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15 dessinateurs

Publié le par Za

Après 15 auteurs, Violette et moi  vous lançons un nouveau tag : 

"15 dessinateurs / illustrateurs" !

Qu'ils soient illustrateurs, dessinateurs de BD,

vivants ou trépassés,

mettez à l'honneur ceux qui enchantent vos mirettes,

ceux qui vous font rêver,

ceux qui vous font rire,

ceux qui vous plantent un monde en quelques traits,

ceux sans qui vos bibliothèques seraient bancales,

ceux sans qui vos lectures manqueraient de sel !

Et soyez forcément frustré(e)s d'en oublier,

de n'en citer que quinze (vous pouvez en citer plus, on s'en fiche, en fait !).

 

Je me suis lancée sans réfléchir trop, quinze noms sur un bout de papier...

 

15 dessinateurs 1010

15 dessinateurs 2011

 

Et puis, les doigts un peu poisseux, je bidouille mon collage en roumégant, parce que j'ai oublié, en vrac, Beatrix Potter, Gustave Doré, Benjamin Rabier, François Boucq, Schuiten, Civiello, Dubout, Loisel, et Joan Sfar (même s'il y en a que ça énerve), Christophe Blain, Marie Desbons, Miss Clara ... Comment ça, je triche ?

 

Alors, en premier - forcément, je tagge Séverine (parce que je suis curieuse de connaitre ses admirations), puis Mirontaine, Suhani, Carotte, L'Or, Christine, David, Karine (qui pourront répondre en commentaire), Lustucru, Mango...

 

le 28 avril, 23h24

Ce tag fait son chemin, un peu partout... Je découvre des univers, des bloggers que je ne connaissais pas, des pages passionnantes. Et puis je me rends compte que tout le monde met son grain de sel, explique un peu. Alors comme je suis bavarde, je rajoute une bafouille sur mes 15 à moi, des fois que ça intéresserait quelqu'un...

 

Maurice Sendak et Tomi Ungerer, les figures tutélaires et inégalables, les inventeurs.

Quentin Blake, l'humour, l'esprit même des textes de Roald Dahl.

Uderzo parce que Petitou découvre Astérix, et que je m'y replonge avec joie !

Frédéric Pillot pour l'incroyable vitalité, l'énergie de ses dessins, Lulu présidente !

Kitty Crowther, ses univers étranges et en demi-teinte, dérangeants, jamais gratuits...

Mandrafina, pour avoir vécu pendant des mois et des mois la quête du premier tome des Spaghetti Brothers, un chef d'oeuvre !

Philippe-Henri Turin... parce que Philippe-Henri Turin.

Enki Bilal, par qui je suis entrée dans la BD.

Philippe Corentin : L'Afrique de Zigomar, Plouf!, L'ogre, le loup..., Mademoiselle tout à l'envers, et tout et tout !

Tardi parce que j'aime tout, Adèle Blanc-Sec, le Cri du peuple, Nestor Burma, et ses images de la guerre de 14/18, tout, je vous dis, tout !

François Place, le type agaçant, qui écrit aussi bien qu'il dessine, à moins que ce ne soit l'inverse, je ne sais plus...

Larcenet : je n'ai rien lu de plus drôle, de plus tendre que son Retour à la Terre, je n'ai rien lu de plus vrai que son Combat ordinaire.

Jacques Ferrandez pour ses carnets d'Orient et son trait reconnaissable entre tous.

 

Publié dans albums

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tranchecaille

Publié le par Za

1917

L'offensive du Chemin des Dames charrie la boucherie que l'on sait. Le soldat Jonas, surnommé Tranchecaille, est accusé du meurtre de son officier. Le capitaine Duparc est chargé de sa défense. Le conseil de guerre approche.

 

Les voix des protagonistes de cette affaire à l'issue trop certaine se répondent dans de courts chapitres de quelques pages à peine. Des voix sorties des tranchées, de l'arrière, émergeant de l'absurdité glaciale de cette guerre. Le portrait du soldat Jonas se construit par touches contradictoires. Qui est-il ? Un pauvre gars, égaré comme les autres, avec son uniforme trop grand, dans une horreur qui le dépasse... Ou est-il un véritable assassin...

"Tenez, sa façon de saluer. de la main gauche. Et de présenter les armes à l'envers. Elle lui a valu je ne sais combien de motifs. Croyez-vous que ça y a changé quelque chose ? Il n'était pas plutôt sorti du gnouf que le premier gradé croisé, pan ! la main gauche. Pourquoi pas la crosse en l'air ? Mais voilà, Jonas est gaucher. Un vrai gaucher, dyslexique. De ceux qu'il ne faut pas contrarier à ce qu'en disent les bonnes âmes. Il finissait par convaincre que s'il ne se corrigeait pas, ce n'était nullement par mauvais esprit, mais parce qu'il en était incapable."


Le récit avance au gré des offensives, des morts par centaines. Qui échappera à la tuerie ?  Mais même en survivant, y échappe-t-on vraiment ? "Vous avez connu l'horreur, les copains hachés par la mitraille. Les corps qui se décomposent, pendus aux barbelés, les mourants qui appellent leur mère, des jours durant, entre les lignes, jusqu'à ce qu'un tir les achève. Parce qu'il faut bien que quelqu'un le fasse, mon Dieu. Et ce quelqu'un, c'est vous."


Mais la vraie question qui hante les officiers, au front et à l'arrière, c'est le moral des troupes, les tentations de rébellion, de désertion. Tout est bon pour étouffer dans l'oeuf les tentatives de fraternisation avec l'ennemi.On se parle d'une tranchée à l'autre, on ne s'envoie pas que des grenades, pas que de la mort, on s'envoie du tabac, du chocolat, du schnaps, avant de recommencer à s'étriper.

"Cette guerre s'éternise, les hommes renâclent. L'insubordination... les mutineries... les fraternisations, même. La dernière en date a eu lieu dans le secteur. je ne vous apprends rien, je pense. Nos soldats ont échangé de la nourriture avec l'ennemi. Ils ont fini par la manger ensemble... Il faut casser ça tout net. Pas un régiment n'est à l'abri. On commence par s'échanger du chocolat, on finit par zigouiller ses supérieurs."

 

tranchecaille_.jpg

 

La force de ce livre est dans ces voix mêlées, accablées, dans la faconde des discours, dans leur froideur calculée, dans l'écriture magnifique de Patrick Pécherot.

"Les sillons sont abreuvés de sang impur à flanquer la courante. La grosse colique pierreuse. Avec l'argile jaune et les mottes bien noires qui vous giclent à la gueule. Sur les casques, la caillasse tambourine. Ça lansquine dru, des silex et des sédiments. Le minéral est chamboulé dans les profondeurs. Il en est soufflé. Il crache des fossiles et des ossements. C'est la nuit des temps qui tombe."


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samedi matin

Publié le par Za

Qu'on ne s'y trompe pas. Déjà, toute petite, les Fabulettes m'ennuyaient. En grandissant, les autres chansons d'Anne Sylvestre ne m'ont jamais accrochée non plus. Trop de gravité, de sérieux, une question de génération peut-être, des chansons trop datées... Je ne sais pas.

Quoi qu'il en soit, je n'étais donc pas préparée à recevoir ce texte, au volant de la bétaillère familiale, de retour des courses du samedi (yerk !), juste avant le rond-point en bas du village. Trois minutes et des poussières, c'est pile le temps qu'il me fallait pour arriver à la maison et me garer devant le portail, en larmes.

 

Publié dans chansongs

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chlorophylle est de retour

Publié le par Za

pour Christine

 

 

 

recette de samedi dernier

(juste de samedi dernier, parce depuis, je grelotte, je tousse, je mouche)

 

jardin-4439.jpg

 

prenez un fauteuil de toile confortable

qui désespérait qu'on vienne le chercher après un hiver passé au grenier

installez-le en plein soleil

revêtez un vêtement léger

arborez des lunettes foncées

couvrez-vous d'un chapeau de paille fine

armez-vous de lectures délectables

- pour finalement ne pas trop lire parce qu'à trois centimètres de votre nez,

une coccinelle ravissante se promène sur le lierre,

qu'elle pourrait s'envoler -

et, les pieds nus dans l'herbe fraîche

ne faites plus rien.

 

jardin-4442.jpg

 

 

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photo juste pour Séverine

 

 

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voilà ce que devient le chapeau de paille fine une fois pris en main par un lutin de jardin

 

 

"Les fleurs sentent mauvais, le soleil tape à l'oeil

Ce bonheur ridicule a une odeur de deuil

Les gazouillis d'oiseaux me donnent la nausée

Et ces couleurs vulgaires... comment peut-on oser ?"

Charles à l'école des dragons (classique indépassable)

A. Cousseau, Ph-H. Turin

Seuil Jeunesse, 2010

Publié dans in my heart

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just for you Karen B.

Publié le par Za

Ne vous sentez pas exclus, les autres et régalez-vous de cette chanson, spécialement posée ici pour une dame si chère à mon coeur et dont les grandes ailes vont l'emporter bientôt sous d'autres cieux, où je ne manquerai pas d'aller la voir.

Maintenant, c'est écrit, je ne peux pas faire autrement !

 

 

Publié dans in my heart

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on peut compter sur Charles !

Publié le par Za

On l'a lu, relu, re-relu, mais pas épuisé, oh non ! On le connaît par coeur même, ce Charles! Et le revoilà, le dragonnet maigrichon qui nous fait un clin d'oeil avec ce clac book, évidemment signé Philippe-Henri Turin, youpi !

 

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"Mais kézako, un clac book ?" t'entends-je demander, lecteur adoré. Eh bien, c'est un peu comme si Charles se mettait à l'accordéon, quoique ses bras un tantinet courts ne lui permettraient que très difficilement cette activité... Maintenant que j'y songe, pour le violon aussi, c'est râpé. Il peut toujours chanter, me direz-vous. À force de le fréquenter, j'en suis  d'ailleurs venue à me demander quel genre de voix il pouvait bien avoir. C'est comme lorsque je me suis entendue dire : "Mais quelle taille il fait, en vrai ?" En vrai... Eh bien oui, je vous dois la vérité : j'ai adopté un dragon !

 

Bref. Un clac book est un double accordéon en carton qui se déplie en faisant clac ! D'où son nom.  En fait, il fait plutôt skroutch ! Mais skroutch book, c'est tout de suite moins vendeur, vous l'admettrez. Tout le monde suit  ? Je n'ai perdu personne en route ? Et nous voici, côté pile, devant une galerie de portraits de Charles comptant tout ce qui lui tombe sous la patte, y compris ses copains de l'école des dragons, que vous reconnaîtrez sans peine, n'est-pas ? Cet exercice réjouissant nous laisse découvrir les grands talents de comédien du dragonnet.

 

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  - Pourquoi on ne voit que les nombres pairs ?

- C'est fait exprès.

 

Charles n'est pas à proprement parler mignon, ce qui est reposant, je l'avoue. Il n'a rien de ces personnages lisses de certains livres pour enfants, il est griffu, couvert d'écailles et son cou maigrelet plisse lorsqu'il tourne la tête - j'adore ce détail. Et ses dents ! Ne loupez pas son sourire carnassier, un sourire dont je n'approcherais pas la main...

 

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- Et pourquoi elle est si riquiqui cette photo ?

- Parce que. C'est fait exprès.

 

Voudrait-on lui faire un câlin qu'on se retrouverait empêtré dans ses ailes interminables. Encore que... Lui faire un câlin... Car Charles a beau être devenu, vous l'aurez compris, mon nouvel ami, il conserve ce je ne sais quoi de sauvage qui fait qu'on ne sait jamais s'il va vous faire une affectueuse léchouille ou vous croquer la joue. Il est définitivement à part, unique.

 

Compter, donc, puisque c'est le sujet du jour. Eh bien, ça peut être coton. Parce que notre Charles a certes deux grands pieds, deux ailes majestueuses, je ne vous apprends rien j'espère, un long nez, deux beaux yeux, il a quatre doigts à chaque main, ce qui vous l'avouerez, n'est pas aisé pour aller jusqu'à 10. Il pourrait compter en base huit, m'a-t-on fait remarquer. Ceux qui me connaissent bien imaginent aisément que cette idée ne m'aurait jamais effleuré l'esprit...

 

Côté face, un dessin unique, somptueux et plein d'humour où l'on retrouve tous les éléments du recto, en situation dans un paysage vallonné propre à donner le rhume des foins à bien des dragonnets ! Je vous épargnerai le couplet pédagogico-gnan gnan sur l'apprentissage du dénombrement, car il ne s'agit ici pour nous que du plaisir de retrouver le talent de Philippe-Henri Turin, dragonnier en chef !

 

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  - C'est quoi, cette photo ? On ne voit rien !

- Et dedans, c'est quoi, des écailles ?

- Elle est nulle !

- C'est fait exprès ! Bon allez, j'appelle mon fidèle assistant et je vous en refais une autre.

Mais c'est bien parce que c'est vous...

 

lire---relire-4430_edited.jpg- Ben, c'est pas beaucoup mieux...

- Jamais contents ! Et puis...

- Oui ! C'est fait exprès, on a compris !


Un bel objet destiné aux plus petits qui vont se régaler à chercher les coccinelles, aux membres du fan club de Charles, à Petitou, fin connaisseur du sujet qui me fait remarquer que Charles à un peu les mêmes dents que Pangbotchi , non ? avant de prendre le livre dans ses bras et de s'assurer qu'il sera bien rangé dans sa chambre et pas ailleurs...

 

- Mais c'était quoi ces photos à la fin ?

- Je me tue à vous dire que c'est fait exprès !

Si vous voulez en voir davantage, rendez vous chez votre libraire et achetez le livre.

Un point c'est tout.

Comment j'avais dit, la dernière fois ?

Ah oui !

C'est un ordre.

 

 

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c'est un livre

Publié le par Za

J'ai trouvé ce petit film sur l'incontournable blog de la librairie La Soupe de l'Espace       - 9, avenue des iles d'or, 83400 HYÈRES, blog dont je ne pourrais plus me passer, voilà, c'est dit.

J'avais lu, que dis-je, on m'avait obligée à lire ce petit livre en anglais, il y a peu, je l'avais beaucoup aimé. Le voici en français. Je persiste à préférer la vo, mais c'est excellent.

 



Publié dans albums

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je suis au paradis

Publié le par Za

"La Barbe-Bleue, mon canard,

Qu'est-ce qu'il y a dans ton placard,

Ça sent bizarre ?"

 

Et dans ce nouveau disque de Thomas Fersen, qu'est-ce qu'il y a ?

Il y a Dracula, Barbe-Bleue, et des loups-garous.

Il y a une momie, un squelette et un doux fantôme.

Il y a un centenaire priapique.

Il y a un inquiétant joueur de scie musicale, une dame en noir, des jupes accueillantes...

Et pas d'insecte, tiens, pour une fois...

 

Douze chansons comme autant de contes noirs et grinçants. Du grand Thomas Fersen, qui nous emmène loin, d'une voix un peu éraillée, au fil de mélodies impeccables. J'avoue m'attacher davantage aux textes, drôles et brillants. Fersen ne lésine jamais sur la rime hasardeuse, le jeux de mots réjouissant. Dans une interview récente, il rappelait ce qu'il devait à la chanson paillarde. J'aime assez cette saine franchise.

"Je jouis, je jouis, quand j'entendrais le glas, oui,

Je jouirai encore,

Je veux mourir comme Félix Faure."

(Là, le seul -léger- problème, c'est la très grande mémoire de Petitou qui chantait joyeusement ce refrain sur la banquette arrière de la bétaillère familiale, hier... Ne riez pas et imaginez qu'il se mette à chanter ça à l'école, pour quoi je vais encore passer, moi ?)

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41fSRkOtzSL._SL500_AA300_.jpg

 

On écoute ce disque le sourire au coin des lèvres, comme le Thomas Fersen de la jaquette du cd, dans son canapé de lupanar, dessin signé Christophe Blain (auteur d'Isaac le Pirate). D'autres dessins dans le livret nous font immédiatement regretter le beau format du 33 tours (et là, je perds mes plus jeunes lecteurs, si, si, j'en ai !).

 

Alors, ruez-vous sur ce disque, écoutez-le !

Faites pire.

Achetez-le !

 

Sur le site du label Tôt ou tard, une BD de Blain (un peu pénible à lire si vous n'avez pas d'écran 16/9), et toutes les chansons.

 

 

Publié dans chansongs, Thomas Fersen

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tous les enfants grandissent, sauf un...

Publié le par Za

Il y a des jours comme ça où on est brusquement rattrapé par le syndrome du "mais-comment-pourquoi-je-n'ai-pas-encore-lu-ça". Retrouvé en furetant sur une étagère de vacances parmi d'autres livres à la tranche bleue, daté de Noël 1955, et dégageant une odeur de vieux papier confortable, d'encre douce...

 

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Peter Pan, pour moi, représentait un genre de grand écart passablement inconfortable entre le dessin animé des studios Disney et la BD de Loisel, si proche de Dickens, incontournable de noirceur magnifique, avec son irrésistible Clochette. "Ce n'était pas vraiment une lumière mais une source d'éclats lumineux successifs qui, s'interrompant durant une fraction de seconde, permit de voir qu'il s'agissait d'une fée, pas plus grande que la main et encore dans l'enfance. Elle s'appelait Tinn-Tamm et était vêtue d'une robe de feuilles ravissante, au large décolleté carré qui mettait en valeur sa silhouette légèrement encline à l'embonpoint." "Cette fée-là, c'est un p'tit morceau de gâteau, nappé de susceptibilité." (Régis Loisel, tome 2, Opikanoba) Le roman de James Matthew Barrie, publié en 1911,  se situe quelque part entre les deux. 


 

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" Tous les enfants grandissent sauf un. ..."

... et celui-là est inquiétant, capricieux, léger, inconstant, sans coeur, un enfant dans toute sa splendeur. Peter Pan ne s'alourdit pas de souvenirs ni de tendresse, pas plus qu'il ne s'embarrasse d'une mère. Les mères empêchent de voler, vous retiennent dans leurs bras trop aimants et, à coup sûr, vous empêcheraient d'affronter des pirates ! Chez les Darling, il y a une mère de la pire espèce, du genre à être inquiète lorsque ses enfants disparaissent brutalement , laissant derrière eux la fenêtre de premier étage ouverte. Encore que... "Cette âme romanesque ressemblait à ces petites boites gigognes qui nous viennent de l'Orient mystérieux - vous avez beau les ouvrir l'une après l'autre, il y en a encore une plus petite à l'intérieur. Et sur sa bouche doucement moqueuse flottait un baiser que Wendy ne pouvait jamais cueillir bien qu'il fût là, palpitant à la commissure droite des lèvres."

Fort heureusement, une mère, ça s'oublie vite. "Mais je crains bien que Wendy ne se souciât guère de son père et de sa mère; elle était persuadée qu'ils garderaient toujours la fenêtre ouverte pour son retour, ce qui lui laissait l'esprit tout à fait libre. Ce qui, en revanche, la perturbait parfois, c'était que John n'avait qu'un vague souvenir de ses parents tandis que Michael était tout disposé à la prendre pour sa vrai mère." Je crois que c'est cette dernière partie de phrase qui a commencé à me traumatiser... Et je n'étais pas au bout de mes peines!

"- Où as-tu mal, Peter ?

- Ce n'est pas de ce genre de souffrance, répondit Peter d'un air sombre.

- Alors, quel genre, dis-moi ?

- Wendy, tu te trompes à propos des mères.

Ils se rassemblèrent tous autour de lui, apeurés, tant son agitation était alarmante; alors, avec une belle candeur, il leur révéla ce qu'il avait jusque là caché.

- Il y a longtemps, dit-il, j'ai cru comme vous que ma mère garderait toujours la fenêtre ouverte. Je suis donc resté absent durant des lunes et des lunes et puis je suis revenu mais  la fenêtre était condamnée car ma mère m'avait oublié et un autre petit garçon dormait à ma place dans mon lit.

Il n'était pas certain que Peter dît la vérité, mais il croyait la dire et les autres prirent peur.

- Tu es sûr que les mères sont comme ça ?

- Oui.

Donc à propos des mères, il ne se trompait pas. Les monstres ! "

 

Des pères, il n'en est pas trop question, si ce n'est pour en relever les excentricités. Pauvre monsieur Darling, déjà mis à mal par l'existence même de ses enfants, puis par leur absence.

"- George, dit-elle timidement, tu es toujours aussi rongé par le remord, n'est-ce pas ?

- Toujours, ma très chère. Vois mon châtiment... Vivre dans une niche.

- Mais c'est bien une punition, n'est-ce pas, George ? Tu es bien sûr que tu n'y prends aucun plaisir ?

- Mon amour ! "

 

Je me suis laissée emporter par la noirceur de l'histoire, par le désespoir qui s'en dégage. La mort rôde sans cesse parmi ces pages faussement joyeuses,  parmi ces paysages éternellement crépusculaires. "Tout étant prévu avec une ingéniosité diabolique, la plupart des Peaux-Rouges s'enveloppèrent dans leurs couvertures et, avec le flegme qui, pour eux, représente la quintessence de la virilité, ils s'accroupirent au-dessus de la maison des enfants, attendant l'heure blafarde où ils sèmeraient la mort livide."

Le Capitaine Crochet, à mille lieux du bouffon de farce, est un personnage d'une grande élégance, un dandy fragile et cruel. Mais Peter Pan, c'est aussi la grande aventure, les pirates, les Indiens, les sirènes, les cachettes dans les arbres, un crocodile obstiné. Neverland est une île de Cocagne où tout est possible. Une île où, lorsqu'on est un enfant perdu, on n'a d'autre choix si l'on grandit que de devenir pirate. Ou de mourir.

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ill. Jan Ormerod

 

Je crois que je n'ai jamais autant truffé un livre de ces petits marque-pages en couleur qui me servent à retrouver les passages importants. Cette histoire ne peut laisser indifférent. Je me demande parfois si aujourd'hui, dans notre époque politiquement correcte, on pourrait encore écrire, publier Peter Pan...

 

Mais la découverte de ce texte m'a laissé un sentiment de malaise.  Vous l'avez compris, le sort qui y est fait aux mères... Mais peut-être aussi est-ce parce que, finalement, et malgré tous mes efforts, j'ai fini par devenir un peu adulte...

 

extraits tirés de la traduction d'Henri Robillot,

Folio junior, 1988

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poils, plumes & cailloux

Publié le par Za

AUTRE 4037

 

On s'approche, on s'apprivoise au fil des visites.

La prochaine fois, c'est sûr, j'aurais un sourire !

 

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herbe roussie par l'hiver, poil dru,

comme l'impression de ne pas changer de matière

 

AUTRE 4040 edited

 

 

"Quant à l'Auvergnat de race très pure, la zoologie nous fait voir que, sous un gilet de laine marron , qui se boutonne et qui a quatre poches, il porte un pull-over de couleur aubergine sous lequel il a mis un chandail qui dissimule quelques menus lainages superposés sur l'épaisse chemise qui recouvre son tricot de peau. Ce qui est pratique pour les ménagères. Les ménagères du Haut-Cantal se servent couramment du grand-père, qui est assis à côté du feu, comme d'une pelote à épingles. Il est immobile et pure laine. Comment se passerait-il d'un hiver rigoureux ? L'été l'éprouve déjà beaucoup, l'hiver le repose un peu de ses nombreux lainages."

Alexandre Vialatte, Bestiaire, Arléa

( chronique publiée dans le journal la Montagne )

 

AUTRE 4103

 

des rochers de basalte, percés de grottes à trésors

 

AUTRE 4129

 

 

AUTRE 4188

 

saisir l'insaisissable, la douceur du feu follet de laine blanche

 

 

AUTRE 4232

 

d'autres pierres dans des parfums de sel

 

AUTRE 4239

 

AUTRE 4254

 

 

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L'auteur de ce billet remercie pour leur aimable participation :

les inestimables Salers du Bout du Monde,

le rocher de Bredons pour ses mystères,

les agneaux de Saint-Germain, Millau

les pierres d'Aigues-Mortes

les gabians du Grau du Roi

Publié dans in my heart

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