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6 articles avec gautier-languereau

imagine

Publié le par Za

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J'avais fini ma chronique lorsque j'ai vu cette vidéo. Alors, j'ai jeté ma chronique qui ne voulait plus rien dire parce qu'Aaron Becker dit tout mieux. Mais beaucoup mieux.

Alice au Pays des merveilles en short, avec un crayon, une cité alambiquée, des aqueducs à la Eischer, des machines volantes gentiment steampunk, les Milles et une nuits, le pouvoir de l'imagination et de l'audace au bout de la plume d'Aaron Becker, le tout aquarellé comme si c'était normal - la modestie du type !

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Jetez-vous sur cet album sans texte - pas la peine !
Il suffit d'embarquer sur ce tapis volant...

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Imagine
Aaron Becker
Gautier-Languereau, 2014

Journey
Cadleweek Press, 2013

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logo challenge albums 2015

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une bible

Publié le par Za

une bible

Evidemment que je ne l'ai pas lu ! 385 grandes pages, 3 bons kilos. Vous pensez bien que ce n'est pas le genre d'objet auquel on s'attelle un soir en annonçant : "bon allez, je m'y mets !" Mais si j'attends de l'avoir terminé, vous aurez une longue chronique dans quelques années... Alors je vais le chroniquer comme je vais le lire, à petite dose, et dans le désordre, forcément.

J'étais curieuse de savoir comment Philippe Lechermeier et Rébecca Dautremer avaient traité la Nativité. La créature de la couverture, entité mécanique aux plumes indiennes rencontre la jeune Marie. Il n'est pas un ange mais un homme oiseau.

une bible

Et c'est une belle histoire qui court de l'humble étable aux palais somptueux des Mages, dans une langue fluide et évidente. L'homme oiseau accompagne les protagoniste, les pousse les uns vers les autres.

Quand il fut bien loin, tellement loin qu'aucun homme, même en grimpant au sommet de la montagne la plus élevée, même en ouvrant les yeux très grands, n'aurait pu porter son regard jusque-là, il sut qu'il était arrivé.
Par une fenêtre, il pénétra dans une somptueuse demeure.
C'est la que vivait Melchior, le grand magicien persan.

Les images de Rébecca Dautremer se parent alors d'une sobriété émouvante. L'enfant dort dans les bras de Joseph qui le regarde, il est blotti dans le cou de sa mère, il sommeille, la tête penchée. Autant de polaroïds, de moments silencieux qui contrastent avec l'arrivée en fanfare des trois Mages, toutes couleurs dehors, la large tête d'un éléphant peint renvoyant aux profils modestes de l'âne et du boeuf. Tout cela est époustouflant.
Et ce n'est qu'un début...

une bible
Philippe Lechermeier & Rébecca Dautremer
Gautier Languereau, 2014

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Баба-Яга / baba yaga # 2

Publié le par Za

Babayaga n'avait qu'une seule dent.
Et c'est probablement cela qui l'avait rendue si méchante
.

Ainsi débute le texte de Taï-Marc Le Thanh, qui plonge dans l'enfance de l'ogresse à la recherche de ce qui avait bien pu gâter son caractère. En butte aux moqueries de ses camarades, la petite Babayaga, bien seule, choisit une option un brin radicale : elle deviendra ogresse. Ogresse et solitaire.

Баба-Яга / baba yaga # 2

Oh, elle a bien ouvert un restaurant, dont le nom poétique mettrait l'eau à la bouche à bien des croque-mitaines : "Au bambin qui rissole"... Toutes les étapes du conte sont là, la petite Miette doit échapper au chat, aux chiens mal embouchés, à l'arbre entreprenant. Mais c'est un crapaud qui la conseille. Et Babayaga, bien qu'affamée, finira l'histoire bien piteusement.

Баба-Яга / baba yaga # 2

Rébecca Dautremer enrobe cette histoire de ses rouges si reconnaissables, mais aussi d'ombres tout à fait angoissantes. Miette a les rondeurs d'une matriochka. Elle traverse cette aventure comme si elle connaissait déjà la fin de l'histoire, presque avec sérénité. Son allure en fait le pendant enfantin de Babayaga, ce qu'elle aurait pu être si elle avait eu d'autres dents...

Le texte prend des libertés salvatrices avec le conte original, y glisse des traits d'humour, humanise la sorcière, là où elle est habituellement une créature purement malfaisante mue par son appétit. Elle a finalement l'air aussi malheureuse que cruelle.

Babayaga

Taï-Marc Le Thanh & Rébecca Dautremer

Gautier-Languereau, 2003

 

 

Depuis le Bal des échassiers, on l'attendait. On trépignait même un peu. Bien fait pour lui. Il fallait pas commencer si fort, si beau. Alors, il ressemble à quoi, le nouvel Echegoyen ?

Баба-Яга / baba yaga # 2

Paul Echegoyen transforme Baba Yaga en araignée avide et patiente, tissant sa toile telle une broderie précieuse, autour de Vassilissa. On passe sans transition de la lumière dorée jouant dans les cheveux de la blondinette aux joues roses à la forêt sombre où seules quelques lueurs vous fixent de leurs regards inquiétants. Mais dès que l'on pénètre dans le monde de l'ogresse, le dessin gagne en profondeur, en matière. Les détails apparaissent, fourmille, inquiètent. Et au milieu trône une créature qui n'a rien d'humain. Pas plus que la servante, d'ailleurs, verte bestiole aux grands yeux émerveillés. Rien ne ressemble plus à quoi que ce soit de connu.

Le grand format de l'album permet au lecteur de s'immerger dans cet univers qui fait la part belle aux motifs des tissus, où tout - branches, cheveux - se transforme en fibre qui pourrait être tissée, brodée, jusqu'à l'étouffement.

Le texte de Claude Clément suit la trame du conte, dans une langue classique qui tangue parfois au balancement de rimes discrètes.

Soyons sûr qu'il n'y aura pas que le Cabas à attendre le prochain Echegoyen...

Baba Yaga

Claude Clément & Paul Echegoyen

Seuil Jeunesse, 2013

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la route de Bethléem

Publié le par Za

La principale vertu des blogs est de pouvoir donner son avis alors même que personne ne vous a rien demandé. Alors Noël.

Voilà, nous y sommes.

Les deux pieds, les deux mains dedans, jusqu'au cou.

Dans la guirlande lumineuse jusqu'à l'écoeurement. À ce propos, je propose qu'on livre à la vindicte publique celui ou celle qui a lancé la mode des décorations de maisons qui débordent sur les façades, imposant à tous le mauvais goût de chacun, dans une surenchère délicieuse.

Sans parler de la culpabilisation généralisée qui veut qu'on passe Noël en famille, et qui rend toute personne solitaire plus misérable encore. Je suis seul le 22, je suis seul le 23, je suis seul et malheureux le 24 et le 25, je suis seul le 26, je suis seul le 27...

Mais pour autant, je ne me priverais pas du gros barbu en rouge, ni de la joyeuse excitation qui gagne la progéniture à l'évocation de ces quelques jours à venir.  Car tout cela est largement coupé des racines religieuses de la fête, elles-mêmes honteusement pompées sur des réjouissances païennes et saisonnières. Je dis ça à l'intention de ceux  pour qui le chic du chic de la laïcité bêtasse consiste à voir dans le Père Noël un suppôt de la papauté.  Sur les origines de la fête de Noël et de ses avatars, voir l'article de Carole

Alors, j'ai beau être d'un rationalisme exacerbé, je n'en ai pas moins été émue par ce très bel album, que j'ai lu comme un conte, une belle histoire, l'arrivée au monde d'un minot privé de tout, un enfant de pauvres.

 

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Cette histoire est archi-connue, pire que le Petit Chaperon Rouge, c'est dire ! Les personnages sont archétypaux en diable, enfin, en diable... Et puis les animaux, un âne, un boeuf, des moutons, un genre agricole des plus communs.

Ce qui fait tout le charme de La route de Bethléem, c'est son inscription dans un quotidien saupoudré de poésie simple, où l'agneau et la sauterelle  trouvent leur place au côté des mirifiques Rois Mages. J'ai toujours eu un faible pour ces trois-là, qui arrivent en retard, excusés par l'étrangeté de leur apparition, leur caravane étonnante, leurs étranges cadeaux - peu appropriés pour un enfant de cet âge, vous l'avouerez.

 

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Et puis il y a les anges, inévitable feu d'artifice final, qui tournoient dans le ciel, en y laissant des plumes au passage.

 

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Les dessins de Peter Malone, naïfs mais rigoureux, ne tombent à aucun moment dans l'image pieuse. Ils lorgnent plutôt vers l'enluminure, avec des bleus profonds, des perspectives un rien médiévales.

 

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Qu'on soit croyant ou pas, cette évocation de la Nativité, au plus près de l'humain et de la nature, apportera un instant d'émerveillement. Parce que si l'on ne s'émerveille pas un chouïa à Noël, à l'image du Ravi, ce personnage de la crèche provençale qui ne voit que la beauté du monde, ce n'est pas la peine.

 

Nous sommes les bergers.

La tente céleste s'agite, les os de la terre tremblent.

des cailloux brillants rebondissent et crissent sous nos pieds.

Petit Jésus, nous t'offrons une peau de mouton, un fromage de brebis et une feuille de palmier. c'est tout ce que nous possédons.

Nous  ne sommes que de simples bergers, ni riches ni sages comme les rois mages.

 


La route de Bethléem

Kevin Crossley-Holland & Peter Malone

Gautier-Languereau, 2004

 

Au fait, pour Noël, offrez des livres !

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dragons

Publié le par Za

Eh bien voilà ! 2012 est l'année du dragon.

C'est comme ça. 2011 était l'année du lapin, c'est nettement moins inspirant, vous l'admettrez !  

Donc, si l'on en croit ce parrainage, 2012 sera dragonneuse, grande, virevoltante, inattendue, fascinante, brûlante, flamboyante, à l'image de cet animal extraordinaire qui existe bel et bien, et que ceux qui en doutent passent leur chemin, merci.

Je commencerais donc cette année par un album de 2009, Dragons (Tell me a dragon).

 

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Pas d'histoire proprement dite mais une galerie d'histoires possibles, onze doubles pages somptueuses, accompagnées chacune d'un petit texte rabougri dont on aurait peut-être eu avantage à se dispenser, tant les images se suffisent à elles-mêmes. Des aquarelles généreuses pour cet album grand format qui présente des dragons du bout du monde, des dragons familiers, ceux qui nous accompagnent tous les jours, dans l'ombre, majestueux et discrets.

Je ne les garderais pas tous, j'ai mes préférés.

Celui-ci, urbain, inattendu, prêt à prendre son envol, modeste dans sa mise et son attitude, mais gardien redoutable, dont on imagine bien quel encombrement il peut représenter dans un intérieur new-yorkais...

 

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Celui de la couverture, fier, altier, voyageur infatigable, croisant nuages et comètes, tempêtes et douces nuits de pleine lune, tel un voilier céleste...

 

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Et mon préféré, le plus subreptice, celui qu'on devine à peine, mais qu'on ne peut oublier, celui qui raconte, qui inspire...

 

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Ne me dites pas que vous ne l'avez pas vu ! Mais il est ici, voyons !

 

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J'en aurais bien terminé ici si Petitou, ne m'avait mis une autre page sous le nez en me disant : "Moi, je veux celui-là ! Avec lui, je n'aurais plus peur, la nuit !" Si seulement je pouvais te le rapporter, je le ferai sans hésiter, bonhomme ! Et j'en adopterais bien un pour moi aussi, tu sais...

 

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Dragons

Jackie Morris,

éditions Gautier-Languereau.

 

Et pour la célébrer en fanfare, cette année du dragon,  je terminerai pas une petite revue de quelques grandes bestioles que vous pouvez croiser dans mon cabas, il suffit de cliquer sur les couvertures !

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quoi de neuf ? Alice !

Publié le par Za

Et cette fois, c'est Rébecca Dautremer qui s'y colle !

 

 

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Vous savez ce qu'on dit : trop de Rébecca Dautremer tue... Ses Princesses m'avaient éblouies en leur temps, sa vision de Cyrano, alliée au texte de Taï-Marc Le Thanh m'avait emballée. Et puis, à force de la voir partout, sur les calendriers, les cartes, les papiers à lettres, tous très chics mais omniprésents, on finit par se désintéresser presque  pour se tourner vers le travail de Miss Clara, et sa sublime Reine des Neiges, par exemple... Seulement voilà, un soir au détour de l'excellent blog de la librairie La soupe de l'espace (si vous passez par Hyères...), on tombe LA vidéo

 

L'Alice de Rébecca Dautremer est brune, enfin ! Une brunette à l'air un peu absent, vaguement tristounet. Pas trop inquiète du monde effarant dans lequel elle est tombée, non. Juste ailleurs. Observatrice presque blasée de l'univers inquiétant de Lewis Caroll, où les animaux sont si humains et les humains à mi-chemin. La "course cocasse" aurait même un petit côté Jérôme Bosch.

 

 

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Si l'on s'en tient aux illustrations, Alice subit ce maelström inquiétant en spectatrice. Sur certaines planches, elle ne fait que passer, au second plan.  Tout ce petit monde évolue dans des paysages de prairies embrumées, de maisons encombrées aux références d'Amérique des années trente.  La palette de couleurs est toujours aussi riche, les rouges en particulier sont incroyables. C'est un vrai travail de dentellière auquel s'est livrée Rébecca Dautremer dans ce que je considère comme son meilleur album. Sophie Koechlin a adapté le texte de Lewis Caroll. On y gagne en fluidité, en simplicité, aussi. Un album très grand format, 140 pages, tranche rouge. À la dernière page, la photo d'Alice Liddell, inspiratrice du personnage. Petite brune aux cheveux courts, l'air lointain, photographiée par Caroll lui-même. Une photo qui m'a toujours laissée mal à l'aise...

 

 

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