et que ce portrait, j'en suis encore certain aujourd'hui, était le portrait de la sauvage Fuschia dessinée par Peake pour Titus.... 

 

« Dans le salon de Gee Guille était accroché son portrait, exécuté par Mervyn Peake quand elle avait dix-neuf ans, en 1946.

Et ce que vit Dürer sur cette aquarelle, les cheveux sombres bouclés, les yeux clairs, les sourcils fournis, la bouche, ce que vit Dürer qui tremblait comme une feuille, renforça, j’en ai peur, son état gravement perturbé.

« Fuschia ! »       

(Tombal Cross, Nicole Caligaris & Albert Lemant, éd. Joëlle Losfeld, 2005)


Que pourrai-je dire de plus jeune dame ?...

Que la vraie vie est toujours plus romanesque que n'importe quelle fiction ! Quelle découverte !

Moi qui n'ait jamais trouvé de trésor qu'en tournant les pages d'un livre et de préférence sous ma couette!

Pirate sans œil de verre (quoique borgne !), harponneur sans baleine, que pourrai-je dire de plus que les autres....

Les références citées par mes "collègues en Peakeries" et les passerelles qui vont de Gormenghast à Steadman, Wyeth, Pyle, Bruno Schultz, Topor, Kafka me touchent et me parlent (d’autant plus que mes propres fantômes vadrouillent du côté d'Odessa et de Cracovie ... Si vous avez lu "Bogopol" * d'Albert Lirtzmann aux éditions du Panama vous savez de quoi je parle).

Je pourrais rajouter dans les parentés : Edward Gorey [Il y a un Port Gorey à Sark !], Roman Polanski, Taddeuz Kantor, Neil Gaiman et son somptueux livre " Neverwhere" ou encore les frères Quay et leur fabuleux  court-métrage "Boutiques de Cannelles " d'après Schultz....

Mais rien n'égale la montée des eaux le long des hauts murs du Château.

Rien n'égale le hululement des hiboux.

Rien n'égale le cri déchirant d'un homme emmuré dans son propre crâne.

Et personne ne peut (ni ne doit !) illustrer Mervyn Peake,  sauf lui-même...

 

Finalement, jeune dame,

à Sark, vous l'aurez compris,

je n'ai pas seulement rencontré Fuschia....

 

Nous étions quinze sur le coffre de l'homme mort...

Yo-ho-ho ! et une bouteille de rhum!... 

 

Albert

 

 

* Et j’ai lu Bogopol, d’Albert Litzmann.  Et plutôt deux fois qu'une ! Je l’ai emmené avec moi à l’ombre des tours de Carcassonne… Dans ce récit, Albert né Lirtzmann fait le voyage à Odessa à la recherche de Bogopol, le mythique village de ses ancêtres. Un voyage dans le temps, en marge du temps, qui  s’ouvre sur une citation de Bruno Schulz, extraordinaire et percutante - au sens d’uppercut !  Comment ne pas se sentir emporté du côté de Gormenghast en lisant ces quelques lignes…

« Chaque aube nouvelle dévoilait d’autres cheminées grandies depuis la veille et gonflées par les vents nocturnes, tuyaux d’orgues infernales. Les ramoneurs ne pouvaient se débarrasser des corneilles qui, vivantes feuilles noires, s’établissaient le soir sur les branches d’arbres, auprès de l’église, s’en arrachaient en battant des ailes puis revenaient s’y coller, chacune à sa place habituelle, pour s’envoler en bande le matin, tourbillons de fumée obscure, flocons de suie ondoyants et fantastiques qui tachaient d’un croassement inégal les raies jaunâtre de l’aube. »

(Bruno Schulz, Les boutiques de cannelle, L'imaginaire-Gallimard)

Bogopol, donc. Le village tutélaire, qui s’éloigne au fur et à mesure qu’on croit s’en approcher, le long de rues qui ont changé de nom, en remontant le cours d’une histoire de famille haute en couleurs ! « Les bottes rouges bouillonnent en toi! » Une famille aux prises avec l’Histoire, changeant elle aussi de nom et survivant à tout, malgré les cosaques, les pogroms, malgré Auschwitz!

« Quand les Drobin, je veux dire les à-nouveau-Lirtzmann, reviendront rue de la Folie-Méricourt, la première chose que leur dira la concierge, c’est : « Ah bah, vous r’voilà ! Z’êtes donc pas tous morts ? »

Et cette grand-mère ! Tellement belle qu’on la croirait inventée, mais si extraordinaire qu’elle ne peut qu’être vraie. Sarah-Léa, mémé Lisette… Un chef d’œuvre de grand-mère à vous tirer les larmes des yeux, si vous avez été petits, si vous avez eu des grands-parents… Et puis il y a celle qui accompagne… De Paris à Kiki, j’ai repensé à ce poème de Desnos, les Gorges froides… On est bien loin de Mervyn Peake… Encore que…


À la poste d’hier tu télégraphieras
que nous sommes bien morts avec les hirondelles.
Facteur triste facteur un cercueil sous ton bras
va-t’en porter ma lettre aux fleurs à tire d’elle.

La boussole est en os mon cœur tu t’y fieras.
Quelque tibia marque le pôle et les marelles
pour amputés ont un sinistre aspect d’opéras.
Que pour mon épitaphe un dieu taille ses grêles !

C’est ce soir que je meurs, ma chère Tombe-Issoire,
Ton regard le plus beau ne fut qu’un accessoire
de la machinerie étrange du bonjour.

Adieu ! Je vous aimai sans scrupule et sans ruse,
ma Folie-Méricourt, ma silencieuse intruse.
Boussole à flèche torse annonce le retour. 

 

La moussaillonne que je suis remercie infiniment Albert Lemant pour sa patience et sa gentillesse envers mon béotisme exaspérant, pour les photos de Sark et les gravures extraites de Gormone. Ce fut un honneur !

 

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L'ABC de la trouille,l'Atelier du poisson soluble, 2011

Les ogres sont des cons, l'Atelier du poisson soluble, 2009

Lettres des Isles Girafines,Seuil Jeunesse, 2003

Georges et le dragon (avec Christophe Caillé), éditions Quiquandquoi, 2008

le Journal d'Emma, Seuil Jeunesse, 2007

Bogopol, éditions du Panama, 2005

le Boby Lapointe, albums Dada - Mango Jeunesse, 1998

Injures mode d'emploi, Albin Michel, 1990

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ratsmagic

Publié le par Za

Il y a lire une histoire et lire une histoire. Depuis le temps, on ne les compte plus. Il y a celles qu'on lit et qu'on oublie. Celles dont on reparle. Celles dont les personnages réapparaissent dans les jeux, dans la conversation.

- C'était comment déjà le nom de la sorcière ?

- Mortifère.

- Ah oui, Mortifère...

Ce soir-là, Petitou était envahi par l'histoire. " Tu pourrais mettre un peu moins le ton, parce que quand tu fais les voix, j'ai un peu peur..."

 

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Oiselle Azur porte en elle le plus merveilleux des oeufs. Un oeuf porteur de légendes, un oeuf si précieux que la sorcière Mortifère le vole et l'emporte loin, où personne n'ose s'aventurer. Personne sauf Monsieur Rat, le flegmatique Monsieur Rat qui restera de marbre devant tous les dangers, devant  toutes les énigmes.

 

Lorsqu'un oeuf commence à éclore, il émet un "crac" aussi ténu que le bruit d'une aiguille pénétrant un mouchoir de soie. Il n'en fut pas ainsi de l'Oeuf merveilleux d'Oiselle azur, lequel s'ouvrit tout net avec un "ding" musical, laissant rouler chacune de son côté les deux moitiés de sa coquille et libérant, avant même que le son se soit dissipé, une myriade d'infimes créatures scintillantes assemblées autour d'une dame masquée qui rayonnait d'une lumière douce.


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Le texte de Christopher Logue ne perd jamais de vue les subtilités du non-sens et nous balade dans un univers inquiétant, surprenant, où les dragons cachent dans leur ventre des sorcières avides.

 

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Anderson fait apparaître les personnages dans une économie de décor qui laisse l'imagination faire son chemin vers le rêve, vers le cauchemar. Chaque détail concourt à rendre l'image précieuse et subtile. Regardez l'oeil acéré, intimidant de Monsieur Rat. Qu'importe sa petite taille ! Son courage, sa tranquille détermination, sa sagacité valent toutes les terreurs en embuscade.

 

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Et cet oiseau, l'Oiseau très effrayant du kapokier aux serres d'argent, à la robe de bronze, au profil tout droit sorti d'un tableau de Jérôme Bosch...


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Voici donc un album précieux, à relire, à feuilleter, pour se perdre encore et toujours dans le dédale de la forêt des Ténèbres, sur le rivage du lac de la Tristesse où vit le formidable dragon des Larmes...

 

Ratsmagic est le premier livre de Wayne Anderson, publié en Angleterre en 1976.

 

Ratsmagic

Wayne Anderson

texte de Christopher Logue

traduit par Valérie Rouzeau

éditions Delpire, 2009

 

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Publié dans albums, Wayne Anderson, Delpire

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v@c@nces

Publié le par Za

 carcassonne227

 

 

 

Nous partirons sur la route de Narbonne,

toute la nuit le moteur vrombrira,

et nous verrons les tours de Carcassonne

se profiler à l'horizon de Barbaira...

Publié dans chansongs, Charles Trenet

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