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263 articles avec albums

je suis le chien qui court

Publié le par Za

Je suis celui qui prend la nuit à rebrousse-poil.

je suis le chien qui court

Un album comme un geste poétique. Un album enveloppant où deux matières, deux techniques se côtoient, plume et huile. Les traits par milliers donnent des airs de gravures à la ville, à la route, au bord de mer. Le crépuscule est noir et blanc. Le chien est dense, flamboyant. Et il court. En chemin, les animaux s'effraient, lui emboîtent parfois le pas. La chouette l'accompagne. Ils se hâtent vers la nuit qui tombe, vers le blockhaus planté sur la plage où l'enfant attend. A eux trois, ils redonnent avec confiance des couleurs à la nuit, une nuit qui n'a plus rien d'effrayant.

je suis le chien qui court
je suis le chien qui court

Les images de Marc Daniau frappent par leur singularité, leur mouvement permanent. Le texte est sobre, minimal, haletant. Il traduit les pensées de celui qui est tour à tour le chien, l'oiseau et l'enfant, de ces personnages virevoltants, vivants. Je suis le chien qui court est un album envoûtant, sans concession.

Je suis le chien qui court

Marc Daniau

Seuil Jeunesse, 2013

 

Marc Daniau est l'illustrateur de Tous à poil !

Vous pouvez admirer son travail sur son site.

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le château des étoiles

Publié le par Za

le château des étoiles

C'est tout d'abord l'objet qui attire. Un journal de vingt-quatre pages, un papier épais qui craque lorsqu'on tourne les pages, un format plus que généreux - 30 x 42, ce qui nous fait, arrêtez-moi si je me trompe, 60 x 42 lorsqu'il est ouvert, derrière lequel on peut se planquer à l'aise.

le château des étoiles

La bande-dessinée proprement dites est présentée dans cet écrin journalistique digne de l'Illustration ou du Petit Journal, tous deux publiés au tournant de la fin du 19ème siècle, jusqu'après la Première Guerre mondiale. Et c'est cet esprit que l'on retrouve dans les premières et dernières pages du Château des étoiles, mêlant documents historiques contemporains de l'intrigue (1868), informations plus fantaisistes sans oublier le cliffhanger palpitant vous donnant envie de vous ruer sur l'épisode suivant.

L'histoire s'ouvre sur deux doubles pages magistrales qui plantent le décor dans le ciel, où la mère du jeune Séraphin disparait à bord d'un ballon, à la recherche de l'éther - source d'énergie, chimère électro-magnétique. Cette exploratrice d'un nouveau monde laisse en héritage à son fils une curiosité à toute épreuve, un goût pour l'aventure qui les poussera, lui et son père à poursuivre ses recherches, parfois au péril de leur vie.

le château des étoiles
le château des étoiles

Le Château des étoiles est un cocktail épatant : une dose de Jules Verne, une dose d'Histoire (Louis II de Bavière et sa cousine Elisabeth d'Autriche font partie du voyage), une dose de sciences, le tout saupoudré d'un suspens rigoureux, de scènes dignes du Tour du monde en 80 jours, de personnages haut en couleurs...  La lecture est haletante, portée de bout en bout par le dessin léger et vivant d'Alex Alice, par son magnifique travail d'aquarelle.

le château des étoiles

Publiée en mai, juin et juillet derniers, cette histoire forme en réalité le début d'un diptyque. Les trois journaux ressortiront ce 24 septembre en un seul album cartonné. Les amateurs de grands formats - dont je suis - attendront la suite des aventures de Séraphin qui paraîtra au printemps prochain, sous la forme de trois nouvelles gazettes : Les naufragés du ciel  (mai 2015), Les secrets de la face cachée  (juin 2015) et Le roi-lune  (juillet 2015). Patience...

le château des étoiles

Le Château des étoiles

Alex Alice

Rue de Sèvres, 2014

Plus d'images et une interview passionnante d'Alex Alice sur BD'Gest.

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comment remplir un cabas...

Publié le par Za

Prenez un temps menaçant, du genre couvert mais pas trop, du genre frais mais pas trop, enfin du genre suffisamment humide pour que la tondeuse à gazon cale à la moindre tentative, ce qui n'est finalement pas pire... Alors vient l'envie de remplir un cabas à ras bord, de rentrer et de se caler dans ce qui reste de soleil pour se régaler.

comment remplir un cabas...

Direction donc la médiathèque. Une averse plus tard, me voilà à l'orée de la caverne d'Ali Baba - qui se situe au bord de l'Oise, qu'on se le dise. Un paradoxe estival veut qu'il n'y ait aucun enfant en vue dans la section jeunesse. Je suis seule. Délice. D'autant que Petitou est en vacances de son côté et que je détiens sa carte, exempte de tout emprunt. Extase.

Ma médiathèque possède un rayon que j'adore, issu de la perplexité des bibliothécaires : le rayon des inclassables. En gros les alboumes dont on ne sait que faire, ni les classer dans une thématique particulière - ô joie ! - ni les envoyer au paradis des petitous ousk'ils seraient par trop malmenés, pire encore, où ils provoqueraient l'embarras des parents/enseignants prescripteurs. C'est généralement le secteur que j'explore en second, juste après le présentoir des nouveautés. C'est seulement après que je farfouille dans les autres rayonnages.

Ma récolte d'hier fut fructueuse : des alboumes que j'avais entrevus sur la blogosphère, des noms qu'on ne saurait rater, des couvertures alléchantes - je vous promets d'en chroniquer kek'z'uns !

comment remplir un cabas...

Et puis deux romans, Sacrées souris dont le sujet m'intrigue, et du coup me donne envie de me replonger dans L'élue, dévoré il y a très longtemps et qui me laisse un souvenir très fort.

comment remplir un cabas...

Mais tant qu'on y est, savez-vous que le Cabas possède une jolie page Facebook ?

couverture Ian Falconer / Victoria

couverture Ian Falconer / Victoria

Un lieu follement convivial mis à jour presque quotidiennement ouske, outre l'annonce de chaque nouvelle chronique, ce qui n'est pas rien, vous pouvez également suivre l'actualité brûlante de la littérature jeunesse - enfin surtout de l'alboume et de mes illustrateurs chéris, soyons honnêtes. Prenons au hasard l'exemple d'une information que je qualifierais de capitale :

comment remplir un cabas...

Alors n'hésitez pas à aimer cette page - comme ils disent. D'autant que c'est bientôt mon bloganniversaire et qu'il n'est pas impossible que j'organise ici et là-bas comme un petit concours...

A bientôt donc, mes gens !

 

Coeur de pierre / Séverine Gauthier & Jérémie Almanza / Delcourt, 2013

Je m'ennuie / Michael Ian Black & Debbie Ridpath Ohi / Seuil Jeunesse, 2013

Frère des chevaux / Michel Piquemal & Stéphane Girel / L'élan vert, 2012

Joseph avait un petit manteau / Simms Taback / Le Genévrier, 2011

Le livre abominable / Noé Carlain & Ronan Badel / Sarbacane, 2014

Drôle d'oeuf / Emily Gravett / Kaléidoscope, 2008

Sabotage / Isabelle de Catalogne & Marion Pradier / La joie de lire, 2010

J'en ai marre / Yann Fastier / Thierry Magnier, collection Tête de lard, 2014

Pomelo s'en va de l'autre côté du jardin / Ramona Badescu & Benjamin Chaud / Albin Michel Jeunesse, 2007

L'élue / Lois Lowry / Gallimard jeunesse, 2001

Sacrées souris / Lois Lowry / L'école des loisirs, 2014

Publié dans albums, romans

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pop-up !

Publié le par Za

Lorsque l'image surgit du livre et vous saute aux yeux ! Le livre pop-up est l'objet d'un délicieux dilemme car, s'il est souvent destiné aux enfants, il n'en est pas moins fragile et précieux. Ceci dit, les plus beaux réunissent les petits et les grands autour de la même admiration. Pour les participant-e-s au challenge Je lis aussi des albums, le jour est au pop-up. N'arrivant pas à me résoudre à en choisir un, en voici un cabas plein !

pop-up !

Au royaume du pop-up, ces deux-là sont rois. Depuis quelques années, Anouck Boisrobert et Louis Rigaud cisèlent sans relâche des albums parfaits où le dispositif colle au propos comme l'arapède au rocher. Impossible de se lasser, chaque relecture apporte son lot de nouveauté, on est dans l'inépuisable.

pop-up !

Au royaume du pop-up, il y a le maître, Philippe Ug, qui a fait du papier un matériau à part entière. Son album Drôle d'oiseaux, paru en 2011, est un modèle du genre, qu'on ouvre, qu'on réouvre, qu'on tourne, qu'on retourne, qu'on ressort de la bibliothèque régulièrement, jusqu'à plus soif.

pop-up !
pop-up !

J'avais pris un genre de claque en découvrant ce livre, en plongeant dans la métamorphose de l'oisillon en oiseau de feu, en oiseau de paradis. Jetez un oeil à la courte chronique de Gérard Collard, qui - à mon sens - malmène un peu l'objet. Mais doucement ! Un peu de respect, de déférence, que diable ! (et vous avez vu, derrière lui, il y a le Bal des Echassiers de monsieur Paul Echégoyen !)

Au royaume des Pop-up, il y a l'ancêtre vénéré, Jan Pienkowski, né en 1936.

pop-up !

Ce grand classique de 1979, heureusement réédité en 2013, a élu domicile depuis bien longtemps dans ma bibliothèque, leg généreux de ma chère Bree.

pop-up !

Son étrangeté n'a pas pris une ride. Mieux, le vernis vintage qui l'entoure désormais ne fait qu'ajouter à sa valeur. On y va mollo, c'est celui de marraine quand elle était petite !

pop-up !
pop-up !
pop-up !

Popville, Dans la forêt du paresseux, Oceano

Anouck Boisrobert & Louis Rigaud

Hélium, 2009 - 2010 - 2013

 

Drôle d'oiseaux

Philippe Ug

Les grandes personnes, 2011

 

La maison hantée

Jan Pienkowski

Nathan, 1979 - 2013

 

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une femme et un homme

Publié le par Za

une femme et un homme
une femme et un homme

Deux maisons se font face, deux fenêtres, deux derniers étages. Pas de la première jeunesse, les bâtisses. De l'herbe sur le toit, le crépis qui s'effrite, deux maisons grises et exiguës au-dessus d'autres toits tout aussi tristounets. Et pourtant...

Chacun à sa fenêtre, une femme et un homme se rencontrent. Elle est là depuis longtemps, toujours peut-être. Il vient d'arriver. Et la conversation s'installe, découverte, défis, sourires.

une femme et un homme

Format à l'italienne, reliure horizontale, voilà un album pas tout à fait comme les autres. Le dialogue entre la femme et l'homme, présenté au-dessus de l'image, flirte avec un surréalisme joyeux et tendre. Le texte de Grassa Toro est une joute tendre et amusée, une surenchère poétique.

- Qu'est-ce que vous mangez ?

- Des pêches, a-t-elle répondu.

- Entières ? s'est-il exclamé avec surprise.

- Non, seulement le noyau. Manger le reste, c'est facile. J'essaie d'éviter les situations faciles, a-t-elle prévenu.

une femme et un homme

Les collages facétieux d'Ana Yael ne se contentent pas d'illustrer le texte, ce serait trop facile, ils accompagnent le texte plus loin encore. Il n'y a rien à croire, rien à voir, il n'y a qu'à imaginer. Les maisons se transforment au gré de la conversation, profitent même de l'absence des protagonistes pour se parer d'atours végétaux spectaculaires.

Boire à même les nuages, user d'un mètre pliable pour évaluer la distance qui nous sépare de l'autre, descendre pieds nus dans la rue, se laisser porter par des oiseaux... Rien n'est trop beau pour enchanter cette rencontre.

Impossible de n'être pas ému par cette lecture, de ne pas béatement sourire en refermant ce livre.

Une femme et un homme

Grassa Tora & Ana Yael

L'atelier du poisson soluble

mars 2014

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ogre vole

Publié le par Za

L'ogre, c'est comme le loup. Incontournable. Quasi obligatoire. Encore que. Il doit y avoir moins d'ogres que de loups en ce monde de livres. La figure du loup, bien que menaçante, n'est pas dérangeante comme l'ogre. Le loup est aujourd'hui lointain, l'ogre l'est moins. Et même si le croque-mitaine est passé de mode, le personnage fait toujours frémir.

Des ogres, on en a croisé quelques-uns dans le Cabas, certains dans l'indispensable encyclopédie de Sylvie Chausse - illustrée par les non moins indispensables Durual et Turin, d'autres - et non des moindres - dans le conte délicat d'Albert Lemant...

 

ogre vole

Tout commence par un matin de neige et un ogre possiblement sympathique, bien que mal vu dans la région. Un matin de neige donc, de ceux qui vous donnent l'envie de crapahuter en forêt (enfin vous peut-être, moi toujours pas).

ogre vole

La nature vous fait parfois de drôles de cadeaux. En l'occurence, une belle paire d'ailes, prêtes à l'emploi, enthousiasmantes de nouveauté. Ogre vole !

ogre vole

Le texte de Rascal est d'une élégante sobriété, renvoyant cet ogre à celui des contes par une langue classique, sans effets.

Ogre battait à présent des deux ailes et volait comme un oiseau au-dessus de la campagne. Il pouvait aperceoir sa maison qui avait désormais la taille d'un briquet à pierre, le moulin du père Roland à peine plus haut qu'un pain de sucre, et la rivière gelée qui scintillait entre les vallons comme une couleuvre blanche. Ogre volait de plus en plus haut, et finit par traverser les larges nuages gonflés de neige.

Et qu'y trouve-t-il, dans cet au-delà des nuages d'hiver ? Une punition pour la noirceur de sa vie, la possibilité de changer d'existence, de se repentir, une vengeance ourdie depuis des années par ses victimes, un juste châtiment ? Eh bien, à vrai dire, chacun pourra y voir un peu de tout ça.

ogre vole

Le dessin d'Edith campe un ogre plutôt rigolard, qui, là aussi, laissera à chacun le loisir d'imaginer son ogre. Cette histoire d'ange étrange voletant au-dessus de l'hiver nous offre de grands aplats à peine mouchetés sur lesquels se détachent les bottes rouges, bottes de sept lieux bien inutiles à ces altitudes. Les visages d'enfants souriants seraient, eux, presque inquiétants de tant de similitude, avec leurs grands yeux noirs et leurs sourires à l'unisson.

Ogre vole est un conte merveilleux et subtil où j'aimerais finalement que les apparences soient trompeuses...

 

Ogre vole

Rascal & Edith

Pastel / L'école des loisirs

mars 2014

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les pigeons du Luxembourg

Publié le par Za

Et voilà qu'au détour d'un catalogue, je craque pour cette couverture.

les pigeons du Luxembourg

La tête des pigeons... Etonnés, apeurés, ahuris. Les pigeons du Luxembourg, qui plus est. Les pigeons parisiens donc, honnis, détestés, gavés, adorés. Coursés par une gamine aux cheveux jaunes, à la robe bleue. Le titre joue des boucles, sert de perchoir. Et de tout cela se dégage un charme délicat que la lecture ne fera que confirmer.

les pigeons du Luxembourg

Les cousins des champs rendent visite aux cousins des villes le temps du Salon de l'agriculture à Paris. Et, lorsqu'on est perdue sur le macadam, qu'est-ce qui ressemble plus à un pigeon qu'un autre pigeon, qu'est-ce qui est plus rassurant, plus familier que la bestiole qu'on a l'habitude de nourrir tous les jours ? Au jardin du Luxembourg, Manon découvre, joue et se lance avec les autres enfants dans une chasse au pigeon où sa débrouillardise fera des merveilles.

les pigeons du Luxembourg

Voici un album tout en sourires, une ligne claire de bon aloi d'où émergent les deux couleurs associées à la petite Manon, le gris des ailes des pigeons. Les illustrations d'Arthur Le Diouris soulignent le texte sans l'alourdir, esquissent les décors. Les enfants courent, les pigeons volent, on suit l'histoire à ras du sol ou du haut d'une branche. Pas de message à deux balles non plus : on est bien à la campagne, certes, mais rien ne dit que les pigeons sont malheureux à Paris. On change de vie le temps d'une découverte, on retourne chez soi, on reviendra sans doute. D'autant qu'un brin de magie s'est peut-être mêlé à la promenade...

Les pigeons du Luxembourg

Dorothée Noyon & Arthur Le Diouris

L'école des loisirs, mars 2014

 

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la pastèque

Publié le par Za

Aujourd'hui, focus sur une maison d'édition dont les publications m'enchantent, m'émeuvent, m'émerveillent, m'amusent - aucune mention inutile. La Pastèque a fêté l'an dernier ses 15 ans. Elle a reçu en mars dernier le BOP, Bologna Prize du meilleur éditeur jeunesse d'Amérique du Nord.

la pastèque

Dans cette livraison, ce ne sont pas moins de trois albums que je vous propose de glisser dans la valise de vos vacances.

la pastèque

J'aime particulièrement les gros livres cartonnés. C'est le pavé du tout petit, la mimine encombrée par une histoire longue, regorgeant d'images à explorer. C'est lourd, ça en impose, ça tient droit, ça résiste au vent, j'adore. Pas moins de dix-huit doubles pages, tout le temps pour poser tranquillement une fable futée. La rencontre entre du chat et de la chouette autour d'un panier de poissons apparemment inaccessible pour l'un et pour l'autre... La finesse et la ruse qui permettront à l'un des deux de s'emparer de cette pêche miraculeuse... Mais quel bonheur de lecture !  Le texte de Nadine Robert, auteur de l'irrésistible Joseph Fipps, est désarmant de clarté, de simplicité, et rend cette histoire accessible aux plus jeunes.

J'avoue avoir aussi un faible pour le travail de Christopher Duquet, l'art de feutrer la laine à l'aiguille - qu'il m'arrive de pratiquer parfois, avec infiniment moins de talent, l'art d'insuffler la vie à travers un sourcil relevé, une oreille en berne. Les décors minutieux de Brigitte Henry mettent une touche finale de fraicheur, de naïveté à cet album décidémment épatant.

 

la pastèque
la pastèque

La spécialité de M. Flux, c'est le changement, la transformation, la nouveauté. Tout le contraire de Martin qui voit d'un très mauvais oeil ce monsieur bouleverser sa vie et celle de son quartier. Martin est-il capable d'accepter de voir un peu de fantaisie débarquer dans sa très prévisible existence ? Les choses immuables n'ont-elles pas parfois des avantages ? Inspiré d'un mouvement artistique né au début des années soixante, le fluxus, cet album joue du paradoxe d'une jeunesse conformiste bousculée par un homme en costume strict, arborant monocle et col dur. Les illustrations de Matte Stephens penchent vers un vintage assumé, singulier qui rendent ce livre unique. Le texte de Kyo Maclear, auteur de Virginia Woolf, met en avant les détournements du quotidiens qui peuvent conduire vers de grands changements, avec bienveillance et fantaisie.

la pastèque

Tabarnak ! Quand on est français, cette exclamation est un genre de cliché qui trahit immédiatement le québécois. Mais nous sommes souvent dans la même situation que le jeune héros de Jacques Goldstyn.

la pastèque

C'est une enquête rigoureuse que vont mener les enfants, à la recherche de la signification de ce mot mystérieux, ce sacre, ce blasphème, témoin des maladresses et des emportements du père. Les suppositions ne manquent pas : bête préhistorique, maladie redoutable, dictateur cruel, tout y passe. Comment imaginer que le curé détient la réponse...

Les scènes dans l'église sont particulièrement savoureuses. Poussiéreuse, inquiétante malgré la bonhommie du prêtre, elle recelle une galerie réjouissante et horrifique de saints de tout poil, hérissés de flèches, la tête sous le bras.

Les personnages de Jacques Goldstyn - cousins du Petit Nicolas de Goscinny et Sempé - sont à la fois malicieux, attendrissants, infiniment drôles. Il faut scruter chaque détail, chaque mouvement pour se délecter de cette histoire linguistiquement québécoise certes, mais finalement joyeusement universelle.

la pastèque

Le Poisson frais

Nadine Robert, Brigitte Henry & Christopher Duquet

La Pastèque, janvier 2014

M. Flux

Kyo Maclear & Matte Stephens

La Pastèque, décembre 2013

Le petit Tabarnak

Jacques Goldstyn

La Pastèque, octobre 2013

Visitez le site de la Pastèque, suivez sa page Facebook.

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Zita, la fille de l'espace

Publié le par Za

Zita, la fille de l'espace

Que diriez-vous aujourd'hui d'une interview de fan ? Oui, Zita a ses fans. J'en ai rencontré un, par hasard. Il sortait de la salle de bain, le cheveu humide et hérissé et lorsque je lui ai proposé de nous parler de Zita, il m'a répondu très spontanément : "Ok m'man !" Il a cependant souhaiter garder l'anonymat. Nous l'appelleront simplement P.

Zita, la fille de l'espace

le Cabas de Za - Qu'est-ce qui t'a donné envie de lire cette BD ?

P - La couverture, avec Zita et les animaux bizarres autour d'elle.

lCdZ - L'épaisseur du livre - près de 200 pages - ne t'a pas rebuté ?

P - Au début un peu mais il n'y a pas trop à lire sur chaque page, et comme j'aimais l'histoire, j'ai continué.

lCdZ - Peux-tu nous raconter l'histoire ?

P. - Une petite fille, Zita, trouve une télécommande avec un bouton rouge. Elle appuie sur le bouton et un portail s'ouvre. Son ami Joseph est emporté dans un mode bizarre, sur une autre planète. Zita le suit. Elle va devenir une héroïne.

lCdZ - Zita mise à part, quel personnage as-tu préféré ?

P. - Mulot le rat. Il a un collier avec des fiches qui sortent quand il s'exprime. Dans le deuxième livre, la magicienne. Elle est drôle, mystérieuse.

lCdZ -Que penses-tu du style du dessin ?

P. - Les dessins m'ont tout de suite plus. Les décors sont un peu vides. Il n'y a pas trop de détails, c'est simple et facile à lire.

lCdZ - Habituellement, aimes-tu la science-fiction ?

P. - Oui, mais on peut aimer Zita quand même si on aime pas trop la science-fiction. Il y a beaucoup de robots dans cette BD. Dans le deuxième livre, il y en a un qui prend l'apparence et la place de Zita. Mais ils vont finir par coopérer. Dans le premier livre, les robots sont plutôt méchants, moins dans le deuxième.

Zita, la fille de l'espace

lCdZ - Comment trouves-tu le tome 2, par rapport au premier ?

P. Il est plus triste parce qu'elle a perdu la confiance de ses amis, sauf Mulot. L'histoire est plus intéressante, il y a davantage de personnages. J'ai beaucoup aimé le petit vaisseau qui est en réalité une créature vivante.

lCdZ - Penses-tu que Zita retournera chez elle ?

P. -  Non, parce qu'elle ne voudra pas quitter ses amis.

lCdZ - Le fait que l'héroïne soit une petite fille change-t-il quelque chose à l'histoire ?

P. - Rien du tout. Un garçon peut tout à fait imaginer être à sa place.

lCdZ - C'est quoi, pour toi, une héroïne ?

P. - C'est une fille rusée, courageuse, comme Zia (Les Cités d'or) ou Fifi Brindacier !

Tout ça pour vous dire que l'on attends le tome 3 avec impatience !

Zita la fille de l'espace

Ben Hatke

Rue de Sèvres

2013/2014

Zita, la fille de l'espace

Cet autoportrait de Ben Hatke est extrait de son blog.

Zita, la fille de l'espace

Retrouvez Zita au bord de la Mare aux mots et chez Leiloona, tome 1 & tome 2 !

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Lucie Vandevelde

Publié le par Za

Lucie Vandevelde
Lucie Vandevelde

Des fleurs, la lune, une fenêtre, des arbres, un jardin, des poissons, des couleurs qui s’entrechoquent, tel est l’univers joyeux que Lucie Vandevelde nous offre. J’avoue qu’il a fallu qu’elle y ajoute la possibilité de deux ou trois dragons pour que je me dise qu’on tenait là une illustratrice à ne pas manquer !  J’en entends qui soupirent… « Ah ben, quand même ! » « Il était temps ! » Je répare donc aujourd’hui ma bévue (et cite soigneusement leurs chroniques en fin d’article).

Lucie Vandevelde, donc, qui a accepté de répondre à quelques questions et m'a confié images et photos.

La nouvelle de la jungle. Octobre 2013

La nouvelle de la jungle. Octobre 2013

Le jardin des secrets

Des mots à ne savoir qu’en faire, des mots qu’on ne dit pas : des secrets. Autant les planter pour qu’ils poussent en un jardin. Un jardin secret ? Mais cette année, la récolte est mauvaise, les fleurs de secrets manquent à l’appel. Les dessins de Lucie Vandevelde avancent sans se pousser du coude, discrètement, sans esbroufe. Et pourtant, les couleurs explosent, les motifs jouent de l’accumulation, on en prend plein les yeux. Il y a des transparences légères, des brins d’herbes où pointent des cartes routières, des découpages sans fin, et des couleurs, des couleurs, des couleurs…

Dans cet album, vous avez créé un univers résolument optimiste, débordant de vie. Aimeriez-vous, un jour, illustrer une histoire triste ?

Cette question me fait sourire !

Le Jardin des Secrets aurait pu être abordé graphiquement avec des couleurs en demi-teintes, des ambiances fanées, duveteuses ou cotonneuses. Le thème du secret aurait été abordé avec un parti pris graphique différent et un autre regard sur ce thème serait né.

Si demain, j’étais amené à illustrer une histoire triste, je l’aborderai peut être avec la volonté d’en faire quelque chose de vif, de cru, de coloré… Parce que le tragique ne se vit pas seulement en noir et gris !

Illustration extraite de l’album Le Jardin des secrets

Illustration extraite de l’album Le Jardin des secrets

Il émane de votre travail une grande liberté, une absence de préjugé sur ce qu’est une illustration. L’abondance des techniques utilisées sur une même page est un véritable tour de force. Comment conserver une identité graphique forte, une telle cohérence en s’aventurant dans autant de directions à la fois ?

Je pense qu’il y a plusieurs éléments de réponse à cette grande question…

D’abord, mon parcours. Je ne suis pas issue d’une école d’Arts Appliqués. J’ai fait une école de photographie en abordant l’image dans un premier temps avec un regard photographique. Ensuite je suis rentrée au Beaux Arts et j’ai abordé cette fois l’image avec un regard de plasticienne. C’est certainement de là que vient cette liberté dans la création d’une image. Et du fait aussi de ne pas avoir été « formatée » par une école mais au contraire, d’avoir réalisée ma propre école et puisé dans des branches artistiques autre que l’illustration.

Aujourd’hui, la création avec pour médium l’illustration s’appuie sur une démarche artistique qui va au delà d’illustrer simplement un livre. Et c’est certainement cela qui me permet de naviguer graphiquement en des mers inconnues !

Je compare souvent l’Univers graphique à un dictionnaire. Plus il y a de mots dans le dictionnaire, plus il y a d’éléments pour créer et imaginer des phrases, puis des histoires.

C’est pareil pour l’Univers graphique. Plus nous avons de vocabulaire graphique, plus le créatif peut s’amuser à emprunter des chemins nouveaux pour composer, aménager, associer, peindre, coloriser… créer.

Quelle place tient la palette graphique dans votre travail ?

Une grande place. La palette graphique est une technique au même titre que l’aquarelle ou le collage. C’est un outil qui ouvre des perspectives incroyables. Il m’arrive de réaliser des illustrations entièrement en infographie à la palette graphique. Cependant, j’aime tellement jouer avec la matière que j’utilise en général autant mes pinceaux et mes crayons de couleur que la palette, avec une étape de scannage entre bien sûr !

Illustration réalisée entièrement à la palette graphique

Illustration réalisée entièrement à la palette graphique

Comment la couleur arrive-t-elle ? Comment passez-vous du crayonné à l’image en couleur ?

La couleur, c’est magique !

J’adore travailler les ambiances colorées, jouer avec les couleurs complémentaires, les contrastes…

La couleur arrive de manière assez spontanée et naturelle. Après le crayonné, j’encre mon image à l’encre de chine puis je commence par coloriser les fonds pour poser l’ambiance colorée et je viens jouer ensuite sur les contrastes en colorisant le reste de l’image.

Dans mes rêves

Tout est dit dans le titre de cet album délicieusement paradoxal. Dès la première page, dès les premières lignes :

Voilà le soir…

J’éteins la lumière…

Mes pensées s’illuminent dans le noir.

De ce tourbillon de lumière nocturne, concentré dans une accumulation végétale ou même les immeubles ont des airs de jardins, de ces images souriantes se dégage une impression de fragilité : deux longs bras levés avant un plongeon, deux jambes malingres rayées de rouge en équilibre sur une échelle… Chaque page traduit exactement l’exubérance du rêve qui pourtant ne tient qu’à un fil.

Dans mes rêves est un de ces albums d’impressions qui avancent d’un sentiment à l’autre, de ces textes suffisamment allusifs qui laissent une liberté totale à l’illustrateur.

Comment avez-vous travaillé avec Juliette Parachini ? Ce fut un aller simple ou des aller-retours ?

Il n’y a pas vraiment eu d’aller-retour. Juliette Parachnini a écrit cette histoire en s’inspirant de mon univers graphique. Ensuite elle m’a soumis son texte qui forcément m’allait comme un gant !

Et j’ai illustré cette histoire comme un poisson dans l’eau du début à la fin !  En gardant les pieds dans les étoiles bien sûr !

Illustration extraite de l’album Dans mes Rêves

Illustration extraite de l’album Dans mes Rêves

Auriez-vous envie d’être un jour seule aux manettes, texte et illustrations ?

Eh eh ! Je le suis déjà depuis quelques années !

Car je fabrique des Livres-Objets ou je suis à la plume et aux pinceaux. Ils me servent de base pédagogique pour les ateliers graphiques que j’anime auprès des enfants.

Livre-Objet Plic ploc Arthur et la pluie

Livre-Objet Plic ploc Arthur et la pluie

Intervention en crèche dans le cadre du Salon de La 25ème Heure du Livre 2012 avec le Livre-Objet Plic Ploc Arthur et la pluie.

Intervention en crèche dans le cadre du Salon de La 25ème Heure du Livre 2012 avec le Livre-Objet Plic Ploc Arthur et la pluie.

Puis, il y a un an, cela a donné naissance à une commande de mon éditrice Angéline Chusseau. Angéline m’a demandé si j’avais envie de prendre la plume et d’écrire une histoire avec pour thème La mer. C’est ainsi qu’a commencé l’aventure de mon prochain album à paraître, Les Trois Dragons.

Mais, je ne suis pas toute seule dans le vaisseau spatial de la création ! Car lorsque l’on travaille avec un éditeur, on est deux. Et il est important de s’entourer de regards extérieurs pro pour éviter de s’enfermer. Finalement 3 personnes ont œuvré dans l’ombre à la création de cet album à paraître.

Une petite équipe bien affûtée pour m’épauler et me guider dans cette aventure livresque. Une éditrice de choc, une directrice éditoriale qui m’a guidée pour la partie littéraire et 1 directeur artistique qui m’a épaulée pour la partie graphique.

Vous réalisez parfois, lors d’ateliers ou de salons, de très grands formats, d’immenses coloriages. Comment les enfants réagissent-ils à cette immersion ?

Il n’y a pas que les enfants qui réagissent ! héhéhé

Les coloriages géants sont de véritables graines à faire pousser l’imaginaire et développer l’envie de faire. Chaque coloriage est une illustration géante originale.

C’est une œuvre à mille et une mains ! Je m’explique…

Il y a la première partie ou les enfants me regardent dessiner et voient naître sous leurs yeux une illustration… mais qui n’est pas fini !

Cette illustration est remise aux enfants pour qu’il la termine en colorisant… Cela devient une œuvre participative où chacun peut laisser sa trace, son empreinte sur un temps déterminé. D’ailleurs, après avoir mis en couleur, beaucoup d’enfants signent avec leur nom et prénom !

Coloriage géant au Salon du Livre de Montaigu 2014

Coloriage géant au Salon du Livre de Montaigu 2014

Coloriage géant au Salon du Livre de Montaigu 2014

Coloriage géant au Salon du Livre de Montaigu 2014

Coloriage géant au Salon du Livre de Montaigu 2014

Coloriage géant au Salon du Livre de Montaigu 2014

Votre travail est multiple, vos dessins se déclinent en création à suspendre, luminaires, mail-art… Quelle est la place de l’édition dans  votre démarche ?

L’édition jeunesse, c’est venir chatouiller et arroser l’imaginaire des enfants. C’est communiquer et échanger par le biais de la création avec un public doté d’une grande liberté de penser, de créer et d’imaginer. Chose que l’on perd un peu, puis beaucoup en devenant adulte. A l’heure où notre monde marche sur la tête, où l’humain devient produit et tant d’autres choses étriquées, il me semble important de semer des petites graines de fantaisie, de magie, de rêves et d’impossibles auprès des enfants qui seront les adultes de demain. Et peut être que ces adultes de demain imagineront un impossible qui deviendra possible. En cela, l’édition jeunesse devient un vecteur très intéressant, intrinsèque à ma démarche artistique.

Le Magicien amoureux

Le Magicien amoureux

Ce n’est pas un secret, votre prochain album à paraitre en septembre aux éditions des Minots est une histoire de dragons. Pouvez-vous lever un coin du rideau ?

Eh bien, j’ai déjà levé un petit coin du rideau dans une des questions précédentes ! Les Trois Dragons, c’est déjà une sacrée aventure graphique, littéraire et éditoriale  dans sa création. J’ai écrit cette histoire il y a un an sur la grand plage de Dunkerque. Avec dans ma marmite : une grande fiole de concentré pure confiance de mon éditrice Angéline, une bouteille remplie d’eau de mer des plus purs des océans, 3 grandes cuillères à soupe d’imagination, 2 petites cuillères de grains de sable et 1 pincée de vent du Nord.

Cela donne au menu, un conte contemporain avec son coulis de dragon de mer accompagné d‘une ratatouille d’aventure à l’eau salée !

Extrait de l’album Les Trois Dragons à paraître en septembre aux éditions Les Minots

Extrait de l’album Les Trois Dragons à paraître en septembre aux éditions Les Minots

Extrait de l’album Les Trois Dragons à paraître en septembre aux éditions Les Minots

Extrait de l’album Les Trois Dragons à paraître en septembre aux éditions Les Minots

Merci Lucie !

Le jardin des secrets

Marie-Hélène Lafond & Lucie Vandevelde

éditions Les Minots,

 

Dans mes rêves

Juliette Parachini-Deny & Lucie Vandevelde

éditions Les Minots, août 2013

 

D'autres avant moi ont parlé de Lucie Vandevelde...

... une interview d'abord, par la Mare aux mots

Et puis deux articles de Drawoua - Maman Baobab...

... Dans mes rêves  et  Le jardin des secrets

Et n'oublions pas le blog de Lucie Vandevelde !

 

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