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92 articles avec romans

prodigieuses créatures

Publié le par Za

Tout d'abord, il y a le plaisir de tenir entre les mains un volume des éditions quai Voltaire: le bleu caractéristique de la couverture, son grain si agréable au bout des doigts. Et le logo, en ombres chinoise, François Marie Arouet, dit Voltaire, confortablement installé, un livre sur les genoux, les jambes croisées, la mule en équilibre sur le bout du pied...

 

 

voltaire2030.jpg

 

 

Le voilà donc, le nouveau Tracy Chevalier, Prodigieuses créatures. Mary Anning et Elizabeth Philpot ont bel et bien existé. Elles ont vécu au sud de l'Angleterre, au bord de la mer, cherchant, scrutant, grattant, à la recherche de fossiles, apportant leur contribution à la naissance de la paléontologie. Les trouvailles de Mary Anning vont bousculer les dogmes, comme celui qui voulait la création divine parfaite et finie et n'acceptait pas l'idée de l'extinction des espèces. Mary Anning, c'était elle:

 

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À lire Tracy Chevalier, on comprend comment sa passion pour les fossiles, sa condition sociale l'ont condamnée au célibat, tout comme son amie Elizabeth Philpot, trop bizarre pour prétendre au mariage... Des femmes faisant une incursion, une intrusion plutôt, dans un monde d'hommes et de certitudes.

 

L'ombre de Jane Austen plane sur ce roman (elle est citée plusieurs fois). Comme dans le Récital des anges - autre roman de Tracy Chevalier, les femmes n'ont d'autre choix que l'ennui d'une vie déjà écrite ou l'étrangeté et la solitude, mais surtout pas la reconnaissance: les découvertes de Mary Anning ne lui seront pratiquement jamais attribuées.

 

C'est un roman fluide et limpide, sans doute pas mon préféré... De Tracy Chevalier, j'aime surtout la Jeune fille à la perle, peut-être parce que je l'avais en partie lu à Bruges, dans des décors qui sonnaient un peu comme Delft, et surtout l'Innocence, dont vous trouverez un bel écho du côté de chez Christine.

 

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Fifi Brindacier

Publié le par Za

Un grand classique, relu/lu avec bonheur, en compagnie de vingt-huit paires d'oreilles, toutes accros à la rouquine !!

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Pipi Långstrump se paie le luxe d'avoir désormais quelque chose comme 65 ans... et pas une ride, pas un cheveu blanc dans ses nattes carotte. Une éternelle jeunesse, une insolence toujours moderne, comme une cousine de notre Zazie ( je viens de me rendre compte qu'elles étaient voisines dans ma bibliothèque).

 

Fifi est absolument, parfaitement libre. 

 

Pas d'école.

"Tu comprends, mademoiselle, quand on a une maman qui est un ange et un papa qui est roi des cannibales et quand on a passé sa vie à courir les océans, eh bien on ne sait pas très bien se tenir à l'école [...] "

La maîtresse dit qu'elle comprenait et qu'elle n'était plus triste pour Fifi. Fifi pourrait peut-être revenir à l'école quand elle serait un petit peu plus grande. Fifi, rayonnant de joie, dit alors:

"Je trouve que tu es drôlement gentille, mademoiselle. Tiens, c'est pour toi!"

Fifi sortit de sa poche une magnifique montre en or et la déposa sur le bureau. La maîtresse dit qu'elle ne pouvait accepter un tel cadeau. Fifi l'interrompit:

"Il le faut ! Sinon, je reviendrai demain ! Et je te promets que ce sera le bazar !"


Pas de parents non plus. Un singe, M. Nilsson, et un cheval qu'elle peut porter à bout de bras, car Fifi est d'une force colossale, ce qui vaudra quelques ennuis à Arthur le costaud, l'Hercule du cirque..

 

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Fifi ne connaît pas les bonnes manières - ce qui fait le sel de ses aventures - tout en le reconnaissant parfois avec tristesse.

Fifi la regarda avec étonnement et ses yeux se remplirent de larmes.

"C'est bien ce que je pensais, je ne sais pas me tenir comme il faut ! C'est même pas la peine d'essayer, je n'y arriverai jamais. J'aurais dû rester en mer, sur le bateau."

 

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Fifi est d'une naïveté parfaite. Elle fait danser la polka aux deux voleurs venus cambrioler sa maison, sans imaginer le moins du monde la raison de leur intrusion. Elle sauve deux enfants des flammes dans la plus totale inconscience du danger.

J'imagine la stupeur et la jubilation des enfants de 1945, découvrant ce texte ébouriffant. La traduction semble indiquer une grande liberté de ton et de vocabulaire. En parlant de liberté, que pensez-vous de cette photo, tirée du feuilleton diffusé en 1968, réalisé avec l'assentiment et les encouragements de l'auteur ... Une rediffusion de cet épisode serait-elle possible aujourd'hui...

 

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Certains ont voulu faire de Fifi une féministe. Il est vrai qu'elle est téméraire, remuante, des vertus encore aujourd'hui davantage tolérées lorsqu'elles se manifestent chez les petits garçons. Mais Fifi n'est pas un garçon manqué, c'est une fille absolument réussie, qui bouscule involontairement l'ordre établi, les conventions communément admises, sans jamais nuire aux autres. Au pire fera-t-elle enrager les adultes...

 

[     C'est à se demander parfois ce que c'est qu'une petite fille, ce que l'on attend qu'elle soit, on - c'est à dire nous tous. J'y pense parce que les responsables chargés des activités périscolaires de mon école organisent, pour la fin de l'année, un concours de pom-pom girls, et que ça m'énerve au plus haut point !

       Quelle éducation les filles reçoivent-elles, en terme d'image et d'attitude ? Entendu récemment au sujet d'une demoiselle de cinq ans: "c'est pas une fille, elle a des voitures, elle ne s'intéresse pas aux poupées. Regarde, elle ne joue qu'avec des garçons !" Au secours !! Doit-on complaire les filles dans la mièvrerie, le gnangnan généralisé ? Ou, autre tendance lourde du moment, les propulser en espèce de pré-ados de neuf ans ? Quels modèles leur propose-t-on ? Sachant que, pour nombre d'entre elles, les modèles en question sont majoritairement véhiculés par la télévision... Quel genre de super-héro parental faut-il être pour leur éviter ces écueils et leur permettre de ne pas trop se scotcher aux stéréotypes ?

       Fin de la digression et revenons, à Fifi qui à l'époque, n'avait évidemment pas la télé, ce qui la plaçait d'office à l'abri de la bêtise et de la vulgarité... ]

 

"Sa robe était fort curieuse. Fifi l'avait faite elle-même. Elle aurait dû être bleue, mais, à court de tissu bleu, Fifi avait décidé d'y coudre des petits morceaux rouges çà et là. Elle portait des bas - un marron, un noir - sur ses grandes jambes maigres. Et puis, elle était chaussée de souliers noirs deux fois trop grands pour elle. Son papa les lui avait achetés en Amérique du Sud pour que les pieds de Fifi aient la place de grandir un peu. Fifi n'en avait jamais voulu une autre paire."

Et lorsque Fifi fait des efforts de toilette, non pas pour plaire, mais pour paraître chic, c'est ainsi:

"Pour une fois ses cheveux roux tombaient librement sur ses épaules et formaient comme une crinière de lion. Elle avait passé du rouge sur ses lèvres - avec une craie rouge vif - et elle s'était fardée les paupières - avec du charbon -, de sorte qu'elle avait l'air fort menaçante. Sans oublier les gros rubans verts sur ses chaussures."

 

Quand je vous dis libre... Fifi apporte la fantaisie, un vent frais de liberté à ses voisins Tommy et Annika, fascinés et envieux, autant que les petits lecteurs de 2010.

 

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En faisant quelques recherches sur cette star mondialement connue, j'ai découvert que le maître Hayao Miyazaki s'était intéressé à elle, dans les années soixante-dix. Travaillant à une adaptation, il s'est même déplacé jusqu'en Suède pour y rencontrer Astrid Lindgren. Malheureusement pour nous, il n'a jamais obtenu les droits et le projet est tombé à l'eau... On peut en voir quelques images sur le site Ghibli World, à la date du 4 mai.

 

 

Pour finir, j'aime beaucoup cette photo d'Astrid Lindgren, comme un dernier clin d'oeil à son héroïne...

 

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Publié dans romans, Astrid Lindgren

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le coeur cousu

Publié le par Za

Allez, je me lance.

coeur-cousu.jpg L’idée, ce n’est pas forcément d’écrire une bafouille sur chaque livre lu. Mais quand même, celui-là… Et ce faisant, en se baladant sur la blogosphère, c’est fou le nombre de billets qu’on a peut trouver sur ce livre !  Moulon de prix (pour un premier roman), bouche à oreille fulgurant… et je n’en avais jamais entendu parler. Alors d’abord, merci à qui  me l’a conseillé !

 

Le cœur cousu, donc.

 

Le goût du soleil et de la poussière chaude.

 

Une histoire de transmission d’une mère à ses filles, où l’on hérite de la douleur, mais aussi de la liberté. Frasquita Carasco reçoit le don de coudre, broder, raccommoder les étoffes, les vies, les chairs. Durant toute la première partie, j’ai eu en tête les tableaux de Frida Kahlo : les couleurs, le sang, le cœur cousu dans la poitrine de la Vierge, les enfantements successifs.

 

Frida Kahlo le due frida

 

 

Frida-Diego-in-my-mind.jpg

 

 

La deuxième partie inscrit ce récit intemporel dans l’Histoire (les anarchistes, les allusions à Bakounine). Pour autant, les fantômes, les incantations, les miracles laissent au surnaturel une place centrale dans l'histoire. Mais c’est un surnaturel du quotidien, de l’amour, de l’enfance, du soin prodigué par lequel Frasquita poursuit son œuvre de couturière nomade.

Le dernier tiers du récit se déroule en Afrique du Nord. Une Afrique qui ressemble encore tellement à l’Espagne, escagassée de lumière et de chaleur. Les enfants ont grandi, chacun à sa manière, avec son don/malédiction.

 

Cette couturière ne pouvait que me toucher, me rappeler à ces liens du fil à coudre, à broder, du fil de laine à tricoter...

 

Au détour d'une page, un petit chapitre de deux pages, l'air de rien, m'a explosé en plein coeur:

 

"Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines.

Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. l'art culinaire des femmes regorge de mystère et de poésie.

Tout nous est enseigné à la fois: l'intensité du feu, l'eau du puits, la chaleur du fer, la blancheur des draps, les fragrances, les proportions, les prières, les morts, l'aiguille, et le fil... et le fil.

Parfois, des profondeurs d'une marmite de fonte surgit quelque figure desséchée. Une aïeule anonyme m'observe qui a tant su, tant vu, tant tu, tant enduré. [...]

Opposant à la réalité une résistance têtue, nos mères ont fini par courber la surface du monde du fond de leur cuisine."


 

Chaque livre ayant sa petite musique à lui, c’est vers elle que ce roman m’a emportée :

 

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Alice the movie, Alice the book

Publié le par Za

Alice, the movie...

Mouais...

 

Pas déçue des décors, non. Les forêts tarabiscotées de Tim Burton sont bien là et l'arbre de Sleepy Hollow nous fait de l'oeil. Les fleurs, les champignons sont tels que je les attendais: hallucinogènes, rien qu'à les regarder.Jusque là, tout va bien.

Pas déçue des costumes, des couleurs, non plus. Une explosion psychédélique, violette, orange, rouge, juste comme j'en rêvais.

Pas déçue de Johnny Depp (comment serait-ce possible ?) - parfait jusqu'à l'hommage rendu à sa merveilleuse moitié (les dents du chapelier fou, son sourire).

 

 

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La tête d'Helena Bonham-Carter est parfaitement effrayante et grotesque, Anne Hataway est une reine blanche aussi exaspérante que son pendant inverse, la reine de coeur. Le lapin blanc est tout mignon comme il faut, la chenille et le chat du Cheshire, épatants. Tim Burton est allé chercher des détails, des images, des mots (le Bandersnatch) dans les deux textes de Lewis Caroll.

 

Alors pourquoi suis-je sortie déçue, ennuyée d'être déçue, déçue de m'être ennuyée ? Deviendrais-je rabat-joie, voire snob avec l'âge, l'ai-je toujours été ? Ne répondez pas, merci.

 

Je m'attendais en fait à ce que Tim Burton entraîne Alice vers davantage de noirceur, vers ce ricanement que j'aime chez lui, depuis les impayables martiens de Mars Attacks jusqu'aux glaçantes Noces funèbres. Et dans l'univers d'Alice, il y avait de quoi faire ! Du noir, du cauchemardesque, de l'oppressant...

 

Et puis le scénario... On connaît Alice par Reine de coeur.

Ou du moins, on connaît le dessin animé de Walt Disney...

 

 

(just for my very dear friend Karen B.)

Pourquoi Tim Burton nous entraîne-t-il du côté de l'héroïc fantasy... Le combat d'Alice est inspiré du dessin de John Tenniel, qui illustra l'édition originale, si je ne me trompe:
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L'épée vorpaline ("He took his vorpal sword in hand...") devient une sorte d'Excalibur bien briquée et rien ne nous est plus alors épargné, jusqu'au combat dans la tour en ruines, avec montée et descente d'escalier, le classique... Et le premier quart d'heure... Je passe, tellement c'est curieux de trouver ça là.
Intriguée par l'intrigue (!), j'ai tiré de leur étagère, où ils dormaient côte à côte sous un peu de poussière (et alors?), une vieille édition d'Alice au pays des merveilles &  De l'autre côté du miroir en français, et son pendant en anglais. Oui, oui, lecteur fidèle, tu as bien lu, je me lance dans la VO, non sans appréhension, mais j'y vais !
Première difficulté pour moi, Lewis Caroll est un tritureur de la langue et moi, je ne sais pas faire la différence entre un mot anglais lewiscarollement bidouillé et un mot anglais que je ne comprends pas parce que je ne le connais pas... Exemple pour anglophone confirmé (voire natif):
"T'was brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe:
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe."

Ah, les mome raths... Que nous retrouvons ici, d'ailleurs:
...où là, au deuxième plan ("Well, a rath is a sort of green pig: but mome I'm not certain about. I think it's short for from home - meaning that they'd lost their way, you know.")

mome-raths015.jpg
J'aime beaucoup cette illustration (toujours John Tenniel, 1865), un peu Jérôme Bosch, non ?
Vaguement perdue dans tout ça, j'ai adopté une lecture en double, jonglant d'un livre à l'autre, pas pratique quand on lit au lit (en fait, je viens d'inventer l'édition bilingue pour lecteur muni de plusieurs bras)...  Et je ne les ai plus lâchés, les deux, l'angliche et l'autre, ma béquille, ma roue de secours.
Cette lecture peut avoir l'effet d'un stage d'apnée, tant le texte est touffu, bavard (au bon sens du terme). Le rêve/cauchemar est là, sans queue ni tête, sans début ni fin, sans limites que celles du plateau d'un jeu d'échecs absurde et impitoyable ("Off with his head !"). Les gigots et les puddings parlent, les brebis tricotent au fond d'une obscure boutique où coule une rivière, les chevaliers tombent de leur cheval en déclamant des vers obscurs...
Alors, ne vous étonnez pas, les un(e)s & les autres, si un jour je vous salue d'un "You can't think how glad I am to see you again, you dear old thing !" (the Duchess to Alice), ce sera juste une reminiscence, l'envie parfois de passer de l'autre côté du miroir...J'en garde aussi la certitude qu'il faut croire au moins une fois par jour à quelque chose d'impossible, j'y travaille, j'y travaille...
"...when I was your age, [said the Queen], (...) sometimes, I've believed as many as six impossible things before breakfast."

"Dreaming as the days go by,
 Dreaming as the summers die:
 Ever drifting down the stream-
 Lingering in the golden gleam-
 Life, what is it but a dream ?"

http://idata.over-blog.com/2/99/28/34/divers/defi_classique.jpg

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la douane volante

Publié le par Za

Un titre mystérieux pour un livre qui ne l'est pas moins.

J'ai souvent beaucoup aimé les albums de François Place:

 


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http://ecx.images-amazon.com/images/I/51TT9G6BXvL._SS500_.jpgLà, c'est un roman qui nous attend.


http://ecx.images-amazon.com/images/I/512vBVmEpLL._SS500_.jpg

Le récit débute en Bretagne en 1914. Le personnage noir de la couverture, en décalage avec le début du récit et l'époque évoquée nous amène doucement vers des atmosphères de brumes, de pierre, d'eau, où la mer se confond avec les canaux. Car Gwen le Tousseux, le jeune héros de ce roman, semble avoir voyagé dans le temps, emporté par une sinistre charrette noire... Il croisera sur sa route des médecins, des voleurs,  un oiseau attachant et grotesque, des enfants semblant tout droits sortis d'un roman de Dickens et l'inquiétante,  l'omniprésente Douane volante...

 

Le style de François Place colle aux atmosphères froides et cotonneuses de son récit, atmosphères contrastant avec la violence des situations, des rapports humains, des personnages. Les phrases ciselées, polies,  soupesées, sont un vrai bonheur de lecture, dont on aimerait souligner et garder certains passages pour être sûr de pouvoir les relire plus tard:

 

" Long, long, très long voyage, et la voûte si près du crâne, la fatigue plaintive de l'essieu, le grincement des roues et le vacarme de leurs grands cercles de fer, les pas lourds du cheval, le bois qui gémit à chaque ressaut de la descente, et le noir absolu dans lequel tout cela se propage, et qui fait qu'on est soi-même pierre, sabot, bois, fer, et tête de douleur."

 

" On reprit notre lente glissade que la brume rendait fantomatique. La plate, dans ce grand silence ouaté, semblait flotter dans l'espace, appuyée sur son reflet."

 

"Si belles, si sages, toutes ces façades. Rien qu'à les regarder, je savais que je me cognerai contre."

 

J'ai lu après coup que François Place s'était inspiré d'un tableau du peintre Jan van Goyen.

http://www.essentialvermeer.com/dutch-painters/dutchimages_two/van_goyen_c.jpg


http://images.artnet.com/artwork_images_767_450160_janjosefszvan-goyen.jpg

 

Ces belles et inquiétantes façades de briques m'en ont rappelé d'autres, pas si lointaines dans le temps, si proches de mon coeur...

 

IMG_0396.JPG

 

"La douane volante" est publiée par Gallimard Jeunesse (à partir de 12/13 ans).

 

 

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parler des livres

Publié le par Za

"Après le plaisir de posséder des livres, il n'y en a guère de plus doux que d'en parler. "
Charles Nodier, 1780-1844

N'est-ce pas,  Christine ?  Isn't it, Karen B. ?
Qu'y a-t-il en effet de plus agréable que de partager ses enthousiasmes, déceptions, énervements, souvenirs de lecture, rencontres de lecteurs, amitiés et connivences livresques... Pour ce qui est des déceptions ou des énervements, vous n'en verrez pas trace ici. Les livres qui me tombent des mains finissent dans le carton "à donner" et ciao!

Avant de m'attaquer aux Trois Mousquetaires & profitant des vacances puis d'un climat qui ne vous laisse guère qu'un choix: lire, j'ai fait la connaissance de Bartleby ("Herman Melville est un dieu" - Maurice Sendak). Un être énigmatique et minéral, qui vous laisse d'abord perplexe, puis vous angoisse un brin, avant de finalement vous hanter un chouïa, lui et  son "I would prefer not to", longtemps après avoir refermé le livre (belle édition d'ailleurs, Allia).

"I would prefer not to"... L'angoisse du traducteur...


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Mais revenons à nos mousquetaires. Voici donc que je quitte à regrets Portos, Aramis et Athos. Surtout Athos... Pas d'Artagnan. N'en déplaise aux béarnophiles et vu de mes yeux anachroniques de femme du XXIème siècle (si, si, j'ai des yeux anachroniques ! Je suis sûre que personne ne l'avait remarqué et ça me vexe un peu...), ce d'Artagnan, quel mufle ! Un peu cornichon aussi, non ? Alors qu'Athos... Quelle classe... Même si, comme me l'a fait remarquer un ami cher et lecteur invétéré, "qu'est-ce qu'il picole !" J'en conviens.

 

Parler des livres... Que dire des Trois Mousquetaires ? Tout a été dit. Tu as raison Christine, il y a tout là-dedans: amour, humour, aventure, suspens... Ah, la fin de Milady... Quelle femme, cette Milady ! Et le dîner chez la maîtresse de Porthos... Le Cardinal...

Il y a, dans un coin du livre, une fable délicieuse à mes yeux anachroniques etc, etc...La voici:


"- Comme c'était au temps des guerres des catholiques contre les huguenots, et que [mon père] voyait les catholiques exterminer les huguenots et les huguenots exterminer les catholiques, le tout au nom de la religion, il s'était fait une croyance mixte, ce qui lui permettait d'être tantôt catholique, tantôt huguenot. Or, il se promenait habituellement, son escopette sur l'épaule, derrière les haies qui bordent les chemins, et quand il voyait venir un catholique seul, la religion protestante l'emportait aussitôt dans son esprit. Il abaissait son escopette dans la direction du voyageur; puis lorsqu'il était à dix pas de lui, il entamait un dialogue qui finissait toujours par l'abandon que le voyageur faisait de sa bourse pour sauver sa vie. Il va sans dire que lorsqu'il voyait venir un huguenot, il se sentait pris d'un zèle catholique si ardent, qu'il ne comprenait pas comment, un quart d'heure auparavant, il avait pu avoir des doutes sur la supériorité de notre sainte religion. Car moi, Monsieur, je suis catholique, mon père, fidèle à ses principes ayant fait mon frère aîné huguenot.
- Et comment a fini ce digne homme ? demanda d'Artagnan.
- Oh ! de la façon la plus malheureuse, Monsieur. Un jour, il s'était trouvé pris dans un chemin creux entre un huguenot et un catholique à qui il avait déjà eu affaire, et qui le reconnurent tous deux; de sorte qu'ils se réunirent contre lui et le pendirent à un arbre; puis ils vinrent se vanter de la belle équipée dans le cabaret du premier village où nous étions à boire, mon frère et moi.
- Et que fîtes-vous ? dit d'Artagnan.
- Nous les laissâmes dire, reprit Mousqueton. Puis, comme, en sortant de ce cabaret, ils prenaient chacun une route opposée, mon frère alla s'embusquer sur le chemin du catholique, et moi sur celui du protestant. Deux heures après, tout était fini, nous leur avions fait à chacun son affaire, tout en admirant la prévoyance de notre pauvre père qui avait pris la précaution de nous élever chacun dans une religion différente."




J'ai rejoint le défi:

et puis aussi celui-là:

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a witch !

Publié le par Za

Et voici un enfoncement de porte ouverte. Et largement ouverte même !

Aimer Roald Dahl n'est pas très original. Mais s'y plonger, y replonger est toujours un vrai moment de gourmandise. Après Fantastic Mr Fox, nous voici aux prises de redoutables Sorcières, horrifiquement illustrées par Quentin Blake (vrai génie à mon sens).

Mon moment préféré, un pur délice, se trouve page 11, alors que je lis, sans ciller, sans quitter le texte des yeux, en détachant chaque mot, d'une voix juste un petit peu plus grave, le passage suivant:


"Maintenant, vous savez que votre voisine de palier peut être une sorcière.
Ou bien la dame aux yeux brillants, assise en face de vous dans le bus, ce matin.
Ou cette femme au sourire éblouissant qui vous a offert un bonbon, au retour de l'école.
Ou encore (et ceci va vous faire sursauter !) votre charmante institutrice qui vous lit ce passage en ce moment même. Regardez-la attentivement. Elle sourit sûrement, comme si c'était absurde. Mais ne vous laissez pas embobiner. Elle est très habile.
Je ne suis pas, bien sûr, mais pas du tout, en train d'affirmer que votre maîtresse est une sorcière. Tout ce que je dis, c'est qu'elle est peut en être une. Incroyable ? ... mais pas impossible !"


Et là, je lève les yeux du livre et je remercie intérieurement Roald Dahl.
Merci.
Merci pour ces bouilles:

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Publié dans romans, Roald Dahl

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Minusman et Fantastique Monsieur Renard

Publié le par Za

Me revoilà, moi et ma manie d'assommer les petits enfants avec la lecture de textes  édifiants! Dès la première heure, à peine ont-ils eu le temps de s'asseoir et de vider leur cartable que je les attaque tout en férocité avec ce moment de lecture, dite "lecture offerte" par les textes officiels. Parce que je me connais, je termine toujours la journée en retard, par "l'affolement de 16 heures 29", alors, c'est comme l'anglais (qui suit presque invariablement le moment délicieux où je les oblige à m'écouter), autant le faire tout de suite ! Et, de toute manière, ils sont coincés là, dans la même pièce que moi pour au moins cinq heures (si j'enlève les récrés et les séances de sport)...

Lus récemment donc:


 http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/6/4/7/9782211092746.jpghttp://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/3/8/2/9782211081283.jpg
http://www.nathaliebrisac.com/livres/minus.jpg



















Mon préféré, c'est Minusman.
Dans la vie d'Isaac, alias Minusman, il y a trop d'injustice. A la maison, à l'école, l'injustice est partout. Jusqu'au jour où il rencontre la sorcière Yapa qui lui confie LA formule magique qui va tout changer: "Vous êtes en train de commettre une grave erreur. Réfléchissez plus longtemps." Un roman de Nathalie Brisac (Mouche de l'École des Loisirs), court et sensible, où les grands ont autant à apprendre que les petits.

Extrait: "Mon frère a fini le pot de Nutella et il ne reste rien pour mon petit-déjeuner. Mon frère, un ogre, se lève avant moi pour aller au collège; ça doit être fait exprès. Si j'étais Minusman, aucun grand frère ne pourrait faire ça ! A la troisième tartine, le pot de Nutella leur échapperait des mains et il en resterait toujours pour les plus petits. Mais voilà, en vérité, dès le matin, il n'y a aucune loi pour nous protéger."

http://www.culture24.org.uk/asset_arena/7/59/20/202957/v0_master.jpg
Quentin Blake


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Jill Bennett

J'ai enchaîné avec "Fantastique M. Renard" de Roald Dahl, dans une édition de poche,  même pas illustrée par Quentin Blake, mais par Jill Bennett, pas mal non plus. J'ai été tout à fait surprise par la qualité du silence qui s'est installé au bout de trente secondes.  Je ne m'y attendais pas; je  crois ces petites personnes plus blasées qu'elles ne le sont réellement. J'ai tort, quel bonheur !
Il faut dire qu'on tient là un vrai suspens, de vrais affreux ! Et  un vrai héro ! Quelle classe, ce renard, un peu dandy, un peu désinvolte, un renard, quoi, dans la grande tradition du Goupil.

 

Pour finir, un fois n'est pas coutume, un album que je n'ai pas encore lu mais dont le sujet me plaît beaucoup: l'histoire d'un chien qui aime les livres à la folie et qui,  pour assouvir et partager cet amour devient ... libraire.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41yNeQ26HKL._SS500_.jpg

 

le 12 avril 2010, je viens de lire cet album !

Des illustrations légères et tendres, une mise en page aérée, une si jolie histoire, où les livres, partégés avec générosité deviennent un remède contre la solitude.

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les grandes personnes, vaudrait mieux en faire de la soupe !

Publié le par Za

C'est le titre d'un livre de Guus Kuijer (qui parmi vous saurait le prononcer ?).

Énervement n°1:
Il est de bon ton, dans certains cercles littéraires de mépriser la littérature de jeunesse, d'en faire une sous-littérature mièvre et inutile, tant il est merveilleux de lire Dostoïevski à 12 ans ! J'exagère à peine, je l'ai entendu à la radio, il y a quelques temps, dans la bouche d'un philosophe connu. Et là, je me retrouve en train de crier à mon poste : " Et Ponti, et Ungerer, c'est des coureurs cyclistes, peut-être ?! "  Ridicule, d'autant que je suis seule dans la pièce, personne pour profiter de ce bel énervement... Habituellement, j'aime mieux quand il y a un peu de public...

Énervement n°2:
Moi - Tu avais un livre à lire pendant les vacances ?
Demoiselle L., élève de 6ème - Oui, plusieurs chapitres des Métamorphoses d'Ovide, j'ai rien compris, et on avait un DM (devoir à la maison) dessus..

Grrrrrr.... Est-il vraiment urgent de faire lire Ovide à des élèves de 6ème ? J'entends, sans les accompagner dans cette lecture, non, mais en leur confiant simplement le livre à la veille des vacances,  " vous me lirez ça pour la rentrée. Circulez". Comprenons-nous bien, je ne suis pas en train de vous refaire le plan de la Princesse de Clèves.. Je n'ai rien contre l'idée d'initier nos petits bouts de lecteurs aux bons vieux classiques. Moi même, en classe... Mais c'est une autre histoire... Pourrait-on au moins essayer de le faire moins brutalement, s'il vous plait...

Je me demande souvent comment on peut transmettre à son tour ce qui vous a été donné, un jour, avec générosité, le sourire au coin des lèvres, la connivence en plus ?  Qu'est-ce qui fait naître un lecteur curieux, avide, heureux ? Cultivé, certes, mais d'abord heureux !
Pour les petits, pas de doute, il faut leur donner des textes à entendre ( ce qui satisfait pleinement mon goût du one-maîtresse-show !). Tout est bon à prendre, tout est bon à lire: Marie-Aude Murail (first !), Roald Dahl (ah ! contrefairrre la voix de la Grrrandissime Sorrrcièrrre), les aventures d'Ulysse, Andersen, Fifi Brindacier, Alice au pays des merveilles, le Petit Nicolas (ça marche toujours très bien), Susie Morgenstern, les contes de tous les continents et de tous les temps, Peau d'Ane, la Barbe-Bleue, le Petit Poucet, le Minotaure, Jason et la toison d'or, Baba Yaga, Soundiata l'enfant-lion, Nasreddine Hodja... Je vous cite ceux-là parce que je les ai tous essayés, avec bonheur.

Tiens, en parlant de Nasreddine Hodja, l'autre matin, ouvrant le manuel de Français (Facettes/Hachette) avec mes CM1 pour chercher un exercice sur l'imparfait, visez un peu ce que j'ai trouvé:

jdarwiche054


Si, si ! Notre Jihad dans les manuels scolaires !!! Bon, cette phrase s'adresse un peu exclusivement à certains de  mes fidèles lecteurs & amis... Pour ceux ne le connaîtraient pas, Jihad Darwiche est sans conteste le meilleur conteur de tous les temps, et je n'exagère pas (comme si c'était mon genre, d'ailleurs...) ! Ses nombreux recueils de contes se trouvent  sur les rayonnages des (bonnes) bibliothèques & des (excellentes) librairies. C'est également un être humain comme on en croise rarement, un ami très cher, un frère.  
 http://www.mondoral.com/spip.php?rubrique97


http://www.actusf.com/spip/IMG/jpg/LeBonheurSansPrevenirMoyen.jpgMais revenons à Guus Kuijer, parce que  moi, j'aime les livres Guus Kuijer (et que je ne me lasse pas son nom...) !  Et, délice, parmi les nouveautés de ce printemps, avec les hirondelles qui ne manqueront pas de revenir investir  les poutres du porche de la maison, arrivera également  le nouveau Guus Kuijer: "Porté par le vent vers l'océan". C'est le quatrième tome des aventures de Polleke (traduit en Français par Pauline). Pauline a un PC (père compliqué) aux prises avec la drogue, une maman qui file le parfait (?) amour avec l'instituteur, un amoureux, Mimoun, des grands-parents à la campagne, un veau comme animal de compagnie.
Tout ça se passe aux Pays-Bas, dans un quartier populaire d'Amsterdam. Il est question d'amour, de famille, d'amitié, ça part dans tous les sens, c'est vivant, bref, ça décoiffe ! Guus Kuijer ne s'encombre pas de politiquement correct, de langue de bois gnan-gnan. Et, j'allais oublier, en plus, c'est drôle !

Les quatre tomes des aventures de Pauline (" Unis pour la vie", "La vie, ça vaut le coup", "Le bonheur surgit sans prévenir" (j'aime ce titre) et "Portés par le vent vers l'océan") sont édités par l'École des Loisirs.



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pourquoi j'ai aimé lire la Princesse de Clèves...

Publié le par Za

C'est l'histoire d'un livre qu'on traîne sur ses étagères depuis si longtemps... Je ne sais même pas d'où il vient, peut-être est-il hérité de la bibliothèque du 4 place Cassaignol, Narbonne, Aude.

Il est relié de cuir gris-bleu. Il a voyagé d'une maison à l'autre, d'un carton à l'autre. Il est de ces livres qu'on croit connaître tant il est classique, dont on a dû lire des extraits dans son Lagarde & Michard, mais sans aller jusqu'à l'ouvrir.

Et puis un beau matin, à la radio, j'entends qu'on suggère qu'il est ridicule de le lire à l'école... Et voilà la (mauvaise) raison qui me pousse à le chercher. Je le pose sur ma table de nuit, au sommet de la pile vertigineuse des livres à lire... où je l'oublie. Mais il figure pourtant en bonne place parmi ce que j'appelle "mes romans de la quarantaine". C'est mon syndrôme quarantenaire à moi. Je rattrappe mes lectures en retard: Proust, Dickens, Stevenson, Dumas, Melville...

Et puis, un jour, l'envie de prolonger une visite au Louvre et je me lance. A nous deux Princesse !  Ceci dit, j'aurais dû m'entrainer à l'apnée avant... C'est touffu, touffu, tarabiscoté...

Portrait-d-une-jeune-fille-de-la-maison-d-Este-vers-1433.jpg" Il y a des personnes à qui on n'ose donner d'autres marques de la passion qu'on a pour elles que par les choses qui ne les regardent point; et, n'osant leur faire paraitre qu'on les aime, on voudrait du moins qu'elles vissent que l'on ne veut ête aimé de personne.[...] Et ce qui marque mieux un véritable attachement, c'est de devenir entièrement opposé à ce que l'on était, et de n'avoir plus d'ambition, ni de plaisir, après avoir été toute sa vie occupé de l'un et de l'autre."

Mais il y a là ce que j'aime ( à petite dose, j'entends ): l'imparfait du subjonctif  et le point virgule...

Rien n'est dit, tout est corseté, les sentiments emmurés. On s'épie. Quelques regards déclenchent des cataclysmes. On se meurt de tristesse et d'amour.

" Je perds par mon imprudence le bonheur et la gloire d'être aimé de la plus aimable et de la plus estimable personne du monde; mais si j'avais perdu ce bonheur sans qu'elle en eût souffert et sans lui avoir donné une douleur mortelle, ce me serait une consolation; et je sens plus dans ce moment le mal que je lui ai fait que celui que je me suis fait auprès d'elle."

Et cette manière d'utiliser sans cesse la négation: "sa passion n'était point diminuée", "il ne lui était pas indifférent", "M. de Nemours n'était pas effacé de son coeur"...

Et quand je dis tarabiscoté: "La jalousie n'avait point de part à ce trouble: jamais mari n'a été si loin d'en prendre et jamais femme n'a été si loin d'en donner"...

Finalement, je ne sais pas tout à fait expliquer pourquoi cette lecture m'a emportée et ravie. Mais j'ai refermé à regrets le petit livre gris-bleu.

Le suivant, en haut de la pile ?
Les trois mousquetaires !!








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