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259 articles avec albums

macao et cosmage

Publié le par Za

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Macao et Cosmage nous toise du haut de son aînesse, du haut de son format qui le fait dépasser dans tous les sens sur le rayonnage, du haut de sa réputation, de sa légende, auréolé de sa première édition estampillée N.R.F., excusez du peu… Il serait le premier livre du genre, premier album de cette envergure destiné aux enfants. Il est signé Édouard-Léon Legrand dit Édy-Legrand.

 

Ouvrons ce grand livre et tentons d'éviter - ou pas, tout jugement empreint d'anachronisme. Là commence un feuilletage émerveillé, car chaque page tournée recèle  merveilles et surprises.

 

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Ce qui frappe immédiatement c’est la modernité du trait, de la couleur.  Cet album pourrait avoir été illustré hier. Bon d’accord, avant-hier. Au jeu des références, il y aurait de quoi remplir un cabas tant ce livre fait figure de précurseur sur des styles qui, comme l'Art déco, connaîtront leur heure de gloire au même instant. Macao et Cosmage est le contemporain de Raoul Dufy, de Fernand Léger, et lorgne parfois vers l'art japonais de l'estampe… Lors de la première édition, les grands aplats de couleur seront réalisés à la main.

 

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Macao et Cosmage ou l’expérience du bonheur

L’expérience du bonheur…

Lorsque s’ouvre ce livre, Macao et sa compagne Cosmage rêvent au pied d’un grand arbre, entouré d’oiseaux et de papillons, sur une île ignorée de tous et de la « civilisation » en particulier… C’est le temps d’une insouciance édénique, rousseauiste à mort - encore que - , à coup d’envolées d’images somptueuses aux mouvements amples.

 

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Jusqu’au jour où un bateau se pointe à l’horizon…

C’était le commandant Létambot et les joyeux marins du croiseur « le Poilu »… Grands chasseurs de sous-marins boches, ils fouillaient, depuis des mois, les mers en tous sens, quand tout à coup, ils avaient découvert l’île de Macao et Cosmage, que ne mentionnait aucune carte géographique…

À partir de là, nos deux héros, qui ont évité les grandes boucheries de l’époque, contrairement à leurs collègues déjà colonisés,  vont découvrir en bloc : le drapeau, la patrie, la guerre, les avions, les défilés militaires, les fanfares, le charbon, le fer, l’or, le bruit, le travail, bref, tout ce qui fait l’honneur d’une nation, non ? Macao et Cosmage tentent de s’adapter aux bienfaits du progrès, mais, en parfaits ingrats, ils finissent par s’enfuir au plus profond de l’île, incapables de saisir toute la subtilité et la supériorité du jardin public sur la jungle, des élégants bains de mer sur l’élan primitif de se baigner tout nu dans les cascades.

 

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Le gouverneur lui répondit : « Vous vivez à l’époque des grandes inventions ; l’activité humaine, sous toutes ses formes, est sans limites ! Le bonheur est dans le travail ! » - « Je n’entends rien à votre travail, dit Macao, et je suis trop vieux pour apprendre… »

 

Quant à la morale de cette histoire,  je vous laisse la mastiquer tout seuls, comme des grands…

 

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Macao et Cosmage ou l'expérience du bonheur

Edy-Legrand

réédition Editions Circonflexe, 2000

 

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Publié dans albums, Edy-Legrand, Circonflexe

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la Terre est ronde comme une marmite de soupe

Publié le par Za

On m'avait pourtant prévenue : "Mange ta soupe, ça fait grandir !" Mais je me suis entêtée et voilà qu'aujourd'hui, tout le monde me mange la soupe sur la tête. Bisque, bisque, rage ! Maintenant, dès qu'il pleut, je bois le bouillon ! Je n'ai pas pied dans les flaques, je suis trempée comme une soupe...

Mais ce n'est pas parce que je suis petite qu'il faut me marcher sur la tête ! Attention, je ne fais pas dans le velouté ! Je suis soupe au lait et je n'y vais pas avec le dos de la cuillère !

Pour autant, je ne vais pas cracher dans la soupe. Dans un potiron, j'ai creusé ma maison. Alors, quand j'ai les crocs, je mets la marmite sur le feu et par ici la bonne soupe !

 

 

Trêve de plaisanterie,

voici de quoi satisfaire mon goût du grand, du bel album

et mon amour des fourneaux.

 

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Alors avant d'en prendre plein les papilles,

affolons-nous les mirettes !

 

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Ce livre regroupe des recettes de soupes des quatre coins du monde, faciles à réaliser, facile à dépayser ! Le tout est truffé de petites histoires, d'anecdotes croustillantes...

 

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Je me suis laissée tenter par une soupe antillaise qui laissait espérer de belles couleurs, orange et corail, douceur et parfum, à l'image des illustrations signées Aurélia Fronty.

 

Velouté banane et chorizo

 

Ingrédients: 1 grosse patate douce, 2 bananes plantains, 2 petites carottes, 1 chorizo doux, 1 oignon, 1 boite de maïs (300g), 1 litre de bouillon de volaille, 25 cl de crème fraîche, de l'huile d'olive, du thym, du persil, du sel

pour 4 personnes

préparation : 25 min

cuisson : 35 min

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 "1. J'épluche l'oignon et je le coupe en fines lamelles. je débite le chorizo en rondelles épaisses, puis je divise chaque rondelle en quatre petits morceaux. J'épluche et je coupe en dés la patate douce, les bananes et les carottes. Je fais chauffer 4 cuillères à soupe d'huile dans une cocotte. Quand elle est bien chaude, j'y fais revenir l'oignon et le chorizo pendant 3 minutes.

 

2. J'ajoute dans la cocotte les dés de légumes et le maïs que j'ai bien égoutté. Je remue et je laisse dorer 3 minutes avant d'ajouter le bouillon, le thym et le persil. Je sale un peu mais pas trop à cause du chorizo et du bouillon qui sont déjà salés.

 3. Je porte à ébullition, puis je baisse le feu et je laisse mijoter 20 minutes sous un couvercle.
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 À l'aide d'une écumoire, je retire les brins de thym et les morceaux de chorizo, et je verse la moitié de la soupe dans un saladier pour la mixer. Quand c'est fait, je le remets dans la cocotte avec les morceaux de chorizo; je fais chauffer quelques minutes. Juste avant de servir je vérifie l'assaisonnement et j'ajoute la crème fraîche. L'ensemble prend  une belle couleur corail qui, combinée à l'odeur, ouvre d'emblée l'appétit. "

À servir dans des petits bols. Enfin, des bolinettes, voire des verrines, si vous êtes adeptes. Parce que c'est le genre de soupe qui rassasie assez vite... Mais c'est délicieux, pas trop sucré - la banane plantain est très peu sucrée. Je n'ai mis que la moitié du chorizo. J'avais oublié le maïs, il faudra donc que j'essaie une autre fois avec, en rajoutant une carotte ou deux.

 

Une cuisine qui sent bon les soupes du monde (non mais quel titre...)

Alain Serres, Laurana Serres-Giardi

Aurélia Fronty

éditions Rue du Monde, 2011

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pettson & picpus

Publié le par Za

Que diriez-vous de rendre une petite visite à Petson et à Picpus son chat ?

Retrouver les dessins malicieux de Sven Nordqvist est un régal digne de la plus exquise des gourmandises, comme, par exemple, un macaron basilic-citron. Quel rapport, me direz-vous ? Aucun. Je me damnerais pour un macaron basilic-citron, mais revenons à nos Suédois.

 

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Aujourd'hui, Pettson n'a pas la pêche. Il broie du noir, il déprime, envie de rien, juste attendre que la nuit tombe pour aller se coucher. Mais c'est sans compter avec Picpus...

 

J'ai feuilleté mon premier Pettson dans une librairie/magasin de jeu en Allemagne - Kunst und Spiel à Sarrebrück, Fürsenstraße 1a - si jamais vous passez par là... Je ne comprenais strictement rien au texte mais qu'importe, le charme a opéré immédiatement.

 

Les dessins, la composition des pages, tout concourt à plonger le lecteur dans un dilemme affreux : tourner la page ou prolonger le plaisir d'y farfouiller encore. Car il y a toujours dans un coin une créature hypothétique, un détail hilarant, une grenouille un brin barrée qui nous font de l'oeil. Sven Nordqvist tient son lecteur en assez haute estime pour lui proposer ce genre de complicité. 

 

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Et ils valent leur pesant de surströmming nos deux camarades ! Le chat frappadingue vaguement hyperactif et le ronchon pas rasé de près, pas habillé à la dernière mode. Clown et Auguste, trublion et bougon, le tout dans un joyeux fouillis résolument anti-Feng shui ! Ah, c'est sûr qu'il ne doit pas faire la poussière tous les jours, ce bon Pettson et qu'il se fout bien que la couleur de ses rideaux soit assortie à la nappe...

 

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Après cette lecture, j'avais presque envie d'une longue balade au bord d'un lac en Suède.

J'ai dit presque.

 

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ratsmagic

Publié le par Za

Il y a lire une histoire et lire une histoire. Depuis le temps, on ne les compte plus. Il y a celles qu'on lit et qu'on oublie. Celles dont on reparle. Celles dont les personnages réapparaissent dans les jeux, dans la conversation.

- C'était comment déjà le nom de la sorcière ?

- Mortifère.

- Ah oui, Mortifère...

Ce soir-là, Petitou était envahi par l'histoire. " Tu pourrais mettre un peu moins le ton, parce que quand tu fais les voix, j'ai un peu peur..."

 

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Oiselle Azur porte en elle le plus merveilleux des oeufs. Un oeuf porteur de légendes, un oeuf si précieux que la sorcière Mortifère le vole et l'emporte loin, où personne n'ose s'aventurer. Personne sauf Monsieur Rat, le flegmatique Monsieur Rat qui restera de marbre devant tous les dangers, devant  toutes les énigmes.

 

Lorsqu'un oeuf commence à éclore, il émet un "crac" aussi ténu que le bruit d'une aiguille pénétrant un mouchoir de soie. Il n'en fut pas ainsi de l'Oeuf merveilleux d'Oiselle azur, lequel s'ouvrit tout net avec un "ding" musical, laissant rouler chacune de son côté les deux moitiés de sa coquille et libérant, avant même que le son se soit dissipé, une myriade d'infimes créatures scintillantes assemblées autour d'une dame masquée qui rayonnait d'une lumière douce.


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Le texte de Christopher Logue ne perd jamais de vue les subtilités du non-sens et nous balade dans un univers inquiétant, surprenant, où les dragons cachent dans leur ventre des sorcières avides.

 

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Anderson fait apparaître les personnages dans une économie de décor qui laisse l'imagination faire son chemin vers le rêve, vers le cauchemar. Chaque détail concourt à rendre l'image précieuse et subtile. Regardez l'oeil acéré, intimidant de Monsieur Rat. Qu'importe sa petite taille ! Son courage, sa tranquille détermination, sa sagacité valent toutes les terreurs en embuscade.

 

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Et cet oiseau, l'Oiseau très effrayant du kapokier aux serres d'argent, à la robe de bronze, au profil tout droit sorti d'un tableau de Jérôme Bosch...


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Voici donc un album précieux, à relire, à feuilleter, pour se perdre encore et toujours dans le dédale de la forêt des Ténèbres, sur le rivage du lac de la Tristesse où vit le formidable dragon des Larmes...

 

Ratsmagic est le premier livre de Wayne Anderson, publié en Angleterre en 1976.

 

Ratsmagic

Wayne Anderson

texte de Christopher Logue

traduit par Valérie Rouzeau

éditions Delpire, 2009

 

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Publié dans albums, Wayne Anderson, Delpire

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samedi, c'est bibli !

Publié le par Za

Et vous allez comprendre le pourquoi du Cabas...

Aujourd'hui, c'est celui-ci qui s'y est collé :

samedi cabas

modèle "pois/radis" La Marelle,

par Mlle Héloïsesamedi cabas veso

 recto verso

(à moins que ce  ne soit le contraire...)


Un cabas et deux bibliothèques plus tard

voici la récolte

le butin

la moisson

la pêche

la cueillette

les prises

la vendange

(j'ai toujours hésité entre chasseur et cueilleur)

 

samedi 365 samedi génie 
 samedi boby  ssamedi grand ours
 samedi feng  samedi aagun
 samedi l'enfant  samedi macao
 samedi chapeau  samedi trois voeux
 samedi maison  samedi tamanna

 

365 pingouins, Jean-Luc Fromental et Joëlle Jolivet, Naïve, 2006

Le Génie de la boite de raviolis, Germano Zullo et Albertine, La Joie de lire, 2002

Le Boby Lapointe, images d'Albert Lemant, Album Dada - Mango Jeunesse, 1998

Grand Ours, François Place, les albums Duculot - Casterman 2005

Feng, Thierry Dedieu, Seuil Jenesse, 1995

Aagun, Thierry Dedieu, Seuil Jeunesse, 2009

L'enfant qui grandissait, Vincent Cuvellier et Charles Dutertre, Giboulées - Gallimard Jeunesse, 2008

Macao et Cosmage, Edy-Legrand, publié pour la première fois par la N.R.F. en 1919, réédité en 2000 par Circonflexe

Chapeau ! , Rotraut Susanne Berner, Seuil Jeunesse, 2002

Les trois voeux de Barbara, Franz Hohler et Rotraut Susanne Berner, La Joie de lire, 2000

La maison, J. Patrick Lewis et Roberto Innocenti, Gallimard, 2009

Tamanna princesse d'arabesques, Françoise Jay et Frédéric Mansot, Giboulées - Gallimard Jeunesse, 2011

Publié dans albums

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charlepogne & poilenfrac

Publié le par Za

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Les deux rois et les quatre chevaliers se grattèrent le menton, la joue et le haut du crâne. Mais rien à faire.

Aucune idée ne pointait son nez.

" Qu'allons-nous devenir ? gémit Charlepogne. Si nous sommes incapables de faire la guerre, personne ne se souviendra de nous ! Les artistes lèguent des oeuvres inoubliables, les savants produisent des inventions qui changent la vie de tous les jours, mais les rois, à quoi servent-ils s'ils ne laissent même pas le souvenir de leurs guerres ? "

Poilenfrac acquiesça:

"Un roi sans guerre, ce n'est plus un roi."


 

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Car voilà bien tout le dilemme de ces deux rois d'opérette dont les redoutables armées, comptant chacune deux chevaliers, n'arrivent pas à bout d'un conflit sanglant et viril où, pour tout arranger, un cheval sème la pagaille en... miaulant !

 

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Ça boude, ça rigole, ça s'ennuie ferme entre deux échauffourées. Les deux enfants gâtés couronnés viendront-ils à bout de ce cas de conscience proprement historique ?

 

Le texte de Roland Fuentès est drôle et brillant. Tout le monde y trouve son compte. Le petit, ravi devant les aventures foutraques de ces chevaliers désastreux. La grande, enfin moi (je précise à cause de l'adjectif), car voilà un album foutrement bien écrit, ce qui ne se rencontre pas tous les quatre matins et qui me rappelle que dans littérature de jeunesse, il y a littérature. Le dessin d'Olivier Tallec, à mi-chemin entre geste médiévale et joyeux carnaval, apporte sa simplicité et sa clarté à l'histoire. Les bleus contre les oranges, car finalement, seule la couleur sépare des belligérants semblables, pour ne pas dire parallèles.
 

 

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À redécouvrir d'urgence !

 

Roland Fuentès et Olivier Tallec

éditions Le Baron perché, 2007



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le monstre des toilettes

Publié le par Za

Encore un ovni tout droit sorti de l'Atelier du Poisson Soluble !

 

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Inquiétants, ces ongles, cet oeil, non ? Car il y a un monstre dans les toilettes, je ne vous apprends rien. Un monstre grimaçant et espiègle, glouton, griffu, vraiment pas joli, pas le genre auquel on s'attache. Ce farfadet ricaneur n'est pas sympathique, c'est une vraie terreur, embusquée dans un endroit quotidien dont on fait habituellement peu de cas, sauf lorsqu'on est petit et que c'est par là aussi que passe le sentiment d'avoir grandi ou l'envie de ne pas grandir.

 

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Pas de faux-semblants, donc, ce monstre règne dans un royaume sous-terrain inextricable, tout de plomberie sombre et gargouillante. Comment s'en débarrasser devient alors une question cruciale, une question de survie : donner à manger ou être mangé. J'aime assez la conclusion de cet album, où l'on voit de quelle mauvaise foi l'adulte peut faire preuve lorsqu'il est confronté à un phénomène qui le dépasse visiblement... A ceci près que la sortie du cauchemar demande le sacrifice d'un petit jouet de 7,5 centimètres de haut, aux mains en forme de crochet. Je crois que c'est ça qui m'a achevée. Tout mais pas ça !

 

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Vous l'avez compris, ce diablotin m'a inquiétée pour de vrai, car il est très réussi. Petitou a lu l'album tranquilou sans froncer plus que ça du sourcil. Il l'a beaucoup aimé et relu plusieurs fois. Serai-je plus impressionnable que lui ? Quand on le connaît, on sait que ce n'est pas possible...

 

Le monstre des toilettes ressemble à un film muet : les images en noir et blanc de Sara Pegorier, soigneusement cadrées et encadrées, cette manière d'intégrer le texte sous l'image, comme  les cartons des films sans paroles. Et un petit air Art nouveau tout à fait bienvenu a fini de confirmer cette impression. Ce premier album est une vraie réussite ! 

 

Le monstre des toilettes

Saralisa Pegorier

l'Atelier du poisson soluble

octobre 2011

 

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fulbert la terreur

Publié le par Za

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Comment vous le trouvez, Fulbert ? Avec son petit air perdu, ses trois poils au menton, ses deux pauvres ailes, ses grosses pattes ? Si j'étais vous, je l'adopterais illico. Moi, je ne peux pas, j'ai déjà ce qu'il faut, question dragon. Mon jardin n'y suffit plus, sans parler des plaintes du voisinage... Mais Fulbert... Il est gentil comme tout, il se nourrit de peu, il ne prend presque pas de place. Il suffit de lui aménager une petite place au chaud, mais pas trop près de la maison. Parce que bon, il est tout petit, mais c'est quand même un dragon...

 

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Mais il faut que je vous prévienne... Le seul problème avec Fulbert, c'est qu'il est atteint de crises d'éternuements incontrôlables. Ce qui, chez un dragon peut conduire à bien des catastrophes, à commencer par l'agacement de ses contemporains, fâchés, allez savoir pourquoi, de voir leur environnement réduit en cendres. Et que dire du bruit, tonitruant, diurne, nocturne, en un mot intempestif... Mais ne vous inquiétez pas, le professeur Owl a trouvé la solution. Elle était si simple ! 

 

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Si vous voulez savoir ce que fait Fulbert sur ces échasses, procurez-vous ce classique de John A. Rowe. Vous ne pourrez résister à ses illustrations sur fond blanc, volontairement dépourvues de décor, concentrées sur les personnages, taupe, souris, chien, et ce drôle de professeur, mi-hibou, mi-Merlin l'enchanteur... 

 

Alors, vous l'adoptez ?

 

Fulbert la terreur

John A. Rowe

éditions Nord-Sud

2001

 

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dragons

Publié le par Za

Eh bien voilà ! 2012 est l'année du dragon.

C'est comme ça. 2011 était l'année du lapin, c'est nettement moins inspirant, vous l'admettrez !  

Donc, si l'on en croit ce parrainage, 2012 sera dragonneuse, grande, virevoltante, inattendue, fascinante, brûlante, flamboyante, à l'image de cet animal extraordinaire qui existe bel et bien, et que ceux qui en doutent passent leur chemin, merci.

Je commencerais donc cette année par un album de 2009, Dragons (Tell me a dragon).

 

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Pas d'histoire proprement dite mais une galerie d'histoires possibles, onze doubles pages somptueuses, accompagnées chacune d'un petit texte rabougri dont on aurait peut-être eu avantage à se dispenser, tant les images se suffisent à elles-mêmes. Des aquarelles généreuses pour cet album grand format qui présente des dragons du bout du monde, des dragons familiers, ceux qui nous accompagnent tous les jours, dans l'ombre, majestueux et discrets.

Je ne les garderais pas tous, j'ai mes préférés.

Celui-ci, urbain, inattendu, prêt à prendre son envol, modeste dans sa mise et son attitude, mais gardien redoutable, dont on imagine bien quel encombrement il peut représenter dans un intérieur new-yorkais...

 

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Celui de la couverture, fier, altier, voyageur infatigable, croisant nuages et comètes, tempêtes et douces nuits de pleine lune, tel un voilier céleste...

 

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Et mon préféré, le plus subreptice, celui qu'on devine à peine, mais qu'on ne peut oublier, celui qui raconte, qui inspire...

 

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Ne me dites pas que vous ne l'avez pas vu ! Mais il est ici, voyons !

 

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J'en aurais bien terminé ici si Petitou, ne m'avait mis une autre page sous le nez en me disant : "Moi, je veux celui-là ! Avec lui, je n'aurais plus peur, la nuit !" Si seulement je pouvais te le rapporter, je le ferai sans hésiter, bonhomme ! Et j'en adopterais bien un pour moi aussi, tu sais...

 

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Dragons

Jackie Morris,

éditions Gautier-Languereau.

 

Et pour la célébrer en fanfare, cette année du dragon,  je terminerai pas une petite revue de quelques grandes bestioles que vous pouvez croiser dans mon cabas, il suffit de cliquer sur les couvertures !

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dans la forêt du paresseux

Publié le par Za

Il y a livre animé et livre animé.

Les pop-up fleurissent en ce moment comme les poils sur les pieds d'un hobbit. D'autres se parent de découpages savants, de dentelles délicates d'une fragilité telle qu'à peine achetés, ils sont illico remisés loin des petites mains dévastatrices, comme des reliques. Et lorsque l'animation ne vient que vaguement en contrepoint du texte, lorsqu'elle ne sert qu'à nous en mettre plein la vue (mais que c'est fait exprès, que ça se voit, pas comme le Drôle d'oiseau de Philippe Ug, on en recause bientôt), on les referme en ce disant, "oui, et ?", ou "so what ?" si on est d'humeur british. On en arrive alors à des livres qui n'en sont plus ou, pire, qui s'excusent d'en être. Et ça aurait tendance à m'agacer.

Du coup, celui-ci m'a agréablement surprise, je dirais même qu'il m'a déçu en bien (ça, c'est quand je suis d'humeur helvète), enfin, bref, je l'aime ! 

 

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Je l'ai mis en douce sur la lettre au PN, et le grand barbu l'a déposé sans faillir dans les petits souliers pointure trente-trois. Preuve qu'il a un goût très sûr malgré son grand âge...

Dans la forêt du paresseux, il y a un monde fou. Des animaux en pagaille se camouflent au pied des arbres, des oiseaux multicolores animent le feuillage, des gens se promènent, discutent, rêvent et le paresseux dort...

 

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Tout à l'air paisible et harmonieux, sage et bien rangé, jusqu'à l'arrivée d'engins aux mâchoires impitoyables. Chaque page tournée voit la forêt se vider de ses habitants. Et le paresseux ? Il dort toujours, sans se douter que désormais, il ne reste plus que son arbre...

La forêt finira par renaître, plus belle encore et plus sauvage. Elle revivra de la main de l'homme, ce qui mérite d'être remarqué, pour une fois qu'on ne nous sert pas l'habituel discours écolo-culpabilisateur.

 

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Dans la forêt du paresseux  fourmille de détails qui invitent à se perdre entre les arbres. Le texte de Sophie Strady n'est pas écrasé par les planches pop-up, qui ont une vraie utilité dans le récit. Voilà un livre dont je ne suis pas prête de me lasser !


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À découvrir, de trois à cent trois ans !

la vidéo sur le blog de la Soupe

 

Anouck Boisrobert et Louis Rigaud

Sophie Strady

Éditions Hélium

2010

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