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4 articles avec isabelle arsenault

alpha

Publié le par Za

alpha

1956, naissance de l'alphabet phonétique de l'OTAN, appelé aussi code alpha international. Une lettre, un mot. Un abécédaire, donc. Et Isabelle Arsenault qui s'en empare pour en faire un album à part.

alpha

Elle propose une lecture-millefeuille qui va bien au-delà de la simple illustration, nécessitant parfois l'association adulte/enfant. Ce chapeau melon, cher minuscule, viens ici que je t'explique... Et ces deux-là, quelle histoire !

alpha
alpha

Au fil des pages, on est attendri, amusé, et l'on partage de petits morceaux de cinéma, de géographie, de mode, de littérature, de souvenirs aussi. On transmets, on s'amuse.

alpha

L'air de rien, il va en falloir du temps pour profiter de cet album. Alpha, c'est comme un bon tour qu'on jouerait au lecteur qui se dit qu'un abécédaire, c'est vite lu. Naïf qu'il est.

Alpha
Isabelle Arsenault
La Pastèque, 2015

logo challenge albums 2015

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Jane, le renard & moi

Publié le par Za

Moultement primé, couronné, encensé (voir ici la onzaine de prix) le voici enfin dans le Cabas, c't'album !

Jane, le renard & moi

Hélène.

Dans les couloirs de l'école.

Elle n'a plus d'amies. Ses amies sont devenues ses pires ennemies, ses bourreaux. Des bourreaux de mots, de railleries, d'insultes écrites sur les murs.

Mais il y a Jane. Jane Eyre qu'elle lit dans le bus. Se cacher entre les pages, lire et ne plus entendre les moqueries, ça marche ! Mais arrive le voyage scolaire, le cauchemar, l'immersion avec les affreux, sans parler de l'achat préalable du maillot de bain.

Mais le voyage sera très surprenant.

Dans le maillot monaco, je suis une saucisse ballerine.

Dans le maillot noir, je suis une saucisse en deuil.

Je suis une saucisse.

Jane Eyre a beau être orpheline, laide, battue, seule et abandonnée, elle n'a pas, n'a jamais été, ne sera jamais une grosse saucisse.

Jane, le renard & moi

Quand vous ouvrirez Jane, le renard & moi, c'est d'abord l'usage de la couleur qui vous sautera aux yeux. La vie d'Hélène, en noir et gris. Le crayon, le fusain si présents marquent des ombres franches, pointent la solitude, tracent le quotidien de l'adolescente. Isabelle Arsenault change aussi radicalement de style dès qu'il est question de Jane Eyre, du roman en cours de lecture. La place est aux couleurs, les rouges, le bleu, le vert, l'aquarelle lumineuse. Et c'est alors plus douloureux de replonger dans la vraie vie. Alors Hélène replonge dans Jane Eyre et un paysage aux verts somptueux apparait. C'est magistral et magique.
 

Jane, le renard & moi

Et le renard, dans tout ça ?

Sachez seulement que c'est encore une affaire de couleur. De couleur et de rencontre. Ce renard est simplement extraordinaire.

Jane, le renard & moi

Fanny Britt pose un regard d'une grande tendresse sur le personnage d'Hélène, l'emmène vers le moment où elle cesse d'être victime, où même le personnage de Jane Eyre cesse d'être un refuge. Et la couleur fuse, s'insinue, discrète d'abord, puis triomphante. Impossible de séparer le texte, l'histoire de l'image. La manière dont le dessin d'Isabelle Arsenault accompagne les sentiments, la tristesse, l'espoir d'Hélène est infiniment touchant et la rend si vraie, si universelle, qu'il est impossible de ne pas retrouver un bout de notre adolescence en elle.

 

Jane, le renard & moi

Fanny Britt & Isabelle Arsenault

La Pastèque, 2012

 

10 best illustrated Children's books (2013)

10 best illustrated Children's books (2013)

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par une belle nuit d'hiver

Publié le par Za

Et si j'avais encore un peu envie d'hiver, moi ?

Envie de nuits frisquettes et silencieuses, de pas feutrés et de mystère...

par une belle nuit d'hiver

Par une belle nuit d'hiver est ce que j'apellerai un album d'impressions, sans histoire proprement dite, une ambiance, un sentiment éprouvé sur le moment et qui laisse une trace magnifique bien au-delà de l'instant fugace. Un tableau se dessine. Il sera offert le lendemain matin à l'enfant qui dort. Le texte de Jean E. Pendziwol est une déclaration d'amour à cet enfant, à la nature.

par une belle nuit d'hiver

Par une belle nuit d'hiver, donc. Presque déserte, sans bruit aucun pour troubler le sommeil. Le narrateur, en voix off raconte à l'enfant endormi ce qu'il ne peut pas voir : la neige qui commence à tomber, puis les arbres comme des personnages. Et aussi tout une vie qui débarque à pas menus dans l'obscurité enneigée.

par une belle nuit d'hiver

Chacun laisse sa trace furtive, la chouette, les lièvres et le renard, seule incursion de la couleur franche. C'est à croire que seule Isabelle Arsenault pouvait illustrer cet instant suspendu. Son trait traduit l'attente, le silence, mais aussi l'énergie que déploient les animaux à faire vivre cette nuit d'hiver. Les gris habitent l'histoire avec intensité, la remplissent avant de laisser la place au rouge fugace des pommes et des trognes des lièvres, au vert qui parfois s'égare.

La grâce.

C'est ça. 

J'aurai rarement employé ce terme, mais nous y sommes.

 

Par une belle nuit d'hiver

Jean E. Pendziwol & Isabelle Arsenault

Magnard Jeunesse

janvier 2014

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virginia wolf

Publié le par Za

virginia wolf

Deux oreilles dépassent du lit. Les deux oreilles pointues de Virginia, d'humeur de chien, d'humeur de loup. Rien ne va, tout lui est devenu odieux, ses amis, sa sœur, jusqu'au soleil qu'il faut bannir. D'abord désemparée, la sœur, Vanessa, va trouver du bout de ses pinceaux comment faire revenir Virginia parmi les humains. Ensembles, elles inventent Bloomsberry, terre de cocagne où les gâteaux poussent dans les arbres, au milieu d'une débauche de couleurs. Un jardin peuplé d'animaux, de fleurs, de balançoires, de quoi peupler l'esprit de Virginia et la conduire vers sa métamorphose.

virginia wolf

Voici un album comme un millefeuille, une gourmandise aux multiples lectures possibles. En premier lieu, l'histoire simple d'une fillette au mal être spectaculaire au point de la transformer en loup.

Isabelle Arsenault inscrit d'abord Virginia dans un univers aux teintes bleutées, grises, sourdes, derrière des volets tirés. La lumière est tout à coup imposée par un coquelicot, au cœur d'une double page éclatante de vie, mue par un mouvement ascendant. Un mouvement réaffirmé par la suite, jusque dans le texte.

J'ai peint une balançoire et une échelle aussi haute que le fenêtre, pour que ce qui était en bas puisse remonter. Ma sœur a commencé à m'observer.

virginia wolf

Puis c'est le jaune qui gagne avec le retour du sourire de Virginia, encore Wolf mais plus pour longtemps. Cette histoire est belle et joyeuse, couronnée par une fin heureuse, même si le bleu environnant la dernière image laisse à penser que le loup colérique pourrait revenir. Le dessin d'Isabelle Arsenault est extrêmement touchant, par sa sensibilité, par cette manière de rendre le végétal, l'animal, simplement, sans effet ni esbrouffe.

virginia wolf
Vanessa Bell / Virginia Woolf

Vanessa Bell / Virginia Woolf

Au deuxième étage du millefeuille se trouvent évidemment l'écrivaine Virginia Woolf  et  sa soeur Vanessa Bell, qui était peintre. Kyo Maclear extrapole sur ces deux personnalités infiniment originales et modernes et en fait les héroïnes de son histoire. Le trouble bipolaire de Virginia la fait hurler à la lune, Vanessa l'aidant momentanément grâce la peinture. Glisser de Woolf à Wolf était tentant, mais le plus savoureux à mon sens est la réinvention de Bloomsbury - nom du groupe d'intellectuels et d'artistes anglais initié par une partie de la famille de Virginia Woolf - baptisé ainsi d'après le nom de leur quartier de résidence à Londres. Bloomsbury devient Boomsberry, blooms-berry.

 

Si je volais, j'irais dans un endroit parfait. Un endroit plein de gâteaux glacés et de fleurs exquises et de formidables arbres à grimper et absolument aucun tracas.

"Où est cet endroit ?" ai-je demandé.

Elle a réfléchi un peu puis a dit : "A Bloomsberry, le pays des fleurs aux fruits."

virginia wolf

Parlera-t-on de Virginia Woolf et de sa soeur aux enfants qui découvriront cet album ? Peut-être et peu importe. Mais cette source d'inspiration peu commune fait le sel du livre. Chacun y trouve son compte et l'adulte doublement.

J'aimerais terminer par une mention particulière pour la traduction de Fanny Britt, l'auteur de Jane, le renard et moi, album également dessiné par Isabelle Arsenault et lui aussi parcouru d'une référence littéraire - mais j'y viendrai bientôt.

 

Virginia Wolf

Kyo Maclear & Isabelle Arsenault

traduction de Fanny Britt

éditions de la Pastèque, 2012

 

Edit du 13/03/14:

Je viens de trouver une interview d'Isabelle Arsenault sur cet album,

c'est par ici !

Virginia Woolf par Vanessa Bell

Virginia Woolf par Vanessa Bell

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