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... tandis que l'ignorance en plomb transforme l'or.

Publié le par Za

Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne.
Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l'école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.
C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime.
L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme.
Où rampe la raison, l'honnêteté périt.

Dieu, le premier auteur de tout ce qu'on écrit,
A mis, sur cette terre où les hommes sont ivres,
Les ailes des esprits dans les pages des livres.
Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, et peut
Planer là-haut où l'âme en liberté se meut.
L'école est sanctuaire autant que la chapelle.
L'alphabet que l'enfant avec son doigt épelle
Contient sous chaque lettre une vertu ; le coeur
S'éclaire doucement à cette humble lueur.
Donc au petit enfant donnez le petit livre.
Marchez, la lampe en main, pour qu'il puisse vous suivre.

La nuit produit l'erreur et l'erreur l'attentat.
Faute d'enseignement, on jette dans l'état
Des hommes animaux, têtes inachevées,
Tristes instincts qui vont les prunelles crevées,
Aveugles effrayants, au regard sépulcral,
Qui marchent à tâtons dans le monde moral.
Allumons les esprits, c'est notre loi première,
Et du suif le plus vil faisons une lumière.
L'intelligence veut être ouverte ici-bas ;
Le germe a droit d'éclore ; et qui ne pense pas
Ne vit pas. Ces voleurs avaient le droit de vivre.
Songeons-y bien, l'école en or change le cuivre,
Tandis que l'ignorance en plomb transforme l'or.

Je dis que ces voleurs possédaient un trésor,
Leur pensée immortelle, auguste et nécessaire ;
Je dis qu'ils ont le droit, du fond de leur misère,
De se tourner vers vous, à qui le jour sourit,
Et de vous demander compte de leur esprit ;
Je dis qu'ils étaient l'homme et qu'on en fit la brute ;
Je dis que je nous blâme et que je plains leur chute ;
Je dis que ce sont eux qui sont les dépouillés ;
Je dis que les forfaits dont ils se sont souillés
Ont pour point de départ ce qui n'est pas leur faute ;
Pouvaient-ils s'éclairer du flambeau qu'on leur ôte ?
Ils sont les malheureux et non les ennemis.
Le premier crime fut sur eux-mêmes commis ;
On a de la pensée éteint en eux la flamme :
Et la société leur a volé leur âme.

Victor HUGO (1802-1885)

Publié dans in my heart

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la guerre des bisous

Publié le par Za

Allez, zou, on commence cette nouvelle année avec un truc qui en jette, qui place ce nouvel an sous le signe de la rigolade, et du bisou, du bécot, du bec, du poutou. Parce que par chez moi, on fait des poutous.

la guerre des bisous

Ça commence par un gros bécot dans la salle de sport, un geste spontané qui sème la pagaille. On peut, on peut pas ? Lili avait-elle le droit d'embrasser Jojo ? De bisou en bisou, la contagion gagne, sort de l'école tourneboulée par tant d'effusions pour gagner la ville, le pays, le monde !

la guerre des bisous

La directrice, ça l'a énervée, parce qu'elle n'avait pas encore fait de bisou, alors, elle est sortie en courant dans la cour et a embrassé monsieur Bernard, le surveillant. Monsieur Bernard, il a bien aimé ça, alors, il a rendu son bisou à la directrice, et ça a duré longtemps, longtemps.
Ils ont même pas vu qu'il y avait tous les parents dehors qui venaient de rentrer pour chercher leurs enfants. Mai au lieu de se mettre en colère et de se dire : c'est un scandale ! ils se sont fait des bisous entre eux.

Vincent Cuvellier signe ici un texte sans chichis, qui parlera à beaucoup et fera rigoler les autres. Le dessin de Suzanne Arhex remue, vit, court, boulègue dans tous les sens. Foisonnant au fil des pages, il brosse une galerie de portraits tout à fait réjouissante, des jeunes, des vieux, des gros, des maigres... Tout ce monde, bestioles et gens, s'embrasse sans préjugés, pas parce qu'on milite, non, juste pour s'embrasser en se foutant des règles communes de l'embrassage. J'aime particulièrement la scène de la manif, les pas contents réduits à l'impuissance par cette vague poutouneuse !

la guerre des bisous

Et pendant ce temps-là, dans le coin en bas à gauche, un autre histoire se déroule sans parole, malicieuse comme tout...

la guerre des bisous

Sur ce, je vous embrasse, non sans vous avoir conseillé de lire l'emballement de la Soupe de l'Espace pour cet album épatant !

La guerre des bisous
Vincent Cuvellier & Suzanne Arhex
Gallimard Jeunesse Giboulées
septembre 2014

Et voici donc ma première participation de cette année au...

logo challenge albums 2015

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en 2015, je continue à lire des albums !

Publié le par Za

en 2015, je continue à lire des albums !

Et c'est reparti pour le challenge Je lis des albums !
42 chroniqués l'an dernier...

en 2015, je continue à lire des albums !

Un projet,
un groupe FB où partager ses lectures,
et surtout merci à l'infatigable Hérisson
qui s'occupe de cette magnifique bibliothèque virtuelle
et anime ce rendez-vous de main de maître !

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Publié dans albums

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le Cabas vous souhaite...

Publié le par Za

... une année douce si possible,
sereine j'aimerais bien,
sans bâtons dans les roues,
... de belles lectures, évidemment,
excitantes, stimulantes,épatantes...

le Cabas vous souhaite...

Je viens de lire une lettre de E. B. White - l'auteur de Stuart Little, qui pourrait être un heureux vade mecum pour l'année qui s'ouvre...

Dear Mr. Nadeau:

As long as there is one upright man, as long as there is one compassionate woman, the contagion may spread and the scene is not desolate. Hope is the thing that is left to us, in a bad time. I shall get up Sunday morning and wind the clock, as a contribution to order and steadfastness.

Sailors have an expression about the weather: they say, the weather is a great bluffer. I guess the same is true of our human society — things can look dark, then a break shows in the clouds, and all is changed, sometimes rather suddenly. It is quite obvious that the human race has made a queer mess of life on this planet. But as a people we probably harbor seeds of goodness that have lain for a long time waiting to sprout when the conditions are right. Man’s curiosity, his relentlessness, his inventiveness, his ingenuity have led him into deep trouble. We can only hope that these same traits will enable him to claw his way out.

Hang on to your hat. Hang on to your hope. And wind the clock, for tomorrow is another day.

Sincerely,

E. B. White

Brain Pickings

Hang on to your hat ! Hang on to your hope !
Allez, lectrices et lecteurs chéris, copinautes à moi, en route vers cette nouvelle année, le Cabas déborde !

Publié dans in my heart

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bon bout d'an !

Publié le par Za

bon bout d'an !
bon bout d'an !
bon bout d'an !
bon bout d'an !
bon bout d'an !
bon bout d'an !

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animalium

Publié le par Za

animalium animalium
animalium

Du grand, du beau, de l'indispensable. On est au-delà du coup de cœur, c'est du coup de foudre. Il y a des livres qu'on est particulièrement fier d'offrir, en v'là un ! Mais il faut s'accrocher, car on atteint ici des hauteurs rares.

animalium
animalium

Vider la boîte à adjectifs ne serait pas suffisant pour rendre hommage à ce grand bazar soigneusement classé qui se déplie généreusement sur les genoux - 37,7 x 27,7 cm, s'il vous plait ! Entre museum et cabinet de curiosité, cet album devient un compagnon d'émerveillement inépuisable.
Mais il s'agit tout d'abord de survivre à la couverture, aux pages de présentation des chapitres...

animalium
animalium

Après, on plonge. Et là, il faut supporter vaillamment la beauté des planches.

animalium
animalium

Le texte est tout à fait intéressant, n'en doutez pas. Mais je ne me remets pas des couleurs, de la construction des images, de la technique époustouflante de Katie Scott.

animalium

Car nous construisons notre imaginaire à partir de ce que nous connaissons. Chaque créature présentée ici dans l'Animalium existe dans la nature et devient un point de départ pour rêver,créer, imaginer...

Préface de Sandra Knapp (Musée d'histoire naturelle de Londres)

Pour tous les amoureux de la belle édition, pour les adorateurs du chant de la page qu'on tourne, pour les sniffeurs de livres, cette merveille - qui rappelle les splendeurs d'Audubon - est une somme à caresser, à renifler, à conserver avec jalousie, à relire à l'envi. Animalium est à ranger à côté du Bestiaire du Gange, pas loin de Chimères Génétiques.

Animalium
Katie Scott & Jenny Broom
Autrement Jeunesse, novembre 2014

D'autres images et l'emballement de la librairie Les Sandales d'Empédocle par ici !

Les éditions Autrement Jeunesse ont fermé leurs portes il y a un mois environ. Jetez-vous sur les livres de leur catalogue inépuisable tant qu'ils sont disponibles.

animalium

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eh, au fait...

Publié le par Za

eh, au fait...

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une bible

Publié le par Za

une bible

Evidemment que je ne l'ai pas lu ! 385 grandes pages, 3 bons kilos. Vous pensez bien que ce n'est pas le genre d'objet auquel on s'attelle un soir en annonçant : "bon allez, je m'y mets !" Mais si j'attends de l'avoir terminé, vous aurez une longue chronique dans quelques années... Alors je vais le chroniquer comme je vais le lire, à petite dose, et dans le désordre, forcément.

J'étais curieuse de savoir comment Philippe Lechermeier et Rébecca Dautremer avaient traité la Nativité. La créature de la couverture, entité mécanique aux plumes indiennes rencontre la jeune Marie. Il n'est pas un ange mais un homme oiseau.

une bible

Et c'est une belle histoire qui court de l'humble étable aux palais somptueux des Mages, dans une langue fluide et évidente. L'homme oiseau accompagne les protagoniste, les pousse les uns vers les autres.

Quand il fut bien loin, tellement loin qu'aucun homme, même en grimpant au sommet de la montagne la plus élevée, même en ouvrant les yeux très grands, n'aurait pu porter son regard jusque-là, il sut qu'il était arrivé.
Par une fenêtre, il pénétra dans une somptueuse demeure.
C'est la que vivait Melchior, le grand magicien persan.

Les images de Rébecca Dautremer se parent alors d'une sobriété émouvante. L'enfant dort dans les bras de Joseph qui le regarde, il est blotti dans le cou de sa mère, il sommeille, la tête penchée. Autant de polaroïds, de moments silencieux qui contrastent avec l'arrivée en fanfare des trois Mages, toutes couleurs dehors, la large tête d'un éléphant peint renvoyant aux profils modestes de l'âne et du boeuf. Tout cela est époustouflant.
Et ce n'est qu'un début...

une bible
Philippe Lechermeier & Rébecca Dautremer
Gautier Languereau, 2014

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Gianni De Conno

Publié le par Za

Gianni De Conno

Ah, le recueil de contes...
S’ils charrient leur pesant de sexisme, de morale archaïque, les contes traditionnels n’en sont pas moins fondateurs d’une culture, au même titre que les histoires de la Bible. S’en contenter serait idiot, s'en priver serait ballot. La pléthore de contes détournés, triturés, invoqués, rend le retour à la source assez incontournable, si l’on ne veut pas se priver d’un pan considérable de la littérature voire de l’art en général, si l'on ne veut pas se priver non plus d'un réel plaisir de lecture.
Le choix d’un recueil de contes est une tâche difficile – mais délicieuse, je l’avoue.
Dimanche matin, je suis tombée sur celui, ô joie, ô délices ! Pour être honnête, j'ai sauté dessus à la seule vue du nom de l'illustrateur, Montjoie, Saint-Denis !

Gianni De Conno

C'est une invitation au voyage qui ouvre ce recueil, un voyage lent et silencieux, qui coule vers une terre qui n'a l'air de rien mais dont on sait pertinemment qu'elle  va charier son lot de fureur et d'effroi, d'ogres et d'enfants perdus, de marâtres cruelles...
Gianni De Conno instille l'étrangeté par petites goulées, par une juxtaposition d'incongruités, comme ces disproportions glaçantes...

Gianni De Conno

Chaque conte est illustré d'une image, deux, rarement plus, quelques cabochons, si peu pour installer une ambiance, et pourtant... Le travail de Gianni De Conno, pour spectacualire de maîtrise qu'il est, s'inscrit dans une région discrète et peu explorée, dans les moments suspendus de l'histoire, dans le silence d'un instant de sidération...

Gianni De Conno
Gianni De Conno

... dans l'attente d'une bête à l'affût...

Gianni De Conno

Tout concourt à faire de ce recueil un livre à la fois classique et étrange,
                                                                                                                 presque vénéneux,
                                                                                                                      un indispensable.

Gianni De Conno

Les contes de mon enfance
Perrault, Grimm, Andersen
illustré par Gianni De Conno
Milan, 2007

Publié dans Gianni De Conno, Milan

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et il y eut Montreuil...

Publié le par Za

Il y eut des gens, beaucoup de gens, ceux qu'on voulait voir, embrasser, et c'était joyeux, réconfortant même, ceux qu'on a loupés, pff, et puis point trop de dédicaces cette année parce que les queues sans fin ça va bien, mais quand même un Champignon Bonaparte, ça ne se refuse pas, un Poupoupidours non plus...

un stand signé Serge Bloch...

un stand signé Serge Bloch...

et il y eut Montreuil...

...un jardin (extra)ordinaire partagé de presque bonne heure le matin, et puis encore du monde, des découvertes mais pas trop finalement, une louve superbe et discrète, un jeu de cartes incroyable, des images des vraies dans une maison en carton, un troll, un petit troll du bout des doigts, la grande classe d'une illustratrice dont je vous reparle très bientôt...

... et puis Philippe Corentin...
... et puis Philippe Corentin...

... et puis Philippe Corentin...

... l'émotion de rencontrer cette chère Matilda, "en vrai" !

... l'émotion de rencontrer cette chère Matilda, "en vrai" !

... et surtout l'envie évidente de repartir sur d'autres bases,
d'autres envies,
pour de remplir autrement le Cabas !

et il y eut Montreuil...

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