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2 articles avec les fourmis rouges

premier matin

Publié le par Za

premier matin
premier matin

Des alboumes comme celui-ci, il ne vous en tombe pas entre les pattes tous les quatre matins. La rentrée est passée - elle finit toujours par passer, et on prend l'habitude de se lever le matin, de prendre la route, le cœur léger ou pas. Petit ours ne veut pas aller à l'école. Rien de nouveau, direz-vous. Si, il y a du nouveau. Il y a Fleur Oury qui signe ici son premier album. Et je suis sciée. Dès la page de garde.

premier matin

Grand ours(e) accompagne le petit sur le chemin de l'école, ce chemin sur lequel on grandit avant même d'avoir rencontré ses pairs. Fleur Oury a tout compris de la boule au ventre, de l'envie irrépressible de rester trop petit pour aller à l'école. Tout est dans le geste, simple et quotidien. Les regards changent, on apprivoise l'inquiétude, doucement, à coup de phrases bienveillantes. Et lorsque le petit ours arrive, il n'est plus si petit, il n'est plus tout à fait le même. Il est prêt. Il a appris la curiosité qui transcende la crainte.

premier matin

Je ne suis pas une technicienne de l'image. Je ressens plus que je n'analyse et ces dessins au feutre m'ont happée. La robe des ours, est mouvante, profonde. Les regards sont précis, parlants. Le chemin se peuple doucement et la classe entière arrive à bon port.

premier matin

Le texte se la joue à l'économie, quelques phrases, juste ce qu'il faut, là où un dessin est plus efficace. Rien de redondant, un chemin qui se déroule sans arrêt, sans retour en arrière. Une perfection, vous dis-je.

premier matin

Il émane de ce livre une intelligence, une douceur, une bienveillance qui vous tirerait des larmes. Premier matin est une évidence. Et Fleur Oury est une auteure à suivre d'urgence.

Premier matin
Fleur Oury
Les fourmis rouges, août 2015

logo challenge albums 2015

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éphémère

Publié le par Za

éphémère

La naissance d'une maison d'édition est déjà en soi un évènement. Mais lorsqu'elle est marquée par la parution simultanée de quatre livres exceptionnels, d'un coup, comme ça, sans sommation, il y a de quoi s'arrêter, histoire de profiter, de se réjouir un peu.

Voici le premier qui m'est tombé sous la main...

L'éphémère est un insecte pas vraiment verni dans la vie. Il débarque pour vingt-quatre heures, bonjour m'sieurs dames, au revoir m'sieurs dames ! Et il n'a pas de bouche. Pas besoin de manger lorsqu'on est là pour si peu de temps, me direz-vous. En revanche, être mangé, ça oui. Vous auriez vingt-quatre heures, vous, vous feriez quoi ? Un éphémère digne de ce nom n'a pas le choix, il doit se mettre en quête d'un de ses semblables, histoire de perpétuer l'espèce.

éphémère

Seulement voilà, notre bestiole à nous est du genre franc-tireur, libre penseur, en un mot insoumis. Se reproduire et mourir ? Que nenni ! Sa soif de découvrir le monde le mènera de rencontre en rencontre jusqu'à la fin qui, si elle est inéluctable n'en est pas moins inattendue...

éphémère

Les dimensions généreuse de cet album rendent immédiatement les images spectaculaires. Le choix volontairement restreint des couleurs brutes et tranchées accentue la profondeur de la construction de chaque double page. Les gros plans nous placent à hauteur d'insecte. Au point que, comme lui, on ne voit pas non plus surgir la fin brutale.

Les vers de Frédéric Marais apportent une distance polie avec le sujet et renforcent le côté humoristique de l'ensemble.

Cet album est magnifique. Un futur classique, j'en suis sûre.

 

éphémère

Frédéric Marais

les fourmis rouges

mars 2013

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