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254 articles avec albums

sabotage

Publié le par Za

sabotage

Chez les humanimaux comme ailleurs, composer une famille n'est pas toujours aisé. Caroline doit composer avec Jean-Loup, le fils de la nouvelle femme de sa mère. On peut finir par trouver des arrangements mais la cohabitation entre herbivore et carnivore s'avère franchement rock'n roll.

sabotage

Avec cette histoire qui pourrait être tout à fait banale, Marion Pradier réalise un album curieux, presque inquiétant. Le simple fait d'ajouter des pattes à ses personnages les classe immédiatement dans des groupes, carnivores, herbivores, menaçants, menacés. Et l'on ne peut s'empêcher, à tort ou à raison, de calquer un caractère sur chaque paire de pattes. Jean-Loup, le bien nommé, a tôt fait de montrer les griffes, de regarder d'un drôle d'oeil Caroline, chaussée de sabots. Les idées reçues se déchaînent, surtout lorsqu'on semble vouloir renier sa nature.

sabotage

Maman, elle, elle s'épile. Je ne sais pas ce qui est pire, se faire défriser ou s'épiler. Moi, quand je serai grande, je ne m'épilerai pas et je ne me ferai pas défriser. Mon amoureux aimera mes poils aux pattes, bouclés et soyeux ou alors, il ira faire des claquettes en Australie. Point à la ligne.

Chaque scène recèle un clin d'oeil, un second degré discret, un détail qui décale le récit, lui fait faire juste un pas de côté vers l'étrange. Les deux enfants finissent par faire de leurs différences des avantages, des raisons supplémentaires de vivre ensemble. Parce que, même si, à l'école, ils font comme si on était tous omnivores, Caroline et jean-Loup savent bien, eux, qui ils sont.

Sabotage

Isabelle de Catalogne & Marion Pradier

La joie de lire, 2010

Sabotage est le deuxième volet de cette histoire de famille. Mais il peut être lu indépendamment du premier, Papattes - La joie de lire, 2008.

sabotage

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je suis le chien qui court

Publié le par Za

Je suis celui qui prend la nuit à rebrousse-poil.

je suis le chien qui court

Un album comme un geste poétique. Un album enveloppant où deux matières, deux techniques se côtoient, plume et huile. Les traits par milliers donnent des airs de gravures à la ville, à la route, au bord de mer. Le crépuscule est noir et blanc. Le chien est dense, flamboyant. Et il court. En chemin, les animaux s'effraient, lui emboîtent parfois le pas. La chouette l'accompagne. Ils se hâtent vers la nuit qui tombe, vers le blockhaus planté sur la plage où l'enfant attend. A eux trois, ils redonnent avec confiance des couleurs à la nuit, une nuit qui n'a plus rien d'effrayant.

je suis le chien qui court
je suis le chien qui court

Les images de Marc Daniau frappent par leur singularité, leur mouvement permanent. Le texte est sobre, minimal, haletant. Il traduit les pensées de celui qui est tour à tour le chien, l'oiseau et l'enfant, de ces personnages virevoltants, vivants. Je suis le chien qui court est un album envoûtant, sans concession.

Je suis le chien qui court

Marc Daniau

Seuil Jeunesse, 2013

 

Marc Daniau est l'illustrateur de Tous à poil !

Vous pouvez admirer son travail sur son site.

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le château des étoiles

Publié le par Za

le château des étoiles

C'est tout d'abord l'objet qui attire. Un journal de vingt-quatre pages, un papier épais qui craque lorsqu'on tourne les pages, un format plus que généreux - 30 x 42, ce qui nous fait, arrêtez-moi si je me trompe, 60 x 42 lorsqu'il est ouvert, derrière lequel on peut se planquer à l'aise.

le château des étoiles

La bande-dessinée proprement dites est présentée dans cet écrin journalistique digne de l'Illustration ou du Petit Journal, tous deux publiés au tournant de la fin du 19ème siècle, jusqu'après la Première Guerre mondiale. Et c'est cet esprit que l'on retrouve dans les premières et dernières pages du Château des étoiles, mêlant documents historiques contemporains de l'intrigue (1868), informations plus fantaisistes sans oublier le cliffhanger palpitant vous donnant envie de vous ruer sur l'épisode suivant.

L'histoire s'ouvre sur deux doubles pages magistrales qui plantent le décor dans le ciel, où la mère du jeune Séraphin disparait à bord d'un ballon, à la recherche de l'éther - source d'énergie, chimère électro-magnétique. Cette exploratrice d'un nouveau monde laisse en héritage à son fils une curiosité à toute épreuve, un goût pour l'aventure qui les poussera, lui et son père à poursuivre ses recherches, parfois au péril de leur vie.

le château des étoiles
le château des étoiles

Le Château des étoiles est un cocktail épatant : une dose de Jules Verne, une dose d'Histoire (Louis II de Bavière et sa cousine Elisabeth d'Autriche font partie du voyage), une dose de sciences, le tout saupoudré d'un suspens rigoureux, de scènes dignes du Tour du monde en 80 jours, de personnages haut en couleurs...  La lecture est haletante, portée de bout en bout par le dessin léger et vivant d'Alex Alice, par son magnifique travail d'aquarelle.

le château des étoiles

Publiée en mai, juin et juillet derniers, cette histoire forme en réalité le début d'un diptyque. Les trois journaux ressortiront ce 24 septembre en un seul album cartonné. Les amateurs de grands formats - dont je suis - attendront la suite des aventures de Séraphin qui paraîtra au printemps prochain, sous la forme de trois nouvelles gazettes : Les naufragés du ciel  (mai 2015), Les secrets de la face cachée  (juin 2015) et Le roi-lune  (juillet 2015). Patience...

le château des étoiles

Le Château des étoiles

Alex Alice

Rue de Sèvres, 2014

Plus d'images et une interview passionnante d'Alex Alice sur BD'Gest.

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comment remplir un cabas...

Publié le par Za

Prenez un temps menaçant, du genre couvert mais pas trop, du genre frais mais pas trop, enfin du genre suffisamment humide pour que la tondeuse à gazon cale à la moindre tentative, ce qui n'est finalement pas pire... Alors vient l'envie de remplir un cabas à ras bord, de rentrer et de se caler dans ce qui reste de soleil pour se régaler.

comment remplir un cabas...

Direction donc la médiathèque. Une averse plus tard, me voilà à l'orée de la caverne d'Ali Baba - qui se situe au bord de l'Oise, qu'on se le dise. Un paradoxe estival veut qu'il n'y ait aucun enfant en vue dans la section jeunesse. Je suis seule. Délice. D'autant que Petitou est en vacances de son côté et que je détiens sa carte, exempte de tout emprunt. Extase.

Ma médiathèque possède un rayon que j'adore, issu de la perplexité des bibliothécaires : le rayon des inclassables. En gros les alboumes dont on ne sait que faire, ni les classer dans une thématique particulière - ô joie ! - ni les envoyer au paradis des petitous ousk'ils seraient par trop malmenés, pire encore, où ils provoqueraient l'embarras des parents/enseignants prescripteurs. C'est généralement le secteur que j'explore en second, juste après le présentoir des nouveautés. C'est seulement après que je farfouille dans les autres rayonnages.

Ma récolte d'hier fut fructueuse : des alboumes que j'avais entrevus sur la blogosphère, des noms qu'on ne saurait rater, des couvertures alléchantes - je vous promets d'en chroniquer kek'z'uns !

comment remplir un cabas...

Et puis deux romans, Sacrées souris dont le sujet m'intrigue, et du coup me donne envie de me replonger dans L'élue, dévoré il y a très longtemps et qui me laisse un souvenir très fort.

comment remplir un cabas...

Mais tant qu'on y est, savez-vous que le Cabas possède une jolie page Facebook ?

couverture Ian Falconer / Victoria

couverture Ian Falconer / Victoria

Un lieu follement convivial mis à jour presque quotidiennement ouske, outre l'annonce de chaque nouvelle chronique, ce qui n'est pas rien, vous pouvez également suivre l'actualité brûlante de la littérature jeunesse - enfin surtout de l'alboume et de mes illustrateurs chéris, soyons honnêtes. Prenons au hasard l'exemple d'une information que je qualifierais de capitale :

comment remplir un cabas...

Alors n'hésitez pas à aimer cette page - comme ils disent. D'autant que c'est bientôt mon bloganniversaire et qu'il n'est pas impossible que j'organise ici et là-bas comme un petit concours...

A bientôt donc, mes gens !

 

Coeur de pierre / Séverine Gauthier & Jérémie Almanza / Delcourt, 2013

Je m'ennuie / Michael Ian Black & Debbie Ridpath Ohi / Seuil Jeunesse, 2013

Frère des chevaux / Michel Piquemal & Stéphane Girel / L'élan vert, 2012

Joseph avait un petit manteau / Simms Taback / Le Genévrier, 2011

Le livre abominable / Noé Carlain & Ronan Badel / Sarbacane, 2014

Drôle d'oeuf / Emily Gravett / Kaléidoscope, 2008

Sabotage / Isabelle de Catalogne & Marion Pradier / La joie de lire, 2010

J'en ai marre / Yann Fastier / Thierry Magnier, collection Tête de lard, 2014

Pomelo s'en va de l'autre côté du jardin / Ramona Badescu & Benjamin Chaud / Albin Michel Jeunesse, 2007

L'élue / Lois Lowry / Gallimard jeunesse, 2001

Sacrées souris / Lois Lowry / L'école des loisirs, 2014

Publié dans albums, romans

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pop-up !

Publié le par Za

Lorsque l'image surgit du livre et vous saute aux yeux ! Le livre pop-up est l'objet d'un délicieux dilemme car, s'il est souvent destiné aux enfants, il n'en est pas moins fragile et précieux. Ceci dit, les plus beaux réunissent les petits et les grands autour de la même admiration. Pour les participant-e-s au challenge Je lis aussi des albums, le jour est au pop-up. N'arrivant pas à me résoudre à en choisir un, en voici un cabas plein !

pop-up !

Au royaume du pop-up, ces deux-là sont rois. Depuis quelques années, Anouck Boisrobert et Louis Rigaud cisèlent sans relâche des albums parfaits où le dispositif colle au propos comme l'arapède au rocher. Impossible de se lasser, chaque relecture apporte son lot de nouveauté, on est dans l'inépuisable.

pop-up !

Au royaume du pop-up, il y a le maître, Philippe Ug, qui a fait du papier un matériau à part entière. Son album Drôle d'oiseaux, paru en 2011, est un modèle du genre, qu'on ouvre, qu'on réouvre, qu'on tourne, qu'on retourne, qu'on ressort de la bibliothèque régulièrement, jusqu'à plus soif.

pop-up !
pop-up !

J'avais pris un genre de claque en découvrant ce livre, en plongeant dans la métamorphose de l'oisillon en oiseau de feu, en oiseau de paradis. Jetez un oeil à la courte chronique de Gérard Collard, qui - à mon sens - malmène un peu l'objet. Mais doucement ! Un peu de respect, de déférence, que diable ! (et vous avez vu, derrière lui, il y a le Bal des Echassiers de monsieur Paul Echégoyen !)

Au royaume des Pop-up, il y a l'ancêtre vénéré, Jan Pienkowski, né en 1936.

pop-up !

Ce grand classique de 1979, heureusement réédité en 2013, a élu domicile depuis bien longtemps dans ma bibliothèque, leg généreux de ma chère Bree.

pop-up !

Son étrangeté n'a pas pris une ride. Mieux, le vernis vintage qui l'entoure désormais ne fait qu'ajouter à sa valeur. On y va mollo, c'est celui de marraine quand elle était petite !

pop-up !
pop-up !
pop-up !

Popville, Dans la forêt du paresseux, Oceano

Anouck Boisrobert & Louis Rigaud

Hélium, 2009 - 2010 - 2013

 

Drôle d'oiseaux

Philippe Ug

Les grandes personnes, 2011

 

La maison hantée

Jan Pienkowski

Nathan, 1979 - 2013

 

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une femme et un homme

Publié le par Za

une femme et un homme
une femme et un homme

Deux maisons se font face, deux fenêtres, deux derniers étages. Pas de la première jeunesse, les bâtisses. De l'herbe sur le toit, le crépis qui s'effrite, deux maisons grises et exiguës au-dessus d'autres toits tout aussi tristounets. Et pourtant...

Chacun à sa fenêtre, une femme et un homme se rencontrent. Elle est là depuis longtemps, toujours peut-être. Il vient d'arriver. Et la conversation s'installe, découverte, défis, sourires.

une femme et un homme

Format à l'italienne, reliure horizontale, voilà un album pas tout à fait comme les autres. Le dialogue entre la femme et l'homme, présenté au-dessus de l'image, flirte avec un surréalisme joyeux et tendre. Le texte de Grassa Toro est une joute tendre et amusée, une surenchère poétique.

- Qu'est-ce que vous mangez ?

- Des pêches, a-t-elle répondu.

- Entières ? s'est-il exclamé avec surprise.

- Non, seulement le noyau. Manger le reste, c'est facile. J'essaie d'éviter les situations faciles, a-t-elle prévenu.

une femme et un homme

Les collages facétieux d'Ana Yael ne se contentent pas d'illustrer le texte, ce serait trop facile, ils accompagnent le texte plus loin encore. Il n'y a rien à croire, rien à voir, il n'y a qu'à imaginer. Les maisons se transforment au gré de la conversation, profitent même de l'absence des protagonistes pour se parer d'atours végétaux spectaculaires.

Boire à même les nuages, user d'un mètre pliable pour évaluer la distance qui nous sépare de l'autre, descendre pieds nus dans la rue, se laisser porter par des oiseaux... Rien n'est trop beau pour enchanter cette rencontre.

Impossible de n'être pas ému par cette lecture, de ne pas béatement sourire en refermant ce livre.

Une femme et un homme

Grassa Tora & Ana Yael

L'atelier du poisson soluble

mars 2014

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ogre vole

Publié le par Za

L'ogre, c'est comme le loup. Incontournable. Quasi obligatoire. Encore que. Il doit y avoir moins d'ogres que de loups en ce monde de livres. La figure du loup, bien que menaçante, n'est pas dérangeante comme l'ogre. Le loup est aujourd'hui lointain, l'ogre l'est moins. Et même si le croque-mitaine est passé de mode, le personnage fait toujours frémir.

Des ogres, on en a croisé quelques-uns dans le Cabas, certains dans l'indispensable encyclopédie de Sylvie Chausse - illustrée par les non moins indispensables Durual et Turin, d'autres - et non des moindres - dans le conte délicat d'Albert Lemant...

 

ogre vole

Tout commence par un matin de neige et un ogre possiblement sympathique, bien que mal vu dans la région. Un matin de neige donc, de ceux qui vous donnent l'envie de crapahuter en forêt (enfin vous peut-être, moi toujours pas).

ogre vole

La nature vous fait parfois de drôles de cadeaux. En l'occurence, une belle paire d'ailes, prêtes à l'emploi, enthousiasmantes de nouveauté. Ogre vole !

ogre vole

Le texte de Rascal est d'une élégante sobriété, renvoyant cet ogre à celui des contes par une langue classique, sans effets.

Ogre battait à présent des deux ailes et volait comme un oiseau au-dessus de la campagne. Il pouvait aperceoir sa maison qui avait désormais la taille d'un briquet à pierre, le moulin du père Roland à peine plus haut qu'un pain de sucre, et la rivière gelée qui scintillait entre les vallons comme une couleuvre blanche. Ogre volait de plus en plus haut, et finit par traverser les larges nuages gonflés de neige.

Et qu'y trouve-t-il, dans cet au-delà des nuages d'hiver ? Une punition pour la noirceur de sa vie, la possibilité de changer d'existence, de se repentir, une vengeance ourdie depuis des années par ses victimes, un juste châtiment ? Eh bien, à vrai dire, chacun pourra y voir un peu de tout ça.

ogre vole

Le dessin d'Edith campe un ogre plutôt rigolard, qui, là aussi, laissera à chacun le loisir d'imaginer son ogre. Cette histoire d'ange étrange voletant au-dessus de l'hiver nous offre de grands aplats à peine mouchetés sur lesquels se détachent les bottes rouges, bottes de sept lieux bien inutiles à ces altitudes. Les visages d'enfants souriants seraient, eux, presque inquiétants de tant de similitude, avec leurs grands yeux noirs et leurs sourires à l'unisson.

Ogre vole est un conte merveilleux et subtil où j'aimerais finalement que les apparences soient trompeuses...

 

Ogre vole

Rascal & Edith

Pastel / L'école des loisirs

mars 2014

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les pigeons du Luxembourg

Publié le par Za

Et voilà qu'au détour d'un catalogue, je craque pour cette couverture.

les pigeons du Luxembourg

La tête des pigeons... Etonnés, apeurés, ahuris. Les pigeons du Luxembourg, qui plus est. Les pigeons parisiens donc, honnis, détestés, gavés, adorés. Coursés par une gamine aux cheveux jaunes, à la robe bleue. Le titre joue des boucles, sert de perchoir. Et de tout cela se dégage un charme délicat que la lecture ne fera que confirmer.

les pigeons du Luxembourg

Les cousins des champs rendent visite aux cousins des villes le temps du Salon de l'agriculture à Paris. Et, lorsqu'on est perdue sur le macadam, qu'est-ce qui ressemble plus à un pigeon qu'un autre pigeon, qu'est-ce qui est plus rassurant, plus familier que la bestiole qu'on a l'habitude de nourrir tous les jours ? Au jardin du Luxembourg, Manon découvre, joue et se lance avec les autres enfants dans une chasse au pigeon où sa débrouillardise fera des merveilles.

les pigeons du Luxembourg

Voici un album tout en sourires, une ligne claire de bon aloi d'où émergent les deux couleurs associées à la petite Manon, le gris des ailes des pigeons. Les illustrations d'Arthur Le Diouris soulignent le texte sans l'alourdir, esquissent les décors. Les enfants courent, les pigeons volent, on suit l'histoire à ras du sol ou du haut d'une branche. Pas de message à deux balles non plus : on est bien à la campagne, certes, mais rien ne dit que les pigeons sont malheureux à Paris. On change de vie le temps d'une découverte, on retourne chez soi, on reviendra sans doute. D'autant qu'un brin de magie s'est peut-être mêlé à la promenade...

Les pigeons du Luxembourg

Dorothée Noyon & Arthur Le Diouris

L'école des loisirs, mars 2014

 

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la pastèque

Publié le par Za

Aujourd'hui, focus sur une maison d'édition dont les publications m'enchantent, m'émeuvent, m'émerveillent, m'amusent - aucune mention inutile. La Pastèque a fêté l'an dernier ses 15 ans. Elle a reçu en mars dernier le BOP, Bologna Prize du meilleur éditeur jeunesse d'Amérique du Nord.

la pastèque

Dans cette livraison, ce ne sont pas moins de trois albums que je vous propose de glisser dans la valise de vos vacances.

la pastèque

J'aime particulièrement les gros livres cartonnés. C'est le pavé du tout petit, la mimine encombrée par une histoire longue, regorgeant d'images à explorer. C'est lourd, ça en impose, ça tient droit, ça résiste au vent, j'adore. Pas moins de dix-huit doubles pages, tout le temps pour poser tranquillement une fable futée. La rencontre entre du chat et de la chouette autour d'un panier de poissons apparemment inaccessible pour l'un et pour l'autre... La finesse et la ruse qui permettront à l'un des deux de s'emparer de cette pêche miraculeuse... Mais quel bonheur de lecture !  Le texte de Nadine Robert, auteur de l'irrésistible Joseph Fipps, est désarmant de clarté, de simplicité, et rend cette histoire accessible aux plus jeunes.

J'avoue avoir aussi un faible pour le travail de Christopher Duquet, l'art de feutrer la laine à l'aiguille - qu'il m'arrive de pratiquer parfois, avec infiniment moins de talent, l'art d'insuffler la vie à travers un sourcil relevé, une oreille en berne. Les décors minutieux de Brigitte Henry mettent une touche finale de fraicheur, de naïveté à cet album décidémment épatant.

 

la pastèque
la pastèque

La spécialité de M. Flux, c'est le changement, la transformation, la nouveauté. Tout le contraire de Martin qui voit d'un très mauvais oeil ce monsieur bouleverser sa vie et celle de son quartier. Martin est-il capable d'accepter de voir un peu de fantaisie débarquer dans sa très prévisible existence ? Les choses immuables n'ont-elles pas parfois des avantages ? Inspiré d'un mouvement artistique né au début des années soixante, le fluxus, cet album joue du paradoxe d'une jeunesse conformiste bousculée par un homme en costume strict, arborant monocle et col dur. Les illustrations de Matte Stephens penchent vers un vintage assumé, singulier qui rendent ce livre unique. Le texte de Kyo Maclear, auteur de Virginia Woolf, met en avant les détournements du quotidiens qui peuvent conduire vers de grands changements, avec bienveillance et fantaisie.

la pastèque

Tabarnak ! Quand on est français, cette exclamation est un genre de cliché qui trahit immédiatement le québécois. Mais nous sommes souvent dans la même situation que le jeune héros de Jacques Goldstyn.

la pastèque

C'est une enquête rigoureuse que vont mener les enfants, à la recherche de la signification de ce mot mystérieux, ce sacre, ce blasphème, témoin des maladresses et des emportements du père. Les suppositions ne manquent pas : bête préhistorique, maladie redoutable, dictateur cruel, tout y passe. Comment imaginer que le curé détient la réponse...

Les scènes dans l'église sont particulièrement savoureuses. Poussiéreuse, inquiétante malgré la bonhommie du prêtre, elle recelle une galerie réjouissante et horrifique de saints de tout poil, hérissés de flèches, la tête sous le bras.

Les personnages de Jacques Goldstyn - cousins du Petit Nicolas de Goscinny et Sempé - sont à la fois malicieux, attendrissants, infiniment drôles. Il faut scruter chaque détail, chaque mouvement pour se délecter de cette histoire linguistiquement québécoise certes, mais finalement joyeusement universelle.

la pastèque

Le Poisson frais

Nadine Robert, Brigitte Henry & Christopher Duquet

La Pastèque, janvier 2014

M. Flux

Kyo Maclear & Matte Stephens

La Pastèque, décembre 2013

Le petit Tabarnak

Jacques Goldstyn

La Pastèque, octobre 2013

Visitez le site de la Pastèque, suivez sa page Facebook.

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Zita, la fille de l'espace

Publié le par Za

Zita, la fille de l'espace

Que diriez-vous aujourd'hui d'une interview de fan ? Oui, Zita a ses fans. J'en ai rencontré un, par hasard. Il sortait de la salle de bain, le cheveu humide et hérissé et lorsque je lui ai proposé de nous parler de Zita, il m'a répondu très spontanément : "Ok m'man !" Il a cependant souhaiter garder l'anonymat. Nous l'appelleront simplement P.

Zita, la fille de l'espace

le Cabas de Za - Qu'est-ce qui t'a donné envie de lire cette BD ?

P - La couverture, avec Zita et les animaux bizarres autour d'elle.

lCdZ - L'épaisseur du livre - près de 200 pages - ne t'a pas rebuté ?

P - Au début un peu mais il n'y a pas trop à lire sur chaque page, et comme j'aimais l'histoire, j'ai continué.

lCdZ - Peux-tu nous raconter l'histoire ?

P. - Une petite fille, Zita, trouve une télécommande avec un bouton rouge. Elle appuie sur le bouton et un portail s'ouvre. Son ami Joseph est emporté dans un mode bizarre, sur une autre planète. Zita le suit. Elle va devenir une héroïne.

lCdZ - Zita mise à part, quel personnage as-tu préféré ?

P. - Mulot le rat. Il a un collier avec des fiches qui sortent quand il s'exprime. Dans le deuxième livre, la magicienne. Elle est drôle, mystérieuse.

lCdZ -Que penses-tu du style du dessin ?

P. - Les dessins m'ont tout de suite plus. Les décors sont un peu vides. Il n'y a pas trop de détails, c'est simple et facile à lire.

lCdZ - Habituellement, aimes-tu la science-fiction ?

P. - Oui, mais on peut aimer Zita quand même si on aime pas trop la science-fiction. Il y a beaucoup de robots dans cette BD. Dans le deuxième livre, il y en a un qui prend l'apparence et la place de Zita. Mais ils vont finir par coopérer. Dans le premier livre, les robots sont plutôt méchants, moins dans le deuxième.

Zita, la fille de l'espace

lCdZ - Comment trouves-tu le tome 2, par rapport au premier ?

P. Il est plus triste parce qu'elle a perdu la confiance de ses amis, sauf Mulot. L'histoire est plus intéressante, il y a davantage de personnages. J'ai beaucoup aimé le petit vaisseau qui est en réalité une créature vivante.

lCdZ - Penses-tu que Zita retournera chez elle ?

P. -  Non, parce qu'elle ne voudra pas quitter ses amis.

lCdZ - Le fait que l'héroïne soit une petite fille change-t-il quelque chose à l'histoire ?

P. - Rien du tout. Un garçon peut tout à fait imaginer être à sa place.

lCdZ - C'est quoi, pour toi, une héroïne ?

P. - C'est une fille rusée, courageuse, comme Zia (Les Cités d'or) ou Fifi Brindacier !

Tout ça pour vous dire que l'on attends le tome 3 avec impatience !

Zita la fille de l'espace

Ben Hatke

Rue de Sèvres

2013/2014

Zita, la fille de l'espace

Cet autoportrait de Ben Hatke est extrait de son blog.

Zita, la fille de l'espace

Retrouvez Zita au bord de la Mare aux mots et chez Leiloona, tome 1 & tome 2 !

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