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264 articles avec albums

Neige et contes de Noël

Publié le par Za

Neige et contes de Noël

Confort et réconfort, Neige et contes de Noël est le livre rêvé pour un hiver douillet. Certes, la neige y est omniprésente, mais, pour une fois, peu me chaut ! Trois contes d'Anguel Karaliitchev, une galette, la forêt, le froid. Les histoires se teintent subtilement de surnaturel, juste ce qu'il faut pour s'entrouvrir au rêve. Le temps d'une moufle perdue ou d'un flocon de neige dans l'oeil, on croit retrouver des contes connus et puis non. C'est l'inattendu qui gagne.

Neige et contes de Noël

C'est un exercice toujours casse-gueule que d'illustrer un texte très pré-existant, conçu pour se passer d'images. Élisabeth K. Hamon tisse autour des trois contes un cocon d'une douceur extrême sans jamais tomber dans la mièvrerie. Les regards sont attentifs, les mains s'étreignent, on se blottit au chaud des bras.
Et les bestioles... Ces merveilles d'ours, d'écureuil, de lapin qui sortent de la page... On les dirait brodés, posés là délicatement du bout de l'aiguille.

Neige et contes de Noël

Ces Contes de Noël ne sont pas seulement un livre de circonstance qu'on ouvrirait juste une fois l'an, il marque - même si c'est ici son deuxième album - les débuts d'Élisabeth K. Hamon dans la cour des illustrateurs qui comptent. Et c'est le Cabas qui vous le dit !

Neige et Contes de Noël
Anguel Karaliitchev &
Élisabeth K. Hamon
éditions Elitchka, décembre 2016

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Let the wild rumpus start !

Publié le par Za

Let the wild rumpus start !

Ce Maxilivre est la traduction - signée Agnès Desarthe - de l'épais catalogue de l'exposition consacrée au dessinateur par la Society of Illustrators de New York en 2013. Offrez-vous ce livre sur-le-champ. Plongez dedans. Vous n'en ressortirez jamais. Parce qu'on ne sort jamais de l'oeuvre de Maurice Sendak, sachez-le. Il colle irrémédiablement à la rétine et au coeur.

Let the wild rumpus start !
Let the wild rumpus start !

Cet ouvrage offre plus de deux cents illustrations, affiches, croquis, esquisses, images tirées d'albums. Si l'on a lu et relu les albums de Sendak - et pas forcément tous, on connait peu en France son travail de décorateur pour l'opéra et le théâtre, ses innombrables affiches et lithographies. Voici une injustice réparée ! Qu'il illustre le Casse-Noisette, ou des brochures d'opéra, on retrouve chez tous les personnages de Sendak ce regard un peu lointain, empreint d'étonnement et d'assurance.

I don’t write for children. I write — and somebody says, ‘That’s for children!’

Sendak s'est toujours défendu d'écrire, de dessiner spécifiquement pour les enfants. C'est peut-être cette conviction profonde, cette revendication d'universalité qui a rendu son oeuvre intemporelle, accessible à tous, drôle et troublante. Et dérangeante aussi.

Let the wild rumpus start !

On peut feuilleter le Maxilivre jusqu'à plus soif, entrer dans les textes passionnants qui le parcourent, le relire dans l'ordre ou en commençant par la fin. Cette somme est destinée aux amoureux de Sendak, bien sûr, qui en feront leur miel de l'hiver, mais elle peut aussi représenter le sésame des néophytes, une porte d'entrée vers de précieux émerveillements.

Le Maxilivre
hommage à Maurice Sendak
traduction d'Agnès Desarthe
Little Urban
novembre 2016

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la reine des truites

Publié le par Za

la reine des truites

Vous reprendrez bien une petite lichette de vacances ?

la reine des truites

Un frère, une sœur, une rivière. Pendant les vacances se jouent des aventures où, dans la liberté qu'octroie le temps sans limite et l'absence d'adultes, on peut être un autre, pirate ou reine despotique. La rivière est interdite à Ismaël et Suzie par la garde rapprochée de la redoutable Reine des Truites. Interdiction de se baigner. Le jeu n'en est plus un, des rôles qui n'en sont plus.

la reine des truites

Le texte de La reine des truites est entièrement dialogué, chaque interlocuteur étant représenté par une couleur. Rien de redondant donc, on va à l'essentiel de l'action. L'illustration plonge dans le vert des arbres, l'ombre fraiche, puis se focalise sur des enfants tout en jambes et bouilles irrésistibles.

la reine des truites

C'est une rencontre, le moment où chacun doit faire un pas vers l'autre, aller au-delà de ses peurs, l'ortie, l'insecte, l'eau vive. Certains sont de là, c'est leur rivière. Les autres sont au camping, mais se sont appropriés des territoires bien alléchants. Ce qui se joue dans cet album va bien au-delà du jeu d'été et de l'enfance. 

La reine des truites
Sandrine Bonini & Alice Bohl
Grasset Jeunesse, juin 2016

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Et après ?

Publié le par Za

Ô toi, ami du Cabas qui va parfois jusqu'à croiser sa route sur certains rézossossiaux, tu connais mon affection pour le renard, le goupil, le canidé du genre vulpes. En voici un pour toi, tout sautillant derrière une aigrette de pissenlit, autre mienne obsession

Et après ?

Ô toi, lecteur d'alboumes, qui louvoie parfois dans le sillon sinueux du Cabas, tu connais le nom de Mathilde Magnan. Si, si, tu le connais. C'est la dame qui a dessiné Gipsy et qui a parfois une pie dans les cheveux. Elle est aussi docteur es-héron et a mis en images Fadoli, une belle histoire de Marie-France Zerolo, comme les autres livres cités, lecteur, me suis-tu ?

La voici seule aux manettes de cet alboume intitulé Et après, comme une invitation à tourner les pages pour creuser le sujet - et tu vas voir la finesse du choix du verbe. Tout commence avec cette aigrette qui virevolte.

Tu la vois, l'aigrette, près de la pliure ?

Tu la vois, l'aigrette, près de la pliure ?

Au fil des images, l'aigrette s'approche, va bien finir par toucher le sol, pendant que pousse le coquelicot, seule tache de couleur avec l'oiseau. Mais le coquelicot va faner, pendant que les renardeaux grandissent entre terrier et grand air. Et dans la terre, alors, là, c'est un festival de vie ! Renards, taupes, vers, lapins, racines, insectes, crapaud, trésors, bouteille à la terre, pour finir par retrouver l'aigrette de pissenlit. Il y a même des petits animaux rigolos et non identifiés... La vie souterraine gagne peu à peu l'image et on furète jusqu'à plus soif dans les innombrables détails. On suit une bestiole de page en page avant de revenir en arrière parce qu'il y a d'autres histoires parallèles - jusqu'à la quatrième de couverture.

Et après ?

Mathilde Magnan a l'oeil. Que dis-je, l'oeil ? L'oeil et le crayon pour nous offrir des bestioles anatomiquement parfaites, dignes des plus illustres dessinateurs animaliers. Avec cependant, et c'est ce que j'aime, lorsqu'on s'y penche de plus près, un je-ne-sais-quoi dans l'oeil assez proche de l'étonnement d'être là. Au-delà du talent de la dessinatrice, au-delà du trait impeccable qui provoque l'admiration, c'est la malice de Mathilde Magnan qui fait mouche à chaque fois.

Et après ?
Mathilde Magnan
éditions Voce Verso, 2015

 

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à la nuit tombée

Publié le par Za

à la nuit tombée

Conseils donnés aux enfants et aux monstres pour bien vivre ensemble.
Vivre ensemble, cohabiter avec son monstre imaginaire. Enfin, imaginaire, c'est vite dit. Enfin, vivre ensemble, n'exagérons rien. Car il s'agit bien ici de savoir coexister, chacun apprenant à éviter l'autre, à lui laisser la place qui lui est dûe. Le monstre caché dans les murs souffle votre bougie ? Utilisez une lampe électrique ! Les enfants perturbent le repos du monstre du lac ? Qu'il essaie donc le Loch Ness, c'est tranquille ! Chaque conseil, qu'on s'imagine bien lire d'une voix docte, est frappé au coin du bon sens. Les peurs enfantines sont prise très au sérieux, mais la réalité qui leur est conférée est si démesurée qu'on en sourit.

à la nuit tombée
à la nuit tombée

Dans une seconde partie, consacrée aux conseils donnés aux monsres, l'enfant tient le rôle de l'affreux persécuteur. Cette inversion est désopilante et le monstre effrayant de la première partie éveille immédiatement la sympathie devant tant de misères.

à la nuit tombée

Si l'on excepte la dédicace à Maurice Sendak, A la nuit tombée pourrait être le résultat d'un carambolage frontal entre les Gashlycrumb Tinies d'Edward Gorey avec l'univers d'Einar Turkowski.

à la nuit tombée

Cet album pas comme les autres crée une atmosphère énigmatique sans cesse contrebalancée par le détachement et l'humour du texte. A lire pendant ces belles nuits d'été où on laisse les fenêtres ouvertes...

A la nuit tombée
Conseils aux monstres et aus enfants pour bien vivre ensemble
Enrique Quevedo
Seuil Jeunesse, avril 2016

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la légende de Momotaro

Publié le par Za

Comment vous dire, comment vous expliquer sans abuser des superlatifs, que j'aime le travail de Paul Echegoyen ? Qué travail ? Son art, ouais !
De ce monsieur, vous n'avez pu louper Le bal des échassiers. Vous ne l'avez pas loupé, hein ? Puis il y eut Baba Yaga, tout de dentelle et d'entrelacs... Le Cabas ayant l'admiration tenace, je guettais patiemment - mais pas trop - l'arrivée d'un nouvel album de monsieur Paul - ça lui va bien, monsieur Paul, non ? Et le v'là !

la légende de Momotaro

Momotaro est tout d'abord une suite d'images vertigineuses, somptueuses et chacune mérite qu'on s'y arrête. Ce qui pourrait, avouons-le, ralentir la lecture et irriter un chouïa le lecteur avide de connaître la suite la suite de l'histoire. Lecteur à qui je répondrais simplement : "Lâche ce livre, minuscule adoré, je te le rends demain. Comment ça, j'avais promis de te laisser le lire en premier ? T'es sûr ? Non, mais c'était avant. Avant que je ne l'ouvre." Sachez que l'adulte amoureux d'albums jeunesse se doit à un minimum de mauvaise foi pour survivre. Sinon il peut aussi avoir recours à la menace, mais bon. Ceci dit, je pense maintenant que cette attitude a sans doute contribué au fait que Fiston 1er tienne le livre pour un objet précieux et désirable entre tous. Mais je digresse.

la légende de Momotaro

Momotaro, donc. Et le talent immense de Paul Echegoyen, la palette des couleurs, l'infinité de verts, les bleus qui se mettent à flamboyer à l'approche de l'île des diables. Et le héro, taillé à la serpe qui évolue dans une nature d'estampe, généreuse et stylisée.

la légende de Momotaro

Momotaro est une légende du folklore japonais, l'histoire d'une espèce de Tom Pouce né d'une pêche pour faire le bonheur d'un couple âgé et sans enfant. Il grandit terriblement, devient un colosse au coeur tendre, toujours prêt à rendre service, même lorsque le seigneur, qui ne doute de rien, lui demande d'aller ratatiner les démons de l'île des diables.
De cette histoire de facture classique, Margot Rémy-Verdier tire un texte élégant et fluide, dont le narrateur ne se dévoile pas immédiatement. Récit à la première personne, présent de narration, choix des mots, tout concourt à rendre l'histoire proche, évidente. La présence bienveillante d'animaux - un chien, un singe et un faisan - accompagne l'épopée de Momotaro. L'histoire se pare alors de quatre héros intrépides, à égalité.

la légende de Momotaro

Une belle histoire d'entraide désintéressée, à lire tout petit pour s'immerger dans les grandes images de Paul Echegoyen. Cette somptueuse légende de Momotaro installe le dessinateur parmi les plus grands - si ce n'était déjà fait.

La légende de Momotaro
Margot Rémy-Verdier & Paul Echegoyen
Marmaille & compagnie, 2016

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Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

Publié le par Za

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

Il est vraiment sympa, Bouquin. Une bonne bouille, un gentil sourire, prêt à faire rire, à dépayser. Mais il est un livre parmi tant d'autres, avide d'attirer l'attention, de devenir LE livre préféré. Et un jour, ça arrive. On l'achète, on l'embarque. Et on le malmène, on le salit. Avant de lui donner la place qui lui revient, revêtu d'une belle jaquette toute neuve.

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

L'album est lui aussi paré d'une jaquette jaune, la même que celle de l'histoire et il suffit de la soulever pour découvrir qu'on ne tient rien d'autre entre les mains que le héros de l'histoire. Bouquin vous appartient vraiment, il peut devenir votre livre préféré.

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

Une mention spéciale pour Pouding le chien, croqué à grands traits mouvants, jamais immobile, flou à force de remuer, jusqu'à la grosse bêtise. 
Au-delà d'une histoire optimiste et quotidienne - sans être banale - La jaquette est un concept original et très malin.

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

La jaquette
Kirsten Hall & Dasha Tolstikova
La Pastèque, octobre 2015

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

Ce livre contient un pilote, un capitaine, un machiniste, une conductrice, un facteur, une fillette et surtout une boite, une immense boite qui voyage. Le bateau, le train, le bus... A chaque changement, la mystérieuse boite se brise, découvrant... une autre boite, suscitant autant la curiosité que la précédente. Et chacun d'y aller de son idée : et si c'était un éléphant, ou un rhinocéros ? On voyage dans cette histoire gigogne sans une seconde d'ennui. Le format à l'italienne suit le trajet de la boite sans s'interrompre, parcourant des paysages sans cesse renouvelés.

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?
Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

Le graphisme fort de cet album, les verts, les bleus, l'indispensable touche de jaune, les minuscules silhouettes qui traversent chaque page avec un petit air penché de Jacques Tati, tout concourt à rendre la lecture fluide et évidente, jusqu'au dénouement inattendu.

Qu'y a-t-il dans la boite ?
Pieter Gaudesaboos
La Pastèque, mai 2016

 

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Emily Hughes : et de deux !

Publié le par Za

Il y a des illustrateurs auxquels je m'abonne sans hésiter. Après un premier album, Sauvage, et une fracture de l'oeil, me voilà présidente du fan club.

Emily Hughes : et de deux !

Attention, mignonnerie. Le titre original A Brave Bear, résume idéalement cette merveille d'alboume. Petit ours, ultra craquant, et son papa, grand et fort et trop cool, ont l'idée essentielle d'aller se rafraichir à la rivière, parce que l'été, c'est pour tout le monde, même pour les ours. Et les voilà qui empruntent un long chemin semé d'embûches, brousailles, hautes herbes, rochers, au bout duquel les attend la fraicheur.

Emily Hughes : et de deux !

Sous l'oeil inquiet de son papa, le petit ours va prendre des risques. Le père attentif laisse à son fils assez d'espace pour qu'il essaie, pour qu'il tombe et se relève. Et c'est un regard de fierté qui brille dans ses yeux lorsqu'ils arrivent au bord de l'eau. Tendresse, complicité, bienveillance, sécurité, il y a ici tout ce tout ce qu'il faut pour grandir dans la confiance. Voilà un petit ours bien chanceux !

Emily Hughes : et de deux !

Autre album résolumment optimiste, Le tout petit jardinier. Encore un tout petit, tiens... Un minuscule jardinier s'échine, s'estramasse à faire vivre un bien grand jardin qui lui est tout : sa maison, ses repas, son travail. Mais ce jardin s'épuise lui aussi et menace de mourir. Pourtant, un miracle est possible sous la forme d'une aide inattendue. 

Emily Hughes : et de deux !

Le trait d'Emily Hughes est immédiatement reconnaissable. Elle a le chic pour plonger son lecteur dans un joyeux fouillis, avec une dose d'inattendu. Une nature accueillante, jamais inquiétante, qui permet de grandir, d'envisager la vie avec confiance. Les tout petits héros de ces deux livres sortent plus grands des épreuves qui se présentent à eux. Leur faiblesse apparente n'en est pas une, et ils acceptent sereinement l'aide qui leur est proposée.
Deux albums d'apprentissage lumineux et éminemment positifs à déguster puis à ranger à côté de Sauvage, sur l'étagère du début de l'intégrale de l'oeuvre d'Emily Hughes - grande, l'étagère !

Mon tout petit ours
A Brave Bear
Sean Taylor & Emily Hughes
adaptation française de Mim
Milan
, 2016

Le tout petit jardinier
The Little Gardener

traduit de l'anglais par Françoise de Guibert
Albin Michel Jeunesse, 2016

 


 

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encyclopédie de cet idiot d'Albert

Publié le par Za

encyclopédie de cet idiot d'Albert

Par le grand Marmaduke Lovingstone, des girafes ! Oui, ce sont des girafes qui ouvrent de leur présence très digne cette encyclopédie foutraque mais tout à fait indispensable. D'ailleurs, si vous aviez le moindre doute sur l'indispensabilité de l'ouvrage, le titre complet devrait vous rassurer...

encyclopédie de cet idiot d'Albert

Ce genre de frontispice vous pose un livre, non ? Alors, glissons-nous dans ce puits de science en commençant par la zoologie. Chats, chiens, chevaux, vaches, oiseaux... Tel un Audubon des temps modernes, cet idiot d'Albert - c'est pas moi qui le dit - croque les oiseaux de façon digne et respectueuse. Voici venir à vous toute une basse-cour caquettante, du coq au vin - coq ovin ? - jusqu'à la poule. De luxe, évidemment.

encyclopédie de cet idiot d'Albert

Il n'y a pas d'osso métier, il n'y a que d'osso bucco !

C'est pas cette sentence définitive que, plus loin, Maître Albert se délecte des bizarreries de ses contemporains dans une galerie de métiers joyeusement capillotractés. Le trait perd alors de la rondeur, se fait nerveux et dresse une collection d'humains relativement inquiétants, perdus dans de minuscules spécialités indispensables et néammoins disparues.

encyclopédie de cet idiot d'Albert

La gastronomie, les sports, rien n'échappe à l'érudition de notre encyclopède pyrénéen. Il faut aller jusqu'à se perdre dans ses planches ultra-fouillées et, loupe en main, scruter le moindre détail receleur de jeux de mots jubilatoires, de références comme autant d'hommages aux figures tutélaires qui traversent l'oeuvre d'Albert Lemant. Mais tel Diderot et/ou d'Alembert tombé-s dans un tonnelet de rhum, maître Albert n'excelle jamais autant que dans la veine maritime.

... certains détails ne trompent pas...
... certains détails ne trompent pas...

... certains détails ne trompent pas...

L'ombre de la grande girafe baleine blanche plane sur cette oeuvre, et l'on entend venir de loin la jambe en ivoire de cachalot du capitaine Achab. D'abord par petites touches - le Bibliophile baleinier, le Girafologue, l'Amateur d'estampes - le fantôme du grand Hermann Melville vient clôre cet ouvrage à travers l'épopée débridée du dernier grand dénoueur de noeuds marins, embarqué à Nantucket le 21 février 1834. 
Alors, emplissez vos poches de petits cailloux blancs, munissez-vous de votre musette à jeux de mots - et d'une flasque de rhum vieux - pour plonger sans retenue dans cette encyclopédie déroutante, à l'image du grand talent de cet idiot d'Albert, jamais vraiment là où on l'attend !

Encyclopédie de cet idiot d'Albert
Albert Lemant
L'atelier du poisson soluble
septembre 2015

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un éléphant à New-York

Publié le par Za

un éléphant à New-York

Forcément, quand John découvrit un éléphant en sortant de chez lui, il fut étonné. un peu plus que ça même. un éléphant dans les rues de New-York, c'était impossible.

Un éléphant à New-York est un album immersif. Évidemment, il y a le grand format, les doubles pages majestueuses, la grosse bestiole tranquille, la ville surdimensionnée. Rien que le titre, Un éléphant à New-York, ça vous pose immédiatement un alboume dans le grand, l'imposant.
Le texte de Benoît Broyart, tout de phrases courtes et percutantes au début de l'histoire, se calque parfois sur le rythme pépère de l'éléphant en balade. Et quelle balade ! A mi-chemin entre rêve et réalité, dans un New-York sans cesse réinventé, on croise Marylin, Superman, des new-yorkais affairés, des joggers à Central Park, une curieuse parade sur le pont de Brooklyn.
L'illustration fait alors un pas de côté par rapport au texte. Ce décalage, parfois imperceptible fait accepter l'impossible : un éléphant envahissant le paysage new-yorkais ou s'y fondant l'air de rien.

un éléphant à New-York

Mais c'est aussi dans l'impalpable que ce livre fait mouche. Dans les regards si caractéristiques des personnages de Delphine Jacquot, les yeux comme cernés de khôl, les regards précis dont on suit la trajectoire jusqu'au bout, ou les paupières baissées de ceux qui sont perdus en eux-même. Il y a aussi les profils de miniatures indiennes qui, par contraste, rendent les visages de face si intenses.

un éléphant à New-York

On ressort de cette histoire d'ami imaginaire hors norme comme on s'éveille d'un rêve agréable, avec une sensation de douceur, d'apaisement.

Un éléphant à New-York
Benoît Boyart & Delphine Jacquot
Seuil Jeunesse
octobre 2015

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