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259 articles avec albums

les 4 saisons de la famille Souris

Publié le par Za

Je veux bien parler des albums jeunesse plus ou moins sérieusement. Je veux bien disséquer quelques textes, dépiauter des images. Mais la famille Souris, c'est pas pareil.

les 4 saisons de la famille Souris

Je ne lis pas la famille Souris, j' y plonge, je m'y promène. Je ne lis pas la famille Souris, je m'en régale.

Les 4 saisons de la famille Souris est la réédition en un gros albums de 141 pages de quatre histoires parues en France entre 1985 et 1988 - à une époque où, malheureuse, je ne connaissais pas la famille Souris.

les 4 saisons de la famille Souris

Lire les albums de Kazuo Iwamura, c'est s'immerger au ras du sol, jamais très haut, dans des doubles pages aquarellées avec génie où grouillent dix souriceaux, leurs parents et grands-parents, au milieu d'une nature bienveillante qui leur offre le gîte et le couvert. J'imagine tout ce qu'il peut y avoir du Japon dans ces albums, tout ce que les amoureux du Japon peuvent y voir.

Dans le premier volume, au terme d'un voyage périlleux, les 14 membres de la famille trouvent l'arbre qui va devenir leur maison. Et quelle maison : douillette, eau courante, et une table accueillante autour de laquelle se réunissent les trois générations qui cohabitent sous ce même toit.

Je veux la même maison.

Chaque image fourmille de détails finalement réalistes qui restituent une vie douce et sereine où l'on s'entraide, où l'on se respecte, où chacun adhère aux projets sans trop râler. Sans râler du tout même.

les 4 saisons de la famille Souris

Dans les albums de la famille Souris, il y a toujours un moment où on se met à table. Pique-nique ou dîner près du poêle, tout le monde à toujours l'air de se régaler. Je veux aller manger là-bas. Mais ce n'est pas tout.

Je veux aller dormir dans la maison de la famille Souris, bien au chaud dans un de ces lits forcément douillets.

les 4 saisons de la famille Souris

Alors évidemment, on pourrait émettre quelques réserves sur cette famille idéale et plan-plan dans laquelle aucun rebelle ne vient troubler une harmonie huilée à la perfection par des parents bienveillants qui font régner l'ordre sans lever la patte ni la voix.

On pourrait.
Mais ce serait me déranger de ma lecture. Alors, on évitera. Merci.

 

Les 4 saisons de la famille Souris

Kazuo Iwamura

L'école des loisirs, 2013

Je vous conseillede lire cet article passionnant signé Christophe Meunier, Espace et spatialité chez Kazuo Iwamura, qui m'a laissée sur le flanc devant tant de richesses à découvrir entre les traits du maître.

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gustave

Publié le par Za

gustave

Un souriceau se morfond dans la nuit. Il est seul. Il a perdu Gustave, dévoré par le chat après une poursuite dans les rues noires. Gustave l'a sauvé. Il doit maintenant rentrer chez lui, expliquer à sa mère l'absence de son compagnon, sacrifié pour n'avoir pas écouté les conseils de prudence.

Ce que j'ai à dire sur cet album fort et sombre - que j'ai beaucoup aimé - tient à son dénouement, à l'objet de la tristesse du premier souriceau, dont on ne connaitra jamais le nom. Je ne saurais trop vous en conseiller la lecture, tout en vous recommandant d'épargner peut-être les très jeunes âmes sensibles.

Cependant, si vous voulez garder la surprise de la fin de l'histoire, éloignez-vous de ce Cabas sur le champ ! Parce que ce que j'ai à dire de ce livre tient de la compréhension qu'un adulte peut en avoir, des interrogations qu'il suscitera peut-être chez lui. J'avoue que ça m'ennuie un peu de dévoiler ce qui pourrait être une surprise, mais si on se dit que ce blog peut parfois avoir valeur de conseil de lecture, c'est toujours bien de lire un ouvrage jusqu'au bout avant de le proposer à des enfants. Et si le Cabas se voulait un espace de critique - comme je me la raconte ! - alors le texte, les images sont à analyser jusqu'à la dernière page.

Bon, j'y vais, vous êtes prévenus.

gustave

L'angoisse qui sourd de cet album tient des images. Le texte de Rémy Simard, magnifique de simplicité, distille juste ce qu'il faut pour que nous n'ayons aucun doute sur ce qui s'est vraiment passé. Le souriceau a perdu son frère. Son frère jumeau, l'image l'atteste.Quel autre évènement le plongerait dans un tel désarroi ? Et cette idée s'installe jusqu'au dernier quart du livre. Les deux imprudents ont bravé le chat, mal leur en a pris. Et leur punition est bien terrible.

gustave

Le grand Pierre Pratt traduit cette culpabilité par des images dans lesquelles la matière est palpable, gravée, grattée, laissant apparaitre le noir en dessous et non l'inverse. La ville qui en est le décor est hostile, trop grande. Et rien n'est fait pour que le lecteur ait le moindre doute, il lui faudra revenir en arrière pour comprendre ce qui s'est réellement passé, qui a été perdu.  A aucun moment, Rémy Simard et Pierre Pratt ne cèdent à la facilité de tirer cette histoire vers des rivages rassurants, si ce n'est à la fin, où le rôle de la mère souris s'impose dans la simplicité, où elle dénoue le drame presque comme si de rien n'était.

gustave

Car le souriceau a perdu son doudou dont il avait fait un frère, un semblable. Je ne sais trop comment un enfant en âge d'avoir un doudou peut recevoir cette histoire. Mon cobaye personnel est trop âgé pour me répondre - bien qu'étant encore vaguement accro au bazar. J'avoue, j'ai versé dans la sanctification du doudou, même si, comme la mère du souriceau, j'en ai toujours eu en réserve au cas où on le perdrait, et surtout j'avoue, pour pouvoir le laver régulièrement. Mais je me suis demandée si je n'en faisait pas un peu trop avec ce bout de tissu puant. N'aurais-je pas dû le considérer purement et simplement de mes yeux d'adulte, permettant ainsi à Petitou de s'en détacher, d'en relativiser la préciosité. Car lorsque la mère du souriceau dégaine un pareil que Gustave, baptisé Harry, son petit y voit vite un autre Gustave, à nouveau un autre lui-même.

gustave

Gustave

Rémy Simard & Pierre Pratt

Les éditions de la Pastèque, 2013

 

Pour avoir une idée du grand talent de Pierre Pratt, visitez son site.

Sur Gustave, lisez aussi l'avis de Gabriel de la Mare aux mots.

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aujourd'hui, c'est librairie !

Publié le par Za

et donc...

et donc...

aujourd'hui, c'est librairie !

Un abécédaire design-é par Christian Lacroix, 23 textes, dont, ô joie !, une page de Pierre Bergounioux !

Mais tant qu'à aller rendre visite à sa librairie du coin...

Un album vintage magnifique, un coup de foudre !

Un album vintage magnifique, un coup de foudre !

Et aussi un petite commande, dont voici une image...

Deux belle chroniques en vue !

Deux belle chroniques en vue !

Décidément...

aujourd'hui, c'est librairie !

Publié dans albums, in my heart

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la femme à barbapapa

Publié le par Za

"Venez voir Paulo l'avaleur de sucre d'orge, Sidonie la dresseuse de saucisses, Michel et Michelle les lanceurs de fourchettes et Jojo le cracheur de cacao !" crient à leur tour Moutarde et Mayo les hommes-sandwichs.

la femme à barbapapa

On est d'emblée attiré par cette couverture, ces trois couleurs brutes, la ligne caractéristique de la linogravure, mais aussi le titre en forme de clin d’œil qui balance entre le conte et la fête foraine tendance Freaks.

Dès les premières pages, la diseuse de bonne aventure envoie le sommaire de l'histoire. Je n'avais jamais pensé au caractère prophétique de ce dispositif... Et c'est évidemment sous le signe de la clé (à molette) que s'annonce l'histoire d'amour entre Rosa la femme à barbe (et à barbapapa) et Barbe bleue, le charmant garagiste. Pourtant, que faire lorsque l'ennui se pointe ?

la femme à barbapapa

Le bleu outremer domine les images, il est ciel, forêt, herbe, tatouage, mur. Il donne un côté encre fraîche, un côté bleu de travail qui va comme un gant à cette histoire d'amour ordinaire, vécue par des personnages bien peu ordinaires. Barbe bleue, loin du fossoyeur du conte, est un brave type amoureux, prêt à tout pour retrouver sa belle à barbe rouge.

la femme à barbapapa

Au-delà d'une première lecture linéaire, le texte invite à se balader dans le livre au gré de la prédiction du début, à courir d'une page à l'autre en prenant des raccourcis. L'objet livre prend alors sa place parmi les personnages, met un instant l'histoire à distance. Les numéros de pages se perdent dans un trou, se fondent dans le décor, disparaissent. On reprend alors le texte depuis le début, en suivant les chiffres et leurs transformations.

la femme à barbapapa

Renaud Perrin réussit là un album singulier et émouvant, foisonnant, optimiste.

 

La femme à barbapapa

Renaud Perrin

Rouergue

mars 2014

 

Les originaux de La femme à barbapapa

sont exposés à la librairie

de la Friche Belle de mai

La salle des Machines

41 rue Jobin à Marseille

du 12 avril au 24 mai 2014.

Ruez-vous !

 

Et ne manquez pas de lire

la chronique de

l'indispensable Mel

de l'indispensable Soupe de l'espace.

Elle aime beaucoup La femme à barbapapa !

 

Publié dans albums, Renaud Perrin, Rouergue

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attention au crocodile !

Publié le par Za

Partir en rando, c'est pas toujours de la tarte.

attention au crocodile !

Le père crapahute, tout jouasse. Absorbé par le GPS, persuadé de faire découvrir la nature à sa progéniture, il en oublierait presque d'ouvrir vraiment les yeux. Mais la demoiselle, elle, est aux aguêts et son imagination gigote drôlement...

attention au crocodile !

D'abord déçue du voyage, Tora fait tourner la balade à son avantage, découvre des merveilles là où son père s'émerveille de l'habituel. Pourtant, au fil de la journée, le père et le fille vont trouver un terrain d'entente et finir par se rejoindre, par trouver une complicité, là où il n'y avait qu'ennui et indifférence.

attention au crocodile !
attention au crocodile !

Les dessins d'Eva Eriksson rendent cette histoire tout bonnement délicieuse. La petite Tora, couettes volontaires, passe de la bouderie à l'enthousiasme avec une vivacité contagieuse. Elle entraine son père et le lecteur vers le merveilleux, sans qu'aucune limite vienne brider son invention, croisant le bestiaire africain et la Fantasy. La double page déploie un décor unique dans lequel évoluent les héros à des moments différents, et l'histoire se déroule avec entrain et fluidité.

attention au crocodile !

Attention au crocodile ! est un album de ciel bleu et de rigolade, un bel hommage à l'imagination.

 

Attention au crocodile !

Lisa Moroni & Eva Eriksson

traduit et adapté du suédois par Alain Gnaedig

Pastel, 2014

 

Et si ça vous chante,

vous pouvez retrouver la délicatesse

du trait d'Eva Eriksson dans

Nos petits enterrements...

 

 

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des moutons à la mer

Publié le par Za

Ovni ou ovin ?

Comment résister au jeu de lettres qui glisse d'un mot à l'autre...

des moutons à la mer

Un berger irlandais, bidouilleur fou, à la tête d'un troupeau des plus étranges... Des moutons de toutes races, de toutes allures, précieux, aimés. Mais que de soucis ! Car lorsqu'on aime, on est inquiet. Et les dangers qui guettent les précieuses bestioles sont légions : le loup, la maladie, la tempête...

des moutons à la mer

L'amour que porte le berger à son troupeau, la passion dévorante qu'il met dans son métier de berger le rend infiniment malheureux.

"[...] ce que l'on fait le mieux n'est pas forcément ce qui nous rend heureux."

Quel album étrange ! Etrange et passionnant, parce qu'il pose une question qui interrogera chacun de nous. C'est en se détachant courageusement de ce qui fait son identité, en vendant ses moutons pour changer radicalement de vie que le berger trouvera le bonheur.

des moutons à la mer

Pas de demi-mesure dans ce livre. Il y a d'un côté les créations horlogères du berger, ses moutons mécaniques incroyables, jusqu'au loup perclus de rouages, tout à la fois drôle et effrayant. Et d'un autre côté la mer, les nuages, pour lesquels Einar Turkowski abandonne momentanément le contrôle de ses noirs ultra-léchés et magnifiques, la précision rivetée du trait et laisse aller le souffle.

Ce petit album, par la taille uniquement, affirme, s'il le fallait encore, le talent de cet auteur singulier.

 

Des moutons à la mer

Einar Turkowski

Grasset Jeunesse

février 2014

Deux autres albums d'Einar Turkowski dans le Cabas :

                                                                                Le pêcheur de nuages

                                                                                                                            Fleur de lune

 

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Jane, le renard & moi

Publié le par Za

Moultement primé, couronné, encensé (voir ici la onzaine de prix) le voici enfin dans le Cabas, c't'album !

Jane, le renard & moi

Hélène.

Dans les couloirs de l'école.

Elle n'a plus d'amies. Ses amies sont devenues ses pires ennemies, ses bourreaux. Des bourreaux de mots, de railleries, d'insultes écrites sur les murs.

Mais il y a Jane. Jane Eyre qu'elle lit dans le bus. Se cacher entre les pages, lire et ne plus entendre les moqueries, ça marche ! Mais arrive le voyage scolaire, le cauchemar, l'immersion avec les affreux, sans parler de l'achat préalable du maillot de bain.

Mais le voyage sera très surprenant.

Dans le maillot monaco, je suis une saucisse ballerine.

Dans le maillot noir, je suis une saucisse en deuil.

Je suis une saucisse.

Jane Eyre a beau être orpheline, laide, battue, seule et abandonnée, elle n'a pas, n'a jamais été, ne sera jamais une grosse saucisse.

Jane, le renard & moi

Quand vous ouvrirez Jane, le renard & moi, c'est d'abord l'usage de la couleur qui vous sautera aux yeux. La vie d'Hélène, en noir et gris. Le crayon, le fusain si présents marquent des ombres franches, pointent la solitude, tracent le quotidien de l'adolescente. Isabelle Arsenault change aussi radicalement de style dès qu'il est question de Jane Eyre, du roman en cours de lecture. La place est aux couleurs, les rouges, le bleu, le vert, l'aquarelle lumineuse. Et c'est alors plus douloureux de replonger dans la vraie vie. Alors Hélène replonge dans Jane Eyre et un paysage aux verts somptueux apparait. C'est magistral et magique.
 

Jane, le renard & moi

Et le renard, dans tout ça ?

Sachez seulement que c'est encore une affaire de couleur. De couleur et de rencontre. Ce renard est simplement extraordinaire.

Jane, le renard & moi

Fanny Britt pose un regard d'une grande tendresse sur le personnage d'Hélène, l'emmène vers le moment où elle cesse d'être victime, où même le personnage de Jane Eyre cesse d'être un refuge. Et la couleur fuse, s'insinue, discrète d'abord, puis triomphante. Impossible de séparer le texte, l'histoire de l'image. La manière dont le dessin d'Isabelle Arsenault accompagne les sentiments, la tristesse, l'espoir d'Hélène est infiniment touchant et la rend si vraie, si universelle, qu'il est impossible de ne pas retrouver un bout de notre adolescence en elle.

 

Jane, le renard & moi

Fanny Britt & Isabelle Arsenault

La Pastèque, 2012

 

10 best illustrated Children's books (2013)

10 best illustrated Children's books (2013)

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Gustave dort

Publié le par Za

ouééééééééééé !

Gustave dort

Mettons de côté mon léger trépignement à l'idée d'un nouvel album d'Albert Lemant.

Ignorons le sourire béat qui m'a gagnée en ouvrant l'enveloppe cartonnée.

Ne prenons pas en compte l'impatience qui était la mienne.

Restons objectifs.

Non, décidément, j'ai du mal à garder mon sang froid.

Car notre cher Poisson soluble a frappé fort en s'associant avec le Musée d'Orsay à l'occasion de l'exposition consacrée à l'immenssissime Gustave Doré.

Car notre cher Poisson soluble a frappé fort en demandant à monsieur Albert Lemant de s'aventurer du côté de Gustave Doré, l'illustrateur en chef, le patron, le tôlier, quoi.

Car notre cher Albert Lemant, loin de rester révérencieux, a bousculé Gustave, lui a associé d'autres références, de quoi nager dans - au choix - la jubilation, le bonheur, le scrutage forcené d'images épatantes.

Quoi ?

Que dis-tu, lecteur chéri ? Je superlativise un brin ? Elle est où la critique ?

Elle arrive, rabat-joie adoré !

Gustave Doré, donc.

Le maître des illustrateurs.

Mais un Gustave Doré enfant, qui roupille comme un bienheureux et qui rêve.

Gustave Doré dort.

Gustave dort.

Et à la porte des songes se bousculent Don Quichotte, des cosaques patibulaires, le Baron de Münschhausen à cheval sur son boulet, un Gargantua à l'estomac insondable, les héros de Perrault, et une poule verte - dont on ne connaitra l'importance qu'à la fin de l'album.

Gustave dort
Gustave dort

Albert Lemant balade un Gustave pointu et dégingandé dans des doubles pages vertigineuses que l'oeil parcourt avant de s'y perdre définitivement, happé par le mouvement, les détails savoureux. J'avoue avoir été partagée entre l'envie de vite tourner la page, avec gourmandise, pour voir ce qui se cache derrière, et le plaisir de flâner, de déguster des références si bien mastiquées. On peut faire l'aller-retour entre les images d'Albert Lemant et l'oeuvre de Gustave Doré. Il y a ce qui va paraître évident à tous, le Chat Botté, Peau d'Ane, planqués au fond d'une forêt tout ce qu'il y a d'inquiétante, un loup las repus de Petit(s) Chaperon(s) rouge(s), les cléfs de Barbe-Bleue, les bottes de sept lieues et l'ogre, nanti de filles croquignolettes... Rappelons au passage qu'Albert Lemant, question ogre, on ne la lui fait pas ! La quatrième de couverture de Gustave dort est d'ailleurs une citation (de bon aloi) de ce précédent et réjouissant album...

 

Gustave dort

Et puis l'album bascule, et, du côté de Londres, d'autres personnages font écho à l'oeuvre de Doré à travers les admirations d'Albert Lemant. Et l'on se prend à rêver de Doré illustrant Lewis Carroll... Et puis, presque à la fin, apparait un griffon. Ce griffon qui répond à un autre, je ne me trompe pas, hein, Capitaine ?

Mais j'y reviendrai...

Gustave dort

Finalement, Gustave finit par se réveiller. De retour dans sa chambre en Alsace, il se jette sur le papier, la plume, au grand désespoir de sa mère.

Le dessin d'Albert Lemant est toujours aussi réjouissant, aussi foisonnant. Chaque page est une mine où dénicher des pépites, une chasse au trésor dans l'oeuvre de Gustave Doré, sans se priver de quelques incursions vers d'autres admirations, d'autres maîtres...

Gustave dort

A mi-chemin entre le conte échevelé et l'album documentaire, Gustave dort est d'un genre inépuisable, à picorer, à savourer...

Et le griffon, me direz-vous ? Eh bien, il regarde du côté d'un autre monument...

Vous l'avez reconnu ?

Gustave dort

Gustave dort

Albert Lemant

L'atelier du poisson soluble

& Musée d'Orsay

Janvier 2014

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issun bôshi

Publié le par Za

Planté au milieu de la vitrine d'une librairie, cet album attire l’œil, on ne voit que lui.

issun bôshi

Quatre couleurs : jaune, orange, bleu et ce vert si discret, si subtil qu'on croirait presque à une illusion. De grands aplats, où la ligne vient jouer l'ombre et le volume.

issun bôshi

Des personnages simplement caractérisés, ce petit Ossun Bôshi presque sans visage, une silhouette perpétuellement en action, la fille du seigneur avec ses airs de Joconde, l'ogre et sa trogne de kabuki... Tout cela est parfaitement maîtrisé, le chaos de la ville, la forêt comme un jardin d’Éden, le fond de l'estomac de l'ogre.

issun bôshi

Ce Tom Pouce japonais est, comme le conte de Grimm, un petit bonhomme débrouillard, un David qui saura vaincre Goliath avant d'embarquer la mignonne. Rien que de très classique, mais, à vrai dire, l'histoire, je m'en fous un peu. Pourtant je pourrais relire cet album des dizaines de fois, tant le travail graphique m'a séchée sur place, disons plutôt : tant l'image transcende le conte - c'est mieux.

issun bôshi

Icinori, un nom pour deux créateurs : Mayumi Otero et Raphaël Urwiller qui creusent un sillon singulier et immédiatement reconnaissable. Leur manière d'utiliser la couleur est unique, leur idée de l'objet-livre - du dessin à l'impression - est passionnante. Il n'est qu'à voir leurs pop-up - fait à la main, tirés à quelques dizaines d'exemplaires. Parce qu'Icinori est aussi un éditeur d'albums, d'images.

Ossun Bôshi est finalement le genre d'album qui me met en joie. Les enfants accrochent à l'histoire (testé) et à l'étrangeté des images - étrangeté dans la masse des images qui leur est habituellement destinée. Et l'adulte qui l'aura peut-être choisi, emprunté, proposé, lu, aura, je l'espère, la sensation d'être tombé sur une pépite, ressentira l'envie d'y goûter à nouveau plus tard, seul et tranquille. Puis, peut-être aura-t-il l'idée de le conserver précieusement, comme un jalon important, la naissance d'un style.

 

Où l'on parle d'Icinori...

... une interview sur Illustrissimo,

          des images d'Issun Bôshi sur le site des auteurs,

                    des images d'un album précédant Jabberwocky d'après Lewis Carroll,

          des images d'une exposition sur l'excellent site de Cligne-cligne,

des images et un excellent article Icinori, zone de création intense sur le site Boum ! Bang !

issun bôshi

Et ne passez pas à côté de l'avant-dernier numéro de l'excellente revue Hors Cadre[s] consacré à la couleur, qui leur a confié leur couverture et leur consacre un article sous la plume de Sophie Van der Linden.

Issun Bôshi

Icinori

Actes Sud Junior

septembre 2013

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par une belle nuit d'hiver

Publié le par Za

Et si j'avais encore un peu envie d'hiver, moi ?

Envie de nuits frisquettes et silencieuses, de pas feutrés et de mystère...

par une belle nuit d'hiver

Par une belle nuit d'hiver est ce que j'apellerai un album d'impressions, sans histoire proprement dite, une ambiance, un sentiment éprouvé sur le moment et qui laisse une trace magnifique bien au-delà de l'instant fugace. Un tableau se dessine. Il sera offert le lendemain matin à l'enfant qui dort. Le texte de Jean E. Pendziwol est une déclaration d'amour à cet enfant, à la nature.

par une belle nuit d'hiver

Par une belle nuit d'hiver, donc. Presque déserte, sans bruit aucun pour troubler le sommeil. Le narrateur, en voix off raconte à l'enfant endormi ce qu'il ne peut pas voir : la neige qui commence à tomber, puis les arbres comme des personnages. Et aussi tout une vie qui débarque à pas menus dans l'obscurité enneigée.

par une belle nuit d'hiver

Chacun laisse sa trace furtive, la chouette, les lièvres et le renard, seule incursion de la couleur franche. C'est à croire que seule Isabelle Arsenault pouvait illustrer cet instant suspendu. Son trait traduit l'attente, le silence, mais aussi l'énergie que déploient les animaux à faire vivre cette nuit d'hiver. Les gris habitent l'histoire avec intensité, la remplissent avant de laisser la place au rouge fugace des pommes et des trognes des lièvres, au vert qui parfois s'égare.

La grâce.

C'est ça. 

J'aurai rarement employé ce terme, mais nous y sommes.

 

Par une belle nuit d'hiver

Jean E. Pendziwol & Isabelle Arsenault

Magnard Jeunesse

janvier 2014

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