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5 articles avec nytimes 10 best illustrated books 2013

imagine

Publié le par Za

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J'avais fini ma chronique lorsque j'ai vu cette vidéo. Alors, j'ai jeté ma chronique qui ne voulait plus rien dire parce qu'Aaron Becker dit tout mieux. Mais beaucoup mieux.

Alice au Pays des merveilles en short, avec un crayon, une cité alambiquée, des aqueducs à la Eischer, des machines volantes gentiment steampunk, les Milles et une nuits, le pouvoir de l'imagination et de l'audace au bout de la plume d'Aaron Becker, le tout aquarellé comme si c'était normal - la modestie du type !

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Jetez-vous sur cet album sans texte - pas la peine !
Il suffit d'embarquer sur ce tapis volant...

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Imagine
Aaron Becker
Gautier-Languereau, 2014

Journey
Cadleweek Press, 2013

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logo challenge albums 2015

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Jane, le renard & moi

Publié le par Za

Moultement primé, couronné, encensé (voir ici la onzaine de prix) le voici enfin dans le Cabas, c't'album !

Jane, le renard & moi

Hélène.

Dans les couloirs de l'école.

Elle n'a plus d'amies. Ses amies sont devenues ses pires ennemies, ses bourreaux. Des bourreaux de mots, de railleries, d'insultes écrites sur les murs.

Mais il y a Jane. Jane Eyre qu'elle lit dans le bus. Se cacher entre les pages, lire et ne plus entendre les moqueries, ça marche ! Mais arrive le voyage scolaire, le cauchemar, l'immersion avec les affreux, sans parler de l'achat préalable du maillot de bain.

Mais le voyage sera très surprenant.

Dans le maillot monaco, je suis une saucisse ballerine.

Dans le maillot noir, je suis une saucisse en deuil.

Je suis une saucisse.

Jane Eyre a beau être orpheline, laide, battue, seule et abandonnée, elle n'a pas, n'a jamais été, ne sera jamais une grosse saucisse.

Jane, le renard & moi

Quand vous ouvrirez Jane, le renard & moi, c'est d'abord l'usage de la couleur qui vous sautera aux yeux. La vie d'Hélène, en noir et gris. Le crayon, le fusain si présents marquent des ombres franches, pointent la solitude, tracent le quotidien de l'adolescente. Isabelle Arsenault change aussi radicalement de style dès qu'il est question de Jane Eyre, du roman en cours de lecture. La place est aux couleurs, les rouges, le bleu, le vert, l'aquarelle lumineuse. Et c'est alors plus douloureux de replonger dans la vraie vie. Alors Hélène replonge dans Jane Eyre et un paysage aux verts somptueux apparait. C'est magistral et magique.
 

Jane, le renard & moi

Et le renard, dans tout ça ?

Sachez seulement que c'est encore une affaire de couleur. De couleur et de rencontre. Ce renard est simplement extraordinaire.

Jane, le renard & moi

Fanny Britt pose un regard d'une grande tendresse sur le personnage d'Hélène, l'emmène vers le moment où elle cesse d'être victime, où même le personnage de Jane Eyre cesse d'être un refuge. Et la couleur fuse, s'insinue, discrète d'abord, puis triomphante. Impossible de séparer le texte, l'histoire de l'image. La manière dont le dessin d'Isabelle Arsenault accompagne les sentiments, la tristesse, l'espoir d'Hélène est infiniment touchant et la rend si vraie, si universelle, qu'il est impossible de ne pas retrouver un bout de notre adolescence en elle.

 

Jane, le renard & moi

Fanny Britt & Isabelle Arsenault

La Pastèque, 2012

 

10 best illustrated Children's books (2013)

10 best illustrated Children's books (2013)

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My Brother's Book

Publié le par Za

"Kid books... Grown up books... That's just marketing. Books are books."

Maurice Sendak

"Kushner [ami proche de MS] m'a dit qu'il avait vu Sendak à la fin de sa vie; sa vue avait baissée, il était penché au-dessus de son bureau, le visage si près des dessins que son nez les touchait presque. Pour ses lecteurs dévoués, cette tendre proximité - cette intimité - sera peut-être l'aspect le plus émouvant du "Livre de mon frère". Les détails minutieux - comme si Sendak l'avait fait exprès - nous attirent toujours plus près, jusqu'à ce que nous touchions la page avec notre propre nez, comme un dernier baiser de bonne nuit."

Avi Steinberg, The New-Yorker, 12 mars 2013

 

Alors aujourd'hui, il sera question d'amour,

d'Amour,

d'amours.

My Brother's Book

J'ai ouvert ce blog bavard il y a quatre ans, j'espère y avoir posé l'envie d'ouvrir des albums qui donneraient l'envie d'en ouvrir d'autres... J'ai aujourd'hui ce livre près de moi, qui m'embarasse à force de ne savoir qu'en dire, d'en être intimidée.

Je n'ai pas lu Sendak lorsque j'étais enfant et j'envie ceux qui, s'étant éveillés aux images des monstres de Max, sont aujourd'hui devenus adultes et saluent le dessinateur une dernière fois avec ce livre singulier.

C'est un petit livre toilé, revêtu d'une épaisse jaquette et c'est le dernier livre de Maurice Sendak. Une nuit d'hiver, deux frères sont séparés par l'apparition d'une nouvelle étoile qui fend la Terre en deux. Leurs chemins désormais séparés leur imposent des épreuves qui les conduiront à se retrouver, car il était dit qu'ils seraient inséparables.

My Brother's Book

Placé sous les auspices de Shakespeare et de William Blake, My Brother's Book est un poème graphique d'une grande beauté. Et bien qu'on reconnaisse immédiatement la patte de Maurice Sendak, on peut être étonné du trait, confondu avec l'aquarelle. Cette ode au frère disparu - Jack Sendack est mort en 1995 - est empreinte d'une émotion palpable, bouleversante. On y lit aussi l'adieu de Maurice Sendack à Eugene Glynn, son compagnon pendant cinquante ans, décédé en 2007.

Malgré tout, My Brother's Book n'est pas un livre triste, mais il est baigné d'une mélancolie profonde, du regret de l'âge d'or, de l'amour absolu.

 

My Brother's Book

Maurice Sendak

Michael di Capua Books

HaperCollins Publishers, 2013

My Brother's Book
10 best illustrated Children's books (2013)

10 best illustrated Children's books (2013)

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The New York Times 10 Best Illustrated Children’s Books

Publié le par Za

Imaginez.

Imaginez un instant un journal prestigieux, comme le Monde, par exemple, se fendant tous les ans d'une annonce solennelle célébrant dix albums illustrés, dix livres pour enfants. Je dis bien une annonce solennelle, relayée et tout et tout, pas un truc à la va-vite. Ça t'aurait une de ces gueules ! Mais bon, je m'emballe, je rêve, j'extrapole...

Cette liste existe pourtant. Elle émane du très sérieux New york Times et j'avoue que ces 10 fabulous illustrated children's books m'ont grandement mis l'eau à la bouche...

The New York Times 10 Best Illustrated Children’s Books

My Brother’s Book, Maurice Sendak (Michael de Capua Books/HarperCollins Publishers)

Ballad, Blexbolex, (Enchanted Lion Books) - publié à l'origine en français par Albin Michel Jeunesse sous le titre Romance.

The New York Times 10 Best Illustrated Children’s Books

Jemmy Button, Jennifer Uman & Valerio Vidali (Templar Publishing/Candlewick Press) - publié en français par Circonflexe sous le titre L'incroyable histoire de Jemmy Button - l'enfant que Darwin ramena chez lui.

The Dark, Lemony Snicket & Jon Klassen (Little, Brown and Company)

The New York Times 10 Best Illustrated Children’s Books

Holland, Charlotte Dematons (Lemniscaat)

Journey, Aaron Becker (Candlewick Press)

The New York Times 10 Best Illustrated Children’s Books

Fog Island, Tomi Ungerer (Phaidon Press) - publié en français par L'école des loisirs sous le titre Le maître des brumes.

Jane, The Fox and Me, Fanny Britt & Isabelle Arsenault (Groundwood Books/House of Anansi Press) - publié en français par La Pastèque sous le titre Jane, le renard & moi.

The New York Times 10 Best Illustrated Children’s Books

Locomotive, Brian Floca (Richard Jackson/Atheneum)

Nelson Mandela, Kadir Nelson (Katherine Tegen Books/HarperCollins Publishers)

 

Plus d'images par ici.

Ou par là.

 

La présence du dernier - vraiment dernier - livre de Maurice Sendak a commencé par m'émouvoir sur le thème bon, celui-là, je le veux. Et puis Isabelle Arsenault est là aussi, et Jon Klassen... À la fin, je trépignais carrément parce qu'autant que je vous le dise, je suis a huge fan of Kadir Nelson. Et J'AI l'album sur Nelson Mandela - c'est ma Bree qui me l'a rapporté de Nouillorque. Oui. Il est là, dans le Cabas, je le vois. La preuve.

The New York Times 10 Best Illustrated Children’s Books

Alors voilà, je m'en vais en chroniquer quelques-uns, que j'accompagnerai de ce petit bout de logo :

The New York Times 10 Best Illustrated Children’s Books

Tout d'abord, Le maître des brumes, de Tomi Ungerer
http://le-cabas-de-za.over-blog.com/article-maitre-des-brumes-116038719.html

Et d'un.

Et d'un.

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maître des brumes

Publié le par Za

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Autant vous l'avouer. Écrire cette chronique fut une torture. Un désastre, pour être plus précise. Pourtant, j'avais bien commencé. Enfin, bien... Je vous laisse juge :

 

Bleu et gris indémêlables.

Le ciel et la mer, l'eau et la pierre confondus.

Irlande minérale où des enfants gardent des moutons tout au bord d'une falaise à pic. Un frère et une soeur qui prennent la mer, s'abandonnent aux vagues et vont au devant de l'aventure sans réelle crainte. On les a pourtant mis en garde contre l'Île aux brumes, comme dans d'autres contes on met les enfants en garde contre la forêt et ses mauvaises rencontres. Et lorsqu'ils accostent, c'est pour percer un mystère qui n'en est pas un, avec tout le naturel qu'ils mettent habituellement à accomplir les tâches quotidiennes à la ferme, sans peur mais sans réel émerveillement non plus.

C'est un album déroutant que voici. Un livre d'une grande sobriété, dépouillé de la foule de détails insolites qui peuple habituellement les images de Tomi Ungerer. Les couleurs elles-même sont nimbées de ce gris de cendre qui traverse l'histoire.

 

J'avais l'intention d'évoquer plus loin la construction de l'album, à la fois classique et rigoureuse, la construction des images, preuve de l'immense talent, de l'immense expérience de l'artiste.

 

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J'ai eu aussi eu le projet, je le confesse, de laisser tomber ce billet calamiteux. Mais je n'en serais voulu de ne pas parler de ce livre-là. Parce que lorsqu'on est, comme moi, un peu toquée des livres, la publication d'un nouvel album de Tomi Ungerer est un évènement. Vous m'entendez : un évènement ! Et je ne pouvais pas le rater. Pire, vous ne pouviez pas le rater. Parce que Tomi Ungerer, en grand aîné, est incontournable. Parce que jamais - et les Mellops datent de 1957 -, jamais Tomi Ungerer n'a cherché à séduire quiconque, à coller à un quelconque public, et surtout, jamais il n'a cherché à éduquer qui que ce soit, à coller à un quelconque thème, à draguer la moindre problématique. Grâce lui en soit rendue !

 

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Je suis en réalité intimidée par le sujet, inquiète à l'idée de proférer une idiotie qui trahiraient un béotianisme crasseux. Finalement, j'aurais beaucoup parlé de moi dans cette chronique. Mais c'est ce que nous faisons tous, non ? Le choix des livres posés ici est déjà un aveu. Soyons honnêtes trente secondes, il n'y a ici aucune objectivité critique, simplement l'expression d'une dame qui lit des livres destinés aux enfants. Pour son propre plaisir.

 

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