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3 articles avec doado

le fils de l'ombre et de l'oiseau

Publié le par Za

le fils de l'ombre et de l'oiseau

Bois de rose, bois de sang et de santal...
Je ramènerai la forêt où elle est née...

Cette histoire débute sur l'île de Pâques avant de s'envoler, au sens propre, vers le continent sud-américain, l'Amazonie, la Patagonie - comment se lasser de l'adjectif patagon... Une femme-oiseau, un homme sans ombre tout droit sorti d'un roman, une jeune fille à huit doigts, un chiffonnier manchot, Butch Cassidy... Des personnages pétris d'étrangeté peuplent ce roman d'aventure et de poésie.

Croisant son visage par-dessus son épaule, Pawel la surprend en admiration devant le ciel. La ballet des nuages, la fuite d'un oiseau lointain.
- Pas encore, finit-il par dire. Ici c'est la pampa. Les ciels patagons seront encore plus beaux que ceux-ci.

Une forêt à replanter, le rêve fou de voler comme les oiseaux, le fleuve qu'on lit comme un livre, la révolution, les chevauchées incertaines... Le temps transforme les parcours en mythes et les générations défilent, liées par des promesses qui engagent une vie entière.
On se laisse immerger dans cette épopée intime, racontée en une nuit sous un arbre par deux frères au bord de venger leur père. On vole, on galope, on laisse file les années.
La petite musique d'Alex Cousseau se construit à travers des romans d'au-delà des mers, de livre en livre, Je suis le chapeau, Les trois vies d'Antoine Anacharsis, une galerie des beaux personnages, de mondes en construction.

Alex Cousseau
le fils de l'ombre et de l'oiseau
rouergue, collection doado
2016

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un chapeau, un trésor

Publié le par Za

Deux voyages, deux chimères.

Courir après un chapeau, courir après un trésor.

Deux romans d'Alex Cousseau qui vous envoient valdinguer à travers les mers, au-delà du froid, à la recherche de dieu sait quoi finalement. Deux textes qui mêlent habilement la fiction et la réalité, à la poursuite de personnages réels, Knut Rasmussen, Edgar Allan Poe. Deux histoires qui tanguent en trois parties, trois vies dans une.

 

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Je suis le chapeau

J'avoue avoir été un temps trompée par le suis du titre. Je suis, du verbe être, du verbe suivre ? des deux ?

Abandonnez immédiatement ce que vous êtes en train de faire, c'est à dire lire mon pauvre billet, pour vous ruer ici et lire le magistral premier chapitre de ce roman ! C'est le genre de lecture qui vous donne un coup de fouet, au cas où vous auriez oublié ce que littérature veut dire. Et ne vous laissez pas abuser par le ado de doAdo sur la couverture, c'est un roman, point.

Pourtant, quelque chose cloche.

Cet ours est coiffé d'un chapeau.

Un chapeau brun, doté d'un élastique coincé autour du cou.

Wanda et Oukiok sont orphelins. Leur père a été tué par l'ours au chapeau. L'ours tué à son tour et mangé, ne reste que le chapeau et les initiales KR, Knud Rasmussen. Durant leurs trois vies, au Groenland, au Cananda puis en Écosse, les deux jeunes inuits traquent l'explorateur dans l'espoir de lui rendre son chapeau, rencontrent Robert Flaherty en plein tournage de Nanouk l'esquimau, croisent Winston Churchill. Wanda ne parle pas, elle est muette comme les films de cette époque, sa voix ne se fait entendre que la nuit, lorsque le rêve déborde, lorsqu'elle ne parle que pour son frère, qui prend fébrilement ses paroles en notes. Un roman épique, une quête de vie, teintée de magie, de chamanisme, ancrée dans une réalité historique passionnante : les années 20, les débuts du cinéma documentaire, l'exploration des terres arctiques. Wanda et son frère rencontreront-ils Knud Rasmussen ?

L'enchaînement des courts chapitres rend la lecture haletante. Il est impossible de lâcher ce livre tant qu'on ne l'a pas terminé.

   

Trois vies encore.

Les trois vies d'Antoine Anacharsis

Une première vie au large de Madagascar, qui débute en 1831 comme débutent toutes les autres vies du monde : dans le ventre d'une mère. Et c'est là le tour de force d'Alex Cousseau: cette première vie in utero mais en pleine conscience où Taan, le futur Antoine reçoit son héritage avant même de naître. Une généalogie d'abord, une lignée de femmes, et puis un parchemin couvert d'une écriture indéchiffrable, sésame vers le trésor du pirate Olivier Levasseur.

Cette première vie, absolument fascinante, voit les parents d'Antoine arrachés à leur île, emmenés en esclavage vers un nouveau continent qu'ils ne verront jamais.

Si mon père était le kraken, ses jambes seraient des bras, des tentacules. Il aurait plusieurs paires de bras d'où pendraient plusieurs chaînes et il étranglerait les hommes qui nous retiennent prisonniers. Si mon père était le kraken, il renverserait la chaloupe d'un tour de rein. Et la goélette en même temps, pour libérer la tortue. Si mon père était le kraken, il n'aurait pas peur des fusils, perdre une jambe ou deux ne changerait rien pour lui. Si mon père était le kraken, on n'en serait pas là. Mais mon père n'est qu'un homme. Ni lui ni moi ne sommes le kraken, nous sommes moins que des hommes, nous sommes des esclaves, mon père est un esclave et je suis à peine plus gros qu'une langouste coincée au fond d'une nasse.

Les deux autres vies d'Antoine seront celles  de la vie à bord d'un baleinier, de la plantation, de la recherche, du décryptage du cryptogramme, pour lequel il cherchera à solliciter Edgar Allan Poe, grand déchiffreur de messages codés. Dans cette histoire, Antoine perdra la parole, se fera couper la langue. 

Les trois vies d'Antoine Anacharsis est un excellent roman d'aventure, et même un peu plus que ça.

J'ai lu ces deux livres à la suite et leur ai fatalement trouvé des ressemblances. La construction en triptyque, les héros privés de parole, et ces deux objets, le chapeau et le parchemin, dont on finit par comprendre qu'ils ne sont qu'un catalyseur. Voici une fois de plus la preuve éclatante de ce que la littérature de jeunesse peut donner de meilleur, de plus exigeant.

 

Alex Cousseau

Je suis le chapeau (2009)

Les trois vies d'Antoine Anacharsis (2012)

éditions du Rouergue

collection doAdo

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le jour où je suis devenu écrivain

Publié le par Za

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À tous ceux qui penseraient que la littérature dite de jeunesse est une daube démago et formatée, je propose de plonger dans ce texte de Vincent Cuvellier, écrit d'un souffle, lu d'une traite.

 

À tous ceux qui penseraient que les livres pour ados sont un ramassis de vampires asexués, je suggère d'accompagner le jeune Vincent sur le chemin chaotique de l'écriture, cette évidence qui veut que ce sera ça et rien d'autre.

 

À tous ceux qui penseraient que l'édification littéraire des jeunes cerveaux passe par une langue classique et châtiée, j'enverrais volontiers en rafales les phrases de ce récit qui ne se regarde pas écrire mais s'écoute.

 

À tous ceux qui penseraient que la vraie littérature, la seule, ne s'adresse qu'aux adultes, je demande poliment d'enlever leurs oeillères et de goûter ce style, accroché à l'oralité à s'en écorcher les doigts.

 

À tous ceux qui penseraient que les bons sentiments font oeuvre de pédagogie, ce texte enlevé et réjouissant devrait faire du bien.

 

Et à tous ceux qui, comme moi, passent leur chemin lorsqu'un livre est estampillé adolescence, je dirais qu'ils ont tort.  

 

La fois où je suis devenu écrivain est un grand texte comme je n'en avais pas lu depuis longtemps.

 

Et je pratique l'anaphore si je veux.

 

Vincent Cuvellier

La fois où je suis devenu écrivain

Rouergue, collection DoAdo

mars 2012

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