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16 articles avec la pasteque

L'oiseau de Colette

Publié le par Za

L'oiseau de Colette

Des cartons dans le jardin. On déménage, on emménage et tout est à recommencer. Dans ce quartier en noir et blanc, le ciré jaune de Colette fait office de lumière. Son ciré et la mention fragile, qui éclate sur un carton vide. C'est cette boite banale entre toutes qui sert de prétexte à Colette pour entrer en contact avec les enfants du quartier. Dans le carton, il y avait son animal de compagnie - parfaitement imaginaire, qui s'est enfui.

L'oiseau de Colette

De rencontre en rencontre, l'imagination de Colette brode autour de cet animal. Il s'étoffe, prend des couleurs, un nom, devient extraordinaire au fur et à mesure que la bande s'agrandit. Et personne ne trouve à redire, personne ne doute des talents de cette perruche devenue géante au détour d'une rue. Le groupe fait corps autour de Colette qui balade son petit monde, au sens propre autant qu'au figuré.

L'oiseau de Colette

Il n'est pas ici question d'affabulation, encore moins de mensonge, évidemment. Colette parvient à fédérer une bande autour de la possibilité d'un oiseau fantastique. Peu importe qu'il existe ou non, la force de l'imagination et le plaisir de consentir à l'histoire suffisent.
La belle sensibilité d'Isabelle Arsenault fait mouche un fois encore. Avec une saine économie de moyens, elle nous fait adhérer sans réserve à cette petite bande accueillante. On en redemande,  et on en aura encore : Isabelle Arsenault nous promet en fin de livre d'autres aventures de La bande du Mile-End, quartier de Montréal où elle réside.

Isabelle Arsenault
L'oiseau de Colette (La bande du Mile-End)
Colette's Lost Pet (A Mile End Kids Story)
Les éditions de la Pastèque, mars 2017

L'oiseau de Colette

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Taupe a un souci

Publié le par Za

Taupe a un souci

Ma petite, si tu as un souci, roule une boule de neige en exprimant ce qui ne va pas et tu verras, tout disparaitra.

Taupe a un souci

Taupe a un souci.
Et un paquet de neige sur la tête.
Et pas d'ami.
Rien que de très commun dans les histoires. J'ai pas d'ami est un ressort régulièrement utilisé et diablement efficace. Il permet au héros de se lancer à la découverte du vaste monde et de les trouver, ces satanés amis.

Taupe a un souci

Surtout lorsqu'une grand-mère vous a donné la clé du bonheur : faire une boule de  neige. Et c'est ce que fait Taupe. Une belle boule de neige qui roule et grossit, au hasard d'une balade en forêt. Ce faisant, elle gagne en... contenu. Il faut voir l'inconscience des animaux prêts à se faire avaler... C'est tout proprement délicieux et l'on se réjouit de l'addition prévisible de bestioles, se demandant quelle sera la prochaine victime.

Taupe a un souci

A la manière de La moufle - et la taupe en arbore de belles, rouges -  ou du Bonnet rouge de John A. Rowe, c'est l'accumulation de personnages qui crée le mouvement. Mais au-delà de ce dispositif, les animaux vont devoir coopérer pour se sortir de cette vorace boule de neige. Les personnages de Sang-Keun Kim sont franchement irrésistibles et concourent à faire de cet album remuant un excellent moment de lecture et de partage !

Taupe a un souci
Sang-Keun Kim
La Pastèque, décembre 2015

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Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

Publié le par Za

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

Il est vraiment sympa, Bouquin. Une bonne bouille, un gentil sourire, prêt à faire rire, à dépayser. Mais il est un livre parmi tant d'autres, avide d'attirer l'attention, de devenir LE livre préféré. Et un jour, ça arrive. On l'achète, on l'embarque. Et on le malmène, on le salit. Avant de lui donner la place qui lui revient, revêtu d'une belle jaquette toute neuve.

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

L'album est lui aussi paré d'une jaquette jaune, la même que celle de l'histoire et il suffit de la soulever pour découvrir qu'on ne tient rien d'autre entre les mains que le héros de l'histoire. Bouquin vous appartient vraiment, il peut devenir votre livre préféré.

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

Une mention spéciale pour Pouding le chien, croqué à grands traits mouvants, jamais immobile, flou à force de remuer, jusqu'à la grosse bêtise. 
Au-delà d'une histoire optimiste et quotidienne - sans être banale - La jaquette est un concept original et très malin.

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

La jaquette
Kirsten Hall & Dasha Tolstikova
La Pastèque, octobre 2015

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

Ce livre contient un pilote, un capitaine, un machiniste, une conductrice, un facteur, une fillette et surtout une boite, une immense boite qui voyage. Le bateau, le train, le bus... A chaque changement, la mystérieuse boite se brise, découvrant... une autre boite, suscitant autant la curiosité que la précédente. Et chacun d'y aller de son idée : et si c'était un éléphant, ou un rhinocéros ? On voyage dans cette histoire gigogne sans une seconde d'ennui. Le format à l'italienne suit le trajet de la boite sans s'interrompre, parcourant des paysages sans cesse renouvelés.

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?
Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

Le graphisme fort de cet album, les verts, les bleus, l'indispensable touche de jaune, les minuscules silhouettes qui traversent chaque page avec un petit air penché de Jacques Tati, tout concourt à rendre la lecture fluide et évidente, jusqu'au dénouement inattendu.

Qu'y a-t-il dans la boite ?
Pieter Gaudesaboos
La Pastèque, mai 2016

 

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Tom la tondeuse

Publié le par Za

Tom la tondeuse

Tom est heureux. A priori, ses parents le sont aussi. L'histoire s'ouvre sur une image de félicité, un intérieur coloré où vivent des gens créatifs. Aux yeux vaguement exorbités, certes.

Tom la tondeuse

Tom vit pleinement, profite de chaque instant. Tout l'intéresse, tout le passionne. Et comble de bonheur, il est serviable comme tout ! Trop peut-être. Car lorsque ses parents cèdent à sa lubie de posséder une tondeuse à gazon, son envie de bien faire le transforme en tornade destructrice.

Tom la tondeuse

Le rythme effréné de l'histoire est mené de main de maître par Sophie Pa, dont le trait colle parfaitement à l'énergie inépuisable de Tom. Pas un temps mort dans cet album qui pourrait être moralisateur s'il n'était si drôle. Car Tom est fatalement confronté aux conséquences de ses actes, et sera fort peu réprimandé par des parents pas trop rancuniers et franchement joyeux. Le dessin est remuant, presque bruyant. Pas une page qui ne soit embarquée par un mouvement, par une scène désopilante.

Tom la tondeuse

Tom est de ces personnages exutoires, qui font exactement ce qu'on ne doit pas faire lorsqu'on est est un enfant digne de ce nom, enfin digne de ce que les adultes attendent de nous, mais qui le font tellement joyeusement que c'en est une jubilation.
Tom la tondeuse est un album foutraque qui se lit à toute allure, et vous échappe presque des mains - aussi insaississable queTom, le genre de minuscule ultra-vivant qu'on aime bien rencontrer. Pas souvent.

Tom la tondeuse
Sophie PA & Brian A.M. Smith

les Editions de la Pastèque, 2015



 

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une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Publié le par Za

Deux albums résolument optimistes, ça vous dit ?

une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Une journée parfaite... Rien que ça ! Les pages de garde s'ouvrent sur un ciel bleu à peine nuageux, deux hirondelles. Le ton est donné, cet album sera aérien. Trois enfants pieds nus et libres dessinent, jouent, bricolent, se promènent. De belles pages sereines égrainent les moments de la journée, sans heurts. Une idée en amène une autre, on a le temps de rêver, on a le temps de ne rien faire aussi. Pas d'adulte qui traine dans le coin, juste un chat qui accompagne. Une journée parfaite, on vous dit !

une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Les dessins de Freya Blackwood, crayon et acrylique, sont d'une grande douceur, d'une sérénité sans ombre. Chaque image déroule un chemin qui va de gauche à droite de la double page, sans se presser, et conduit tout naturellement vers la soirée, aussi paisible que la journée fut radieuse et fatigante. Ces images de facture classique me replongeraient presque - vieille que je suis - dans l'ambiance de mes Pomme d'Api. Cet optimisme sans faille rappelerait les dessins de Lucille Butel - pas le style mais l'esprit. Une journée parfaite est un livre qui incite à faire de chaque instant un petit trésor à engranger précieusement. D'une beauté pas tapageuse, d'une approche modeste, voici une merveille d'album.

une journée parfaite, un ballon sous la pluie
une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Matilda et Clémi se réveillent un samedi pluvieux comme tout. Une horreur, de quoi se pourrir un ouikede. Mais il en faut plus pour décourager la grande Matilda que ce temps de chien met en joie. Il pleut ? Fantastique !

une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Liniers met en scène ses propres filles par une matinée maussade où la grande démontre à la petite combien la pluie est un fantastique terrain de jeu, changeant, passionnant. Sauter dans les flaques, jouer dans la boue, trouver des vers de terre... Et le vent, le tonnerre, l'arc en ciel... Un ballon sous la pluie se présente comme une bande dessinée remuante, débordante de spontanéité.

une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Là encore, les deux fillettes ne sont contraintes par aucune présence adulte. L'imagination seule tient lieu de fil conducteur. Elles rentreront trempées, boueuses, éternueront un peu, et après ? La spontanéité qui règne ici est tout simplement jubilatoire. On suivrait Matilda et Clémi jusqu'au bout du... jardin sans hésiter !

une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Si Une journée parfaite est un brin plus contemplatif qu'Un ballon sous la pluie, les deux albums se complètent finalement à merveille. Alors, n'hésitez pas, lisez les deux !

une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Une journée parfaite
Danny Parker & Freya Blackwood
Grasset Jeunesse, septembre 2015

Un ballon sous la pluie
Liniers
éditions de la Pastèque, 2015

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l'arbragan

Publié le par Za

l'arbragan

Bertolt et le petit garçon sont amis. Bertold est un arbre. Et après ? Cela n'empêche pas les rendez-vous, les confidences, les jeux. Et il n'a pas d'autre ami, le bonhomme, il est un peu différent des autres garçons. Dès le premier dessin, on s'attache aux basques du héro. Il est vif, plein d'imagination. Il est toujours en mouvement, ce petit gars et l'arbre semble bouger avec lui. Chaque trait du dessin de Jacques Goldstyn les accompagne.

l'arbragan

J'ai toujours hâte au printemps, parce qu'à ce moment-là, son immense feuillage devient une cachette formidable.
Ce n'est pas seulement une cachette mais aussi une maison, un refuge, un labyrinthe, une forteresse.

Au fil des saisons, les jeux changent mais la complicité est la même. L'enfant apprend de l'arbre qui renferme un monde foisonnant.

l'arbragan

L'été, ses feuilles en font un poste d'observation tout à fait discret. Mais justement, un jour, ces feuilles ne reviennent pas et il faut bien admettre qu'il est mort, lui qui semblait indestructible. A sa manière, l'enfant va accepter la mort de l'arbre, va lui rendre un dernier hommage, trouver une façon de lui dire au revoir. La mort de l'arbre est naturelle et le garçon l'accepte naturellement.
Le crayon de Jacques Goldstyn brosse avec bienveillance et humour l'entourage de l'enfant, il donne vie à ses deux personnages principaux jusqu'au bout.
Et le mouvement du petit homme n'est jamais stoppé, même par la mort de son ami. S'il prend le temps de la réflexion, c'est pour mieux repartir.

l'arbragan

Dans l'histoire, c'est le garçon qui parle, il n'a pas de nom. L'arbre, lui, en a un et c'est ce qui en fait un personnage à part entière. L'histoire n'est jamais triste, au contraire. Et c'est ce qui fait toute la qualité de cet album. Il est tendre, optimiste. Il est à hauteur d'enfant, c'est à dire bien haut, sur la dernière branche, celle où on voit loin.

L'arbragan
Jacques Goldstyn
Les éditions de la Pastèque, 2015

 

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alpha

Publié le par Za

alpha

1956, naissance de l'alphabet phonétique de l'OTAN, appelé aussi code alpha international. Une lettre, un mot. Un abécédaire, donc. Et Isabelle Arsenault qui s'en empare pour en faire un album à part.

alpha

Elle propose une lecture-millefeuille qui va bien au-delà de la simple illustration, nécessitant parfois l'association adulte/enfant. Ce chapeau melon, cher minuscule, viens ici que je t'explique... Et ces deux-là, quelle histoire !

alpha
alpha

Au fil des pages, on est attendri, amusé, et l'on partage de petits morceaux de cinéma, de géographie, de mode, de littérature, de souvenirs aussi. On transmets, on s'amuse.

alpha

L'air de rien, il va en falloir du temps pour profiter de cet album. Alpha, c'est comme un bon tour qu'on jouerait au lecteur qui se dit qu'un abécédaire, c'est vite lu. Naïf qu'il est.

Alpha
Isabelle Arsenault
La Pastèque, 2015

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Les affreux chandails de Lester

Publié le par Za

C'est du vécu, forcément.

Les affreux chandails de Lester

Les vilains tricots, les pulls qui grattent, les trop courts, trop serrés, ceux qui ont pile la mauvaise couleur, qui  ne ressemblent à rien de connu et plongent leur propriétaire dans un embarras abyssal... Lester est de ces malheureux. Et maudit soit le crocodile qui a dévoré la maison de Cousine Clara, obligeant la serial tricoteuse à se réfugier chez lui.

Les affreux chandails de Lester

Malgré ses louables efforts pour détruire, cacher ces horreurs, Lester est confronté aux moqueries. Quand on voit l'allure des chandails, on pouffe aussi, l'air de rien. Et on pourrait être tenté de se ranger du côté des railleurs.
D'emblée, Lester se présente comme une petite personne particulière, rédacteur de listes alphabétiques de choses suspectes, adepte des chaussettes millimétriquement égales, bref, le genre à ne pas bousculer. L'irruption de Cousine Clara dans son quotidien est, de fait, une sorte de cataclysme. D'office différent, Lester ne l'est que davantage une fois affublé des pulls dont l'originalité défie les lois du bon goût. Cette différence, poussée à l'extrême, fait le noeud de l'album. Lester finit par ressembler à un extraterrestre.

Les affreux chandails de Lester

C'est un évènement somme toute banal, une fête d'aniversaire, qui va permettre à Lester de sortir de ce cauchemar. Mais pour cela, il va devoir bouleverser ses croyances et aller lui-même au-delà de ce qu'il pense être la différence.

Les affreux chandails de Lester

K. G. Campbell rend palpables la bêtise et la méchanceté de certains, la réjouissante étrangeté des autres. Chaque caractère, chaque trogne est soignée, avec tendresse mais sans pitié pour autant. Il allie humour et noirceur et l'on est tenté d'évoquer l'ombre tutélaire d'Edward Gorey.
Les affreux chandails de Lester est un album profond et drôle comme on en lit rarement.

K. G. Campbell
Les affreux chandails de Lester
(Lester's Dreadful Sweaters, 2012)
traduction de Fanny Britt
Editions de la Pastèque, 2014

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Le Noël de Marguerite

Publié le par Za

Je fais un peu ce que je veux.
Et je parle de Noël en mars.

Le Noël de Marguerite

Parfois le sentiment de fragilité empêche de vivre. Encore faudrait-il se mettre d'accord sur ce qu'est vivre. Marguerite ne sort plus de chez elle. Et l'épaisse couche de neige qui recouvre tout au dehors la conforte dans l'idée que l'extérieur est un nid à embêtements. Et puis elle est fatiguée aussi, son corps la trahit. Alors, passer Noël seule chez elle n'est pas pour lui déplaire.

Dehors est synonyme de danger. Elle pourrait glisser. Elle pourrait attraper la grippe. Elle pourrait se faire frapper par un automobiliste trop pressé en tentant de traverser la rue. Elle pourrait se faire voler son sac ou même poignarder par un brigand qui profiterait de la faiblesse.

Le Noël de Marguerite

L'idée de la mort, omniprésente, gardée à distance mais pourtant fidèle compagne, traverse cette histoire. Elle paralyse Marguerite, lui fait (presque) louper le rendez-vous avec la vie. Presque... Parce qu'India Desjardins ne ferme pas la porte. Son texte sonne juste, sans tomber dans le pessimisme.

Le Noël de Marguerite

Evidemment le look années 50 de l'album saute aux yeux. Le trait franc, les aplats de couleurs tranchés entre ombre et lumière, l'intérieur merveilleusement vintage de Marguerite... Il y aurait de quoi faire une étude sur le mobilier, l'architecture - mais je m'égare.

Pascal Blanchet rend de manière magistrale le silence qui règne dans la maison de Marguerite. Hitchkock aurait pu faire un court métrage de cette nuit. Tout y est, le suspens, l'angoisse sourde qui étreint l'héroïne au moment où la sonnette retentit...

Le Noël de Marguerite

Cette histoire de solitude n'est pourtant pas triste. Elle est simplement juste. Le dénouement laisse à penser qu'il n'est jamais trop tard pour prendre des leçons de vie, que rien n'est jamais vraiment fini pour peu qu'on ouvre sa porte...

Le Noël de Marguerite
India Desjardins & Pascal Blanchet
Editions de la Pastèque, 2014

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le grand Antonio

Publié le par Za

Je ne sais pourquoi, mais Elise Gravel est le genre de personne dont je me dis, sans la connaitre personnellement, que c'est une dame épatante. J'avais ce sentiment depuis un certain temps et cette interview hautement ébouriffante n'a fait qu'enfoncer le clou - merci la Mare !
Elise Gravel, c'est un geste, dans tous les sens du terme, un geste graphique, reconnaissable immédiatement, un geste intelligent, une manière de lancer des idées avec humour, sans prendre de pose. Les dessins d'Elise Gravel sont - et attention, la liste est longue - drôles, vivants, remuants, colorés, inattendus, libres, insolents, originaux, absurdes, surprenants. Je vous invite d'ailleurs à compléter cette liste par les adjectifs de votre choix.
Je vous intimerais l'ordre ne saurais trop vous conseiller d'aller voir son travail, tout de suite, voire immédiatement sur son site, sa page FB, ou encore vous offrir un de ses dessin chez Sur ton mur.
Maintenant que vous êtes immergés, on peut y aller.

le grand Antonio

Et le grand Antonio se glisse parfaitement dans tous ces qualificatifs. Inspiré d'un personnage réel, il raconte l'histoire d'un homme hors norme, un géant pour de vrai, un colosse capable de tirer des bus - voyageurs compris, de déplacer une voiture attachée à ses cheveux, tous exploits parfaitement inutiles, donc hautement poétiques. Antonio Barichievich est une figure populaire au Canada, un inconnu par chez nous. Mais qu'importe.
De son enfance mystérieuse on ne peut que supposer les hauts faits. Il aurait pu, lui aussi en tuer sept d'un coup, et rien n'empêche de lui imaginer des débuts dans la vie dignes des contes, avec des parents bûcherons. Géants bien sûr. De son arrivée au Canada ne subsiste que des éléments démesurés, notamment ses capacités d'engloutissement de poulets ou de beignets.

le grand Antonio

Son allure extraordinaire pourrait en faire un extraterrestre, ce dont Elise Gravel ne se prive pas, rassurez-vous. C'est un regard plein de tendrese, de pudeur et de drôlerie sur celui qui terminera sa vie presque tout le temps dehors.

le grand Antonio

Tant qu'on en est à parler d'Elise Gravel et du vent frais qu'elle trimballe avec elle, je ne saurais trop vous suggérer, une fois encore de vous ruer sur ce projet sitôt bouclé sitôt partagé, un livre gratuit à télécharger en français et en anglais : Tu peux.

le grand Antonio

En quelques images, les clichés garçon/fille y sont jetés aux orties. Mais en rigolant - ce qui est finalement beaucoup plus élégant. La finesse du point de vue tient en ce qu'il dynamite les clichés tant du point de vue des filles que de celui des garçons.

le grand Antonio

L'humour est une arme de destruction massive.
Elise Gravel le prouve.

 

Elise Gravel

Le grand Antonio

La Pastèque, 2014


Et sinon, j'ai trouvé ce documentaire...

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