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9 articles avec autrement

sauvage

Publié le par Za

sauvage

Celui-là n'a même pas eu le temps de rejoindre les rayonnages de la librairie. Il est passé presque  directement du carton de livraison vers mon Cabas hypnotisé par deux grands yeux.

sauvage

Soyons honnêtes, je l'avais aperçu dans sa britannique version et je l'attendais de pied ferme. La voilà donc, la sauvage écarquillée, estampillée Autrement, la dernière fournée peut-être. Une couverture mate au dos toilé dont seuls les yeux et le titre se détachent, lisses et brillant. Une merveille cette couverture ! De quoi regretter encore plus - si c'était possible - la disparition d'Autrement Jeunesse, de quoi pester encore.

sauvage

Personne ne se souvenait du jour où elle était arrivée là. Mais chacun sut aussitôt qu'elle était faite pour vivre dans les bois.

Un peu comme Mowgli mais en plus punchy. Parce qu'elle déborde de vie, notre enfant sauvage. Et que je me peigne avec les renards, et que je pêche avec les ours, et que je roupille dans un arbre creux... Chaque page tournée verra votre maxillaire inférieur tomber d'un cran tant les dessins d' Emily Hughes fourmillent de malice. C'est un festival végétal foisonnant de détails délicieux, de bestioles - le cousinage entre ces ours et ceux de Benjamin Chaud saute aux yeux.

sauvage
sauvage
sauvage

Jusqu'au jour où notre petite sauvage rencontre deux animaux étranges et autoritaire, le mâle étant visiblement de l'espèce des psychiatres. Cette apparition donne lieu à un décalage image/texte tout à fait accessible aux plus jeunes, une tranche de rigolade à partager. D'autant que commence alors chez les deux créatures aux moeurs si étranges, une tentative d'acclimatation à la fois drôle et douloureuse qui met notre héroïne dans des états de rage peu communs....

sauvage

Cette ode à la liberté, à la différence, à l'authenticité est franchement réjouissante !
Et miss Emily Hughes est assurément une dessinatrice à suivre.
D'urgence !

Sauvage
Emily Hughes
Flying Eye Books, Nobrow Ldt, 2013
Autrement Jeunesse, 2014

Quelques liens pour aller plus loin et se régaler encore :
le blog d'Emily Hugues
sa page FB
l'article de Mélanie de la Soupe de l'Espace
l'article de Maria Popova du blog (excellentissime) Brain Pickings
la page d'Emily Hughes sur le site de la maison d'édition Flying Eye Books
d'autres images sur Cartoon Brew

logo challenge albums 2015

Publié dans albums, Emily Hughes, Autrement

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animalium

Publié le par Za

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Du grand, du beau, de l'indispensable. On est au-delà du coup de cœur, c'est du coup de foudre. Il y a des livres qu'on est particulièrement fier d'offrir, en v'là un ! Mais il faut s'accrocher, car on atteint ici des hauteurs rares.

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Vider la boîte à adjectifs ne serait pas suffisant pour rendre hommage à ce grand bazar soigneusement classé qui se déplie généreusement sur les genoux - 37,7 x 27,7 cm, s'il vous plait ! Entre museum et cabinet de curiosité, cet album devient un compagnon d'émerveillement inépuisable.
Mais il s'agit tout d'abord de survivre à la couverture, aux pages de présentation des chapitres...

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Après, on plonge. Et là, il faut supporter vaillamment la beauté des planches.

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Le texte est tout à fait intéressant, n'en doutez pas. Mais je ne me remets pas des couleurs, de la construction des images, de la technique époustouflante de Katie Scott.

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Car nous construisons notre imaginaire à partir de ce que nous connaissons. Chaque créature présentée ici dans l'Animalium existe dans la nature et devient un point de départ pour rêver,créer, imaginer...

Préface de Sandra Knapp (Musée d'histoire naturelle de Londres)

Pour tous les amoureux de la belle édition, pour les adorateurs du chant de la page qu'on tourne, pour les sniffeurs de livres, cette merveille - qui rappelle les splendeurs d'Audubon - est une somme à caresser, à renifler, à conserver avec jalousie, à relire à l'envi. Animalium est à ranger à côté du Bestiaire du Gange, pas loin de Chimères Génétiques.

Animalium
Katie Scott & Jenny Broom
Autrement Jeunesse, novembre 2014

D'autres images et l'emballement de la librairie Les Sandales d'Empédocle par ici !

Les éditions Autrement Jeunesse ont fermé leurs portes il y a un mois environ. Jetez-vous sur les livres de leur catalogue inépuisable tant qu'ils sont disponibles.

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la ronde des animaux

Publié le par Za

Il était attendu,

ce deuxième opus de la déjà épatante collection Vintage des éditions Autrement !

la ronde des animaux

Après John Alcorn, voici donc Alice et Martin Provensen, classiques entre les classiques, élégants entre les élégants.

la ronde des animaux

Indissociables, Alice et Martin Provensen ont fait les beaux jours de l'illustration jeunesse dès le début des années cinquante. Ils ont souvent brouillé les pistes, changé de style, d'inspiration, mais ont marqué de leur empreinte des dizaines d'albums magnifiques !

la ronde des animaux

La ronde des animaux est un joyeux bazar à base d'histoires, devinettes, poèmes, conseils faussement utiles, donc absolument indispensables.

 

Que pensez-vous de ce rhinocéros ? Que dites-vous de l'élégance de cette girafe ?
Que pensez-vous de ce rhinocéros ? Que dites-vous de l'élégance de cette girafe ?

Que pensez-vous de ce rhinocéros ? Que dites-vous de l'élégance de cette girafe ?

la ronde des animaux

Le style du graphisme est résolument daté mais c'est ce qui lui donne ce charme indéniable. La cohérence de l'ensemble, malgré le côté décousu des différents chapitres est remarquable. La traduction de Marie Saint-Dizier et Isabelle Coumes se glisse dans tout ça sans se faire remarquer...

Soudain quand chanta l'alouette,

Un quart de seconde dans la plaine au printemps,

Les chevreaux levèrent la tête,

Et tout s'arrêta, l'heure, l'année, le temps.

La ronde des animaux est un petit théâtre devant lequel on passe un excellent moment, amusé, attendri, fasciné. Rien n'y prête à conséquence et cette légèreté est infiniment joyeuse. Il s'en dégage une vie et un humour irrésistibles, une vitalité qui n'a pas pris une ride. On parle parfois d'album intemporel, celui-ci ne l'est pas. Mais ce n'est pas pour autant qu'il a vieilli. Il est un témoin bien vivant de son époque. Et s'il faut aller chercher cet optimisme dans les années cinquante, je veux bien faire le voyage !

 

La ronde des animaux

Alice et Martin Provensen

traduction de Marie Saint-Dizier & Isabelle Coumes

éditions Autrement, collection Vintage, 2013

publié pour la première fois aux États-Unis en 1952,

par Random House Children's Books

 

Le magazine cligne-cligne nous présente ici

la première édition française de cet ouvrage,

c'était en 1962, et les Deux Coqs d'Or s'y collaient...

 

Lire aussi l'avis de Marilyne de Lire et Merveilles...

 

la ronde des animaux

Et zou ! une participation au Challenge Vintage de Céline !

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nuit d'hiver

Publié le par Za

Dans la nuit de l'hiver, celle où tout crisse, où est-on mieux que chez soi, au coin du feu, faisant fi de la neige ? Prête à dégainer les aiguilles à tricoter, les livres et le chocolat chaud ? Rien ne pourrait nous attirer dehors.

Rien ? Et si les minuscules étaient de retour ?

nuit d'hiver

Dans cette nuit d'hiver, du côté du vent qui souffle froid, de la neige et des fantômes, elle va chausser ses patins et sa lampe frontale pour aller au devant des esprits virevoltants, pour glisser sur le lac gelé et rompre le silence.

© La soupe de l'Espace

© La soupe de l'Espace

Nuit d'hiver est un album d'une grande subtilité, porté par le texte poétique d'Anne Cortey. Écrit à la première personne, il nous présente un personnage principal décidé, ancré dans la vie mais pourtant prêt à s'engouffrer dans la nuit pour retrouver des esprits. Elle pourrait être une petite fille, une adolescente, une femme, qu'importe. Ni le dessin ni le texte ne nous l'apprendront et peu importe. C'est son courage devant les chiens fous qui compte, sa volonté qui ne sera mise à mal que par le grand froid, sa confiance inébranlable qui la fait danser sur la glace.

 

Le brouillard épais de la nuit me tombe aussitôt dessus, prêt à m'engloutir. Heureusement j'ai ma lampe frontale. Le rai de lumière fait le ménage devant moi. Il fait disparaître les esprits maléfiques et les fantômes qui errent le long du chemin.
Mais je n'ai peur de rien. Ou presque rien. Car je sais que ces esprits ne me veulent pas de mal.

 

© La Soupe de l'Espace

© La Soupe de l'Espace

Cet album instille le surnaturel l'air de rien, avec finesse. Les illustrations d'Anaïs Massini traduisent une magie quotidienne, à coup de gouache lumineuse où volettent des flocons. On pourrait ne pas y croire mais un rien fait qu'on adhère. Le mouvement, la lumière, la chaleur du feu, le vent qui fait vivre la neige, l'énergie magnifique de l'héroïne...

 

nuit d'hiver

Anne Cortey & Anaïs Massini

Autrement Jeunesse

Janvier 2012

 

Les photos m'ont été gentiment prêtées par les cuistots de la Soupe de l'Espace. Ils exposent le beau travail d'Anaïs Massini dans leur librairie à Hyères (9 avenue des Îles d'or). Elle y dédicacera ses albums le samedi 15 juin 2013. Pour d'autres photos de cette expo, c'est ici !

 

nuit d'hiver

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le pêcheur de nuages

Publié le par Za

 

C'était un jour comme un autre, un jour d'automne, un jour un peu gris, mais sans remous. Ce jour-là, un homme a poussé son bateau sur un banc de sable et y a jeté l'ancre.

 

Ce genre de début inaugure généralement un branle-bas des habitudes, une explosion de curiosité, en un mot un joli bazar. Mais sans bazar, pas d'histoire, alors ne nous plaignons pas qu'au réveil, on trouve des poissons plantés dans le sable, comme tombés du ciel.

le pêcheur de nuages

Les habitants de la ville épient, espionnent, traquent. Et à la méfiance succède l’hostilité lorsqu'on découvre la provenance de la pêche miraculeuse. Les apprentis sorciers se mettent au travail, pour leur plus grand malheur. Les citadins, dérisoires manipulateurs de manettes, seront finalement rattrapés par le vent et les nuages.

le pêcheur de nuages

Imaginez un monde où seul le végétal aurait échappé au bidouillage humain. Un fouillis organisé et froid où les moutons ont un je ne sais quoi de mécanique, où même les poissons sont gagnés par la ferraille. Là où d'autres auraient tracé des bords de mer ombrageux, des paysages maritimes, Einar Turkowski préfère nous laisser imaginer la ville à partir de détails, steampunk gris et léché, virtuose, fragile, gagné par le sable. Un style de dessin d'autant plus remarquable qu'il est ici mis en valeur par le contraste avec la rugosité des nuages. Et que dire de cette planche naturaliste et mécanique tout à fait réjouissante qui mêle oiseau, poissons et machines hasardeuses.

Je suis toujours épatée par l'art de Turkowski à manier le gris - mis en valeur par le blanc du papier et le soin de l'édition. Il soigne le détail jusqu'à l'obsession, mêle mécanique et nature en laissant le lecteur décider qui des deux aura le dessus.

 

 

Le pêcheur de nuages

Einar Turkowski

texte français de Christophe le Masne

2007 (première parution en Allemagne 2005)

Autrement

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livres !

Publié le par Za

Amis du livre en papier et de la couleur qui claque,
amis de l'objet précieux et du dessin sixties,
voici Livres !

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Et qu'y a-t-il dans ce livre ?
Tout ce que l'on trouve dans un livre.
Des mots, des signes, des couleurs, des dessins, toutes choses vivantes et joyeuses.
Sans oublier l'odeur du papier, de l'encre, de la colle, fumet délicat à nos narines.
Amis des livres, parents d'amis des livres, cet ouvrage est pour vous ! 

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Le livre y est appréhendé dans toutes ses acceptions : livres pour lire et pour apprendre, livres pour colorier, rire, avoir peur, grands et petits livres, avec ou sans images, mais jamais sans mots ! Et des mots, il y en autant que de livres ! Des mots heureux ou épineux, rigolos ou regrettables. Tous évidemment composés de lettres, agrémentés de signes de ponctuation...

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Cette spirale réjouissante nous donne un livre sur les livres où il n'est finalement question que d'amour. Aimer les livres, vaste programme, mais si vous êtes ici, à me lire, c'est que vous les aimez, les livres (et que vous m'aimez bien moi aussi, mais c'est une autre histoire).

Des couleurs franchement pop, le texte de Murray McCain mêlé aux illustrations de John Alcorn, des animaux inattendus, des personnages joyeux, un graphisme réjouissant, voici le plein de vitamines indispensable à cette fin d'hiver ! 

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Ce livre épatant n'avait jamais été publié en France, il est pourtant un vrai classique aux États-Unis. Voici cette bévue rattrapée par les éditions Autrement, qui lancent une collection dont je me réjouis à l'avance : Autrement Vintage. Comme j'ai hâte de découvrir les suivants !

 

Livres !
Murray McCain & John Alcorn

éditions Autrement, 2013
collection Autrement Vintage
publié pour la première fois aux États-Unis en 1963

Et par ici les enthousiasmes
de Madame Mel de la Soupe de l'Espace
et de Madame Gaëlle la Libraire.

vintage

Ce billet inaugure ma participation

au Challenge Vintage de Céline,

une de mes complices

à l'Ombre du grand arbre !

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fleur de lune

Publié le par Za

Mr Ribblestone vit seul sur une île. Il est aux commandes d'un jardin bien en ordre, dûment étiqueté. La lumière y est parfaite et chaque insecte, chaque animal y a un nom. Si désordre il y a, sa luxuriance est maîtrisée, percée de passages secrets connus seulement du maître des lieux.

Un jour pourtant, la quiétude du jardin est troublée par une plante minuscule. Un plant de rien du tout qui a poussé sans autorisation, et qui croit et se développe de manière inhabituelle. L'ordre du jardin en est bouleversé. Mr Ribblestone aussi, qui va devoir se laisser embarquer par le merveilleux, le pas prévu.

Voici la trame toute simple du texte fouillé et minutieux d'Einar Turkowski. Mais même sans le texte, sans l'histoire proprement dite, cet album m'aurait accrochée. Voyez la couverture et revenez me voir dans un quart d'heure qu'on en cause.

Si vous n'y êtes pas perdu.

Et lâchez mon livre.

Tout de suite.

 

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Une pure folie de détails, d'enluminure, de fioritures, où la machine et la plante se mêlent si intimement, dans un univers si touffu, qu'elles finissent par se confondre. Et c'est sans parler des bestioles qui grouillent et volettent à un tel point que le dessin en devient bourdonnant.

 

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Et le vent ! Le vent qui secoue tout ça régulièrement, soulève les pollens, envoie valser l'agencement des choses et des êtres. Chaque arbre est unique ou, en tout cas, traité comme tel. Le feuillage, les écorces, tout tend vers le bruissement. C'est l'album le plus sonore que j'aie jamais vu !

 

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Einar Turkowski vient de faire une entrée fracassante dans ma bibliothèque, directement au rayon des présssieux ! Je ne me lasse pas de cet album au trait inquiétant à force d'être parfait. Le travail d'édition parachève le tout : la blancheur du papier ni glacé ni trop mat, le noir brillant et sans fin... Volume, profondeur, relief, nuances de gris, recoins à se perdre. Et je prends l'escalier illico pour voir ce qui se trouve au bout.

 

Einar Turkowski

Fleur de lune

(Die Mondblume)

texte français de Christophe Le Masne

Autrement Jeunesse, 2009

 

Jetez un oeil au site d'Einar Turkowski !

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pettson & picpus

Publié le par Za

Que diriez-vous de rendre une petite visite à Petson et à Picpus son chat ?

Retrouver les dessins malicieux de Sven Nordqvist est un régal digne de la plus exquise des gourmandises, comme, par exemple, un macaron basilic-citron. Quel rapport, me direz-vous ? Aucun. Je me damnerais pour un macaron basilic-citron, mais revenons à nos Suédois.

 

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Aujourd'hui, Pettson n'a pas la pêche. Il broie du noir, il déprime, envie de rien, juste attendre que la nuit tombe pour aller se coucher. Mais c'est sans compter avec Picpus...

 

J'ai feuilleté mon premier Pettson dans une librairie/magasin de jeu en Allemagne - Kunst und Spiel à Sarrebrück, Fürsenstraße 1a - si jamais vous passez par là... Je ne comprenais strictement rien au texte mais qu'importe, le charme a opéré immédiatement.

 

Les dessins, la composition des pages, tout concourt à plonger le lecteur dans un dilemme affreux : tourner la page ou prolonger le plaisir d'y farfouiller encore. Car il y a toujours dans un coin une créature hypothétique, un détail hilarant, une grenouille un brin barrée qui nous font de l'oeil. Sven Nordqvist tient son lecteur en assez haute estime pour lui proposer ce genre de complicité. 

 

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Et ils valent leur pesant de surströmming nos deux camarades ! Le chat frappadingue vaguement hyperactif et le ronchon pas rasé de près, pas habillé à la dernière mode. Clown et Auguste, trublion et bougon, le tout dans un joyeux fouillis résolument anti-Feng shui ! Ah, c'est sûr qu'il ne doit pas faire la poussière tous les jours, ce bon Pettson et qu'il se fout bien que la couleur de ses rideaux soit assortie à la nappe...

 

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Après cette lecture, j'avais presque envie d'une longue balade au bord d'un lac en Suède.

J'ai dit presque.

 

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gruffalo

Publié le par Za

Il m'arrive de changer d'avis. De reconnaître que j'ai tort. Mais c'est juste parce qu'en ce moment je travaille très sérieusement le niveau 2 de mon stage de perfection - qui compte 56 324 niveaux, je vous tiendrai au courant...

Lorsque j'ai entendu parler de ce film d'animation, j'ai fait la fine bouche, pour ne pas dire la moue, plaçant d'emblée l'album d'Axel Scheffler et Julia Donaldson au-dessus de tout. J'étais dans l'erreur. Bien enfoncée dedans, avec juste les yeux qui surnagent. Mais je me repends. Depuis la séance de dimanche matin, 10h30, dans un cinéma sur un quai au bord de l'Oise ouske barbotent des cygnes niais...

Le Gruffalo, donc.

Un album à offrir à vos microbes, dès... que possible, il n'y a pas d'âge pour ce genre de réjouissances !

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Le Gruffalo a débarqué chez nous il y a fort fort fort longtemps, dans sa version anglaise. Le pauvre Petitou - qui ne mesurait pas encore un mètre - l'a entendu en anglais dans le texte, puis en traduction française en direct, c'est à dire jamais deux fois avec le même texte...

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Entendons-nous bien, le Gruffalo, sans la souris ne serait rien, juste une boule de poils hirsute, un regard orange, certes, une langue noire, certes, mais dans le genre monstre, on a vu plus terrible. C'est qu'il lui doit tout, à la souris, le balourd poilu ! Elle l'a inventé. Comme toute souris qui se respecte,  elle est fragile et si mignonne qu'on aurait envie de l'adopter (enfin, vous, pas moi, car s'il n'y a rien dont je me méfie davantage que des chats, je ne raffole pas des souris non plus...). Sauf que celle-là, dans les situations désespérées, elle dégaine une arme irrésistible : l'imagination !



La souris du film a toutes les qualités de sa cousine de l'album, avec ce je ne sais quoi en plus dans la mimique et le regard, un peu las et revenu de tout... C'est irrésistible de drôlerie ! Quand aux autres... Le Gruffalo est délicieusement benêt, le serpent siffle sournoisement des sottises stupides, le hibou hagard - mais pas hardi - hulule  et le renard roux est rarement rusé...

Le décor est soigné à l'extrême. La forêt est magnifiquement bien traitée : la lumière dans les feuilles, la profondeur,  les changements d'atmosphères, de la clairière au bois sombre, de la mare au nid des écureuils, les premiers flocons de neige (yerk!), et surtout, deux scènes magnifiques dans un champ d'aigrettes de pissenlits qui donnent envie de souffler, ou d'éternuer, au choix ! Et les grenouilles...

La qualité de l'animation parle d'elle même dans l'extrait suivant. Les petits sauts de la souris lorsque le Gruffalo marche derrière elle ! Une perfection d'humour et d'intelligence !

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Vous l'aurez compris, ce film est remarquable. J'ai eu besoin du grand écran, de la salle obscure pour le comprendre, pour le savourer vraiment, un dimanche matin, au bord de l'Oise ouske barbotent des cygnes suffisants et ô combien ridicules...
Gruffalo est un film de Jacob Schuh et Max Lang, 
produit par Magic Light Pictures en 2009.
 
Gruffalo
Julia Donaldson & Axel Scheffler
Autrement Jeunesse
 
Au fait,
je participe à mon propre challenge !
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le 23 novembre 2011,
C'est décidé, j'aime La Soupe de l'Espââââce !

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