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7 articles avec didier jeunesse

Maria Jalibert et des bricoles

Publié le par Za

En route mauvaise troupe ! Embarquons à bord du bric à brac !
La Maria Jalibert's touch, c'est ça. Une multitude de petits jouets en plastique, un recyclage joyeux de bidules familiers, de restes dépareillés de jeux, une roue, une lettre magnétique, des bestioles et des machins chouettes gagnant une glorieuse seconde vie, artistique, littéraire et tout et tout.

Maria Jalibert et des bricoles

Je suis parti en bateau et j'ai vu dans les flots...
Un vélo à l'envers,
un chien dans la théière,
un petit et sa mère.

Maria Jalibert et des bricoles

En route!, c'est un format à l'italienne allongé dans le sens de la route, une couleur par double page et des éléments à rechercher dans l'accumulation. On s'y perd, on s'y retrouve, on suit le texte, poétique et incongru, joliment surréaliste. La narration hoquette selon le temps que l'on consacre aux éléments camouflés tels des caméléons. Les enfants - et anciens enfants - qui liront cet album se régaleront à détailler les images, à y retrouver ces petits riens qu'ils conservaient dans des boites en fer de Chamonix Orange à l'effigie d'Astérix - mais je m'égare. En route! est un cherche et trouve redonne vie à des jouets délaissés et transforme le banal en exceptionnel.

Maria Jalibert et des bricoles

Et tant que nous y sommes, aujourd'hui, c'est deux pour le prix d'un !
Et qu'il est joyeux, ce Joyeux Abécédaire ! Une perfection du genre qui, s'il répond aux exigences du genre, le renouvelle d'un coup d'un seul, dans une fantaisie parfaitement débridée. Les objets sont ici victimes de collisions, de rencontres fortuites, qui donnent à l'ensemble une allure de cadavres exquis rigolards. Onomatopées, mouvement et couleurs, on ne s'ennuie pas une seconde en naviguant d'une lettre à l'autre et la relecture s'avère vite indispensable.

Maria Jalibert et des bricoles

Maria Jalibert

En route
Didier Jeunesse, 2017

Le joyeux abécédaire
Didier Jeunesse, 2016

Maria Jalibert et des bricoles

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Louis Pasteur contre les loups-garous

Publié le par Za

Louis Pasteur contre les loups-garous

C'est l'histoire d'une lecture.
Et vas-y que je te raconte ma vie.
J'ai offert ce livre au Fiston pour Noël. Une espèce d'enthousiasme entourait alors ce roman, d'où l'achat. Etant donné que sa PAL n'a rien à envier à la mienne, il ne l'a pas encore lu - c'te honte.

De mon côté, l'étais sceptique, car je suis un monstre d'a priori. Le rapprochement entre un personnage historique et des créatures fantastiques m'arrêtait un brin. Mais je ne suis pas exactement le public visé. Là où le lecteur d'âge idoine verra d'abord les loups-garous, je bloque sur Pasteur, car je suis une rationnaliste sans fond.  J'aurais dû pourtant me fier au côté feuilleton de ce titre. A son côté Scoubidou aussi.

Et puis, un mien camarade, auteur de son état - enfin, largement secondé par son chien ces temps derniers - me fait savoir qu'il a adoré ce roman. Ni une ni deux, je me jette dessus - le livre - et ne le lâche plus - le livre.

Le personnage de Louis Pasteur est réel, certes, sa soif de savoir, sa force de travail herculéenne sont historiques, les dates collent. Mais le reste... Eh bien ce reste est haletant, mouvementé, teinté d'humour et surtout, salement bien écrit !

Attention, il y a aussi une héroïne. Et pas une moitié, une vraie héroïne de roman. Constance de Villeneuve Letang se pique d'escrime tout en se débarassant, parfois involontairement, du carcan qui enserre les filles de son époque. Avec Louis Pasteur, ils forment un duo fort complémentaire de chasseurs de loups-garous, deux personnages principaux, à égalité.

Comme cela arrive parfois après une frayeur intense, Louis se sentit étrangement euphorique. Ses récepteurs opiacés s'étaient mis en route à toute bringue. Son organisme enregistrait une décharge d'enképhalines. Il avait envie d'éclater de rire. Il était debout sur le toit de l'école, il dominait le monde. Il tenait Constance dans ses bras et était bien décidé à ne plus jamais la lâcher.

Les faits épouvantables qui ensanglantent l'Institution Royale Saint-Louis sont vus à travers le prisme de l'esprit cartésien et exclusivement scientifique du jeune Pasteur. Cette mise à distance régulière est franchement réjouissante. Si l'on ajoute l'emballement des dernières pages, nous voici face à ce que j'appellerais un roman jeunesse mais pas que.

Une dernière chose. Dans la vie, à part lire des livres, tricoter et préparer des plats, j'adore apprendre des mots. A mon grand âge, je commence à en connaître un petit paquet. Eh bien je voudrais remercier Flore Vesco de façon plus personnelle pour m'en avoir appris un nouveau. Un nouveau mais un beau, un magnifique, que je vais essayer de replacer dès demain. C'est pas gagné. Encore que. Certaines canalisations de ma connaissance pourraient m'aider.

Un courant d'air chaud lui souffla en pleine figure, déversant une puanteur pouacre qui lui souleva le coeur.

Pouacre...

Flore Vesco
Louis Pasteur contre les loups-garous
Didier Jeunesse, 2016

 

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Soleil d'hiver

Publié le par Za

Aujourd'hui, je dessine une lune sur la buée du carreau.

Soleil d'hiver
Soleil d'hiver

Si cette image ne vous émeut pas, je rends mon tablier.

Un poème de Jorge Lujan, traduit par Carl Norac, une merveille de délicatesse.
Un enfant attend le retour de sa mère, dans cet espace de vague angoisse et d'aventure où tout est possible, même pour cinq minutes. La mère apparait dans le croissant de lune, tout va bien, la nuit peut tomber vraiment.
Illustrer ce poème demandait de la légèreté et infiniment de modestie. Il fallait Mandana Sadat.

Elle traduit si naturellement l'énergie des enjambées de la mère qui rentre à la maison, puis la douceur, la rondeur des bras et de la lune. J'imagine sans peine le moment de lecture que sera cet album auprès de minuscules lecteurs blottis...


Soleil d'hiver
Jorge Lujan & Mandana Sadat
traduction de Carl Norac
Didier Jeunesse, 2005

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les plus belles berceuses jazz

Publié le par Za

Quand je vous dis les plus belles, ce sont vraiment les plus belles ! Laissez tomber ce que vous étiez en train de faire, calez-vous ces musiques au creux des oreilles, autour du cou comme une douce écharpe cachemire tricotée main, entre les mains comme une tasse de thé fumant.

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15 chansons choisies avec soin, 15 chemins parfaits vers le jazz vocal, dans les pas des plus grands, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Nat King Cole, Chet Baker, Franck Sinatra, Billie Holiday... Rien ne manque de mes admirations, pas même Michel Legrand ! De quoi esquisser une première et solide culture jazz ! J'en suis restée baba ! Eh, progéniture, écoute-moi ça ! Écoute cette chanson, ma préférée entre toutes... C'est du Jazz, mon grand, et le Jazz, ça, c'est de la musique ! Attention des berceuses, peut-être, mais pas soporifiques !

 

 

Chaque chanson est accompagnée d'un court texte la replaçant dans son contexte musical, puis du texte en anglais et de sa traduction française. Je salue bien bas Misja Fitzgerald Michel qui a sélectionné les chansons, c'est du grand art ! Un bouquet parfait, ballades classiques, voix qui embarquent illico over the rainbow... Et comme si ce n'était pas suffisant, voici les illustrations d'Ilya Green qui enrobent, emballent, magnifient le tout. Les univers nocturnes, oniriques lui vont comme un gant. Douceur et sérénité. Je vous l'annonce : cet album fait du bien ! Et c'est tout. Et c'est suffisant.

 

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Le trait précis d'Ilya Green est reconnaissable au premier coup d'oeil. Visages délicats et familiers, cieux étoilés et peuplés de rêves, son univers de crayons et papiers découpés se love tout naturellement contre les voix. C'est assez exceptionnel de cohérence et d'harmonie.

 

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Un grand coup de coeur pour un album de très grande classe !

 

Les plus belles berceuses Jazz

illustrations d'Ilya Green

traductions de Valérie Bouzeau

15 berceuses sélectionnées par Misja Fitzgerald Michel

Didier Jeunesse, 2012

 

Voir aussi l'avis de Gaëlle & la chronique de la Mare aux Mots.

 

 

 

 

Allez, une dernière avant la nuit,

for my very dear Bree,

too far away from me,

this Russian Lullaby...

 

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peter pan, wendy et charles mingus

Publié le par Za

 

 

 

 

Soudain, la porte de la chambre s'ouvrit.

c'étaient Monsieur et Madame Darling, alertés par le bruit.

Ils restèrent là, plantés, étonnés, sidérés, le coeur déchiré, n'en croyant pas leurs yeux:

leurs enfants s'envolaient dans le ciel étoilé.


Peter Pan est pour moi un roman de l'abandon, de l'enfance sans pitié, le roman d'une certaine cruauté.
Rien de joyeux dans cette histoire crépusculaire.

Mais c'est ce qui en fait tout le sel.

 

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Cet album est une adaptation très singulière du roman de Barrie, à mille lieues des sucreries habituellement déversée lorsqu'on veut présenter Peter Pan aux enfants - j'exclus évidemment ici la lecture définitive qu'en fait Loisel et qui est destinée aux adultes.

 

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Et cette fois, c'est Ilya Green qui s'y colle, et avec quel talent ! Crayon de couleur et papiers découpés, de grands aplats noirs et des regards en biais qui ne cesse d'inquiéter. Les enfants perdus surgissent des rêves/cauchemars des enfants Darling avec des visages impassibles qui ne présagent rien de bon. Les personnages d'Ilya Green ont les yeux noirs. De grands yeux, profonds comme une nuit sans lune. Seul Peter Pan promène sur cette histoire un regard vert un peu bizarre, un regard qui nous dit qu'il ne s'en laissera pas conter. Il y a aussi les yeux clairs d'une sirène à la mine renfrognée...

 

Enfin ils arrivèrent en vue de l'île. Ou peut-être ce fut elle qui vint à leur rencontre.

 

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Neverland... La mer semble sans cesse déchaînée, les arbres aux couleurs froides n'offrent qu'un abri bien dérisoire. Il faudra d'ailleurs attendre le retour à Londres pour assister à une explosion de couleurs rassurantes - rassurantes comme le réveil au sortir d'un rêve agité...

L'adaptation de Jean-Pierre Kerloc'h offre un texte alerte et vivant, sans qu'aucune description superflue ne vienne brouiller la lecture des illustrations. Et peu importe les libertés qu'il prend avec l'histoire originale, le déroulement des évènements reste parfaitement cohérent.

 

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L'enregistrement qui accompagne cet album parachève l'impression d'étrangeté, de nouveauté. Qui attendrait la musique de Charles Mingus en contrepoint de cette histoire ? Les passages musicaux ne sont pas ici destinés à illustrer l'action. Ils répondent au texte, créent une ambiance décalée, avec une pointe d'aridité parfois. J'avoue avoir commencée l'écoute avec scepticisme pour finalement me laisser embarquer par la lecture d'Éric Pintus - l'auteur d'Ours le bouffe et du récent Faim de loup

 

 

 

Une belle expérience, pas gagnée d'avance, audacieuse mais qui vaut le voyage !

 

Peter et Wendy

J.M. Barrie

adaptation de Jean-Pierre Kerloc'h

musique de Charles Mingus

illustrations d'Ilya Green

Éric Pintus, récitant

Didier Jeunesse

2011

 

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la nuit des cages

Publié le par Za

 

 

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Le fils de l'ogre est enfermé dans une cage. Être le fils d'ogre, a-t-on idée...

La fille de la sorcière est enfermée dans une cage. A-t-on idée d'être fille de sorcière...

Est-il, lui aussi, un ogre ?

Est-elle aussi une sorcière ?

 

De la rencontre du texte de Rascal et des illustrations de Simon Hureau naissent des ombres magnifiques, aux mille détails. On pourrait en passer du temps à épier les recoins de la forêt, à dénicher la multitude d'insectes, les papillons, les chauves-souris, les champignons, surprendre le face à face du serpent et de l'oiseau, épier les reptiles, dénouer les entrelacs sans fin des arbres, des lianes... Le fils de l'ogre, lui,  s'échappe, fuit à travers les bois.

 

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Un format à l'italienne, des doubles pages qui accompagnent parfaitement le héros traqué par des soldats aux allures de samouraïs. Puis c'est la procession grotesque, grimaçant de mauvaise joie, qui mène la fille de la sorcière au bûcher.

 

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Un poutou de Za à qui découvrira les personnages familiers qui se sont glissés dans ce dessin...

 

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Le beau texte de Rascal, inquiétant, onirique, galope du côté du Moyen-Âge, au bord des contes. Il est présenté sur un fond vert magnifique, les pages sans texte demeurant, elles, en noir et blanc. Le choix des mots est précis, riche, élégant.

 

Je suis le fils de l'ogre Morillon

Qui comme le mal renommé Villon,

Termina au bout d'une corde

Sans la moindre miséricorde.

JE NE VOULAIS PAS FINIR

ENTRE LES MAINS DU BOURREAU

Alors je suis passé entre deux barreaux

Ai pris la clef des champs

Filé comme le vent.

 

Et la fin de l'histoire nous emporte du côté des courts-métrages de Lotte Reiniger, là ou des enfants-oiseaux donnent naissance à d'autres enfants oiseaux...

 

 

 

 

J'ai tout de suite compris que c'était ma belle

Doublé mendiants, nains et haridelles

Bouffons, califes, tortues, puis ce fut elle

MA  JOLIE PETITE GUEUSE

MA BELLE AMOUREUSE

 

La nuit des cages

Simon Hureau et Rascal

Didier Jeunesse, 2007

 

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les musiciens de la Nouvelle-Brême

Publié le par Za

 

 

Voilà de quoi réchauffer cette fin d'année et vive le Père Noël qui a eu l'idée de déposer cet album dans les chaussons de Petitou !
 
 
musicos
 
 
Franky le caribou rêve de devenir chanteur. Pas commun pour un caribou. Où réaliser ce rêve, si ce n'est à la Nouvelle-Brême ? Max, le castor, lui, est un batteur né. Mais lorsqu'on est castor... Et puis il y a Dexter, le raton laveur. Et aussi Charlie le grizzli. Tout ce petit monde talentueux se croise un jour et la suite... Vous la connaissez. Presque.

 

 

 

 

Un texte vif et enlevé de Pierre Delye, des illustrations mi-dessin, mi-collage de Cécile Hudrisier et voilà une trop belle occasion de faire entendre les originaux à Petitou. Parce que, quand il fait -14°C dehors (si, si), pour se réchauffer, le Jazz, y que ça de vrai  - avec le grand feu de cheminée, bien entendu !

 

 

 

Les musiciens de la nouvelle Brême

Pierre Delye & Cécile Hudrisier

Didier Jeunesse

2010

 

 

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