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l'arbre rouge, un dragon et quelques poules...

Publié le par Za

Samedi dernier, Petitou avait des sous à dépenser à la librairie... Alors, pendant qu'il furetait dans les rayonnages, eh bien, j'ai fait pareil. Et d'album en album, j'ai fini par tomber sur ça:

 

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Le choc.

Peu de mots. Une atmosphère.

 

 

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Une petite bonne femme trimballe sa mélancolie, sa douce tristesse, les yeux baissés, dans des décors oppressants, inquiétants, sans que rien laisse à penser qu'il pourrait y avoir un peu d'espoir... Sauf qu'à la dernière page... Plongez-vous dans les somptueuses et subtiles illustrations de Shaun Tan, qui expriment si bien le poids du monde, sa démesure et sa folie et laissez-vous embarquer dans cette poésie douce amère. Un album pour les grands, Gallimard Jeunesse.

 

 

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Et Petitou, me direz-vous, qu'a-t-il choisi ? Des petites poules bien sûr ! Un poule tous et tous poule un ! Ici, on les aime bien les malignes petites bêtes, Carmen, Carmelito, Belino... C'est drôle, vif, plein de références... Un succès mérité pour les  deux Christian, Heinrich et Jolibois.

 

 

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Et comme avec vingt euros, des fois, on peut se payer deux livres -  j'ai dit : des fois - on est aussi rentrés avec Zébulon le dragon, de Julia Donaldson et Axel Scheffler, les heureux parents du Gruffalo (qui n'est jamais très loin, d'ailleurs). Zébulon n'est pas l'élève le plus doué de l'école des dragons. Tiens, encore des dragons à l'école ? Et oui, mais ceux-là sont à la mode Scheffler, colorés et foutraques. Zébulon ne serait jamais le premier de la classe sans un petit coup de pouce clandestin... Une histoire où les dragons ne sont pas ce que l'on croit et où les princesses bousculent un peu les idées reçues !

 

 

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cow & flower power

Publié le par Za

Je dédie ce billet aux membres de l'éternel Vocal Blues...

 

Il est des évènements dans la vie qui méritent un peu de solennité. Les premières fois font parties de ces moments. Je viens de vivre une première fois et pas des moindres, de celles qui vous laissent songeurs et plein de gratitude. Voilà, aujourd'hui, au détour d'une route, quelque part entre Albepierre et Murat, Cantal, j'ai croisé ma première... Salers noire ! Vous avez bien lu, une Salers noire, de celle qui vous semblent débouler de la nuit des temps, comme ça, sans prévenir. Une rareté absolue, une merveille. Une vraie émotion pour tout amoureux des vaches en général et de celles-là en particulier.  

 

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Vous avouerez que 7772 est un modèle inspirant, non ?

 

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Une de ses camarades rouges, plus commune, certes, mais quand même...

 

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Aubracs des pentes de Bredons,

Murat en fond, avec les travaux du clocher, mais Murat quand même...

 

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Et puis des fleurs, des fleur, des fleurs !

 

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Pensées sauvages, fleurs de cerisier, jonquilles, orchidées du lac du Pêcher, anémones si pourpres qu'on les dirait noires, et autres inconnues non répertoriées encore... 

 

Publié dans in my heart

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gormenghast #1

Publié le par Za

 

C'est l'histoire d'une rencontre entre deux univers renversants. Une rencontre hautement subjective, mais qui risque de m'obséder pendant un moment. Comme ce roman, assurément.

 

Il y a d'un côté les "noirs" d'Odilon Redon, un univers singulier, renversant.

Et puis Mervyn Peake et sa trilogie de Gormenghast.

 

Ces deux-là se sont télescopés dans mon esprit et ma lecture de Titus d'Enfer a pris naturellement les contours des dessins de Redon, à mi-chemin entre rêve et cauchemar. Les admirateurs de Mervyn Peake, génial illustrateur, me pardonneront de rapprocher ces deux images que j'ai découvertes presque en même temps. À gauche, une illustration de Peake pour Alice au pays des merveilles, à droite un fusain d'Odilon Redon, Derrière les barreaux. 

 

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derrière les barreaux fusain Redon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je  me permettrai donc d'illustrer ce billet des images de Redon  car ce sont elles qui m'ont accompagnée au long de cette lecture. Je découvre aujourd'hui les dessins de Peake et ils sont bouleversants. Ils s'inviteront naturellement pour le deuxième tome.

 

Titus d'Enfer (Titus Groan), est le premier volume de cette trilogie - dont j'ai imprudemment commandé le deuxième tome avant d'avoir lu la moitié de celui-ci. Imprudemment, oui, parce qu'arrivée aux deux tiers, je me disais qu'il faudrait que je fasse une pause avant d'entamer le suivant. Imprudemment, oui, parce que je me suis laissée envahir par ce texte proprement incroyable. Peake commence la rédaction de Titus Groan en 1940. Ce premier tome est publié en 1946, le deuxième, Gormenghast, le sera en 1950 et le dernier en 1959.

 

Gormenghast est un univers noir au possible, fascinant en diable, un monde gris et pourpre, minéral, frémissant d'arbres et d'oiseaux, un livre qui devient un prolongement de la main, tant il est impossible de le lâcher une fois qu'on y a plongé. 

 

Il serait difficile de raconter l'intrigue sans laisser à penser qu'elle est bien mince. Cinq cent quatre-vingt-douze pages (édition de poche à l'atroce couverture) à errer dans les couloirs inextricables du château des seigneurs de Gormenghast, à en épier les habitants monstrueux, magnifiques, flamboyants, glaçants, inquiétants, grotesques.

 

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Le mélancolique Comte d'Enfer, sa monumentale épouse environnée d'oiseaux innombrables, leur fille Fuschia si délicieusement folle, Lenflure le monstrueux cuisinier, Craclosse le serviteur fidèle, le Dr Salprune et son inénarrable soeur Irma, les soeurs jumelles du Comte dont la conversation n'est pas sans rappeler celle du Chapelier fou de Lewis Caroll, l'avide Finelame, Keda et ses deux amants, Brigantin, et les chats, les dizaines de chats blancs comme un tapis ronronnant. Des personnages inoubliables et éternels, dignes des grands romans, car Titus d'Enfer est un immense roman.  

 

Tout commence avec la naissance de l'héritier Titus.  

- Ma très chère dame, aimez-vous les bébés, demanda le docteur en faisant passer la vieille dame d'une rotule sur l'autre afin de pouvoir étendre la jambe. Êtes-vous friande de ces petites créatures ?

- Les bébés ? dit Nannie Glu d'une voix qui s'anima soudain. Je pourrais les manger, ces mignons. Je pourrais les dévorer.

- Très bien, dit le Dr Salprune, très, très bien, ma bonne dame. Mais ce ne sera pas nécessaire. Je dirais même que ce sera déplacé, ma chère madame Glu, totalement déplacé dans les circonstances présentes. Un enfant va vous être confié. Ne le mangez pas, Nannie Glu. vous devez l'élever, c'est vrai, mais ce n'est pas la peine de le dévorer d'abord. Vous avaleriez l'Enfer, ha, ha, ha !

 

Cet enfant déboule dans un monde dont chaque acte est réglé par une étiquette pointilleuse et impitoyable. Il arrive dans un château comme vous n'en verrez jamais, car Mervyn Peake nous donne autant à voir qu'à lire. Il faut suivre Finelame dans son errance sur les tois de la forteresse, une errance qui semble pouvoir durer des jours et des jours, où l'on finit par confondre l'intérieur et l'extérieur.

- Aujourd'hui, j'ai vu une grande cour de pierres grises au milieu des nuages. Un champ immense. Personne n'y va jamais. Sauf un héron. Aujourd'hui, j'ai vu un arbre qui sortait d'un mur, et des gens qui marchaient sur l'arbre, loin au-dessus du sol. J'ai vu le visage d'un poète dans une fenêtre noire. Mais l'immense cour de pierres perdue dans les nuages est ce que vous auriez préféré. C'est un endroit merveilleux pour se distraire... et pour rêver. [...] Aujourd'hui, j'ai vu un cheval nager au sommet  d'une tour. J'ai vu un million de tours. Et des nuages, la nuit dernière. J'avais froid. Mon corps était comme de la glace. Je n'avais rien à manger et je ne pouvais pas dormir.

 

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L'humour cède parfois la place à l'absurde, à la poésie, au suspens, à la peur.

Son irruption chez les Salprune fut absolument dramatique. Irma, qui ne connaissait de l'anatomie masculine que ce qui dépasse du col et des manchettes, poussa un cri strident et ne tomba dans les bras de son frère que pour se ruer hors de la pièce dans un tourbillon de soie noire. Elle monta précipitamment dans sa chambre en faisant gémir toutes les marches de l'escalier, et sa porte claqua si fort que, dans toutes les pièces du bas, les tableaux valsèrent sur les murs.

  

J'oubliais, le Comte d'Enfer ne trouve de consolation qu'[...]entre les hautes murailles de livres où d'autres mondes étaient enfermés vivants dans le réseau de millions de virgules, de points-virgules, de points, de traits d'union et d'autres symboles.

 

Les mots finissent par prendre vie, c'en est vertigineux...

La phrase "Tu crois qu'il faut la brûler, elle ?" s'installa paresseusement dans le cerveau du Dr Salprune, qui était presque vide. La ridicule petite expression qui sommeillait sur une case fut vite expulsée par l'intrus, et, depuis le t de la tête jusqu'au e de la queue, le long mille-patte s'étendit de tout son long sur la case, pour faire un petit somme. Chaque lettre fit un clin d'oeil avant de s'endormir, et la phrase entière croisa deux fois les doigts pour conjurer le mauvais sort, car son sommeil était compté : le propriétaire de la case (et de toute la maison d'os) pouvait à n'importe quel moment cueillir les phrases qui avaient eu l'imprudence de s'assoupir au beau milieu de son cerveau, voire dans les plus obscurs recoins de ses cellules grises. Il n'y avait pas de paix véritable.

Je n'avais jamais rien lu de tel.

 

Titus d'enfer est un de ces livres qui vous happent voire même pourraient vous rendre passablement fou. On l'aime ou on le déteste, pour les mêmes raisons, d'ailleurs. Mais si on l'aime, c'est d'amour.  Au bout de deux cents pages, j'étais terriblement mal à l'aise, tout en ayant hâte d'être au soir. Je lis le plus souvent la nuit, ce qui sied merveilleusement aux crépusculaires dédales de Gormenghast.  Il y avait bien longtemps qu'un roman ne m'avait habitée à ce point. Je commence donc ici et aujourd'hui mon travail de propagande !

 

 

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15 dessinateurs

Publié le par Za

Après 15 auteurs, Violette et moi  vous lançons un nouveau tag : 

"15 dessinateurs / illustrateurs" !

Qu'ils soient illustrateurs, dessinateurs de BD,

vivants ou trépassés,

mettez à l'honneur ceux qui enchantent vos mirettes,

ceux qui vous font rêver,

ceux qui vous font rire,

ceux qui vous plantent un monde en quelques traits,

ceux sans qui vos bibliothèques seraient bancales,

ceux sans qui vos lectures manqueraient de sel !

Et soyez forcément frustré(e)s d'en oublier,

de n'en citer que quinze (vous pouvez en citer plus, on s'en fiche, en fait !).

 

Je me suis lancée sans réfléchir trop, quinze noms sur un bout de papier...

 

15 dessinateurs 1010

15 dessinateurs 2011

 

Et puis, les doigts un peu poisseux, je bidouille mon collage en roumégant, parce que j'ai oublié, en vrac, Beatrix Potter, Gustave Doré, Benjamin Rabier, François Boucq, Schuiten, Civiello, Dubout, Loisel, et Joan Sfar (même s'il y en a que ça énerve), Christophe Blain, Marie Desbons, Miss Clara ... Comment ça, je triche ?

 

Alors, en premier - forcément, je tagge Séverine (parce que je suis curieuse de connaitre ses admirations), puis Mirontaine, Suhani, Carotte, L'Or, Christine, David, Karine (qui pourront répondre en commentaire), Lustucru, Mango...

 

le 28 avril, 23h24

Ce tag fait son chemin, un peu partout... Je découvre des univers, des bloggers que je ne connaissais pas, des pages passionnantes. Et puis je me rends compte que tout le monde met son grain de sel, explique un peu. Alors comme je suis bavarde, je rajoute une bafouille sur mes 15 à moi, des fois que ça intéresserait quelqu'un...

 

Maurice Sendak et Tomi Ungerer, les figures tutélaires et inégalables, les inventeurs.

Quentin Blake, l'humour, l'esprit même des textes de Roald Dahl.

Uderzo parce que Petitou découvre Astérix, et que je m'y replonge avec joie !

Frédéric Pillot pour l'incroyable vitalité, l'énergie de ses dessins, Lulu présidente !

Kitty Crowther, ses univers étranges et en demi-teinte, dérangeants, jamais gratuits...

Mandrafina, pour avoir vécu pendant des mois et des mois la quête du premier tome des Spaghetti Brothers, un chef d'oeuvre !

Philippe-Henri Turin... parce que Philippe-Henri Turin.

Enki Bilal, par qui je suis entrée dans la BD.

Philippe Corentin : L'Afrique de Zigomar, Plouf!, L'ogre, le loup..., Mademoiselle tout à l'envers, et tout et tout !

Tardi parce que j'aime tout, Adèle Blanc-Sec, le Cri du peuple, Nestor Burma, et ses images de la guerre de 14/18, tout, je vous dis, tout !

François Place, le type agaçant, qui écrit aussi bien qu'il dessine, à moins que ce ne soit l'inverse, je ne sais plus...

Larcenet : je n'ai rien lu de plus drôle, de plus tendre que son Retour à la Terre, je n'ai rien lu de plus vrai que son Combat ordinaire.

Jacques Ferrandez pour ses carnets d'Orient et son trait reconnaissable entre tous.

 

Publié dans albums

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tranchecaille

Publié le par Za

1917

L'offensive du Chemin des Dames charrie la boucherie que l'on sait. Le soldat Jonas, surnommé Tranchecaille, est accusé du meurtre de son officier. Le capitaine Duparc est chargé de sa défense. Le conseil de guerre approche.

 

Les voix des protagonistes de cette affaire à l'issue trop certaine se répondent dans de courts chapitres de quelques pages à peine. Des voix sorties des tranchées, de l'arrière, émergeant de l'absurdité glaciale de cette guerre. Le portrait du soldat Jonas se construit par touches contradictoires. Qui est-il ? Un pauvre gars, égaré comme les autres, avec son uniforme trop grand, dans une horreur qui le dépasse... Ou est-il un véritable assassin...

"Tenez, sa façon de saluer. de la main gauche. Et de présenter les armes à l'envers. Elle lui a valu je ne sais combien de motifs. Croyez-vous que ça y a changé quelque chose ? Il n'était pas plutôt sorti du gnouf que le premier gradé croisé, pan ! la main gauche. Pourquoi pas la crosse en l'air ? Mais voilà, Jonas est gaucher. Un vrai gaucher, dyslexique. De ceux qu'il ne faut pas contrarier à ce qu'en disent les bonnes âmes. Il finissait par convaincre que s'il ne se corrigeait pas, ce n'était nullement par mauvais esprit, mais parce qu'il en était incapable."


Le récit avance au gré des offensives, des morts par centaines. Qui échappera à la tuerie ?  Mais même en survivant, y échappe-t-on vraiment ? "Vous avez connu l'horreur, les copains hachés par la mitraille. Les corps qui se décomposent, pendus aux barbelés, les mourants qui appellent leur mère, des jours durant, entre les lignes, jusqu'à ce qu'un tir les achève. Parce qu'il faut bien que quelqu'un le fasse, mon Dieu. Et ce quelqu'un, c'est vous."


Mais la vraie question qui hante les officiers, au front et à l'arrière, c'est le moral des troupes, les tentations de rébellion, de désertion. Tout est bon pour étouffer dans l'oeuf les tentatives de fraternisation avec l'ennemi.On se parle d'une tranchée à l'autre, on ne s'envoie pas que des grenades, pas que de la mort, on s'envoie du tabac, du chocolat, du schnaps, avant de recommencer à s'étriper.

"Cette guerre s'éternise, les hommes renâclent. L'insubordination... les mutineries... les fraternisations, même. La dernière en date a eu lieu dans le secteur. je ne vous apprends rien, je pense. Nos soldats ont échangé de la nourriture avec l'ennemi. Ils ont fini par la manger ensemble... Il faut casser ça tout net. Pas un régiment n'est à l'abri. On commence par s'échanger du chocolat, on finit par zigouiller ses supérieurs."

 

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La force de ce livre est dans ces voix mêlées, accablées, dans la faconde des discours, dans leur froideur calculée, dans l'écriture magnifique de Patrick Pécherot.

"Les sillons sont abreuvés de sang impur à flanquer la courante. La grosse colique pierreuse. Avec l'argile jaune et les mottes bien noires qui vous giclent à la gueule. Sur les casques, la caillasse tambourine. Ça lansquine dru, des silex et des sédiments. Le minéral est chamboulé dans les profondeurs. Il en est soufflé. Il crache des fossiles et des ossements. C'est la nuit des temps qui tombe."


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samedi matin

Publié le par Za

Qu'on ne s'y trompe pas. Déjà, toute petite, les Fabulettes m'ennuyaient. En grandissant, les autres chansons d'Anne Sylvestre ne m'ont jamais accrochée non plus. Trop de gravité, de sérieux, une question de génération peut-être, des chansons trop datées... Je ne sais pas.

Quoi qu'il en soit, je n'étais donc pas préparée à recevoir ce texte, au volant de la bétaillère familiale, de retour des courses du samedi (yerk !), juste avant le rond-point en bas du village. Trois minutes et des poussières, c'est pile le temps qu'il me fallait pour arriver à la maison et me garer devant le portail, en larmes.

 

Publié dans chansongs

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chlorophylle est de retour

Publié le par Za

pour Christine

 

 

 

recette de samedi dernier

(juste de samedi dernier, parce depuis, je grelotte, je tousse, je mouche)

 

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prenez un fauteuil de toile confortable

qui désespérait qu'on vienne le chercher après un hiver passé au grenier

installez-le en plein soleil

revêtez un vêtement léger

arborez des lunettes foncées

couvrez-vous d'un chapeau de paille fine

armez-vous de lectures délectables

- pour finalement ne pas trop lire parce qu'à trois centimètres de votre nez,

une coccinelle ravissante se promène sur le lierre,

qu'elle pourrait s'envoler -

et, les pieds nus dans l'herbe fraîche

ne faites plus rien.

 

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photo juste pour Séverine

 

 

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voilà ce que devient le chapeau de paille fine une fois pris en main par un lutin de jardin

 

 

"Les fleurs sentent mauvais, le soleil tape à l'oeil

Ce bonheur ridicule a une odeur de deuil

Les gazouillis d'oiseaux me donnent la nausée

Et ces couleurs vulgaires... comment peut-on oser ?"

Charles à l'école des dragons (classique indépassable)

A. Cousseau, Ph-H. Turin

Seuil Jeunesse, 2010

Publié dans in my heart

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just for you Karen B.

Publié le par Za

Ne vous sentez pas exclus, les autres et régalez-vous de cette chanson, spécialement posée ici pour une dame si chère à mon coeur et dont les grandes ailes vont l'emporter bientôt sous d'autres cieux, où je ne manquerai pas d'aller la voir.

Maintenant, c'est écrit, je ne peux pas faire autrement !

 

 

Publié dans in my heart

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on peut compter sur Charles !

Publié le par Za

On l'a lu, relu, re-relu, mais pas épuisé, oh non ! On le connaît par coeur même, ce Charles! Et le revoilà, le dragonnet maigrichon qui nous fait un clin d'oeil avec ce clac book, évidemment signé Philippe-Henri Turin, youpi !

 

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"Mais kézako, un clac book ?" t'entends-je demander, lecteur adoré. Eh bien, c'est un peu comme si Charles se mettait à l'accordéon, quoique ses bras un tantinet courts ne lui permettraient que très difficilement cette activité... Maintenant que j'y songe, pour le violon aussi, c'est râpé. Il peut toujours chanter, me direz-vous. À force de le fréquenter, j'en suis  d'ailleurs venue à me demander quel genre de voix il pouvait bien avoir. C'est comme lorsque je me suis entendue dire : "Mais quelle taille il fait, en vrai ?" En vrai... Eh bien oui, je vous dois la vérité : j'ai adopté un dragon !

 

Bref. Un clac book est un double accordéon en carton qui se déplie en faisant clac ! D'où son nom.  En fait, il fait plutôt skroutch ! Mais skroutch book, c'est tout de suite moins vendeur, vous l'admettrez. Tout le monde suit  ? Je n'ai perdu personne en route ? Et nous voici, côté pile, devant une galerie de portraits de Charles comptant tout ce qui lui tombe sous la patte, y compris ses copains de l'école des dragons, que vous reconnaîtrez sans peine, n'est-pas ? Cet exercice réjouissant nous laisse découvrir les grands talents de comédien du dragonnet.

 

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  - Pourquoi on ne voit que les nombres pairs ?

- C'est fait exprès.

 

Charles n'est pas à proprement parler mignon, ce qui est reposant, je l'avoue. Il n'a rien de ces personnages lisses de certains livres pour enfants, il est griffu, couvert d'écailles et son cou maigrelet plisse lorsqu'il tourne la tête - j'adore ce détail. Et ses dents ! Ne loupez pas son sourire carnassier, un sourire dont je n'approcherais pas la main...

 

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- Et pourquoi elle est si riquiqui cette photo ?

- Parce que. C'est fait exprès.

 

Voudrait-on lui faire un câlin qu'on se retrouverait empêtré dans ses ailes interminables. Encore que... Lui faire un câlin... Car Charles a beau être devenu, vous l'aurez compris, mon nouvel ami, il conserve ce je ne sais quoi de sauvage qui fait qu'on ne sait jamais s'il va vous faire une affectueuse léchouille ou vous croquer la joue. Il est définitivement à part, unique.

 

Compter, donc, puisque c'est le sujet du jour. Eh bien, ça peut être coton. Parce que notre Charles a certes deux grands pieds, deux ailes majestueuses, je ne vous apprends rien j'espère, un long nez, deux beaux yeux, il a quatre doigts à chaque main, ce qui vous l'avouerez, n'est pas aisé pour aller jusqu'à 10. Il pourrait compter en base huit, m'a-t-on fait remarquer. Ceux qui me connaissent bien imaginent aisément que cette idée ne m'aurait jamais effleuré l'esprit...

 

Côté face, un dessin unique, somptueux et plein d'humour où l'on retrouve tous les éléments du recto, en situation dans un paysage vallonné propre à donner le rhume des foins à bien des dragonnets ! Je vous épargnerai le couplet pédagogico-gnan gnan sur l'apprentissage du dénombrement, car il ne s'agit ici pour nous que du plaisir de retrouver le talent de Philippe-Henri Turin, dragonnier en chef !

 

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  - C'est quoi, cette photo ? On ne voit rien !

- Et dedans, c'est quoi, des écailles ?

- Elle est nulle !

- C'est fait exprès ! Bon allez, j'appelle mon fidèle assistant et je vous en refais une autre.

Mais c'est bien parce que c'est vous...

 

lire---relire-4430_edited.jpg- Ben, c'est pas beaucoup mieux...

- Jamais contents ! Et puis...

- Oui ! C'est fait exprès, on a compris !


Un bel objet destiné aux plus petits qui vont se régaler à chercher les coccinelles, aux membres du fan club de Charles, à Petitou, fin connaisseur du sujet qui me fait remarquer que Charles à un peu les mêmes dents que Pangbotchi , non ? avant de prendre le livre dans ses bras et de s'assurer qu'il sera bien rangé dans sa chambre et pas ailleurs...

 

- Mais c'était quoi ces photos à la fin ?

- Je me tue à vous dire que c'est fait exprès !

Si vous voulez en voir davantage, rendez vous chez votre libraire et achetez le livre.

Un point c'est tout.

Comment j'avais dit, la dernière fois ?

Ah oui !

C'est un ordre.

 

 

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c'est un livre

Publié le par Za

J'ai trouvé ce petit film sur l'incontournable blog de la librairie La Soupe de l'Espace       - 9, avenue des iles d'or, 83400 HYÈRES, blog dont je ne pourrais plus me passer, voilà, c'est dit.

J'avais lu, que dis-je, on m'avait obligée à lire ce petit livre en anglais, il y a peu, je l'avais beaucoup aimé. Le voici en français. Je persiste à préférer la vo, mais c'est excellent.

 



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