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27 articles avec seuil jeunesse

à la nuit tombée

Publié le par Za

à la nuit tombée

Conseils donnés aux enfants et aux monstres pour bien vivre ensemble.
Vivre ensemble, cohabiter avec son monstre imaginaire. Enfin, imaginaire, c'est vite dit. Enfin, vivre ensemble, n'exagérons rien. Car il s'agit bien ici de savoir coexister, chacun apprenant à éviter l'autre, à lui laisser la place qui lui est dûe. Le monstre caché dans les murs souffle votre bougie ? Utilisez une lampe électrique ! Les enfants perturbent le repos du monstre du lac ? Qu'il essaie donc le Loch Ness, c'est tranquille ! Chaque conseil, qu'on s'imagine bien lire d'une voix docte, est frappé au coin du bon sens. Les peurs enfantines sont prise très au sérieux, mais la réalité qui leur est conférée est si démesurée qu'on en sourit.

à la nuit tombée
à la nuit tombée

Dans une seconde partie, consacrée aux conseils donnés aux monsres, l'enfant tient le rôle de l'affreux persécuteur. Cette inversion est désopilante et le monstre effrayant de la première partie éveille immédiatement la sympathie devant tant de misères.

à la nuit tombée

Si l'on excepte la dédicace à Maurice Sendak, A la nuit tombée pourrait être le résultat d'un carambolage frontal entre les Gashlycrumb Tinies d'Edward Gorey avec l'univers d'Einar Turkowski.

à la nuit tombée

Cet album pas comme les autres crée une atmosphère énigmatique sans cesse contrebalancée par le détachement et l'humour du texte. A lire pendant ces belles nuits d'été où on laisse les fenêtres ouvertes...

A la nuit tombée
Conseils aux monstres et aus enfants pour bien vivre ensemble
Enrique Quevedo
Seuil Jeunesse, avril 2016

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un éléphant à New-York

Publié le par Za

un éléphant à New-York

Forcément, quand John découvrit un éléphant en sortant de chez lui, il fut étonné. un peu plus que ça même. un éléphant dans les rues de New-York, c'était impossible.

Un éléphant à New-York est un album immersif. Évidemment, il y a le grand format, les doubles pages majestueuses, la grosse bestiole tranquille, la ville surdimensionnée. Rien que le titre, Un éléphant à New-York, ça vous pose immédiatement un alboume dans le grand, l'imposant.
Le texte de Benoît Broyart, tout de phrases courtes et percutantes au début de l'histoire, se calque parfois sur le rythme pépère de l'éléphant en balade. Et quelle balade ! A mi-chemin entre rêve et réalité, dans un New-York sans cesse réinventé, on croise Marylin, Superman, des new-yorkais affairés, des joggers à Central Park, une curieuse parade sur le pont de Brooklyn.
L'illustration fait alors un pas de côté par rapport au texte. Ce décalage, parfois imperceptible fait accepter l'impossible : un éléphant envahissant le paysage new-yorkais ou s'y fondant l'air de rien.

un éléphant à New-York

Mais c'est aussi dans l'impalpable que ce livre fait mouche. Dans les regards si caractéristiques des personnages de Delphine Jacquot, les yeux comme cernés de khôl, les regards précis dont on suit la trajectoire jusqu'au bout, ou les paupières baissées de ceux qui sont perdus en eux-même. Il y a aussi les profils de miniatures indiennes qui, par contraste, rendent les visages de face si intenses.

un éléphant à New-York

On ressort de cette histoire d'ami imaginaire hors norme comme on s'éveille d'un rêve agréable, avec une sensation de douceur, d'apaisement.

Un éléphant à New-York
Benoît Boyart & Delphine Jacquot
Seuil Jeunesse
octobre 2015

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Charles amoureux d'une princesse

Publié le par Za

Charles amoureux d'une princesse

Cher Charles,
Te revoilà enfin, vieux lâcheur !
Tu le sais, nous autres, ici, on t'attendait. Ce n'est pas parce que Petitou est devenu tellement grand que ce surnom a été abandonné, ce n'est pas parce que le bonhomme a onze ans qu'il t'a oublié. Et c'est en trépignant de joie que le grand dadais m'a quasiment arraché cet album des mains il y a quelques jours - en plus, il court beaucoup plus vite que moi maintenant.

Le livre rapetisse, le petit grandit...

Le livre rapetisse, le petit grandit...

Chère bestiole...
Te voilà aujourd'hui errant dans un paysage pour le moins désolé. Faut dire qu'une dragonne XXL ravage la contrée. L'album s'ouvre sur une scène hautement cinématographique, grand angle, fureur, bataille. En un mot, ça chauffe.

Charles amoureux d'une princesse

Bien inconsciemment, tu te jettes à la tête de l'immense dragonne boueuse, sans peur, la gueule pleine de poésie, d'histoires. La rencontre est savoureuse. L'une est balèze, l'autre pas. L'un lit, l'autre pas. Mais qu'importe les différences. Elle nous plait, ta nouvelle amie, cette Cornélia un peu moche, à la fois redoutable et timide, bodybuildée à mort, dont la robe et l'allure contrastent si parfaitement avec ta fragilité, ton aspect solaire.

Votre corps, Cornélia, est celui d'une athlète
Le mien ressemble hélas à une cacahuète...

Charles amoureux d'une princesse

De tes livres de contes, mon vieux Charles, tu as tiré une curiosité sans bornes pour... les princesses. Qui l'eût cru ? Tu sais, il faut quand même que je te dise que les princesses, c'est très surfait. Elles sont partout, les princesses. Des roses, des bleues, des niaises, des envahissantes. C'est une tendance un peu, comment dire... Lourde. Alors, en voir une dans le titre de tes nouvelles aventures, ça nous a un brin déconcertés.
Mais on se doutait bien que messieurs Cousseau et Turin ne pouvaient décemment pas tomber dans les travers de l'histoire à princesse. Il faut avouer qu'ici, elle n'est pas où on l'attend et son traitement donne lieu à des scènes franchement décalées, bousculant les codes du genre. Tout ça pour dire qu'on a bien rigolé, avec ex-Petitou.

Dans ce monde sans joie
où manque la tendresse,
Reste-t-il un endroit
pour soulager ses fesses ?
- C'est un peu spécial, grimace Cornélia. Et si tu te taisais un peu pour voir ? On entendrait le silence. C'est beau aussi, le silence... Chuuut !

De l'action, de l'humour, du grand spectacle aussi. Des pages, où ça s'agite en tout sens, où ça bataille ferme, au point de ne plus lire le texte tellement c'est palpitant. Et puis toujours de grandes images somputueuses, des doubles pages monstrueuses de précision, de virtuosité où l'on pourrait entendre rouler les pierres du château, où l'on pourrait sentir tomber la pluie.
Si je ne devais garder qu'une page, ce serait d'ailleurs celle de l'averse, ce moment de stupeur qui frappe les héros. Qui pourrait imaginer tout ce qu'il y a de travail, de respect du lecteur derrière cette image ?

Charles amoureux d'une princesse
Charles amoureux d'une princesse

Voilà, mon cher Charles, tout ça pour te dire que chacune de tes visites nous enchante. Pas la peine que je te dise qu'elles sont trop rares, tu le sais. Alors, à très vite, du côté de ce fameux horizon plein de promesses...
                                       Poutous,
                                       ta vieille Za

Charles amoureux d'une princesse
Alex Cousseau & Philippe-Henri Turin
Seuil Jeunesse, octobre 2015

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un pic, un roc, un tas de riz, un grand cerf et Pythagore

Publié le par Za

Ils sont grands. Très grands, ces alboumes de monsieur Dedieu. 38x28cm, autant dire 38x56cm une fois ouverts. Des coups à se faire une cabane avec. Des pages cartonnées, blanches et noires de dessins démesurés. De quoi de perdre, se noyer. Une lecture en immersion totale, qu'on démarre avec des petits cailloux dans la poche. Des coups à ne jamais en revenir.

"Pinicho oinichba" et "Une souris verte" sont à venir.

"Pinicho oinichba" et "Une souris verte" sont à venir.

Les illustrations attirent l'oeil et l'attention. On connait le talent protéiforme de Thierry Dedieu, jamais là où on l'attend. Le dispositif témoigne de la grande maîtrise de son auteur, l'image et le texte s'emboitent à merveille, le choix de la typographie est esthétiquement parfait.

Visez l'air étonné du cerf...

Visez l'air étonné du cerf...

Et puis les textes.
Depuis que la chevillette choit, on sait que ce n'est pas la compréhension immédiate du texte qui emporte l'adhésion des foules enfantines, c'est aussi la musique des mots, le jeu des sonorités. Fiston 1er se délecte des Fables de la Fontaine depuis bien longtemps, disait la Cigale et la fourmi avec gourmandise, sans en saisir la moitié.
Les textes ici associés aux grandes illustrations noires et blanches sont pour le moins inattendus. Mais pas tous. Il y a une comptine, Dans sa maison un grand cerf, un virelangue, Tas de rats tas de riz, jusque-là rien que de très normal. Deux autres pourraient surprendre et m'intéressent davantage. Un roc, un cap, un pic, en d'autres termes, la tirade de Cyrano de Bergerac. Et pourquoi pas ? Le personnage est magnifique, le texte lyrique, musical au possible. Il y a aussi le théorème de Pythagore. On est là au bout de la démarche. Au bord de l'abstraction. Et pourquoi pas ? L'audace de la démarche est respectacle, voire ébourriffante.
Alors imaginez que votre Za, qui déteste au plus haut point la cucuterie parce-que-c'est-tellement-mignon-pour-les-zenfants, qui vomit la mièvrerie parce-qu'il-faut-se-mettre-à-leur-niveau, votre Za, souvent énervée de ce qu'on destine aux minuscules, se réjouit. Et parle d'elle à la troisième personne par la même occasion. C'est pas si souvent, vous permettez. Et ma chronique pourait s'arrêter là, dans un contentement que j'espèrerais communicatif.

un pic, un roc, un tas de riz, un grand cerf et Pythagore

Pourtant, après cet emballement digne des plus préssieux des alboumes de ce Cabas, je m'interroge. Pourkwââââ ? Oui, pourquoi ? Pourquoi parer cette série d'albums réjouissants de la mention 0-3 ans ? Cette indication est à mon sens fort réductrice. Ces albums épatants le resteront largement après cet âge. Il est tout à fait louable d'attirer l'attention sur le fait que les bébés ont le droit aux livres, à la lecture, que lire n'est pas seulement déchiffer des mots. Collez des livres dans les pattes de vos petitous, tout petitous même, vous en récolterez les fruits un jour. Et au-delà de vos attentes même. Mais c'est réduire ce travail que de le borner à un public précis. Ceci dit, si cette recommandation rassure et permets à ces albums d'entrer dans les crèches, pourkwââââ pas ?
En réalité, j'ai un second pourquoi. Pourquoi accompagner ces livres jubilatoires d'atours scientifico-pédagogiques, de tests in vivo...

On voit bien dans le petit film l'intérêt, la curiosité des enfants. Il suffit d'observer en coupant le son. Ceci dit, l'énergie que déploie la dame à partager l'album produirait sans doute les mêmes effets avec n'importe quel autre livre.
Comprenez-moi bien. J'aime beaucoup ces 4 albums. Vraiment. Je trouve l'idée épatante d'un point de vue littéraire. C'est de la littérature de jeunesse au sens noble du terme. Pas besoin de justification. La justification alourdit l'objet, amoindrit le propos.
Cette série est magnifique, innovante, décoiffante. N'est-ce pas suffisant ?

Thierry Dedieu
Dans sa maison un grand cerf
Triangle de l'hypoténuse
Tas de riz, tas de rats
Un roc pic un cap péninsule
Seuil Jeunesse
mars 2015

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C'est chic !

Publié le par Za

C'est chic !

Qu'est-ce qui est chic ?
Qu'est-ce qui est à la mode ?
Un coup de chaud tout ce qu'il y a de banal fait dérailler le marchand de la place Pépin-le-bref, qui s'ennuie ferme derrière son étalage. Tout se mélange, et les passants intrigués font de cette faiblesse passagère une tocade des plus... chic.
Sans crainte du ridicule, ils adoptent un dress code foutraque où la quincaillerie tient le haut du pavé. Dès la première page, le capharnaüm du marchand laisse envisager le collage surréaliste. Tout le monde est gagné par cette nouvelle mode, sans souci du confort, abandonnant tout sens pratique. Ce qui est à la mode devient la norme, en un instant.

C'est chic !

Détournés de leur fonction première, les objet deviennent in-dis-pen-sa-bles à ceux qui les possédaient déjà mais en avaient un usage plus prosaïque.

C'est chic !
C'est chic !

Les personnages de Marie Dorléans, tout en longueur, à la Modigliani, oscillent entre grande classe et fantaisie. Tout de gris et de noir vêtus, ils contrastent franchement avec leur accoutrement, gardent leur quand-à-soi, même chapeautés d'une soupière et c'est irrésistible. Ils sont ridicules mais on n'a pas envie de se moquer. Il n'y a rien ici de méchamment ironique. On s'interroge sur les phénomènes de mode sans jamais se départir d'un sentiment de tendresse envers ces fashion victims somme toute innofensives.

Une fantaisie douce, un sens de l'absurde souriant traversent cet album finalement très élégant.

C'est chic !
Marie Dorléans
Seuil Jeunesse
mai 2015

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Range ta chambre !

Publié le par Za

Ah, l'illusoire injonction...

Range ta chambre !

Une semaine dans la vie d'une chambre d'enfant, une semaine pendant laquelle le désordre s'immisce, s'installe, envahit. Un jeu de piste où l'on peut s'amuser à chercher les chaussettes manquantes, les gants, l'écharpe, la BD de Batman, le ballon de rugby, toutes choses utiles mais fatalement introuvables.

Range ta chambre !

Au fil des jours, l'ombre paternelle demande - sans grands résultats, suggère - vainement. Et sous ce bazar, magnifiquement mis en scène par Xavier Salomo, la relation père-fils se dessine, avant de finir dans un joyeux dénouement.

Range ta chambre !

Cet album aurait pu s'intituler "Papa, le désordre et moi", tant ce capharnaüm semble avoir une vie propre. Jamais on ne voit François y mettre la main, il gagne chaque nuit du terrain, se répand autour du lit du garçon assiégé qui adopte alors la passivité de tout enfant normalement constitué. Le centre de l'histoire se déploie le temps d'un dépliant envahissant et remuant d'une grande drôlerie.
Cet album fait écho en moi à un point que vous pouvez plus ou moins imaginer selon notre degré d'intimité... Ne nous fions pas au titre, il n'y a ici aucun pêchi-prêcha normalisateur, et si la chambre retrouve un visage acceptable, on ne saura jamais qui l'a rangée. Ni comment.
Epatant, vraiment épatant !

Xavier Salomo
Range ta chambre !
Seuil Jeunesse, août 2014

Pour découvrir son travail, le blog de Xavier Salomo
Pour savoir ce, qu'au fond, je pense du désordre, ce billet...
Et pour trouver de vraies solutions face au désordre, je vous laisse entre les mains des deux seuls spécialistes authetiques que je connaisse...

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le chevalier de Ventre-à-terre

Publié le par Za

Oyez, oyez !

le chevalier de Ventre-à-terre

Après le lapin, le chat, les autruches, le champignon, le singe, l'édredon même...

le chevalier de Ventre-à-terre

... Gilles Bachelet s'attaque aujourd'hui à l'escargot, proie peu farouche s'il en est. Cèderait-il à la facilité ? Que nenni ! Car cet escargot-là est des plus rétifs. En effet, il porte armure et lance, arbore un oriflamme. Qui s'y frotte, s'y englue ! Force est d'admettre que ce chevalier est un fier animal, vif, noble, fougueux, racé, portant haut le haume, ne ménageant pas ses efforts. Et même si la journée traine un brin en longueur, il est tout de même passionnant de suivre le sire de Ventre-à-terre en route vers le champ de bataille. Enfin, de bataille... Vers le champ, dirons-nous.

Où est Charlie ?

Où est Charlie ?

Vous l'aurez compris, la désopilance de cet album tient au décalage franc et massif entre le texte et l'image.
Au premier chant du coq, le chevalier de Ventre-à-terre ouvre un oeil et s'exclame: "Pas une minute à perdre ! Pas une minute à perdre !" C'est la guerre. L'armée du chevalier de Corne-Molle, son ennemi juré, a envahi son carré de fraisiers. L'affaire ne peut se régler que par une bataille sanglante et sans merci.
Non mais.
Cependant, c'est sans compter avec le saint patron de notre héros, Saint-Procrastin, dont on peut admirer la représentation sur cette image - où l'on découvre, par la même occasion que les temps ont beau changer, le gastéropode renvoie néanmoins l'homme à ses propres failles. Si, si, je vous jure.

le chevalier de Ventre-à-terre

Non, sérieusement - ça va être coton, mais je tente... Chaque page, chaque illustrations est l'occasion de moult éclats de rire, le calendrier des pompiers dans un coin de la cuisine, la lunch box Hello Kitty, l'ombre de Don Quichotte, l'hommage à Tomi Ungerer et à d'autres illustrateurs respectables, sans parler de purs moments de bravoures, ce champ de bataille qui ne manquera pas de faire frémir les plus sensibles d'entre vous. 
Car avant de vous engager dans cette lecture, soyez conscient du chemin à parcourir, sachez que les images de Gilles Bachelet s'explorent. Elles nécessitent des aller-retours, des lectures approfondies. Oui, elles se méritent. On ne rigole pas avec la rigolade. C'est comme ça. Et c'est un tel plaisir de dénicher les références, les incongruités, les hommages, les clins d'oeil... Tous témoignent de la malice de Monsieur Bachelet. Voilà, c'est ça ! Le chevalier de Ventre-à-terre est un album malicieux.
Mais je réalise que j'en deviens intarrissable.
Je concluerai donc enfin par cet envoi bien senti :

Vous qui suivez fidèlement la page FB de Gilles Bachelet,
lisez ce livre !
Si les prénoms délicieux de Kevin et Humphey vous font pouffer de rire,
lisez ce livre !
Et si ces deux recommandations vous laissent froids,
lisez ce livre quand même, par Saint-Procrastin !
Et prêtez allégeance à messire Bachelet sur le champ,
tas de manants que vous êtes !

Et je veux un papier peint Pomelo moi aussi !

Le chevalier de Ventre-à-terre
Gilles Bachelet
Seuil Jeunesse
novembre 2014

le chevalier de Ventre-à-terre

Un dernier mot, je tenais à remercier Gilles Bachelet pour l'hommage discret rendu à un gastéropode aujourd'hui presque tombé dans l'oubli, mais dont certains entretiennent le souvenir vif et ému...

le chevalier de Ventre-à-terre

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Charles apprenti dragon

Publié le par Za

Charles est ici chez lui, c'est un ami de la famille. Le dragonnet grandit lentement, le petit d'homme beaucoup plus vite. Mais la fidélité qui lie les deux bestioles est très solide.

Charles apprenti dragon
Charles apprenti dragon

Charles prend aujourd'hui de l'épaisseur avec cette réédition des deux premiers albums, augmentée de suppléments tout à fait délicieux. Comme d'habitude, on ne peut tout avoir. Ce livre est plus petit que les premières éditions, mais le format reste raisonnable et ceux qui découvriraient Charles aujourd'hui ne seraient pas tout à fait lésés.

Et puis il y a les Mémoires d'un jeune dragon...

Charles apprenti dragon

Charles est déjà doté d'un solide talent de poète, personne ne l'a oublié.

J'ai le corps d'une gazelle mais je suis un dragon.
Regardez bien mes ailes, écoutez mon jargon...
Voyez mes pieds pareils à deux grosses pastèques,
N'importe quel orteil, je le transforme en steak.

Ses aventures lui ont inspiré bien d'autres vers, mais le voici aujourd'hui tenté de prendre le crayon et de dessiner.

Charles apprenti dragon

Essais, croquis, chemin de fer, premiers encrages avant la couleur, autant d'incursions dans l'art du dessinateur Philippe-Henri Turin, qui montrent les différentes étapes conduisant aux superbes aventures de Charles. C'est un travail d'orfèvre qui nous est offert.

Charles apprenti dragon

Charles se dévoile à travers une série de portraits, d'expressions, de regards, de clins d'oeil, de petits textes qui prolongent la complicité créée au fil du temps avec le petit héros aux grands pieds. Parce qu'il en a fait du chemin, notre Charles depuis la publication du premier album ! Traduit aux quatre coins du monde, il en a parcouru des paysages, il en a fait des rencontres !

Charles apprenti dragon

Et cet horizon plein de promesses en offrira d'autres, soyez-en sûrs ! D'autres promesses de belles images, de beau livre à venir qui se profilent à la fin de ce carnet. Mais à qui peut bien appartenir ce profil peu commun...

Charles apprenti dragon

Charles apprenti dragon
Alex Cousseau & Philippe-Henri Turin

Seuil Jeunesse, octobre 2014


 

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je suis le chien qui court

Publié le par Za

Je suis celui qui prend la nuit à rebrousse-poil.

je suis le chien qui court

Un album comme un geste poétique. Un album enveloppant où deux matières, deux techniques se côtoient, plume et huile. Les traits par milliers donnent des airs de gravures à la ville, à la route, au bord de mer. Le crépuscule est noir et blanc. Le chien est dense, flamboyant. Et il court. En chemin, les animaux s'effraient, lui emboîtent parfois le pas. La chouette l'accompagne. Ils se hâtent vers la nuit qui tombe, vers le blockhaus planté sur la plage où l'enfant attend. A eux trois, ils redonnent avec confiance des couleurs à la nuit, une nuit qui n'a plus rien d'effrayant.

je suis le chien qui court
je suis le chien qui court

Les images de Marc Daniau frappent par leur singularité, leur mouvement permanent. Le texte est sobre, minimal, haletant. Il traduit les pensées de celui qui est tour à tour le chien, l'oiseau et l'enfant, de ces personnages virevoltants, vivants. Je suis le chien qui court est un album envoûtant, sans concession.

Je suis le chien qui court

Marc Daniau

Seuil Jeunesse, 2013

 

Marc Daniau est l'illustrateur de Tous à poil !

Vous pouvez admirer son travail sur son site.

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Баба-Яга / baba yaga # 2

Publié le par Za

Babayaga n'avait qu'une seule dent.
Et c'est probablement cela qui l'avait rendue si méchante
.

Ainsi débute le texte de Taï-Marc Le Thanh, qui plonge dans l'enfance de l'ogresse à la recherche de ce qui avait bien pu gâter son caractère. En butte aux moqueries de ses camarades, la petite Babayaga, bien seule, choisit une option un brin radicale : elle deviendra ogresse. Ogresse et solitaire.

Баба-Яга / baba yaga # 2

Oh, elle a bien ouvert un restaurant, dont le nom poétique mettrait l'eau à la bouche à bien des croque-mitaines : "Au bambin qui rissole"... Toutes les étapes du conte sont là, la petite Miette doit échapper au chat, aux chiens mal embouchés, à l'arbre entreprenant. Mais c'est un crapaud qui la conseille. Et Babayaga, bien qu'affamée, finira l'histoire bien piteusement.

Баба-Яга / baba yaga # 2

Rébecca Dautremer enrobe cette histoire de ses rouges si reconnaissables, mais aussi d'ombres tout à fait angoissantes. Miette a les rondeurs d'une matriochka. Elle traverse cette aventure comme si elle connaissait déjà la fin de l'histoire, presque avec sérénité. Son allure en fait le pendant enfantin de Babayaga, ce qu'elle aurait pu être si elle avait eu d'autres dents...

Le texte prend des libertés salvatrices avec le conte original, y glisse des traits d'humour, humanise la sorcière, là où elle est habituellement une créature purement malfaisante mue par son appétit. Elle a finalement l'air aussi malheureuse que cruelle.

Babayaga

Taï-Marc Le Thanh & Rébecca Dautremer

Gautier-Languereau, 2003

 

 

Depuis le Bal des échassiers, on l'attendait. On trépignait même un peu. Bien fait pour lui. Il fallait pas commencer si fort, si beau. Alors, il ressemble à quoi, le nouvel Echegoyen ?

Баба-Яга / baba yaga # 2

Paul Echegoyen transforme Baba Yaga en araignée avide et patiente, tissant sa toile telle une broderie précieuse, autour de Vassilissa. On passe sans transition de la lumière dorée jouant dans les cheveux de la blondinette aux joues roses à la forêt sombre où seules quelques lueurs vous fixent de leurs regards inquiétants. Mais dès que l'on pénètre dans le monde de l'ogresse, le dessin gagne en profondeur, en matière. Les détails apparaissent, fourmille, inquiètent. Et au milieu trône une créature qui n'a rien d'humain. Pas plus que la servante, d'ailleurs, verte bestiole aux grands yeux émerveillés. Rien ne ressemble plus à quoi que ce soit de connu.

Le grand format de l'album permet au lecteur de s'immerger dans cet univers qui fait la part belle aux motifs des tissus, où tout - branches, cheveux - se transforme en fibre qui pourrait être tissée, brodée, jusqu'à l'étouffement.

Le texte de Claude Clément suit la trame du conte, dans une langue classique qui tangue parfois au balancement de rimes discrètes.

Soyons sûr qu'il n'y aura pas que le Cabas à attendre le prochain Echegoyen...

Baba Yaga

Claude Clément & Paul Echegoyen

Seuil Jeunesse, 2013

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