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7 articles avec sarbacane

Parée pour l'hiver

Publié le par Za

Moi, j'adore être en vie, comme ça, on peut de balader, faire des bises et manger des plats.

Ça s'est un peu battu à la maison.
Fiston - Je le lis en premier !
Za - Tu rigoles ? Je chronique donc je lis.
Fiston - Mais moi, je lis plus vite !
Mamie - Et moi, je repars dans trois jours. Je DOIS le lire avant vous.
Parce que, chez nous, Gurty transcende les générations. Lecture jeunesse, lecture vieillesse, même combat.

Parée pour l'hiver

Ce journal commence le 4 décembre, dont j'avais toujours crû, naïve que je suis, que c'était le jour de la Sainte-Barbe, mais que nenni puisque, visiblement, c'est le jour de Sainte Clapsy - si vous connaissez des Clapsy, il faudra y penser. Le 4 décembre donc, le plein hiver, la saison de la moufle et de l'écharpe, pire, de la neige, tout ce que j'aime.
Pour Gurty, ce mois béni commence à Paris, la grande ville où elle coule des jours heureux avec son Gaspard. Enfin heureux... Tout serait parfait, s'il n'y avait les fiancées. Les affreuses, les vilaines, celles qui font tout pour pourrir la merveilleuse vie de Gurty et de son compagnon à deux pattes. Il y a Léa, Anouchka, Justine... et la pire : Myrtille.

Il est pourtant tout à fait normal que mon Gaspard m'aime plus que Myrtille, vu que je suis pure et innocente, alors que Myrtille, elle est machiavélique et pourrie.

Si d'aventure vous hésitiez à sortir les modestes - voire dérisoires, 9.90€ que coûte ce livre, sachez qu'il est indispensable. Car Le journal de Gurty ringardise en 155 pages tout ce qu'on a pu écrire sur le sentiment amoureux. Roland Barthes, Pétrarque, Goethe, Aragon, Fitzgerald peuvent aller se rhabiller.

- Être amoureux, il parait que ça fait des guilis dans le ventre comme quand on mange de la mortadelle.
- On voit bien que tu n'y connais rien en amour ! j'ai rétorqué. L'amour, c'est comme le chocolat ou des Knackis. Au moment de les manger, on est content, mais ensuite, on a mal au cœur, le ventre qui gargouille, et conclusion générale : on se retrouve tout seul dans un coin avec la colique.

L'amour des fiancées, l'amitié, mais aussi cette sorte de sentiment bizarre et exclusif qui unit parents / progéniture et inversement, tout y passe. Qu'on soit humain, chien, chat, écureuil ou souris, c'est pareil. Le spécisme n'a pas sa place ici. Ce texte est une somme, croyez-moi sur parole.

L'histoire de Fleur atteste néanmoins qu'il est important de réussir son enfance, sinon, après, la traversée de la vie devient tout une affaire.
Moi, mon enfance, je l'ai réussie du premier coup grâce à l'amour de mon Gaspard et c'est pour cela qu'aujourd'hui, je suis belle, gentille, décontractée, et que mon poil brille en toute saison.

Pour les lecteurs qui auraient déjà lu le premier opus du Journal de Gurty, cette chroniquounette ne sert strictement à rien puisqu'ils sont déjà en train de faire la queue devant la porte de leur librairie indépendante préférée, légèrement fébriles, sautillant sur place, à moitié d'excitation, à moitié de froid. Pour ceux-là donc, qu'ils soient rassurés, Gurty et Gaspard vont passer leurs vacances de Noël en Provence et y retrouver Fleur, la merveilleuse Fleur, tout comme l'impayable Tête de Fesse et l'écureuil qui fait hi hi - le rôle de ce dernier s'étant considérablement étoffé...

Parée pour l'hiver

Et puis il y a l'hiver. L'atroce hiver plein de neige. Parce que, pour ceux qui l'ignoreraient, j'ose à peine l'écrire, il peut neiger en Provence. Pas souvent, mais ça peut.

Ah, se rouler dans la neige ! L'un des plus grands bonheurs, pour un chien... C'est presque aussi chouette que de se rouler dans le caca, sauf que la neige, c'est salissant.

Oui, la neige, ça craint. Et c'est là que le talent de Bertrand Santini éclate. Tenez-vous bien, il parvient à rendre poétique et doux ce moment fugace mais pénible de l'hiver. Gurty et Fleur redeviennent alors les deux petites louves qu'elles n'ont cessé d'être.

Parée pour l'hiver

Alors oui, on se marre franchement à la lecture de ce journal. A cet égard, je vous laisse découvrir le chapitre du 16 décembre, tout entier consacré à une bataille d'acronymes très chics.  On se marre, mais pas que. La tendresse est toujours là, en embuscade, discrète et pas dégoulinante. Ce qui prouve, s'il en était besoin, qu'on peut se rouler dans le caca tout en gardant une grande distinction des sentiments.

Allez zou, c'est demain !

 

Le journal de Gurty - Parée pour l'hiver
Bertrand Santini
éditions Sarbacane - collection Pépix
novembre 2016

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le journal de Gurty

Publié le par Za

Des trains, il y en a plein. Au moins quatre. Il y en a un pour Paris, un pour la Provence et puis un autre pour l'Amérique, mais celui-là, il vole.

le journal de Gurty

C'est justement du train pour la Provence que débarquent Gurty et son maître, sur le quai de la gare d'Aix-en-Provence, pour de longues vacances, du 1er au 42 juillet. D'ailleurs, une petite invraisemblance pour commencer, qui peut bien bénéficier de vacances aussi longues ? (à part moi, bien sûr)

Mais en attendant, je suis allée me coucher. La sieste dans le train m'avait épuisée et il fallait que je sois en forme pour demain, car j'aurais plein de vacances à faire.

Les vacances donc, à hauteur de Gurty, une très épatante bestiole. On savait que Bertrand Santini écrivait carrément bien - et ce texte le confirme une fois pour toutes. Et voilà que, lassé sans doute d'avoir à partager les projecteurs des dédicaces et l'admiration des admirateurs, il a illustré ce roman lui-même. Bien lui en a pris ! Qui d'autre aurait pu dessiner Gurty sans la trahir ? Qui d'autre aurait pu rendre si justement ce regard malin, cette truffe frémissante, ce poil enjoué, ce caractère ébourriffé ? (ou l'inverse) Qui d'autre aurait pu brosser cet hilarant bestiaire ?

le chat Tête de Fesses / l'écureuil qui fait hi hi / Fleur (c'est elle que je préfère)
le chat Tête de Fesses / l'écureuil qui fait hi hi / Fleur (c'est elle que je préfère)

le chat Tête de Fesses / l'écureuil qui fait hi hi / Fleur (c'est elle que je préfère)

Les vacances, c'est l'aventure, le grand air, les retrouvailles avec les amis, la rigolade. (et je m'y connais en vacances, croyez-moi) Cependant, je me permettrai ici une remarque. Quand je lis, je n'aime pas rire - parce que je lis le plus souvent allongée et que ça secoue le livre.
C'est pénible.
Et ça m'est arrivé souvent en lisant Le journal de Gurty.

A ma surprise générale, Gaspard m'a traité de cochonne et il m'a dit que c'était nul d'avoir tué "un animal comme moi".
Mais d'abord, c'est pas moi qui l'ai tué, le rat. Il s'ennuyait tout seul dans la cuisine, alors je l'ai mordu pour rigoler et ensuite, il est mort de vieillesse, peuchère. Et puis, le rat n'est pas "un animal comme moi". Lui, il est moche et noir, alors que moi je suis belle et en couleur.

Heureusement, ce texte est paré d'autres vertus que la pure rigolade. Car les livres, tout le monde le sait, c'est surtout fait pour faire réfléchir, notamment lorsqu'on s'adresse à des enfants, personnes au cerveau maléable, puisqu'en cours d'élaboration. Et j'en connais un rayon en cerveaux enfantins (comme dirait le Yark), vu que je passe une grande partie de mon temps à essayer d'en remplir une vingtaine (de cervelles). (le reste du temps, je suis en congés)
Grâce soit rendue à l'auteur de ce livre, ces vacances trépidantes et joyeuses sont également pour la candide Gurty l'occasion de se poser quelques questions essentielles, pour ne pas dire existentielles. A cet égard, nous lirons avec attention le chapitre en date du 32 juillet, intitulé Les oiseaux, une petite merveille du genre...

A ce sujet, des légendes prétendent que lorsqu'on meurt, on va au ciel. Si c'était vrai, ça ne changerait pas grand chose pour les oiseaux, de toute façon. Mais je trouve que ce ne serait quand même pas une raison pour les tuer de leur vivant.
Bizarre cette légende... Si elle était vraie, on ne saurait jamais si les oiseaux qu'on voit passer dans le ciel sont des vivants ou bien des morts.

J'arrive au terme de ce billet en me posant deux questions.
La première est importante, la seconde est cruciale.
La première donc : me suis-je bien fait comprendre ? Allez-vous, une fois ma chronique lue, vous ruer chez votre libraire indépendant le plus proche afin d'acheter ce roman échevelé et désopilant, qui vous tartinera de tendresse, à défaut de le faire de caca ? (car le caca est ici élevé au rang des beaux-arts, s'il en fallait un dixième)
La seconde me hante depuis plusieurs jours. Dans le rabat de la première de couverture, on peut lire ces quelques mots : Sous le pseudonyme de Bertrand Santini, Gurty a écrit et illustré ce livre elle-même. Cette phrase m'a fait frémir. Mais alors, lecteur chéri, si Gurty, toute mignonne et poilue qu'elle est, se révèle être la plume de Bertrand Santini, qui, je te le demande, lecteur égaré, alors qui, juste ciel, a écrit le Yark ?

le journal de Gurty

Le journal de Gurty
(Vacances en Provence)
Bertrand Santini
(à moins que ce ne soit la per
sonne à côté)
Sarbacane
collection Pépix
mai 2015 (c'est à dire tout de suite)

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des filles ! (non mais)

Publié le par Za

Deux livres, tous deux signés Stéphanie Richard, deux filles qui me plaisent !

des filles ! (non mais)

Ce que je déteste par-dessus tout, c'est quand on m'explique que je peux pas jouer au foot sous prétexte que je suis une fille ou que je ne sais pas me battre sous prétexte que... ben, pareil. Alors que je suis tout de même l'inventrice de la célèbre Prise de l’Éléphant.

Cette prise, dont je ne vous dirais rien, fait de Popy une justicière tout à fait respectée dans la cour de récréation. Popeline, dite "Popy", a une famille ou plutôt deux, ce qui fait une famille finalement, deux lieux de vie radicalement différents mais qui font d'elle une fille équilibrée et... décidée. Et puis il y a ce super pouvoir...

des filles ! (non mais)

... un super pouvoir qui lui donne un redoutable ascendant sur son entourage. Encore faut-il le contrôler, ce super pouvoir... Popy se rends compte qu'elle ne fait pas l'unanimité. Des lettres anonymes circulent. Car, toute à sa curiosité, Popy en oublie parfois de ménager la sensibilité de ses amis, de sa famille. Ce roman est une tornade d'une drôlerie et d'une énergie communicative, peuplée de personnages attachants et doucement déjantés - mention spéciale à Greutch le hérisson - et les dessins de Joêlle Dreidemy n'y sont pas pour rien si vous voulez mon avis.

des filles ! (non mais)

Popy la tornade
Stéphanie Richard & Joëlle Dreidemy
Editions Sarbacane
collection Pépix, 2015

des filles ! (non mais)

Pour tout vous dire, je n'ai jamais fait de danse quand j'étais petite. C'est comme le patin à roulette, ça ne m'est jamais venu à l'idée. Et puis le tutu, ça ne va pas à tout le monde, c'est même assez casse-gueule comme exercice, je trouve.

des filles ! (non mais)

A moins que la danse ne soit une nature. On est danseur/danseuse ou pas. L'héroïne de cet album, sacrifiée sur l'autel des regrets maternels, est constamment décalée et ne le fait vraiment pas exprès, je vous l'assure. Mais comment convaincre sa mère que non, décidément, elle n'aime pas la danse ?

des filles ! (non mais)

Cet album vif, rapide, bat en brèche les idées reçues avec humour, sans ironie, juste pour s'amuser, avec tendresse aussi. Mais ne serait-ce pas ainsi tellement plus efficace ?

J'aime pas la danse
Stéphanie Richard & Gwenaëlle Doumont
Editions Talents Hauts
avril 2015

 

logo challenge albums 2015

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Lotte

Publié le par Za

Allez,

hop,

zou,

c'est comme ça,

Lotte

c'est le résultat d'une explosion occulaire,

d'un enthousiasme visuel,

appelez ça comme vous voulez.

Lotte

Ce sourire, ce visage ! Si la couverture vous interpelle, la suite vous enchantera. Je suis emballée, ça se sent ? Cet album, c'est du mouvement, de la lumière, de la joie.

Je voudrais commencer petit, par un détail, une merveille de cabane...

Lotte

Lotte vit dans la jungle avec ses parents. Une vie libre, sauvage presque, au plus près de la nature, immergée dedans au point de nouer des amitiés confiantes avec des animaux magnifiques quoique vaguement inquiétants parfois. C'est une enfance de rêve qui ouvre ce livre, à courir pieds nus, danser, voler presque. Et l'image suit l'enthousiasme contagieux de Lotte, au point de couper le souffle. L'évocation de Stravinsky et de son oiseau de feu n'est pas superflue...

Lotte

Un style graphique unique, cette Audrey Spiry ! Une manière de se jouer des couleurs, de les empoigner pour les balancer là avec un art consommé du fouillis qui en jette. Il faut dire que la jungle, c'est plutôt inspirant. Imaginez un album sobre, minimaliste, qui se passerait dans la jungle... On est d'accord que ça ne voudrait rien dire.

Lotte

Le texte de Sandrine Bonini, à la première personne, donne voix à la fille pirate, exprime ses sentiments intransigeants et purs. Pas de concessions. Elles est seule enfant de son royaume.

Moi, depuis que je suis petite, je m'entraine à vivre et à parler avec la forêt tout entière ! Je connais son immensité et ses moindres recoins dans lesquels je joue à me perdre.

Au point de refuser la compagnie d'autres humains et d'affronter la solitude et le danger. Lotte est de la famille d'Hukleberry Finn, de Fifi Brindacier, de ces enfants qui n'ont aucun besoin d'adulte pour vivre, dont la liberté est le bien le plus précieux.

Lotte fille pirate est un album fracassant, déboussolant !

Lotte fille pirate

Sandrine Bonini & Audrey Spiry

Sarbacane, mai 2014

 

Il n'y a pas que moi qui aime Lotte, elle fait aussi craquer la crème de la crème de la librairie : Jean de la Soupe de l'espace, Soizic de la librairie Pages d'encre à Amiens (une merveille de librairie) et Gaëlle de Marseille !

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mon papa pirate

Publié le par Za

mon papa pirate

Mon papa pirate est une histoire d'amour filial, d'admiration d'un fils pour son père. Une histoire d'histoire aussi. Celle que raconte le père à l'enfant pour lui alléger les noirceurs de la vie. Le père pirate partage ses aventures à chacun des ses retours. Il s'attarde surtout à décrire son équipage. Et quel équipage ! Des durs, des vrais, des tatoués, aux noms évocateurs...

Il y avait : Le Tatoué, qui était en effet couvert de tatouages et ne disait jamais un mot.

Centime, le perroquet qui parlait pour lui.

Un dénommé Cigarillo, bon cuisinier, qui racontait des histoires de fantômes à vous donner la chair de poule.

Le Barbu qui, d'après la légende, portait déjà la barbe à sa naissance.

Riquiqui, qui avait la taille d'un enfant mais n'avait peur de rien...

mon papa pirate

Tout commence dont par un récit de piraterie dans la plus pure veine du genre. Et puis il y a l'inattendu, l'accident. Il faut rejoindre le père blessé et la mère ne prend pas le chemin des Caraïbes. C'est un train qui traverse l'Europe, depuis l'Italie jusqu'en Belgique. Et c'est là que le livre gagne toute son originalité, en jouant sur la fibre sociale, humaine.

mon papa pirate

On bascule alors dans une belle émotion où l'enfant trahi tranforme la déception qui pourrait être la sienne en un autre regard, une autre admiration. Par la même occasion, il cesse d'être tout à fait un enfant. Les farouches pirates ne le sont pas et qu'importe. Ils ont une autre fierté, celle des mineurs. La fin de l'histoire m'a tiré des larmes. Je vous la laisse, elle est belle et précieuse.

mon papa pirate

Vous l'aurez compris, le texte de Davide Cali est émouvant, extrêmement bien écrit, sans concessions. Il rend à ce père toute sa dignité, la noblesse de son métier. Parce que mineur n'était pas, n'est pas un métier comme les autres. Ceux qui l'exerçaient en tiraient une fierté particulière. Les mineurs, les métallos, autant de métiers très durs, ingrats auxquels les hommes sont farouchement attachés, autant qu'à leurs origines, qu'à leurs noms de famille aux consonnances étrangères - italiennes, polonaises, algériennes.

J'ai une admiration particulière pour le travail de Maurizio Quarello et c'est sur son nom que j'ai emprunté cet album. Son trait rend ici des atmosphères justes, le rêve de piraterie, le quotidien prosaïque, le ciel, le regards de ces hommes dignes. La palette des couleurs bascule brutalement des rouges flamboyants aux gris et bleus de la pluie et du carreau de la mine.

Une réussite absolue, littérairement, graphiquement, émotionellement.

 

Mon papa pirate

Davide Cali & Maurizio A.C. Quarello

Sarbacane, octobre 2013

Orriecho acerbo, pour l'édition originale

Voir ici l'avis de Sophie-Hérisson

 

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all you need is love

Publié le par Za

 

Sur l'amour, on a tout lu. Maintes fois on a cru atteindre l'universel, la quintessence. On a voulu croire en Roméo et Juliette. On a pleuré Tristan et Iseult. On s'est retourné pour contempler Eurydice une dernière fois. On a serré les dents avec Abélard. Mais dans la vraie vie, on n'y comprenait toujours rien, que dalle, nada, nothing, que couic. Un vrai désastre !

Puis vint Alex Cousseau qui posa LA question.

 

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A cette question existentielle, il existe plusieurs niveaux de réponse, dont une, cruciale, touche à la verticalité de l'animal, car il faut savoir qu'un rhinocéros amoureux penche. D'autant que ce délicieux animal est amoureux d'un colibri. Un colibri fin et léger. Et alors ? Le colibri ne serait pas contre cette idée. Peu importe les différences ! Le colibri et le rhinocéros échangent des regards qui en disent long, découverte, complicité... Jusqu'au jour où... Mais qu'est-ce qu'elle fait là, cette mouche ?

 

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J'ai aimé les illustrations malicieuses de Nathalie Choux, leur fraîcheur, leur malice. Le texte d'Alex Cousseau est une perfection du genre, touchant et plein d'humour. 

 

Ce rhinocéros-là est amoureux.

Il est très très amoureux.

Ca ne se voit pas bien,

parce que souvent les rhinocéros font la tête.

(Si. Ca se voit un peu à son oeil, un tout petit peu.

Oui. Un petit pli inhabituel, une lueur de joie.)

 

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On peut très bien dire qu'on est amoureux en silence.

Par exemple avec les yeux. Ou avec le corps.

(Oui, ben justement, ce rhinocéros-là continue

de pencher carrément à droite...)

 

Je laisserai le mot de la fin à Petitou qui, refermant l'album, conclut doctement : "La mouche qui le suit partout, c'est comme dans Charles à l'école des dragons !" [du même Alex Cousseau]

Tu seras critique littéraire, mon fils !

 

 

Un rhinocéros amoureux pèsent-il plus lourd qu'un rhinocéros tout court ?

Alex Cousseau & Nathalie Choux

éditions Sarbacane, 2007

 

 

 

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mr howard

Publié le par Za

 

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  Philippe-Henri Turin, Françoise Jay, Julie Ricossé

 

Howard a presque dix ans. 

 

Dix ans passés derrière les grilles de la demeure familiale, avec pour horizon un jardin peuplé de singes inquiétants - lubie de son père. Chaque jour, une foule d'adultes tissent autour de lui une solitude douillette et étouffante. Howard vit dans une maison de recoins et d'ombres, de tentures vertigineuses propices à toutes les aventures, d'arbres qui dressent des remparts. Au-delà des arbres, au-delà des grilles, il y a la ville, les usines du père crachant l'acier liquide, laissant s'échapper le brouillard vengeur.

 

Et Howard rêve. Il rêve de combats héroïques dans les ruelles suantes, de tournois à mort contre le Prince Brouillard, de créatures grouillantes et meurtrières nées du souffle du dragon, de forges cauchemardesques. Mais peut-on encore parler d'illusion lorsqu'au matin les draps sont tachés de sang...

mr howard 12

Howard a une nurse, Nutty, une fée étrange, un visage d'ange qui cache des chevaliers nocturnes, des dragons redoutables. Howard l'aime de toute la démesure de son âme d'enfant, inconscient. Tous les enfants ne sont pas innocents. Howard l'est. Une âme pure et délaissée, poussée à tuer les rêves, à tuer les vivants.

 

Les dessins de Julie Ricossé tissent la réalité avec le cauchemar, serrés, indissociables, comme dans l'esprit d'Howard. Ses personnages ont des regards profonds, affolés, ambigus. Et quel monde ! Noir, grouillant, inquiétant, vu à hauteur d'enfant, entre les murailles d'un château fantasmatique et les forges de l'enfer.

 

Le scénario, signé Françoise Jay et Philippe-Henri Turin, est haletant, peuplé de personnages hauts en couleurs - une mention particulière pour les scènes de pub ! Ce pauvre Howard, devenu un homme, raconte son histoire dans un bar des mers de Chine, échoué là après quatre ans de tranchées, dit-il. Et on cherche la sortie comme dans un train fantôme, jusqu'aux dernières pages et au dénouement, provisoire - j'espère.

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