Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

13 articles avec philippe-henri turin

Charles amoureux d'une princesse

Publié le par Za

Charles amoureux d'une princesse

Cher Charles,
Te revoilà enfin, vieux lâcheur !
Tu le sais, nous autres, ici, on t'attendait. Ce n'est pas parce que Petitou est devenu tellement grand que ce surnom a été abandonné, ce n'est pas parce que le bonhomme a onze ans qu'il t'a oublié. Et c'est en trépignant de joie que le grand dadais m'a quasiment arraché cet album des mains il y a quelques jours - en plus, il court beaucoup plus vite que moi maintenant.

Le livre rapetisse, le petit grandit...

Le livre rapetisse, le petit grandit...

Chère bestiole...
Te voilà aujourd'hui errant dans un paysage pour le moins désolé. Faut dire qu'une dragonne XXL ravage la contrée. L'album s'ouvre sur une scène hautement cinématographique, grand angle, fureur, bataille. En un mot, ça chauffe.

Charles amoureux d'une princesse

Bien inconsciemment, tu te jettes à la tête de l'immense dragonne boueuse, sans peur, la gueule pleine de poésie, d'histoires. La rencontre est savoureuse. L'une est balèze, l'autre pas. L'un lit, l'autre pas. Mais qu'importe les différences. Elle nous plait, ta nouvelle amie, cette Cornélia un peu moche, à la fois redoutable et timide, bodybuildée à mort, dont la robe et l'allure contrastent si parfaitement avec ta fragilité, ton aspect solaire.

Votre corps, Cornélia, est celui d'une athlète
Le mien ressemble hélas à une cacahuète...

Charles amoureux d'une princesse

De tes livres de contes, mon vieux Charles, tu as tiré une curiosité sans bornes pour... les princesses. Qui l'eût cru ? Tu sais, il faut quand même que je te dise que les princesses, c'est très surfait. Elles sont partout, les princesses. Des roses, des bleues, des niaises, des envahissantes. C'est une tendance un peu, comment dire... Lourde. Alors, en voir une dans le titre de tes nouvelles aventures, ça nous a un brin déconcertés.
Mais on se doutait bien que messieurs Cousseau et Turin ne pouvaient décemment pas tomber dans les travers de l'histoire à princesse. Il faut avouer qu'ici, elle n'est pas où on l'attend et son traitement donne lieu à des scènes franchement décalées, bousculant les codes du genre. Tout ça pour dire qu'on a bien rigolé, avec ex-Petitou.

Dans ce monde sans joie
où manque la tendresse,
Reste-t-il un endroit
pour soulager ses fesses ?
- C'est un peu spécial, grimace Cornélia. Et si tu te taisais un peu pour voir ? On entendrait le silence. C'est beau aussi, le silence... Chuuut !

De l'action, de l'humour, du grand spectacle aussi. Des pages, où ça s'agite en tout sens, où ça bataille ferme, au point de ne plus lire le texte tellement c'est palpitant. Et puis toujours de grandes images somputueuses, des doubles pages monstrueuses de précision, de virtuosité où l'on pourrait entendre rouler les pierres du château, où l'on pourrait sentir tomber la pluie.
Si je ne devais garder qu'une page, ce serait d'ailleurs celle de l'averse, ce moment de stupeur qui frappe les héros. Qui pourrait imaginer tout ce qu'il y a de travail, de respect du lecteur derrière cette image ?

Charles amoureux d'une princesse
Charles amoureux d'une princesse

Voilà, mon cher Charles, tout ça pour te dire que chacune de tes visites nous enchante. Pas la peine que je te dise qu'elles sont trop rares, tu le sais. Alors, à très vite, du côté de ce fameux horizon plein de promesses...
                                       Poutous,
                                       ta vieille Za

Charles amoureux d'une princesse
Alex Cousseau & Philippe-Henri Turin
Seuil Jeunesse, octobre 2015

Partager cet article

Repost 0

mon école des loisirs #1

Publié le par Za

L'école des loisirs a 50 ans.
Mon école des loisirs est un amour de grande personne. J'ai beau chercher, fouiller les malles et ma mémoire, pas d'album estampillé de la maison sise 11 rue de Sèvres Paris 6ème dans mes livres d'enfant. J'ai découvert l’école des loisirs à l'école, comme il se doit, à l'IUFM, pour être précise, l’école des professeur-e-s d'école. Là-bas, on y parlait de cette maison d'édition et pratiquement que d'elle, avouons-le. Mais qu'importait alors puisque je n'y connaisssais pas grand chose, qu'il était question de Philippe Corentin, Claude Ponti ou Tomi Ungerer et que s'ouvrait devant moi une autoroute sans fin que je parcours encore : l'alboume.

Philippe Corentin - Montreuil 2014

Philippe Corentin - Montreuil 2014

Avec le temps, on devient exigeant et comme toutes les amours, celle-ci se teinte parfois d'agacement lorsqu'on pense que l'autre n'est parfois pas à la hauteur de l'amour qu'on lui porte. On se fâche, on boude, on revient, on se retrouve. Mais on s'aime, toujours et encore. Et puis il se trouve que le plus grand alboume de tous les temps est édité en France par l'école des loisirs. Reconnaissance éternelle.

mon école des loisirs #1

Maurice Sendak
Where the wild things are

Max et les maximonstres

1963, Where The Wild Things Are paraît aux Etats-Unis - à noter que les Italiens ont le nez creux et le traduisent la même année.
1967, Max et les maximonstres débarque en France, publié par Robert Delpire.
1973, l'école des Loisirs en rachète les droits et le réédite.

Max et les maximonstres pourrait être l'alpha et l'omega de l'alboume, le sésame qui ouvrirait une vie entière de lecteur, le livre après lequel plus jamais on n'aurait de faiblesse pour la moindre mièvrerie, la moindre cucuterie éditoriale.
Tout y est : la liberté du propos, le génie du dessin, l'invention sans limite, le respect du lecteur - qu'il soit enfant ou adulte, l'articulation texte/image si simple et si complexe, le travail d'équilibriste que réprésente la narration de ce voyage fantastique.

mon école des loisirs #1

Max et les Maximonstres est devenu au fil des années un classique incontesté. Mais, célébrer l'école des loisirs, c'est aussi remettre le projecteur sur des albums moins connus. Il en est un à qui j'ai déjà consacré une chronique mais j'y reviens parce qu'il a une filiation évidente avec Max, celle du voyage imaginaire, du lit qui devient un navire.

mon école des loisirs #1

Comme Max, l'Endroit rêvé prend le pari de l'intelligence de son lecteur, ne lui assène pas une histoire de manière péremptoire mais lui laisse le loisir de flâner, d'interprêter. Cet album de 2008 n'est pas épuisé, on peut encore l'acheter, le lire, le faire lire, l'interroger, le faire vivre.

mon école des loisirs #1

Max et les maximonstres
Maurice Sendak
L'école des loisirs, 1963-1973-2015

L'endroit rêvé
Alex Cousseau & Philippe-Henri Turin
L'école des loisirs, 2008

Cette rentrée verra la réédition de 3 autres albums de Maurice Sendak. Cela ne se voit peut-être pas à l'écran mais j'en trépigne d'impatience.

mon école des loisirs #1

Et puis comme un billet ne peut suffire, bientôt le deuxième épisode de mon école des loisirs ! Il sera consacré à des romans et contiendra une déclaration d'amour. Si, si.

Partager cet article

Repost 0

Charles apprenti dragon

Publié le par Za

Charles est ici chez lui, c'est un ami de la famille. Le dragonnet grandit lentement, le petit d'homme beaucoup plus vite. Mais la fidélité qui lie les deux bestioles est très solide.

Charles apprenti dragon
Charles apprenti dragon

Charles prend aujourd'hui de l'épaisseur avec cette réédition des deux premiers albums, augmentée de suppléments tout à fait délicieux. Comme d'habitude, on ne peut tout avoir. Ce livre est plus petit que les premières éditions, mais le format reste raisonnable et ceux qui découvriraient Charles aujourd'hui ne seraient pas tout à fait lésés.

Et puis il y a les Mémoires d'un jeune dragon...

Charles apprenti dragon

Charles est déjà doté d'un solide talent de poète, personne ne l'a oublié.

J'ai le corps d'une gazelle mais je suis un dragon.
Regardez bien mes ailes, écoutez mon jargon...
Voyez mes pieds pareils à deux grosses pastèques,
N'importe quel orteil, je le transforme en steak.

Ses aventures lui ont inspiré bien d'autres vers, mais le voici aujourd'hui tenté de prendre le crayon et de dessiner.

Charles apprenti dragon

Essais, croquis, chemin de fer, premiers encrages avant la couleur, autant d'incursions dans l'art du dessinateur Philippe-Henri Turin, qui montrent les différentes étapes conduisant aux superbes aventures de Charles. C'est un travail d'orfèvre qui nous est offert.

Charles apprenti dragon

Charles se dévoile à travers une série de portraits, d'expressions, de regards, de clins d'oeil, de petits textes qui prolongent la complicité créée au fil du temps avec le petit héros aux grands pieds. Parce qu'il en a fait du chemin, notre Charles depuis la publication du premier album ! Traduit aux quatre coins du monde, il en a parcouru des paysages, il en a fait des rencontres !

Charles apprenti dragon

Et cet horizon plein de promesses en offrira d'autres, soyez-en sûrs ! D'autres promesses de belles images, de beau livre à venir qui se profilent à la fin de ce carnet. Mais à qui peut bien appartenir ce profil peu commun...

Charles apprenti dragon

Charles apprenti dragon
Alex Cousseau & Philippe-Henri Turin

Seuil Jeunesse, octobre 2014


 

Partager cet article

Repost 0

charles prisonnier du cyclope

Publié le par Za

2 charles

  janvier 2011                                                    octobre 2012

 

Deux ans ! Au bout de deux ans, on avait le droit de se penser à l'abri du dragonnet aux dreadlocks bleues. Eh bien non ! Voilà que le pendable duo Alex Cousseau-Philippe-Henri Turin nous refait le coup du gentil-mignon-dragon-esseulé ! Sans doute comptent-ils émouvoir les mères de familles qui ne manqueront pas d'acheter innocemment cet album - fort onéreux au demeurant. Et qu'auront-elle offert à leurs petits, les malheureuses ? Un recueil d'illustrations mégalomanes ! En effet, qu'a-t-on besoin de farcir un dessin de milliers de fleurs, là où d'autres ont brillamment démontré que trois gommettes suffisaient ? Et que dire du traumatisme que pourrait provoquer la vision atroce d'une cruelle scène de chasse où de pauvres oiseaux se font dévorer vivants par une bête sauvage qui n'a plus rien, finalement, de l'innocente bestiole du premier tome !

 

lire-relire-4 7620

 

Je vous passe les désagréments dus à certaines images que je n'ai pu examiner qu'armée de solides lunettes de soleil... Monsieur Turin pense-t-il résoudre la crise énergétique par de tels moyens ?

 

lire-relire-4 7619

 

Et cet oeil, qui saute sur le lecteur à peine a-t-il ouvert l'album... On est comme ça, chez les Cousseau-Turin, sachez-le, on hypnotise, on envoûte. C'est malhonnête.

 

lire-relire-4 7602

aie confiance... lis-moi...

 

Quand au texte, il est farci de mots étrangers (ciao, iglou), incompréhensibles (balbuzard, troglodytes), voire imprononçables (Polyphème)... Monsieur Cousseau, écrivain par ailleurs remarquable, ne manque pas une occasion de nous asséner des vers de mirlitons à la rime riche mais facile (faim/puffin), car le dragon est toujours poète ! Poète... Qui est encore poète de nos jours ?

 

Je ne m'étendrai pas sur le sujet mille fois rebattu de l'amitié entre les peuples, enfin entre les espèces, alors qu'on ignore ici d'autres thèmes infiniment plus formateurs pour la jeunesse, comme l'acquisition de la propreté (car ce dragon fait bien caca, non?), ou l'arrivée d'une atroce petite soeur !

 

- [...] et j'ai entendu dire que tu cherchais des amis...

- Oui, répondit Charles. Mais des amis pour la vie.   Combien de temps vis-tu coccinelle ? Un an ou deux ? Alors sache que moi, dragon, je vis plusieurs siècles.

- Un an ou deux d'amitié, c'est toujours mieux que rien. [...]

- Et une éternité à te regretter c'est beaucoup, ajoute Charles. Il y a longtemps, une mouche m'a appris à voler. Aujourd'hui, elle n'est plus que poussière.

Mais qu'est-ce que c'est que cette conception rentabiliste de l'amitié ? Si on suit cette logique, plus moyen de sympathiser avec une personne âgée !

 

D'autres choses encore ne manqueront pas de choquer les pédagogues soucieux de la sérénité des jeunes générations. La solitude de Charles... Oui, Charles est seul. Il a abandonné ses parents. Ou la réalité, que l'on nous cache, est encore plus atroce : ses géniteurs l'ont abandonné ! Ah, les Thénardiers ! Des parents indignes qui ont laissé leur progéniture voler vers des horizons peut-être plein de promesses mais plus sûrement plein de dangers ! Le voici en butte à la violence d'un inuit atrabilaire ! Plus loin, c'est un cyclope velu de la pire espèce qui s'en prend à lui ! Parlons-en du cyclope, alibi littéraire, pauvre vernis antique... Entièrement nu, exhibant une pilosité à même de troubler des générations de jeunes esprits à la libido naissante. Quand je dis entièrement nu, j'exagère un peu, la présence salvatrice d'un boqueteau ou d'un rocher opportun nous sauvant in extremis de la catastrophe.

 

Que vous dire d'autre, sinon que cet album est démesuré, trop généreux, trop grand. Trop grand pour des petits bras qui pourront à peine le tenir ouvert, pour des petits yeux qui pourront à peine embrasser certaines images, au risque de s'y perdre. Et ce n'est pas l'expertise de Monsieur Turin dès qu'il est question d'anatomie dragonnière qui nous fera oublier les outrances de ce livre en matière de couleur, mouvement, lumière et autre construction de l'image !

 

lire-relire-4 7

 

Il n'y a qu'à voir le crayonné préparatoire de ce dessin... D'où le dessinateur tient-il qu'il faille en faire autant, qu'il faille être aussi exigeant pour un ouvrage destiné, j'ose à peine le dire... à des enfants ! Quel gâchis! 

 

En conclusion je suis navrée à l'idée que cet album, outre le fait d'encombrer les bibliothèques, aille considérablement enrichir le compte en banque de ses auteurs, dont la malhonnêteté n'a d'égal que la folie des grandeurs !  

 

Charles prisonnier du cyclope
(28,5 x 40 cm !)

Alex Cousseau & Philippe-Henri Turin

Seuil Jeunesse

septembre 2012

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

pourquoi cherbourg ?

Publié le par Za

parce que le Festival du livre jeunesse de Cherbourg s'offre cette année

une thématique pour le moins hasardeuse :

Ogres, dragons et... Titanic !

parce que l'invité d'honneur en sera Philippe-Henri Turin

et que ce n'est que JUSTICE !hum...

parce qu'il sera entouré de Sylvie Chausse et d'Alex Cousseau

parce qu'il y aura aussi, entre autres mais surtout, Kiki et Albert Lemant

et parce que pour l'occasion,

M'sieur Turin s'est fendu d'une affiche de derrière les fagots

une de ces tueries dont il a le secret

une oeuvre titan... esque !

 

Tout commence par un dessin.

Un très grand crayonné de 123 cm x 91 cm.

 

Festi-2012-croquis-affiche.jpeg

 

Tout est là, les ogres, les dragons...  et le Titanic ! 

Et ce crayonné est le début d'un long, très long travail...

 

"Je sais que ce n'est pas raisonnable, mais j'ai travaillé près de deux mois sur cette affiche, entre le moment où j'ai commencé à chercher l'idée et la seconde où j'ai posé la dernière touche de couleur. Il a fallu d'abord trouver une bonne idée ou du moins une idée... Le thème initial était sur les dragons et les créatures fantastiques, puis le Titanic est venu, plus tard, naviguer sur ces eaux fantasmagoriques, anniversaire oblige. Et là je me suis demandé comment mettre en rapport des dragons, des ogres et ce paquebot au destin mondialement connu. Quand Catherine Gentile, du salon de Cherbourg-Octeville, m'a dit que Charles était le bienvenu sur l'affiche, et même plus que le bienvenu, j'ai alors pensé à ce cher Léonardo à l'avant du Titanic. Et voilà, rien de révolutionnaire. D'autres dessinateurs, ce sont déjà servis de cette image iconique pour faire leur propre illustration...

Après il suffisait de la dessiner, c'est tout. Ce fut long car je voulais représenter la proue du Titanic au plus juste. J'ai cherché des images du film, des documents, des photos de l'épave, et j'ai essayé de m'approcher au plus près. Il y a sûrement des erreurs mais je les assume. Il m'a fallu longtemps avant de bien voir la position des hublots, de comprendre les formes, le nom peint sur la coque, etc... Puis est venu Charles, que j'ai imaginé avec Alex Cousseau, l'auteur.  Et ensuite, il m'a fallu choisir comment dessiner tous les autres. J'ai opté pour le clin d'oeil à deux de mes ouvrages antérieurs dont l'auteure est également invitée sur le salon: Sylvie Chausse. Avec elle, j'avais travaillé sur deux livres intitulés "les Ogres" et "Tendres Dragons".

ogres.jpg 61omZXTkNjL._SS400_.jpg                                                                                                           

Une fois le crayonné mis en place et accepté par le salon, il m'a fallu acheter une feuille assez grande. Je n'ai trouvé qu'un gigantesque rouleau. La feuille avait pris la forme arrondie. Ce ne fut pas une sinécure pour passer le dessin à l'encre Sennelier brou de noix. D'autant plus que ma table lumineuse est relativement petite. D'où un temps fou pour réaliser cette étape sans abîmer la feuille.


affiche-cherbourg.JPG

Une fois le papier encré et tendu sur une planche adéquate, le ciel fut le premier à être coloré. Et ainsi de suite, lentement pendant un mois plein, en protégeant au fur et à mesure les parties déjà faites pour empêcher les taches... Laborieux, éreintant, parfois couché sur la planche. Mais vous me direz, je n'avais qu'à faire le dessin plus petit. Et vous aurez raison. Mais j'avais envie de le faire. Et je suis content de l'avoir réalisé jusqu'au bout et de voir le regard des gens.


L'affiche est-elle fidèle à tes couleurs ?

 

Alors là, je suis bien embêté parce que je ne me souviens plus des couleurs exactes de l'original. À force de voir des couleurs différentes sur les écrans et de travailler sur la fin du deuxième Charles, j'ai un peu oublié. Je redécouvrirai mon travail en voyant l'original de l'affiche exposée sur le salon. De plus, je n'ai pas encore vu l'affiche imprimée. On a toujours des surprises, des pertes, des différences qui sont inhérentes à la technique. Dans l'ensemble, je peux dire que tout le monde a fait un énorme travail et je les remercie du fond du coeur. Je suis surtout heureux de savoir que l'équipe du salon du livre jeunesse et BD de Cherbourg-Octeville aime mon dessin. C'est le plus important. Ne pas avoir trahi leur souhait et leurs envies.

L'original sera exposé à Cherbourg-Octeville. J'ai hâte de savoir si les visiteurs vont l'aimer. Et j'ai hâte également de voir les affiches en grand et les bâches et les flyers, et les affichettes et... Bref je suis impatient d'y être. L'affiche sera en vente sur le salon. J'en veux une !  Ça y est, le dessinateur pète un câble...."

 

affiche.jpg

 

  Et moi, je ne résiste pas au plaisir de zoomer sur certains détails qui, au choix,

me ravissent,

m'épatent,

m'émerveillent,

me scient,

m'amusent,

me laissent sur le c... flanc,

me clouent le bec.

 

cherbourg-1-det-2.jpg

 

cherbourg-1-det-4.jpg

 

cherbourg-1-det-3.jpg

 

cherbourg-1-det.jpg

 

cherbourg-1-det-6.jpg

 

cherbourg-1-det-7.jpg

 

Merci au Capitaine Turin

d'avoir lâché une seconde le gouvernail

afin de répondre à la passagère légèrement verdâtre

agrippée au bastingage...

Bon vent !

 

Euh, attendez,

c'est quoi cet énorme morceau de glace, là...

CRRAAAC !

Ahhh !!!

Aux canots de sauvetage !

Les femmes et les dessinateurs d'abord !!!!

Partager cet article

Repost 0

les piqués de Peake # 1

Publié le par Za

Apparemment, l'admiration pour Mervyn Peake est une maladie incurable... Incurable et contagieuse. Les symptômes en sont aisément reconnaissables. Le sujet atteint devient intarissable dès qu'on évoque l'objet de son engouement et met un point d'honneur à diffuser son syndrome. De plus, il développe une certaine obsession pour des éditions anglaises passablement introuvables, qu'il nommera "mes présssieux" en vous regardant bizarrement si vous tendez la main vers l'objet en question...

Pour le reste, le patient se montrera plutôt courtois, ôtera fort civilement l'entonnoir qui lui tient lieu de couvre-chef, camouflera maladroitement les ailes qui ont poussé dans son dos, lâchera sa bouteille de rhum et engagera volontiers la conversation, pour peu que vous ayez l'après-midi entier à lui consacrer..

 Avouons-le, bien qu'assez atteinte, je suis plutôt néophyte sur le sujet, quoique prosélyte, comme tout nouveau converti. Le piqué de Peake est une engeance peu commune sous nos climats. Alors lorsqu'on en croise un, illustrateur et auteur de surcroît, et qu'il répond au nom de Philippe-Henri Turin, on ne le laisse pas s'échapper sans l'avoir laissé exprimer son admiration. J'ai dans mon cabas quelques dessins de Peake; le dessinateur de Charles en a choisi deux et a accepté d'abandonner un instant son dragonnet pour nous parler de l'art de Mervyn Peake.


" Parler de Peake pour moi, c’est comme parler de mon amour des pirates. L’Alice de Lewis Carroll m’a fait découvrir cet artiste, ses pirates m’ont confirmé que je l’aimerai toute ma vie. Pourquoi donc, me direz-vous? Parce que les pirates… LES PIRATES !

J’ai une fascination pour ces personnages terrifiants et libres, sanguinaires et rêveurs, utopistes et carnassiers, criminels et victimes… C’est sans doute la raison qui m’a poussé à imaginer des récits les mettant en scène, Les aventures de Warf le pirate. J’ai même co-écrit avec un camarade une BD, encore inédite, dans laquelle intervient notre personnage de Warf le pirate. Enfant, ce dernier avait, entre autres, deux serviteurs nommés Lip et Kip. Je les ai nommés ainsi en hommage à deux de mes artistes préférés, Howard PYLE (Lip) et Mervyn PEAKE (Kip). Il serait trop long de parler de l’influence de Pyle sur la représentation du pirate. Il suffit de dire qu’elle est primordiale. Regardez ces peintures puis les films de piraterie d'Hollywood. C’est la même vision. Pyle a influencé durablement notre imaginaire même si nous l’ignorons.

 

pyle

Howard Pyle, Book of Pirates


De son côté, et nous arrivons enfin au cœur du sujet, Mervyn Peake a souvent joué avec ces affreux forbans. Même son premier album pour les enfants est un livre sur la piraterie: Captain slaughterboard drops anchor (capitaine Massacrabord). Dans un autre style, plus enlevé, sont ces dessins fait pour ses deux fils, réunis dans le livre The Sunday books.

 

61HgfXkaAeL. SS500 sundaybooks.jpg

 

Mais surtout, il y a sa vision de l’Île au trésor, de Jim Hawkins et de Long John Silver, d’Israel Hands et de Ben Gunn, sa vision d’un des livres les plus connus au monde, le premier ouvrage de fiction d’un auteur extraordinaire, Robert Louis Stevenson.

Contrebandiers de Moonfleet 1955 Moonfleet 4   Il est très amusant de constater que les pirates ont aussi été le premier sujet ou un des sujets d’autres auteurs tels John Steinbeck avec son somptueux roman d’aventure La coupe d’Or, ou John Meade Falkner avec l’unique et inoubliable Moonfleet, l’équivalent de l’Île au trésor, étonnamment peu mis en image, mais lui ayant bénéficié, au contraire de l’Île au trésor, d’une adaptation cinématographique géniale due à Fritz Lang, même si ce dernier l’a reniée. Un chef d’œuvre absolu, le plus beau film de pirates, une atmosphère lourde et ténébreuse, des personnages lumineux et diaboliques… Bref vous aurez compris que j’adore ce film.

Stewart Granger y est royalement attirant et spectaculairement terrifiant. Quant à la couleur… Un CHEF D’OEUVRE.

 

Les pirates: un sujet qui m’a passionné de longues années. Pour lequel j’ai lu tellement d’ouvrages romanesques et documentaires. Les textes du “Captain Johnson” (alias Daniel Defoe) sont à cet égard indispensables. Et la vérité sur ces gens de sac et de corde est tellement éloignée de la vision romanesque ou picturale habituelle. Mais tout ceci ne m’empêche pas d’aimer les peintures de Pyle, de Wyeth ou de Schoonover, ainsi que les différentes visions de l’Île au trésor, surtout celle de Peake que je préfère par dessus tout, même si j’admire ce que Ralph Steadman a fait de ce texte.

 

Dans la version donnée par Mervyn Peake, il n’y a pas une image que je déteste. Son travail de hachure donne à l’ouvrage un côté suranné comme si ces dessins étaient tout droit sortie d’un coffre abandonné trouvé sur le trésor amassé par Ben Gunn au fond de la grotte. Ces dessins n’auraient-ils pas été faits sur le vif par un des membres de l’équipage de Flint ou de l’Hispaniola? On peut le croire tant ils ont l’air jetés et pourtant travaillés par une main légère et précise. Les gueules de ses personnages sont tellement … vraies. Ils ont dû respirer l’air iodé du grand large et leurs yeux ont dû voir tant d’abordages dantesques.

Il suffit de regarder le portrait de Long John Silver qui est extrait du dernier tiers du livre. Il est fini le temps où Long John subjuguait le jeune Hawkins. Le gamin a peur. Il est attaché et mené comme un chien par le terrible pirate et ses sbires vers la tombe contenant soi-disant le fabuleux trésor de Flint.

Pour comprendre le génie de Peake, il suffit de regarder les différentes représentations de cette scène par les illustrateurs qui se sont succédés au fil des années. La plupart ont dessiné cette séquence vue de loin avec tous les protagonistes ou du moins les deux principaux.

  Peake, lui, choisit de ne montrer que Silver, son expression d’homme décidé, de bête traquée, menacée par la voix de Gunn qu’il croit sortie de l’enfer et par ses hommes qui le menacent de mort si le trésor leur échappe. La tâche noire lui a été donné quelques heures plus tôt dans le fortin abandonné. Il protège le jeune garçon tout en le “martyrisant”. Regardez cet homme à qui il manque une jambe. Qui voudrait le rencontrer au détour d’une ruelle? Son unique jambe devrait être un handicap mais Peake nous le montre presque invulnérable en ne dessinant que son torse de loup de mer. Rien ne pourrait arrêter sa course vers le trésor. Son âme s’est enflammée. Seul l’or pourra la calmer. Une oblique puissante, une corde tendue. On suppose que le jeune Hawkins refuse d’avancer. Le maître-coq s’appuie lourdement sur sa béquille. On ne voit pas qu’il n’a qu’une seule jambe. On le sait mais on ne fait que l’imaginer. Il ne reste dans cette image que la force, la rage (regardez ses yeux!).

 

g6.jpg

 

Et ses cheveux. Ils ont l’air d’être l’émanation de ses pensées un peu folles. C’est une de mes illustrations préférées. Quelques traits et voilà ce qu’un grand artiste peut créer. Point besoin de couleur, de scène spectaculaire, de décor grandiose (seulement une forêt suggérée). Tout le contraire de ce que je dessine. C’est sans doute la raison qui fait que je l’aime tant. L’attirance des contraires. 

 

Une autre illustration extraite de cet ouvrage me plaît particulièrement: la chute d’Israel Hands. Une chute qui semble ne jamais finir, une chute éternelle, la chute de l’ange déchu, de l’homme devenu un démon, dont on sait pourtant qu’elle s’achèvera inéluctablement par l’engloutissement éternel du corps dans les flots et sa disparition totale.

Israel Hands: Voilà, un personnage fabuleux dont le nom est sorti du livre du Captain Johnson / Daniel Defoe. Defoe a compilé, répertorié, amplifié les exploits pour la plupart véridiques des pirates de son temps. Il y a aussi ajouté les minutes des procès, le nom des membres de certains équipages et dans l’un d’eux, celui du trop fameux Edward Teach dit Barbe-Noire, apparaît le sieur Israel Hands le second de l’équipage, un des rares graciés qui a sauvé sa peau en témoignant contre les fonctionnaires corrompus de l’état de Caroline du Nord.

tresaure-israel.jpg

 

Regardez-le tomber! Où et quand s’arrêtera-t-il? Nul ne le sait. Peut-être même pas Jim Hawkins qui dans ses rêves de vieillard, dans son lit, devait le voir encore chuter inexorablement, après qu’il lui eut tiré une balle pour sauver sa vie. C’est un corps mou qui semble suivre les vents, comme une feuille d’automne… En effet, Peake aurait pu se contenter de dessiner le corps sans rien autour et pourtant il a tracé des centaines de lignes, de courbes, qui semblent porter cet homme terrifiant, l’entraîner vers sa tombe. Elles ont un effet hypnotique sur moi. Le vide prend vie, attire, entraîne…

Un travail admirable. Très peu spectaculaire mais totalement extraordinaire.

Voilà ce que j’aime chez ce dessinateur. Chez cet auteur. Ainsi que la beauté de ses noirs et blancs. Cette façon de dessiner les plis des vêtements, de poser des ombres, de laisser vivre les lumières. J’ai beaucoup appris en regardant son travail même si ce que je fais à l’air d’être loin, très très loin de tout ça. Je peux regarder le travail de cet artiste génial des heures sans jamais me lasser. Son travail est dans la droite ligne des maîtres. Il est un maître lui-même, pour ma part.

 

Quant à Za, qui m’a demandé: Dans une autre vie, si ton karma le permet, aimerais-tu être réincarné en illustrateur anglais ? Qu'est-ce qui, selon toi, en fait des illustrateurs hors pair, qu'est-ce qui te pousse vers ce style-là...” – je ne saurais répondre à une telle question. Tout d’abord parce que je ne crois en rien. Pas de Karma ou de paradis, juste une étincelle d’éternité sur cette terre et puis plus rien.

Il se trouve que je suis français, avec des références picturales françaises mais un amour pour cette île et ses habitants. J’ignore ce qui fait leur spécificité. Pourquoi un grand nombre des plus grands livres pour enfants (excepté Pinocchio) sont britanniques, pourquoi mes goûts me portent vers Mervyn Peake, Arthur Rackham,  Quentin Blake, Ralph Steadman, Inga Moore, Tony Ross, Ronald Searle, Wayne Anderson… Je ne saurais le dire. Je les aime, c’est tout. Je n’ai pas assez d’intelligence pour analyser et comprendre. Je fais pareil quand je dessine. Je dessine, je n’analyse pas. Un bon “crétin” de base… En revanche, je sais que j’aimerais particulièrement voir mes petits dessins de dragons traverser la Manche et amuser les enfants britanniques. Malheureusement ce marché reste très fermé.

Voilà j’espère que mes quelques mots vous auront donné envie de regarder plus attentivement le travail de Mervyn Peake, de vous plonger dans ses livres d’illustrations, ses poésies et ses romans, tout est bon à prendre. Et j’envie ceux qui sont sur le point de le découvrir.

 

Bien à vous,

Philippe-Henri Turin "

Mon cabas et moi te remercions infiniment !

 

 ogres.jpg  charles  endroit rêvé couv063  warf  http://ecx.images-amazon.com/images/I/410EPPVFYXL._SL500_AA300_.jpg

 

   Philippe-Henri Turin est l'illustrateur et parfois l'auteur de...

Les Ogres, Charles à l'école des dragons, l'Endroit rêvé, Warf le pirate, La Bombarde...

Partager cet article

Repost 0

mr howard

Publié le par Za

 

howard_.jpg

  Philippe-Henri Turin, Françoise Jay, Julie Ricossé

 

Howard a presque dix ans. 

 

Dix ans passés derrière les grilles de la demeure familiale, avec pour horizon un jardin peuplé de singes inquiétants - lubie de son père. Chaque jour, une foule d'adultes tissent autour de lui une solitude douillette et étouffante. Howard vit dans une maison de recoins et d'ombres, de tentures vertigineuses propices à toutes les aventures, d'arbres qui dressent des remparts. Au-delà des arbres, au-delà des grilles, il y a la ville, les usines du père crachant l'acier liquide, laissant s'échapper le brouillard vengeur.

 

Et Howard rêve. Il rêve de combats héroïques dans les ruelles suantes, de tournois à mort contre le Prince Brouillard, de créatures grouillantes et meurtrières nées du souffle du dragon, de forges cauchemardesques. Mais peut-on encore parler d'illusion lorsqu'au matin les draps sont tachés de sang...

mr howard 12

Howard a une nurse, Nutty, une fée étrange, un visage d'ange qui cache des chevaliers nocturnes, des dragons redoutables. Howard l'aime de toute la démesure de son âme d'enfant, inconscient. Tous les enfants ne sont pas innocents. Howard l'est. Une âme pure et délaissée, poussée à tuer les rêves, à tuer les vivants.

 

Les dessins de Julie Ricossé tissent la réalité avec le cauchemar, serrés, indissociables, comme dans l'esprit d'Howard. Ses personnages ont des regards profonds, affolés, ambigus. Et quel monde ! Noir, grouillant, inquiétant, vu à hauteur d'enfant, entre les murailles d'un château fantasmatique et les forges de l'enfer.

 

Le scénario, signé Françoise Jay et Philippe-Henri Turin, est haletant, peuplé de personnages hauts en couleurs - une mention particulière pour les scènes de pub ! Ce pauvre Howard, devenu un homme, raconte son histoire dans un bar des mers de Chine, échoué là après quatre ans de tranchées, dit-il. Et on cherche la sortie comme dans un train fantôme, jusqu'aux dernières pages et au dénouement, provisoire - j'espère.

mr-howard-sup.jpg

Partager cet article

Repost 0

l'endroit rêvé

Publié le par Za

Depuis le temps que cet album trépignait d'impatience sur l'étagère, attendant qu'on parle de lui !

 

endroit-reve-couv063.jpg

 

Mais comprenez-moi, ce n'est pas n'importe quel album, c'est L'endroit rêvé !  Je voulais bien faire les choses, histoire de vous donner vraiment l'envie de lire ce beau livre, de vous donner l'envie d'aller embêter votre libraire pour qu'il le commande, puisqu'il est toujours disponible, École des Loisirs cuvée 2008, ce qui n'est pas si vieux après tout.

L'endroit rêvé, c'est celui qu'on finit toujours par trouver, lorsqu'on est enfant, dans ce moment de presque vide, de délicieux ennui où on est censé faire un brin de sieste ou tout du moins prendre un peu de repos. Alors, dans le secret de sa chambre, avec son doudou ou un autre compagnon indispensable, on fait évidemment semblant de dormir et on finit par s'évader un peu...

endroit-reve-3064.jpg

L'endroit rêvé est noyé de tant de soleil que le ciel peut être jaune si on veut. Et si on en a très envie, le lit devient un arbre,  enfin, à moitié un lit, à moitié un arbre. L'endroit rêvé, c'est celui où le lit est aussi un bateau avec lequel il est si facile de rejoindre cette île bizarre et belle, à mi chemin entre maison et aventure.

endroit-reve-2062.jpg

L'endroit rêvé, c'est une complicité imaginaire. Enfin, imaginaire pour de vrai..endroit-reve061.jpg

Pour finir, l'Endroit rêvé est un album spécial parmi ceux que je préfère, pour son étrangeté sans concession, ses couleurs extraordinaires - au sens propre du terme, les nuages dans lesquels on peut imaginer le monde, les yeux incroyables de Rose, l'énergie de l'ours, l'originalité, l'univers sans limites des dessins de Philippe-Henri Turin. On pourrait dire que cet album est à part dans sa bibliographie mais à y réfléchir, ce monsieur ne fait que des albums à part...

Et puis il y a la grande qualité du texte d'Alex Cousseau avec cette fin maligne qui vous oblige à le relire immédiatement pour en saisir toute l'ambiguïté - alors que tout est dans les dessins, depuis le début. C'est exactement ce que j'attends d'un album jeunesse : le refermer en  me disant que j'y ai pris autant de plaisir de Petitou ! Et celui-ci mérite vraiment d'être redécouvert !

 

Mais est-ce qu'on peut laisser un lit dans un potager ?

Est-ce que Papa et Maman vont être d'accord ? On aura beau leur expliquer que ce n'est pas un vrai lit, est-ce qu'ils vont bien vouloir ?

- Non, Rose. Ils ne vont sûrement pas vouloir.

- Alors on va le mettre où ?

- Plus loin...dans la forêt...

Non. Pas dans la forêt parce que c'est sombre. On se croirait dans une chambre avec les volets fermés. Avec quelqu'un qui dort dans chaque arbre.

L'endroit rêvé
Alex Cousseau & Philippe-Henri Turin
L'école des loisirs, 2008

Partager cet article

Repost 0

on peut compter sur Charles !

Publié le par Za

On l'a lu, relu, re-relu, mais pas épuisé, oh non ! On le connaît par coeur même, ce Charles! Et le revoilà, le dragonnet maigrichon qui nous fait un clin d'oeil avec ce clac book, évidemment signé Philippe-Henri Turin, youpi !

 

compte-avec-Charles009.jpg

 

"Mais kézako, un clac book ?" t'entends-je demander, lecteur adoré. Eh bien, c'est un peu comme si Charles se mettait à l'accordéon, quoique ses bras un tantinet courts ne lui permettraient que très difficilement cette activité... Maintenant que j'y songe, pour le violon aussi, c'est râpé. Il peut toujours chanter, me direz-vous. À force de le fréquenter, j'en suis  d'ailleurs venue à me demander quel genre de voix il pouvait bien avoir. C'est comme lorsque je me suis entendue dire : "Mais quelle taille il fait, en vrai ?" En vrai... Eh bien oui, je vous dois la vérité : j'ai adopté un dragon !

 

Bref. Un clac book est un double accordéon en carton qui se déplie en faisant clac ! D'où son nom.  En fait, il fait plutôt skroutch ! Mais skroutch book, c'est tout de suite moins vendeur, vous l'admettrez. Tout le monde suit  ? Je n'ai perdu personne en route ? Et nous voici, côté pile, devant une galerie de portraits de Charles comptant tout ce qui lui tombe sous la patte, y compris ses copains de l'école des dragons, que vous reconnaîtrez sans peine, n'est-pas ? Cet exercice réjouissant nous laisse découvrir les grands talents de comédien du dragonnet.

 

lire---relire-4419.jpg

  - Pourquoi on ne voit que les nombres pairs ?

- C'est fait exprès.

 

Charles n'est pas à proprement parler mignon, ce qui est reposant, je l'avoue. Il n'a rien de ces personnages lisses de certains livres pour enfants, il est griffu, couvert d'écailles et son cou maigrelet plisse lorsqu'il tourne la tête - j'adore ce détail. Et ses dents ! Ne loupez pas son sourire carnassier, un sourire dont je n'approcherais pas la main...

 

lire---relire-4432.jpg

- Et pourquoi elle est si riquiqui cette photo ?

- Parce que. C'est fait exprès.

 

Voudrait-on lui faire un câlin qu'on se retrouverait empêtré dans ses ailes interminables. Encore que... Lui faire un câlin... Car Charles a beau être devenu, vous l'aurez compris, mon nouvel ami, il conserve ce je ne sais quoi de sauvage qui fait qu'on ne sait jamais s'il va vous faire une affectueuse léchouille ou vous croquer la joue. Il est définitivement à part, unique.

 

Compter, donc, puisque c'est le sujet du jour. Eh bien, ça peut être coton. Parce que notre Charles a certes deux grands pieds, deux ailes majestueuses, je ne vous apprends rien j'espère, un long nez, deux beaux yeux, il a quatre doigts à chaque main, ce qui vous l'avouerez, n'est pas aisé pour aller jusqu'à 10. Il pourrait compter en base huit, m'a-t-on fait remarquer. Ceux qui me connaissent bien imaginent aisément que cette idée ne m'aurait jamais effleuré l'esprit...

 

Côté face, un dessin unique, somptueux et plein d'humour où l'on retrouve tous les éléments du recto, en situation dans un paysage vallonné propre à donner le rhume des foins à bien des dragonnets ! Je vous épargnerai le couplet pédagogico-gnan gnan sur l'apprentissage du dénombrement, car il ne s'agit ici pour nous que du plaisir de retrouver le talent de Philippe-Henri Turin, dragonnier en chef !

 

lire---relire-4422.jpg

  - C'est quoi, cette photo ? On ne voit rien !

- Et dedans, c'est quoi, des écailles ?

- Elle est nulle !

- C'est fait exprès ! Bon allez, j'appelle mon fidèle assistant et je vous en refais une autre.

Mais c'est bien parce que c'est vous...

 

lire---relire-4430_edited.jpg- Ben, c'est pas beaucoup mieux...

- Jamais contents ! Et puis...

- Oui ! C'est fait exprès, on a compris !


Un bel objet destiné aux plus petits qui vont se régaler à chercher les coccinelles, aux membres du fan club de Charles, à Petitou, fin connaisseur du sujet qui me fait remarquer que Charles à un peu les mêmes dents que Pangbotchi , non ? avant de prendre le livre dans ses bras et de s'assurer qu'il sera bien rangé dans sa chambre et pas ailleurs...

 

- Mais c'était quoi ces photos à la fin ?

- Je me tue à vous dire que c'est fait exprès !

Si vous voulez en voir davantage, rendez vous chez votre libraire et achetez le livre.

Un point c'est tout.

Comment j'avais dit, la dernière fois ?

Ah oui !

C'est un ordre.

 

 

challenge-copie-1

Partager cet article

Repost 0

pangbotchi

Publié le par Za

Ce doit être l'ambiance montagneuse du moment qui m'amène tout naturellement à une histoire de yéti, parce que pour ceux qui en doutaient encore, oui, je l'affirme bien haut (1 000 m), il y a des yétis dans le Cantal. Velus et tout. Vous n'avez qu'à jeter un oeil sur les vaches du cru et vous verrez que question poil... Mais je m'égare.

 

 

AUTRE-4032.JPG

 

Où en étais-je ? Ah oui, le yéti. 

 

lire---relire-4070.JPG

 

Celui-ci vit tout naturellement quelque part au Népal (et pas dans le Cantal) dans une douillette maison, avec son papa et sa maman, yétis eux aussi, évidemment. C'est la veille de Noël et le petit Pangbotchi doit faire face à une invasion de lutins, qui envahissent salement le frigo, squattent le canapé du salon... Pas mignons pour deux sous, ces lutins et sans gêne comme tout. Heureusement, papa Yéti est là pour les remettre sur le droit chemin, celui qui mène chez le Père Noël où les attend leur dur labeur saisonnier. Et nous voilà partis pour de belles glissades en baignoire ou en canapé sur les pentes enneigées !

 

 

lire---relire-4064.JPG

 

 

Voici une histoire épatante d'Alex Cousseau, qu'on relit dès qu'on en découvre la chute, un texte malin et plein d'humour. Le tandem Cousseau - Turin fonctionne à merveille. Tout n'est pas dit dans le texte, les illustrations de Philippe-Henri Turin ont leur part d'histoire à raconter et sèment les indices. Les yétis sont épatants, plus que vivants, griffus, à la fois drôles et effrayants, dents parfaitement acérées, regards pas que rassurants. Et ce petit Pangbotchi qui aurait des airs de Barbouille...

 

 

lire---relire-4066.JPG

 

 

De belles montagnes enneigées (pour ceux qui aiment les montagnes  enneigées, ce qui n'est pas mon cas, dois-je vous le rappeler ?), avec une mention spéciale pour un crépuscule rose de soleil couchant, qui vous scotche franchement lorsque vous tournez la page. Si vous voulez le voir et vous régaler, commandez ce bel album à votre libraire, c'est à l'École des Loisirs, cuvée 2005, approuvé par Petitou !

 

 

challenge-copie-1

Partager cet article

Repost 0

1 2 > >>