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261 articles avec albums

la nuit quand je dors...

Publié le par Za

la nuit quand je dors...

Notez les points de suspension du titre, ils ne sont pas anodins. Les yeux exorbités du chat non plus, d'ailleurs.
Une petite silhouette noire s'endort et l'aventure commence. Nous voici embarqués dans les pérégrinations nocturnes d'un album sans texte dont le rythme va crescendo.

la nuit quand je dors...
la nuit quand je dors...

Et c'est ce qui est fascinant dans ce livre. Il happe le lecteur dès la première page en lui insufflant l'envie d'aller voir au bout du rêve. D'une image à l'autre, le végétal et l'urbain se mêlent, les maisons poussent comme des radis, prennent des airs de canards flottants. Le voyage se fait par les airs, souvent, sous l'eau, un peu, mais aussi à travers une course folle, fuyant le danger, se jetant dans la gueule du loup. Un rêve, un cauchemar, quelque part à mi-chemin.

la nuit quand je dors...

De majestueuses doubles pages sépia, des découpages nerveux, et puis l'incursion de la couleur parfois éblouissante, puis immédiatement glaciale. Chaque image tisse un lien avec la précédente et déroule la nuit jusqu'au matin tonitruant du coucou qui marque sept heures.
Il y a aussi les yeux, les yeux des chats, l'oeil qui anime parfois le visage du héro, les regards fixes des créatures que l'on croise, scrutant le vide, devenant un péril.

la nuit quand je dors...
la nuit quand je dors...

Depuis Winsor Mc Cay et son Little Nemo (1905), on sait que c'est dans le rêve que se lisent les plus belles aventures, les plus folles, les plus dérangeantes. Pour sa première incursion dans l'album de jeunesse, Ronald Curchod propose un livre étrange et haletant, à laisser traîner sur la table pour que chacun s'en empare.

la nuit quand je dors...
Ronald Curchod
Rouergue, octobre 2014

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Publié dans albums, Ronald Curchod, Rouergue

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Range ta chambre !

Publié le par Za

Ah, l'illusoire injonction...

Range ta chambre !

Une semaine dans la vie d'une chambre d'enfant, une semaine pendant laquelle le désordre s'immisce, s'installe, envahit. Un jeu de piste où l'on peut s'amuser à chercher les chaussettes manquantes, les gants, l'écharpe, la BD de Batman, le ballon de rugby, toutes choses utiles mais fatalement introuvables.

Range ta chambre !

Au fil des jours, l'ombre paternelle demande - sans grands résultats, suggère - vainement. Et sous ce bazar, magnifiquement mis en scène par Xavier Salomo, la relation père-fils se dessine, avant de finir dans un joyeux dénouement.

Range ta chambre !

Cet album aurait pu s'intituler "Papa, le désordre et moi", tant ce capharnaüm semble avoir une vie propre. Jamais on ne voit François y mettre la main, il gagne chaque nuit du terrain, se répand autour du lit du garçon assiégé qui adopte alors la passivité de tout enfant normalement constitué. Le centre de l'histoire se déploie le temps d'un dépliant envahissant et remuant d'une grande drôlerie.
Cet album fait écho en moi à un point que vous pouvez plus ou moins imaginer selon notre degré d'intimité... Ne nous fions pas au titre, il n'y a ici aucun pêchi-prêcha normalisateur, et si la chambre retrouve un visage acceptable, on ne saura jamais qui l'a rangée. Ni comment.
Epatant, vraiment épatant !

Xavier Salomo
Range ta chambre !
Seuil Jeunesse, août 2014

Pour découvrir son travail, le blog de Xavier Salomo
Pour savoir ce, qu'au fond, je pense du désordre, ce billet...
Et pour trouver de vraies solutions face au désordre, je vous laisse entre les mains des deux seuls spécialistes authetiques que je connaisse...

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sauvage

Publié le par Za

sauvage

Celui-là n'a même pas eu le temps de rejoindre les rayonnages de la librairie. Il est passé presque  directement du carton de livraison vers mon Cabas hypnotisé par deux grands yeux.

sauvage

Soyons honnêtes, je l'avais aperçu dans sa britannique version et je l'attendais de pied ferme. La voilà donc, la sauvage écarquillée, estampillée Autrement, la dernière fournée peut-être. Une couverture mate au dos toilé dont seuls les yeux et le titre se détachent, lisses et brillant. Une merveille cette couverture ! De quoi regretter encore plus - si c'était possible - la disparition d'Autrement Jeunesse, de quoi pester encore.

sauvage

Personne ne se souvenait du jour où elle était arrivée là. Mais chacun sut aussitôt qu'elle était faite pour vivre dans les bois.

Un peu comme Mowgli mais en plus punchy. Parce qu'elle déborde de vie, notre enfant sauvage. Et que je me peigne avec les renards, et que je pêche avec les ours, et que je roupille dans un arbre creux... Chaque page tournée verra votre maxillaire inférieur tomber d'un cran tant les dessins d' Emily Hughes fourmillent de malice. C'est un festival végétal foisonnant de détails délicieux, de bestioles - le cousinage entre ces ours et ceux de Benjamin Chaud saute aux yeux.

sauvage
sauvage
sauvage

Jusqu'au jour où notre petite sauvage rencontre deux animaux étranges et autoritaire, le mâle étant visiblement de l'espèce des psychiatres. Cette apparition donne lieu à un décalage image/texte tout à fait accessible aux plus jeunes, une tranche de rigolade à partager. D'autant que commence alors chez les deux créatures aux moeurs si étranges, une tentative d'acclimatation à la fois drôle et douloureuse qui met notre héroïne dans des états de rage peu communs....

sauvage

Cette ode à la liberté, à la différence, à l'authenticité est franchement réjouissante !
Et miss Emily Hughes est assurément une dessinatrice à suivre.
D'urgence !

Sauvage
Emily Hughes
Flying Eye Books, Nobrow Ldt, 2013
Autrement Jeunesse, 2014

Quelques liens pour aller plus loin et se régaler encore :
le blog d'Emily Hugues
sa page FB
l'article de Mélanie de la Soupe de l'Espace
l'article de Maria Popova du blog (excellentissime) Brain Pickings
la page d'Emily Hughes sur le site de la maison d'édition Flying Eye Books
d'autres images sur Cartoon Brew

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Publié dans albums, Emily Hughes, Autrement

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le monde t'appartient

Publié le par Za

Le monde t'appartient.
Et tu appartiens au monde.
Tu es libre.
C'est une chance.
Tu es libre.
Même s'il y a parfois de
s limites.

le monde t'appartient

On a parfois besoin de parler simplement de choses complexes, ou qu'on imagine telles. Il faut alors rester simple sans être simpliste, se placer à hauteur d'enfant, j'ai bien dit à hauteur.
Le texte de Riccardo Bozzi ouvre la discussion, appelle d'autres mots. Mais il se suffit aussi à lui même, comme un poème, juste pour la musique des mots et la douce persuasion qu'il apporte. Il s'agit de découvrir sa propre liberté, le vertige qui l'accompagne, les limites inhérentes à son exercice.
Les images d'Olimpia Zagnoli ne sont pas en reste. Elles tiennent de la gommette, de l'épure totale. Elles soutiennent la pensée, l'accompagnent, l'embarquent du côté de la légèreté.

le monde t'appartient
le monde t'appartient

Tu es libre de croire en ce que tu veux.
Ton ami est libre de croire en ce qu'il veut, ou de ne croire en rien.

Mais c'est tout de même ton ami. Et tout est à l'avenant. Parce que derrière cette économie de mots, il n'y a pas d'économie d'idées.

Le monde t'appartient
Riccardo Bozzi & Olimpia Zagnoli
Grasset Jeunesse
mai 2014

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la guerre des bisous

Publié le par Za

Allez, zou, on commence cette nouvelle année avec un truc qui en jette, qui place ce nouvel an sous le signe de la rigolade, et du bisou, du bécot, du bec, du poutou. Parce que par chez moi, on fait des poutous.

la guerre des bisous

Ça commence par un gros bécot dans la salle de sport, un geste spontané qui sème la pagaille. On peut, on peut pas ? Lili avait-elle le droit d'embrasser Jojo ? De bisou en bisou, la contagion gagne, sort de l'école tourneboulée par tant d'effusions pour gagner la ville, le pays, le monde !

la guerre des bisous

La directrice, ça l'a énervée, parce qu'elle n'avait pas encore fait de bisou, alors, elle est sortie en courant dans la cour et a embrassé monsieur Bernard, le surveillant. Monsieur Bernard, il a bien aimé ça, alors, il a rendu son bisou à la directrice, et ça a duré longtemps, longtemps.
Ils ont même pas vu qu'il y avait tous les parents dehors qui venaient de rentrer pour chercher leurs enfants. Mai au lieu de se mettre en colère et de se dire : c'est un scandale ! ils se sont fait des bisous entre eux.

Vincent Cuvellier signe ici un texte sans chichis, qui parlera à beaucoup et fera rigoler les autres. Le dessin de Suzanne Arhex remue, vit, court, boulègue dans tous les sens. Foisonnant au fil des pages, il brosse une galerie de portraits tout à fait réjouissante, des jeunes, des vieux, des gros, des maigres... Tout ce monde, bestioles et gens, s'embrasse sans préjugés, pas parce qu'on milite, non, juste pour s'embrasser en se foutant des règles communes de l'embrassage. J'aime particulièrement la scène de la manif, les pas contents réduits à l'impuissance par cette vague poutouneuse !

la guerre des bisous

Et pendant ce temps-là, dans le coin en bas à gauche, un autre histoire se déroule sans parole, malicieuse comme tout...

la guerre des bisous

Sur ce, je vous embrasse, non sans vous avoir conseillé de lire l'emballement de la Soupe de l'Espace pour cet album épatant !

La guerre des bisous
Vincent Cuvellier & Suzanne Arhex
Gallimard Jeunesse Giboulées
septembre 2014

Et voici donc ma première participation de cette année au...

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en 2015, je continue à lire des albums !

Publié le par Za

en 2015, je continue à lire des albums !

Et c'est reparti pour le challenge Je lis des albums !
42 chroniqués l'an dernier...

en 2015, je continue à lire des albums !

Un projet,
un groupe FB où partager ses lectures,
et surtout merci à l'infatigable Hérisson
qui s'occupe de cette magnifique bibliothèque virtuelle
et anime ce rendez-vous de main de maître !

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Publié dans albums

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animalium

Publié le par Za

animalium animalium
animalium

Du grand, du beau, de l'indispensable. On est au-delà du coup de cœur, c'est du coup de foudre. Il y a des livres qu'on est particulièrement fier d'offrir, en v'là un ! Mais il faut s'accrocher, car on atteint ici des hauteurs rares.

animalium
animalium

Vider la boîte à adjectifs ne serait pas suffisant pour rendre hommage à ce grand bazar soigneusement classé qui se déplie généreusement sur les genoux - 37,7 x 27,7 cm, s'il vous plait ! Entre museum et cabinet de curiosité, cet album devient un compagnon d'émerveillement inépuisable.
Mais il s'agit tout d'abord de survivre à la couverture, aux pages de présentation des chapitres...

animalium
animalium

Après, on plonge. Et là, il faut supporter vaillamment la beauté des planches.

animalium
animalium

Le texte est tout à fait intéressant, n'en doutez pas. Mais je ne me remets pas des couleurs, de la construction des images, de la technique époustouflante de Katie Scott.

animalium

Car nous construisons notre imaginaire à partir de ce que nous connaissons. Chaque créature présentée ici dans l'Animalium existe dans la nature et devient un point de départ pour rêver,créer, imaginer...

Préface de Sandra Knapp (Musée d'histoire naturelle de Londres)

Pour tous les amoureux de la belle édition, pour les adorateurs du chant de la page qu'on tourne, pour les sniffeurs de livres, cette merveille - qui rappelle les splendeurs d'Audubon - est une somme à caresser, à renifler, à conserver avec jalousie, à relire à l'envi. Animalium est à ranger à côté du Bestiaire du Gange, pas loin de Chimères Génétiques.

Animalium
Katie Scott & Jenny Broom
Autrement Jeunesse, novembre 2014

D'autres images et l'emballement de la librairie Les Sandales d'Empédocle par ici !

Les éditions Autrement Jeunesse ont fermé leurs portes il y a un mois environ. Jetez-vous sur les livres de leur catalogue inépuisable tant qu'ils sont disponibles.

animalium

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Soleil d'hiver

Publié le par Za

Aujourd'hui, je dessine une lune sur la buée du carreau.

Soleil d'hiver
Soleil d'hiver

Si cette image ne vous émeut pas, je rends mon tablier.

Un poème de Jorge Lujan, traduit par Carl Norac, une merveille de délicatesse.
Un enfant attend le retour de sa mère, dans cet espace de vague angoisse et d'aventure où tout est possible, même pour cinq minutes. La mère apparait dans le croissant de lune, tout va bien, la nuit peut tomber vraiment.
Illustrer ce poème demandait de la légèreté et infiniment de modestie. Il fallait Mandana Sadat.

Elle traduit si naturellement l'énergie des enjambées de la mère qui rentre à la maison, puis la douceur, la rondeur des bras et de la lune. J'imagine sans peine le moment de lecture que sera cet album auprès de minuscules lecteurs blottis...


Soleil d'hiver
Jorge Lujan & Mandana Sadat
traduction de Carl Norac
Didier Jeunesse, 2005

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Pat Hutchins

Publié le par Za

Pat Hutchins
Pat Hutchins

Attention, voici venir deux réjouissances vintage, cuvée 71 et 72 !

Gare au renard (Rosie's walk) suit la promenade de la poule, très cool, pistée de près par le renard roublard... Simple, clair, précis et franchement désopilant. Car le rusé renard va s'en prendre plein le museau, dans une surenchère de maladresse et de malchance pendant que Rosie, imperturbable, indifférente, marche, marche... Le texte ignore lui aussi superbement le renard, ajoutant au comique de la situation. Mais que cet album est drôle, mais que cet album est beau !

Se prendre un rateau...

Se prendre un rateau...

Les couleurs très seventies en jettent, le graphisme reste résolument moderne. Pat Hutchins travaillait au stylo et à l'encre dans un style ici très voisin de la gravure, de l'art naïf proche du folklore de l'Est.

Pat Hutchins

Bonne nuit hibou joue également de la répétition pour raconter l'histoire d'une exaspération annoncée. Pauvre hibou qui voudrait bien dormir au creux de son arbre, si ce n'est qu'il fait jour et que les autres oiseaux, eux, ne dorment pas. Sans parler de l'écureuil. Et ça grignote, ça piaille, ça pépie, impossible de fermer l'oeil. Tout commence par un magnifique arbre, immuable, où va s'accumuler une joyeuse - et bruyante - cohorte de volatiles. Chaque double page voit arriver une nouvelle espèce d'oiseau jusqu'à la chute, la vengeance du hibou...

(page de titre de l'édition originale)
(page de titre de l'édition originale)

(page de titre de l'édition originale)

Deux albums à partager avec les plus jeunes et à relire souvent !

Pat Hutchins

Gare au renard
Rosie's walk, 1971
traduit de l'anglais par Alice Seelow
Circonflexe, 2014

Bonne nuit hibou
Good-Night, Owl !, 1972
tradiot de l'anglais par Alice Seelow
Circonflexe, 2014


 

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Marie et les choses de la vie

Publié le par Za

Marie et les choses de la vie
Marie et les choses de la vie

La gourmande Marie vit à l'ombre d'un cerisier, toute à sa complicité avec sa grand-mère adorée. L'arbre est accueillant et la vie est belle. Jusqu'au jour où les rôles s'inversent, et où Marie doit tout mettre en oeuvre pour ramener celle qui n'est plus tout à fait là et qui est devenue lente, si lente...

Marie et les choses de la vie

Des histoires de grands-parents fragiles, lorsque les rôles s'inversent, il y en a. Il commencerait même à y en avoir beaucoup. Mais celle-ci est différente. Elle est d'abord d'une grande délicatesse qui ne cède jamais à la facilité de la tristessse. Le texte de Tine Mortier en dit juste assez pour comprendre, sans alourdir.
Marie savait exactement ce que disait Mamie. Elle le lisait dans ses yeux et cueillait les lettres de sa bouche. Avec précaution. Car Mamie était devenue lente. Vraiment très lente.
Et puis les images de Kaatje Vermeire. De grandes doubles pages, somptueuses. Collages, dessin, tampons, textures, transparences...

Marie et les choses de la vie

Et lorsque Marie veut renouer le fil, l'image renvoie la maladie au second plan pour se concentrer sur la vie, la gourmandises, la couleur et ces petites choses étranges et décalées que la petite fille manie avec art. Soyons honnêtes, le sujet de cet album ne m'aurait pas emballée s'il n'avait revêtu les magnifiques illustrations de Kaatje Vermeire. Ses images affrontent le texte sans le détourner ni l'éluder. Mais malgré tout, elles le tiennent à distance et Kaatje Vermeire sait comme personne adoucir les choses de la vie.

Marie et les choses de la vie

Marie et les choses de la vie
Tine Mortier & Kaatje Vermeire
traduit du flamand par Josiane Bardon

(Mare en de dingen, 2010)
Le Sorbier, 2011

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