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256 articles avec albums

la pastèque

Publié le par Za

Aujourd'hui, focus sur une maison d'édition dont les publications m'enchantent, m'émeuvent, m'émerveillent, m'amusent - aucune mention inutile. La Pastèque a fêté l'an dernier ses 15 ans. Elle a reçu en mars dernier le BOP, Bologna Prize du meilleur éditeur jeunesse d'Amérique du Nord.

la pastèque

Dans cette livraison, ce ne sont pas moins de trois albums que je vous propose de glisser dans la valise de vos vacances.

la pastèque

J'aime particulièrement les gros livres cartonnés. C'est le pavé du tout petit, la mimine encombrée par une histoire longue, regorgeant d'images à explorer. C'est lourd, ça en impose, ça tient droit, ça résiste au vent, j'adore. Pas moins de dix-huit doubles pages, tout le temps pour poser tranquillement une fable futée. La rencontre entre du chat et de la chouette autour d'un panier de poissons apparemment inaccessible pour l'un et pour l'autre... La finesse et la ruse qui permettront à l'un des deux de s'emparer de cette pêche miraculeuse... Mais quel bonheur de lecture !  Le texte de Nadine Robert, auteur de l'irrésistible Joseph Fipps, est désarmant de clarté, de simplicité, et rend cette histoire accessible aux plus jeunes.

J'avoue avoir aussi un faible pour le travail de Christopher Duquet, l'art de feutrer la laine à l'aiguille - qu'il m'arrive de pratiquer parfois, avec infiniment moins de talent, l'art d'insuffler la vie à travers un sourcil relevé, une oreille en berne. Les décors minutieux de Brigitte Henry mettent une touche finale de fraicheur, de naïveté à cet album décidémment épatant.

 

la pastèque
la pastèque

La spécialité de M. Flux, c'est le changement, la transformation, la nouveauté. Tout le contraire de Martin qui voit d'un très mauvais oeil ce monsieur bouleverser sa vie et celle de son quartier. Martin est-il capable d'accepter de voir un peu de fantaisie débarquer dans sa très prévisible existence ? Les choses immuables n'ont-elles pas parfois des avantages ? Inspiré d'un mouvement artistique né au début des années soixante, le fluxus, cet album joue du paradoxe d'une jeunesse conformiste bousculée par un homme en costume strict, arborant monocle et col dur. Les illustrations de Matte Stephens penchent vers un vintage assumé, singulier qui rendent ce livre unique. Le texte de Kyo Maclear, auteur de Virginia Woolf, met en avant les détournements du quotidiens qui peuvent conduire vers de grands changements, avec bienveillance et fantaisie.

la pastèque

Tabarnak ! Quand on est français, cette exclamation est un genre de cliché qui trahit immédiatement le québécois. Mais nous sommes souvent dans la même situation que le jeune héros de Jacques Goldstyn.

la pastèque

C'est une enquête rigoureuse que vont mener les enfants, à la recherche de la signification de ce mot mystérieux, ce sacre, ce blasphème, témoin des maladresses et des emportements du père. Les suppositions ne manquent pas : bête préhistorique, maladie redoutable, dictateur cruel, tout y passe. Comment imaginer que le curé détient la réponse...

Les scènes dans l'église sont particulièrement savoureuses. Poussiéreuse, inquiétante malgré la bonhommie du prêtre, elle recelle une galerie réjouissante et horrifique de saints de tout poil, hérissés de flèches, la tête sous le bras.

Les personnages de Jacques Goldstyn - cousins du Petit Nicolas de Goscinny et Sempé - sont à la fois malicieux, attendrissants, infiniment drôles. Il faut scruter chaque détail, chaque mouvement pour se délecter de cette histoire linguistiquement québécoise certes, mais finalement joyeusement universelle.

la pastèque

Le Poisson frais

Nadine Robert, Brigitte Henry & Christopher Duquet

La Pastèque, janvier 2014

M. Flux

Kyo Maclear & Matte Stephens

La Pastèque, décembre 2013

Le petit Tabarnak

Jacques Goldstyn

La Pastèque, octobre 2013

Visitez le site de la Pastèque, suivez sa page Facebook.

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Zita, la fille de l'espace

Publié le par Za

Zita, la fille de l'espace

Que diriez-vous aujourd'hui d'une interview de fan ? Oui, Zita a ses fans. J'en ai rencontré un, par hasard. Il sortait de la salle de bain, le cheveu humide et hérissé et lorsque je lui ai proposé de nous parler de Zita, il m'a répondu très spontanément : "Ok m'man !" Il a cependant souhaiter garder l'anonymat. Nous l'appelleront simplement P.

Zita, la fille de l'espace

le Cabas de Za - Qu'est-ce qui t'a donné envie de lire cette BD ?

P - La couverture, avec Zita et les animaux bizarres autour d'elle.

lCdZ - L'épaisseur du livre - près de 200 pages - ne t'a pas rebuté ?

P - Au début un peu mais il n'y a pas trop à lire sur chaque page, et comme j'aimais l'histoire, j'ai continué.

lCdZ - Peux-tu nous raconter l'histoire ?

P. - Une petite fille, Zita, trouve une télécommande avec un bouton rouge. Elle appuie sur le bouton et un portail s'ouvre. Son ami Joseph est emporté dans un mode bizarre, sur une autre planète. Zita le suit. Elle va devenir une héroïne.

lCdZ - Zita mise à part, quel personnage as-tu préféré ?

P. - Mulot le rat. Il a un collier avec des fiches qui sortent quand il s'exprime. Dans le deuxième livre, la magicienne. Elle est drôle, mystérieuse.

lCdZ -Que penses-tu du style du dessin ?

P. - Les dessins m'ont tout de suite plus. Les décors sont un peu vides. Il n'y a pas trop de détails, c'est simple et facile à lire.

lCdZ - Habituellement, aimes-tu la science-fiction ?

P. - Oui, mais on peut aimer Zita quand même si on aime pas trop la science-fiction. Il y a beaucoup de robots dans cette BD. Dans le deuxième livre, il y en a un qui prend l'apparence et la place de Zita. Mais ils vont finir par coopérer. Dans le premier livre, les robots sont plutôt méchants, moins dans le deuxième.

Zita, la fille de l'espace

lCdZ - Comment trouves-tu le tome 2, par rapport au premier ?

P. Il est plus triste parce qu'elle a perdu la confiance de ses amis, sauf Mulot. L'histoire est plus intéressante, il y a davantage de personnages. J'ai beaucoup aimé le petit vaisseau qui est en réalité une créature vivante.

lCdZ - Penses-tu que Zita retournera chez elle ?

P. -  Non, parce qu'elle ne voudra pas quitter ses amis.

lCdZ - Le fait que l'héroïne soit une petite fille change-t-il quelque chose à l'histoire ?

P. - Rien du tout. Un garçon peut tout à fait imaginer être à sa place.

lCdZ - C'est quoi, pour toi, une héroïne ?

P. - C'est une fille rusée, courageuse, comme Zia (Les Cités d'or) ou Fifi Brindacier !

Tout ça pour vous dire que l'on attends le tome 3 avec impatience !

Zita la fille de l'espace

Ben Hatke

Rue de Sèvres

2013/2014

Zita, la fille de l'espace

Cet autoportrait de Ben Hatke est extrait de son blog.

Zita, la fille de l'espace

Retrouvez Zita au bord de la Mare aux mots et chez Leiloona, tome 1 & tome 2 !

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Lucie Vandevelde

Publié le par Za

Lucie Vandevelde
Lucie Vandevelde

Des fleurs, la lune, une fenêtre, des arbres, un jardin, des poissons, des couleurs qui s’entrechoquent, tel est l’univers joyeux que Lucie Vandevelde nous offre. J’avoue qu’il a fallu qu’elle y ajoute la possibilité de deux ou trois dragons pour que je me dise qu’on tenait là une illustratrice à ne pas manquer !  J’en entends qui soupirent… « Ah ben, quand même ! » « Il était temps ! » Je répare donc aujourd’hui ma bévue (et cite soigneusement leurs chroniques en fin d’article).

Lucie Vandevelde, donc, qui a accepté de répondre à quelques questions et m'a confié images et photos.

La nouvelle de la jungle. Octobre 2013

La nouvelle de la jungle. Octobre 2013

Le jardin des secrets

Des mots à ne savoir qu’en faire, des mots qu’on ne dit pas : des secrets. Autant les planter pour qu’ils poussent en un jardin. Un jardin secret ? Mais cette année, la récolte est mauvaise, les fleurs de secrets manquent à l’appel. Les dessins de Lucie Vandevelde avancent sans se pousser du coude, discrètement, sans esbroufe. Et pourtant, les couleurs explosent, les motifs jouent de l’accumulation, on en prend plein les yeux. Il y a des transparences légères, des brins d’herbes où pointent des cartes routières, des découpages sans fin, et des couleurs, des couleurs, des couleurs…

Dans cet album, vous avez créé un univers résolument optimiste, débordant de vie. Aimeriez-vous, un jour, illustrer une histoire triste ?

Cette question me fait sourire !

Le Jardin des Secrets aurait pu être abordé graphiquement avec des couleurs en demi-teintes, des ambiances fanées, duveteuses ou cotonneuses. Le thème du secret aurait été abordé avec un parti pris graphique différent et un autre regard sur ce thème serait né.

Si demain, j’étais amené à illustrer une histoire triste, je l’aborderai peut être avec la volonté d’en faire quelque chose de vif, de cru, de coloré… Parce que le tragique ne se vit pas seulement en noir et gris !

Illustration extraite de l’album Le Jardin des secrets

Illustration extraite de l’album Le Jardin des secrets

Il émane de votre travail une grande liberté, une absence de préjugé sur ce qu’est une illustration. L’abondance des techniques utilisées sur une même page est un véritable tour de force. Comment conserver une identité graphique forte, une telle cohérence en s’aventurant dans autant de directions à la fois ?

Je pense qu’il y a plusieurs éléments de réponse à cette grande question…

D’abord, mon parcours. Je ne suis pas issue d’une école d’Arts Appliqués. J’ai fait une école de photographie en abordant l’image dans un premier temps avec un regard photographique. Ensuite je suis rentrée au Beaux Arts et j’ai abordé cette fois l’image avec un regard de plasticienne. C’est certainement de là que vient cette liberté dans la création d’une image. Et du fait aussi de ne pas avoir été « formatée » par une école mais au contraire, d’avoir réalisée ma propre école et puisé dans des branches artistiques autre que l’illustration.

Aujourd’hui, la création avec pour médium l’illustration s’appuie sur une démarche artistique qui va au delà d’illustrer simplement un livre. Et c’est certainement cela qui me permet de naviguer graphiquement en des mers inconnues !

Je compare souvent l’Univers graphique à un dictionnaire. Plus il y a de mots dans le dictionnaire, plus il y a d’éléments pour créer et imaginer des phrases, puis des histoires.

C’est pareil pour l’Univers graphique. Plus nous avons de vocabulaire graphique, plus le créatif peut s’amuser à emprunter des chemins nouveaux pour composer, aménager, associer, peindre, coloriser… créer.

Quelle place tient la palette graphique dans votre travail ?

Une grande place. La palette graphique est une technique au même titre que l’aquarelle ou le collage. C’est un outil qui ouvre des perspectives incroyables. Il m’arrive de réaliser des illustrations entièrement en infographie à la palette graphique. Cependant, j’aime tellement jouer avec la matière que j’utilise en général autant mes pinceaux et mes crayons de couleur que la palette, avec une étape de scannage entre bien sûr !

Illustration réalisée entièrement à la palette graphique

Illustration réalisée entièrement à la palette graphique

Comment la couleur arrive-t-elle ? Comment passez-vous du crayonné à l’image en couleur ?

La couleur, c’est magique !

J’adore travailler les ambiances colorées, jouer avec les couleurs complémentaires, les contrastes…

La couleur arrive de manière assez spontanée et naturelle. Après le crayonné, j’encre mon image à l’encre de chine puis je commence par coloriser les fonds pour poser l’ambiance colorée et je viens jouer ensuite sur les contrastes en colorisant le reste de l’image.

Dans mes rêves

Tout est dit dans le titre de cet album délicieusement paradoxal. Dès la première page, dès les premières lignes :

Voilà le soir…

J’éteins la lumière…

Mes pensées s’illuminent dans le noir.

De ce tourbillon de lumière nocturne, concentré dans une accumulation végétale ou même les immeubles ont des airs de jardins, de ces images souriantes se dégage une impression de fragilité : deux longs bras levés avant un plongeon, deux jambes malingres rayées de rouge en équilibre sur une échelle… Chaque page traduit exactement l’exubérance du rêve qui pourtant ne tient qu’à un fil.

Dans mes rêves est un de ces albums d’impressions qui avancent d’un sentiment à l’autre, de ces textes suffisamment allusifs qui laissent une liberté totale à l’illustrateur.

Comment avez-vous travaillé avec Juliette Parachini ? Ce fut un aller simple ou des aller-retours ?

Il n’y a pas vraiment eu d’aller-retour. Juliette Parachnini a écrit cette histoire en s’inspirant de mon univers graphique. Ensuite elle m’a soumis son texte qui forcément m’allait comme un gant !

Et j’ai illustré cette histoire comme un poisson dans l’eau du début à la fin !  En gardant les pieds dans les étoiles bien sûr !

Illustration extraite de l’album Dans mes Rêves

Illustration extraite de l’album Dans mes Rêves

Auriez-vous envie d’être un jour seule aux manettes, texte et illustrations ?

Eh eh ! Je le suis déjà depuis quelques années !

Car je fabrique des Livres-Objets ou je suis à la plume et aux pinceaux. Ils me servent de base pédagogique pour les ateliers graphiques que j’anime auprès des enfants.

Livre-Objet Plic ploc Arthur et la pluie

Livre-Objet Plic ploc Arthur et la pluie

Intervention en crèche dans le cadre du Salon de La 25ème Heure du Livre 2012 avec le Livre-Objet Plic Ploc Arthur et la pluie.

Intervention en crèche dans le cadre du Salon de La 25ème Heure du Livre 2012 avec le Livre-Objet Plic Ploc Arthur et la pluie.

Puis, il y a un an, cela a donné naissance à une commande de mon éditrice Angéline Chusseau. Angéline m’a demandé si j’avais envie de prendre la plume et d’écrire une histoire avec pour thème La mer. C’est ainsi qu’a commencé l’aventure de mon prochain album à paraître, Les Trois Dragons.

Mais, je ne suis pas toute seule dans le vaisseau spatial de la création ! Car lorsque l’on travaille avec un éditeur, on est deux. Et il est important de s’entourer de regards extérieurs pro pour éviter de s’enfermer. Finalement 3 personnes ont œuvré dans l’ombre à la création de cet album à paraître.

Une petite équipe bien affûtée pour m’épauler et me guider dans cette aventure livresque. Une éditrice de choc, une directrice éditoriale qui m’a guidée pour la partie littéraire et 1 directeur artistique qui m’a épaulée pour la partie graphique.

Vous réalisez parfois, lors d’ateliers ou de salons, de très grands formats, d’immenses coloriages. Comment les enfants réagissent-ils à cette immersion ?

Il n’y a pas que les enfants qui réagissent ! héhéhé

Les coloriages géants sont de véritables graines à faire pousser l’imaginaire et développer l’envie de faire. Chaque coloriage est une illustration géante originale.

C’est une œuvre à mille et une mains ! Je m’explique…

Il y a la première partie ou les enfants me regardent dessiner et voient naître sous leurs yeux une illustration… mais qui n’est pas fini !

Cette illustration est remise aux enfants pour qu’il la termine en colorisant… Cela devient une œuvre participative où chacun peut laisser sa trace, son empreinte sur un temps déterminé. D’ailleurs, après avoir mis en couleur, beaucoup d’enfants signent avec leur nom et prénom !

Coloriage géant au Salon du Livre de Montaigu 2014

Coloriage géant au Salon du Livre de Montaigu 2014

Coloriage géant au Salon du Livre de Montaigu 2014

Coloriage géant au Salon du Livre de Montaigu 2014

Coloriage géant au Salon du Livre de Montaigu 2014

Coloriage géant au Salon du Livre de Montaigu 2014

Votre travail est multiple, vos dessins se déclinent en création à suspendre, luminaires, mail-art… Quelle est la place de l’édition dans  votre démarche ?

L’édition jeunesse, c’est venir chatouiller et arroser l’imaginaire des enfants. C’est communiquer et échanger par le biais de la création avec un public doté d’une grande liberté de penser, de créer et d’imaginer. Chose que l’on perd un peu, puis beaucoup en devenant adulte. A l’heure où notre monde marche sur la tête, où l’humain devient produit et tant d’autres choses étriquées, il me semble important de semer des petites graines de fantaisie, de magie, de rêves et d’impossibles auprès des enfants qui seront les adultes de demain. Et peut être que ces adultes de demain imagineront un impossible qui deviendra possible. En cela, l’édition jeunesse devient un vecteur très intéressant, intrinsèque à ma démarche artistique.

Le Magicien amoureux

Le Magicien amoureux

Ce n’est pas un secret, votre prochain album à paraitre en septembre aux éditions des Minots est une histoire de dragons. Pouvez-vous lever un coin du rideau ?

Eh bien, j’ai déjà levé un petit coin du rideau dans une des questions précédentes ! Les Trois Dragons, c’est déjà une sacrée aventure graphique, littéraire et éditoriale  dans sa création. J’ai écrit cette histoire il y a un an sur la grand plage de Dunkerque. Avec dans ma marmite : une grande fiole de concentré pure confiance de mon éditrice Angéline, une bouteille remplie d’eau de mer des plus purs des océans, 3 grandes cuillères à soupe d’imagination, 2 petites cuillères de grains de sable et 1 pincée de vent du Nord.

Cela donne au menu, un conte contemporain avec son coulis de dragon de mer accompagné d‘une ratatouille d’aventure à l’eau salée !

Extrait de l’album Les Trois Dragons à paraître en septembre aux éditions Les Minots

Extrait de l’album Les Trois Dragons à paraître en septembre aux éditions Les Minots

Extrait de l’album Les Trois Dragons à paraître en septembre aux éditions Les Minots

Extrait de l’album Les Trois Dragons à paraître en septembre aux éditions Les Minots

Merci Lucie !

Le jardin des secrets

Marie-Hélène Lafond & Lucie Vandevelde

éditions Les Minots,

 

Dans mes rêves

Juliette Parachini-Deny & Lucie Vandevelde

éditions Les Minots, août 2013

 

D'autres avant moi ont parlé de Lucie Vandevelde...

... une interview d'abord, par la Mare aux mots

Et puis deux articles de Drawoua - Maman Baobab...

... Dans mes rêves  et  Le jardin des secrets

Et n'oublions pas le blog de Lucie Vandevelde !

 

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Votez Victorine

Publié le par Za

La nudité dans l'Art est bien souvent une découverte joyeuse pour les enfants. On rigole, on pouffe, on s'interroge. Et jamais, ou presque, on ne se scandalise. Exemple à suivre.

Votez Victorine
Votez Victorine

Et pourquoi la dame elle est toute nue et les messieurs ils sont habillés ?

Que celui qui ne s'est jamais posé cette question naïve mais essentielle me jette la première pierre. Eh bien sachez d'abord que la dame en question se nomme Victorine et que si elle est nue, c'est qu'il y a une bonne raison. Une raison toute bête, évidente. Victorine, débarassée de ses vêtements, est victime le même jour d'une mauvaise farce. Etre nue dans la nature peut être agréable, mais se faire voler ses vêtements est moins amusant. Elle va devoir se débrouiller pour se vêtir décemment, et d'une aventure à l'autre, son destin en sera bouleversé.

Les papiers découpés de Claire Cantais s'imbriquent savamment aux tableaux du Musée d'Orsay qui servent d'écrin à l'aventure de Victorine. Sans chercher à se cacher, ils prolongent les oeuvres de Manet, Seurat Monet, Courbet... , jouant le décalage avec humour. Ils insufflent un vent de folie dans ces images qui s'en retrouvent franchement décoiffées.

Votez Victorine

Mais si ce n'était que cela ! N'allez pas croire que ce livre se résume à une balade fesses à l'air dans les couloirs de la peinture du 19ème siècle. Ce serait trop simple. La rencontre avec une femme clown n'apportera pas à Victorine que les vêtements recherchés. Elle lui ouvre les yeux sur sa condition.

"Alors, je résume : je dois te prêter une robe pour aller à un bal ennuyeux, retrouver des cousins crétins, des parents étouffants et rencontrer un fiancé que tu ne veux pas épouser... En gros, tu attends de moi que je t'offre un collier, une laisse et une muselière, c'est ça ?"

Franchement, je la trouve nettement plus efficace que la marraine de Cendrillon, non ? Et comme l'habit fait le moine, Victorine apprends à user du costume pour accéder au sommet des fonctions républicaines, en faisant exploser au passage les conventions de son époque.

Votez Victorine

Sans jamais céder à la moindre tentation de pédagogie, Votez Victorine est un album tout à fait épatant par sa forme et franchement indispensable sur le fond.

Votez Victorine

Claire Cantais

L'atelier du poisson soluble & le Musée d'Orsay

novembre 2013

 

En janvier dernier, l'Atelier du poisson soluble co-éditait un autre album avec le Musée d'Orsay : l'épantantissime Gustave dort d'Albert Lemant.

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l'oeuf

Publié le par Za

Album à 4 mains, chronique à 4 mains. Aujourd'hui, je co-billète avec Pépita de Méli-Mélo de livres, une dame épatante que j'ai croisée à l'Ombre d'un grand arbre. A l'occasion du concours de son bloganniversaire, j'ai eu la chance de gagner un album, un bel album qu'elle a choisi exprès pour moi, sûre que je l'aimerais. Nous avons donc eu une converation à propos de ce livre - les mots de Pépita sont en italique.

l'oeuf

Quelle a été ta première impression en découvrant cet album ?

La couverture pose d’emblée une histoire, ou plutôt induit le lecteur vers l’histoire d’un couple d’oiseaux amoureux qui va avoir un œuf, comme on va avoir un bébé.

Je trouve la première de couverture et l'histoire que cet album raconte pleines d'infinie tendresse. Est-ce aussi ton ressenti ? Tu peux nous en dévoiler les éléments ?

Il y a en effet beaucoup de délicatesse dans cet album. Les deux personnages se couvrent d’attentions tendres, comme s’ils ne couvaient pas seulement l’œuf mais se couvaient l’un l’autre. Lorsque l’œuf parait, leur vie quotidienne ne tourne plus qu’autour de lui, il est le centre.

Comment as-tu trouvé les illustrations sous forme de collages, notamment l'anthropomorphisme ? Je trouve les attitudes des deux oiseaux sublimes dans leur grâce !

J’ai beaucoup aimé le travail d’Anna Sommer, une virtuose du papier découpé. Il y a dans cet album en particulier un sentiment de fragilité permanent, d’abord dans l’idée de l’œuf, objet fragile. Et puis il y a aussi parfois de légères transparences dans le papier. Les têtes d’oiseaux, directement collées sur des corps humains donnent une impression d’étrangeté qui court tout au long de l’album. Les expressions des « visages » tiennent à si peu de choses si on y regarde de près : des larmes, des reflets dans l’œil, une légère ouverture du bec et tout est dit, c’est du grand art.

 

l'oeuf

Les illustrations ont été réalisées à 4 mains (par Anna Sommer et Noyau). En arrière-plan, Noyau a placé des petits tableaux avec des petites saynètes. As-tu réussi à voir ce qu'ils voulaient dire ? - moi, pas du tout !

Je les ai tout de suite repérés et j’y suis retournée plusieurs fois depuis. Ce qui est singulier, c’est déjà ce travail à 4 mains entre les deux illustrateurs : l’un au premier plan avec les papiers découpés, l’autre en filigrane avec les tableaux peints. On y découvre l’histoire d’un couple humain traité comme des oiseaux. Alors qu’au premier plan, un couple d’oiseaux humanisé est vu dans un environnement humain, dans ces tableaux, un couple humain vit  sur une branche, vole – c’est d’ailleurs la femme qui apprend à l’homme à voler. Ils s’installent dans un nichoir qui va être détruit par l’intervention d’un bûcheron abattant l’arbre qui leur sert de refuge. L’anthropomorphisme est un ressort très courant en littérature de jeunesse, l’inverse l’est beaucoup moins et c’est ce qui fait qu’au premier abord, cette histoire parallèle est franchement étrange.

Personnellement, j’ai eu beaucoup de mal à saisir le sens de ces saynètes et je te remercie de ton analyse qui éclaire ma lanterne. A vrai dire, j’ai été happée par cette histoire, par ce qui se jouait là dans ce couple d’oiseaux. Cette tendresse, cette délicatesse entre eux comme vis-à-vis de l’œuf.  Cela m’a presque gênée ces tableaux, ça m’a brouillé le message en quelque sorte. Du coup, je les ai pratiquement occultés ou plutôt, je n’ai pas vraiment cherché à comprendre leur sens. Ils ajoutent une réelle complexité à la compréhension de cet album. En plus, c’est tellement petit et pas très beau esthétiquement parlant.

A première lecture, ces petits tableaux m’ont totalement parasitée - mais dans le bon sens du terme. J’ai lâché l’histoire principale pour les suivre. Ils ont un côté brut, cru.

l'oeuf

Je vois pour ma part dans la fin deux interprétations possibles : est-ce aussi ton cas ? (mon cœur balance pour l'une d'elles tout de même...)

Je n’ai pas un instant interprété l’attente autour de l’œuf comme une histoire traitant de la grossesse. Même si on ne voit pas l’oisillon, il est là, comme un bébé déjà venu au monde, puisqu’il est différent de sa mère, corporellement humaine. D’ailleurs, la mère le confie au père pour aller au cinéma avec ses amies. Il est un enfant pour lequel on s’inquiète, dont on prend soin pour qu’il parte un jour – et non pas jusqu’à ce qu’il parte. Les soins et l’attention qu’on lui apporte ne sont là que dans ce but final, son départ du nid. Ce qui est déroutant dans L’œuf, c’est qu’à aucun moment, on ne voit l’oisillon. Une fois envolé – disparu plutôt, il se fond anonymement dans la foule des autres oisillons. Rien ne le distingue d’eux, comme s’il n’avait jamais appartenu vraiment à ses parents.

Alors, ton cœur balançait-il aussi pour cette interprétation ?

Non, du coup, cela m’en fait une troisième !

A ma première lecture, j’y ai vu le deuil, la perte d’un enfant. Puis, non, j’ai recommencé ma lecture et là, j’y ai vu l’attente d’un enfant et son envol dans la vie. Ce pour quoi sont faits les enfants et les parents. J’ai pensé à un moment donné à l’adoption et puis non. Je préfère la deuxième ; mais j’aime beaucoup la tienne ! Et le fait qu’on ne voit pas l’oisillon ne m’a pas dérangée. C’est de l’ordre de la métaphore cette histoire. Ce que je retiens par-dessus tout, c’est la force de l’amour.

A aucun moment je n’ai pensé que l’oisillon pouvait être mort. Mais le fait qu’on ne le voit jamais porte en effet à toutes les interprétations. Les interprétations adultes, en tout cas.

Toi qui côtoie des enfants de par ton métier, penses-tu que cet album soit accessible pour aborder les sentiments liés à l'attente d'un enfant ? 

Je ne crois pas que je l’utiliserais dans ce but, d’autant que, comme je l’ai dit plus haut, ce n’est pas ce que je vois dans ce livre. Et puis je n’aborde jamais les albums – ou romans – dans l’idée d’aborder tel ou tel thème. Mais c’est un autre débat.

En revanche, je me suis demandé comment les enfants pourraient le recevoir. Qu’en penses-tu ?

Je me la suis posée aussi cette question et en fait, c’est le sens de ma question ! Il n’est pas si évident à comprendre cet album. Mais je me dis qu’on peut faire confiance aux enfants, ils voient souvent des choses que nous ne voyons pas, et ils prennent ce dont ils ont besoin à ce moment de leur lecture. Un album aussi qui peut être sujet à des échanges intéressants avec eux.

Connais-tu ces illustrateurs ? (moi, pas du tout !)

Ce que j’ai vu de leurs travaux respectifs ne semble pas habituellement tourné vers la jeunesse. Ils ont des univers très forts et je trouve que ce qu’ils nous offrent ici est vraiment passionnant. J’aime énormément le charme un peu suranné qui se dégage des illustrations d’Anna Sommer, notamment par les imprimés des papiers peints et des vêtements. Les prénoms des personnages – Robert et Colette - nous renvoient aussi à une autre époque.  

Ton mot de la fin ?

La richesse de ce livre, c’est qu’il est à la fois un album pour enfant et un album pour adulte. Ce que tout bon album devrait être. Chacun trouvera, j’espère, son compte dans cette histoire.

Un album déroutant mais passionnant pour reprendre ton terme plus haut. Il fait beaucoup réfléchir et il renvoie à beaucoup de questionnements. Il est aussi très beau (mis à part les saynètes dans les tableaux, désolée, je n’ai pas accroché !) et je ne me suis pas trompée, je savais qu’il t’interpellerait. Il correspond bien à la ligne éditoriale du cabas de Za, ton blog !

L'oeuf

Anna Sommer et Noyau

Actes Sud BD, janvier 2014

Si vous avez envie d'aller plus loin, je vous conseille l'article de la Soupe de l'Espace, qui m'avait mis la puce à l'oreille, celui de Soizic de la librairie Pages d'encre qui m'avait mis l'eau à la bouche, et la page que l'éditeur consacre à l'album.

Et puis, évidemment, le site d'Anna Sommer.

Merci Pépita !

Son article est par ici.

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chouchou wi gum

Publié le par Za

C'est par cette approximation délicieuse que cet album est connu chez nous.

chouchou wi gum

Un livre-CD de comptines anglaises malicieusement illustrées par Sally Gardner où l'on retrouve tous les classiques, Tommy Thumb, The grand old Duke of York, Incy Wicy pider, The wheels on the bus... Et surtout, le morceau d'ouverture du disque,  Down by the station, qui se termine sur ses mots : "Chug, chug, chug and off we go", devenu "chouchou wi gum" dans la bouche de Petitou.

Les illustrations suivent le texte fidèlement, restituent l'ambiance de la comptine avec douceur et naïveté.

chouchou wi gum
chouchou wi gum

L'enregistrement qui accompagne l'album est lui aussi une réussite totale. Des arrangements sans effets superflus, deux chanteuses extrêmement justes, élégantes et jamais mièvres. J'ai pu / j'ai dû écouter ces chansons des centaines de fois dans la voiture, à la maison, sans jamais m'en lasser, c'est vous dire !

Voici donc un album qui nous accompagne fidèlement depuis des années, sans jamais nous avoir trahi.
Et ce n'est pas rien.

Pour en écouter des extraits, c'est par ici, sur le site d'Orion.

 

Playtime Rhymes

illustré par Sally Gardner

interprété par Angela Dijksman & Heather Chivers

Orion's Book Publisher, 1996

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Lotte

Publié le par Za

Allez,

hop,

zou,

c'est comme ça,

Lotte

c'est le résultat d'une explosion occulaire,

d'un enthousiasme visuel,

appelez ça comme vous voulez.

Lotte

Ce sourire, ce visage ! Si la couverture vous interpelle, la suite vous enchantera. Je suis emballée, ça se sent ? Cet album, c'est du mouvement, de la lumière, de la joie.

Je voudrais commencer petit, par un détail, une merveille de cabane...

Lotte

Lotte vit dans la jungle avec ses parents. Une vie libre, sauvage presque, au plus près de la nature, immergée dedans au point de nouer des amitiés confiantes avec des animaux magnifiques quoique vaguement inquiétants parfois. C'est une enfance de rêve qui ouvre ce livre, à courir pieds nus, danser, voler presque. Et l'image suit l'enthousiasme contagieux de Lotte, au point de couper le souffle. L'évocation de Stravinsky et de son oiseau de feu n'est pas superflue...

Lotte

Un style graphique unique, cette Audrey Spiry ! Une manière de se jouer des couleurs, de les empoigner pour les balancer là avec un art consommé du fouillis qui en jette. Il faut dire que la jungle, c'est plutôt inspirant. Imaginez un album sobre, minimaliste, qui se passerait dans la jungle... On est d'accord que ça ne voudrait rien dire.

Lotte

Le texte de Sandrine Bonini, à la première personne, donne voix à la fille pirate, exprime ses sentiments intransigeants et purs. Pas de concessions. Elles est seule enfant de son royaume.

Moi, depuis que je suis petite, je m'entraine à vivre et à parler avec la forêt tout entière ! Je connais son immensité et ses moindres recoins dans lesquels je joue à me perdre.

Au point de refuser la compagnie d'autres humains et d'affronter la solitude et le danger. Lotte est de la famille d'Hukleberry Finn, de Fifi Brindacier, de ces enfants qui n'ont aucun besoin d'adulte pour vivre, dont la liberté est le bien le plus précieux.

Lotte fille pirate est un album fracassant, déboussolant !

Lotte fille pirate

Sandrine Bonini & Audrey Spiry

Sarbacane, mai 2014

 

Il n'y a pas que moi qui aime Lotte, elle fait aussi craquer la crème de la crème de la librairie : Jean de la Soupe de l'espace, Soizic de la librairie Pages d'encre à Amiens (une merveille de librairie) et Gaëlle de Marseille !

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les 4 saisons de la famille Souris

Publié le par Za

Je veux bien parler des albums jeunesse plus ou moins sérieusement. Je veux bien disséquer quelques textes, dépiauter des images. Mais la famille Souris, c'est pas pareil.

les 4 saisons de la famille Souris

Je ne lis pas la famille Souris, j' y plonge, je m'y promène. Je ne lis pas la famille Souris, je m'en régale.

Les 4 saisons de la famille Souris est la réédition en un gros albums de 141 pages de quatre histoires parues en France entre 1985 et 1988 - à une époque où, malheureuse, je ne connaissais pas la famille Souris.

les 4 saisons de la famille Souris

Lire les albums de Kazuo Iwamura, c'est s'immerger au ras du sol, jamais très haut, dans des doubles pages aquarellées avec génie où grouillent dix souriceaux, leurs parents et grands-parents, au milieu d'une nature bienveillante qui leur offre le gîte et le couvert. J'imagine tout ce qu'il peut y avoir du Japon dans ces albums, tout ce que les amoureux du Japon peuvent y voir.

Dans le premier volume, au terme d'un voyage périlleux, les 14 membres de la famille trouvent l'arbre qui va devenir leur maison. Et quelle maison : douillette, eau courante, et une table accueillante autour de laquelle se réunissent les trois générations qui cohabitent sous ce même toit.

Je veux la même maison.

Chaque image fourmille de détails finalement réalistes qui restituent une vie douce et sereine où l'on s'entraide, où l'on se respecte, où chacun adhère aux projets sans trop râler. Sans râler du tout même.

les 4 saisons de la famille Souris

Dans les albums de la famille Souris, il y a toujours un moment où on se met à table. Pique-nique ou dîner près du poêle, tout le monde à toujours l'air de se régaler. Je veux aller manger là-bas. Mais ce n'est pas tout.

Je veux aller dormir dans la maison de la famille Souris, bien au chaud dans un de ces lits forcément douillets.

les 4 saisons de la famille Souris

Alors évidemment, on pourrait émettre quelques réserves sur cette famille idéale et plan-plan dans laquelle aucun rebelle ne vient troubler une harmonie huilée à la perfection par des parents bienveillants qui font régner l'ordre sans lever la patte ni la voix.

On pourrait.
Mais ce serait me déranger de ma lecture. Alors, on évitera. Merci.

 

Les 4 saisons de la famille Souris

Kazuo Iwamura

L'école des loisirs, 2013

Je vous conseillede lire cet article passionnant signé Christophe Meunier, Espace et spatialité chez Kazuo Iwamura, qui m'a laissée sur le flanc devant tant de richesses à découvrir entre les traits du maître.

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gustave

Publié le par Za

gustave

Un souriceau se morfond dans la nuit. Il est seul. Il a perdu Gustave, dévoré par le chat après une poursuite dans les rues noires. Gustave l'a sauvé. Il doit maintenant rentrer chez lui, expliquer à sa mère l'absence de son compagnon, sacrifié pour n'avoir pas écouté les conseils de prudence.

Ce que j'ai à dire sur cet album fort et sombre - que j'ai beaucoup aimé - tient à son dénouement, à l'objet de la tristesse du premier souriceau, dont on ne connaitra jamais le nom. Je ne saurais trop vous en conseiller la lecture, tout en vous recommandant d'épargner peut-être les très jeunes âmes sensibles.

Cependant, si vous voulez garder la surprise de la fin de l'histoire, éloignez-vous de ce Cabas sur le champ ! Parce que ce que j'ai à dire de ce livre tient de la compréhension qu'un adulte peut en avoir, des interrogations qu'il suscitera peut-être chez lui. J'avoue que ça m'ennuie un peu de dévoiler ce qui pourrait être une surprise, mais si on se dit que ce blog peut parfois avoir valeur de conseil de lecture, c'est toujours bien de lire un ouvrage jusqu'au bout avant de le proposer à des enfants. Et si le Cabas se voulait un espace de critique - comme je me la raconte ! - alors le texte, les images sont à analyser jusqu'à la dernière page.

Bon, j'y vais, vous êtes prévenus.

gustave

L'angoisse qui sourd de cet album tient des images. Le texte de Rémy Simard, magnifique de simplicité, distille juste ce qu'il faut pour que nous n'ayons aucun doute sur ce qui s'est vraiment passé. Le souriceau a perdu son frère. Son frère jumeau, l'image l'atteste.Quel autre évènement le plongerait dans un tel désarroi ? Et cette idée s'installe jusqu'au dernier quart du livre. Les deux imprudents ont bravé le chat, mal leur en a pris. Et leur punition est bien terrible.

gustave

Le grand Pierre Pratt traduit cette culpabilité par des images dans lesquelles la matière est palpable, gravée, grattée, laissant apparaitre le noir en dessous et non l'inverse. La ville qui en est le décor est hostile, trop grande. Et rien n'est fait pour que le lecteur ait le moindre doute, il lui faudra revenir en arrière pour comprendre ce qui s'est réellement passé, qui a été perdu.  A aucun moment, Rémy Simard et Pierre Pratt ne cèdent à la facilité de tirer cette histoire vers des rivages rassurants, si ce n'est à la fin, où le rôle de la mère souris s'impose dans la simplicité, où elle dénoue le drame presque comme si de rien n'était.

gustave

Car le souriceau a perdu son doudou dont il avait fait un frère, un semblable. Je ne sais trop comment un enfant en âge d'avoir un doudou peut recevoir cette histoire. Mon cobaye personnel est trop âgé pour me répondre - bien qu'étant encore vaguement accro au bazar. J'avoue, j'ai versé dans la sanctification du doudou, même si, comme la mère du souriceau, j'en ai toujours eu en réserve au cas où on le perdrait, et surtout j'avoue, pour pouvoir le laver régulièrement. Mais je me suis demandée si je n'en faisait pas un peu trop avec ce bout de tissu puant. N'aurais-je pas dû le considérer purement et simplement de mes yeux d'adulte, permettant ainsi à Petitou de s'en détacher, d'en relativiser la préciosité. Car lorsque la mère du souriceau dégaine un pareil que Gustave, baptisé Harry, son petit y voit vite un autre Gustave, à nouveau un autre lui-même.

gustave

Gustave

Rémy Simard & Pierre Pratt

Les éditions de la Pastèque, 2013

 

Pour avoir une idée du grand talent de Pierre Pratt, visitez son site.

Sur Gustave, lisez aussi l'avis de Gabriel de la Mare aux mots.

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aujourd'hui, c'est librairie !

Publié le par Za

et donc...

et donc...

aujourd'hui, c'est librairie !

Un abécédaire design-é par Christian Lacroix, 23 textes, dont, ô joie !, une page de Pierre Bergounioux !

Mais tant qu'à aller rendre visite à sa librairie du coin...

Un album vintage magnifique, un coup de foudre !

Un album vintage magnifique, un coup de foudre !

Et aussi un petite commande, dont voici une image...

Deux belle chroniques en vue !

Deux belle chroniques en vue !

Décidément...

aujourd'hui, c'est librairie !

Publié dans albums, in my heart

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