Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

un pic, un roc, un tas de riz, un grand cerf et Pythagore

Publié le par Za

Ils sont grands. Très grands, ces alboumes de monsieur Dedieu. 38x28cm, autant dire 38x56cm une fois ouverts. Des coups à se faire une cabane avec. Des pages cartonnées, blanches et noires de dessins démesurés. De quoi de perdre, se noyer. Une lecture en immersion totale, qu'on démarre avec des petits cailloux dans la poche. Des coups à ne jamais en revenir.

"Pinicho oinichba" et "Une souris verte" sont à venir.

"Pinicho oinichba" et "Une souris verte" sont à venir.

Les illustrations attirent l'oeil et l'attention. On connait le talent protéiforme de Thierry Dedieu, jamais là où on l'attend. Le dispositif témoigne de la grande maîtrise de son auteur, l'image et le texte s'emboitent à merveille, le choix de la typographie est esthétiquement parfait.

Visez l'air étonné du cerf...

Visez l'air étonné du cerf...

Et puis les textes.
Depuis que la chevillette choit, on sait que ce n'est pas la compréhension immédiate du texte qui emporte l'adhésion des foules enfantines, c'est aussi la musique des mots, le jeu des sonorités. Fiston 1er se délecte des Fables de la Fontaine depuis bien longtemps, disait la Cigale et la fourmi avec gourmandise, sans en saisir la moitié.
Les textes ici associés aux grandes illustrations noires et blanches sont pour le moins inattendus. Mais pas tous. Il y a une comptine, Dans sa maison un grand cerf, un virelangue, Tas de rats tas de riz, jusque-là rien que de très normal. Deux autres pourraient surprendre et m'intéressent davantage. Un roc, un cap, un pic, en d'autres termes, la tirade de Cyrano de Bergerac. Et pourquoi pas ? Le personnage est magnifique, le texte lyrique, musical au possible. Il y a aussi le théorème de Pythagore. On est là au bout de la démarche. Au bord de l'abstraction. Et pourquoi pas ? L'audace de la démarche est respectacle, voire ébourriffante.
Alors imaginez que votre Za, qui déteste au plus haut point la cucuterie parce-que-c'est-tellement-mignon-pour-les-zenfants, qui vomit la mièvrerie parce-qu'il-faut-se-mettre-à-leur-niveau, votre Za, souvent énervée de ce qu'on destine aux minuscules, se réjouit. Et parle d'elle à la troisième personne par la même occasion. C'est pas si souvent, vous permettez. Et ma chronique pourait s'arrêter là, dans un contentement que j'espèrerais communicatif.

un pic, un roc, un tas de riz, un grand cerf et Pythagore

Pourtant, après cet emballement digne des plus préssieux des alboumes de ce Cabas, je m'interroge. Pourkwââââ ? Oui, pourquoi ? Pourquoi parer cette série d'albums réjouissants de la mention 0-3 ans ? Cette indication est à mon sens fort réductrice. Ces albums épatants le resteront largement après cet âge. Il est tout à fait louable d'attirer l'attention sur le fait que les bébés ont le droit aux livres, à la lecture, que lire n'est pas seulement déchiffer des mots. Collez des livres dans les pattes de vos petitous, tout petitous même, vous en récolterez les fruits un jour. Et au-delà de vos attentes même. Mais c'est réduire ce travail que de le borner à un public précis. Ceci dit, si cette recommandation rassure et permets à ces albums d'entrer dans les crèches, pourkwââââ pas ?
En réalité, j'ai un second pourquoi. Pourquoi accompagner ces livres jubilatoires d'atours scientifico-pédagogiques, de tests in vivo...

On voit bien dans le petit film l'intérêt, la curiosité des enfants. Il suffit d'observer en coupant le son. Ceci dit, l'énergie que déploie la dame à partager l'album produirait sans doute les mêmes effets avec n'importe quel autre livre.
Comprenez-moi bien. J'aime beaucoup ces 4 albums. Vraiment. Je trouve l'idée épatante d'un point de vue littéraire. C'est de la littérature de jeunesse au sens noble du terme. Pas besoin de justification. La justification alourdit l'objet, amoindrit le propos.
Cette série est magnifique, innovante, décoiffante. N'est-ce pas suffisant ?

Thierry Dedieu
Dans sa maison un grand cerf
Triangle de l'hypoténuse
Tas de riz, tas de rats
Un roc pic un cap péninsule
Seuil Jeunesse
mars 2015

logo challenge albums 2015

Partager cet article

(aujourd'hui c'est série) oh my GoT ! #5

Publié le par Za

Comme le veut la formule consacrée dès qu'on parle du Trône de Fer :

attention, cet article contient des informations cruciales
qui pourraient gâcher votre plaisir
si vous n'avez pas encore vu la saison 5

autrement dit :

gaffe au SPOILER !

La cinquième saison donc. Avalée rapidos, même si certains morceaux sont difficiles à digérer, un peu lourds, quoi. Toujours des gros brutaux, des roublards, des vicieux, des affreux. Rien de nouveau au royaume de Westeros. Pendant la saison 3, je m'esbaudissais du rôle crucial tenu par les femmes. Cette année, elles morflent salement. Toutes. Les grandes et les petites. Et les petites, à vrai dire, j'ai eu du mal à le supporter. Un peu d'agacement donc.

(aujourd'hui c'est série) oh my GoT !  #5

Finalement, je me disais que la question à ne pas poser à un fan du Trône de Fer, c'est : "qui est ton personnage préféré ?"
Prenez un spectateur lambda, moi. J'ai eu un faible, comme tout le monde, pour Ned Stark. Ah, Boromir... C'te classe... Décapité.
Puis Robb Stark et sa mère, Catelyn. Massacrés.
L'an dernier, j'ai été époustouflée par Oberyn Martell. Un vent frais, cet homme. Humour, courage, l'oeil qui frise... Ecrabouillé.
J'aurais dû comprendre et abandonner toute empathie. Mais il y eut Jon Snow. Haché menu. Mais celui-là, toutes proportion gardées, c'est comme Dumbledore. Je ne croirait à sa mort que lorsqu'on aura terminé la saison 6. Et encore.
Donc, c'est fini, je n'ai plus de personnage préféré. A part peut-être le dragon. Et même. Il avait presque l'air mal en point dans l'arène de Mereen.

(aujourd'hui c'est série) oh my GoT !  #5

Et cette chère Brienne, si brillante bretteuse mais un peu têtue, pour ne pas dire bornée lorsque l'honneur s'en mêle et trainant son inutilité d'épisode en épisode jusqu'à une dernière scène grandiloquente et passablement ridicule - tout ça pour ça ?
Reste le cas Tyrion. Increvable, amoché mais toujours là, l'esprit vif et la langue affûtée. Mais non. Ce n'est pas mon personnage préféré, non, non (on ne sait jamais). Ceci dit, torpiller Tyrion reviendrait à torpiller la série.

(aujourd'hui c'est série) oh my GoT !  #5

Un bilan mitigé, donc. Des moments franchement pénibles et quelques scènes de bravoure (la bataille de l'épisode 8), de belles images du royaume de Dorne filmées en Andalousie, des bûchers, écorcharges, égorgements et autre panoplie moyenageuse... On attendra quand même avec fébrilité la saison 6, qui initialement devait être la dernière. Mais mon petit doigt me dit...

Partager cet article

Le pirate et le roi

Publié le par Za

Le pirate et le roi

Jehan 1er, roi replet, fait naufrage. Il échoue sur une île déserte pas déserte, puisque Matt le pirate tout maigre y vit déjà. L'énervement inaugural et réciproque cède la place à un échange fructeux. Tellement fructueux que les deux personnages se rapprochent au point de se confondre...

Le pirate et le roi

Jean Leroy et Matthieu Maudet transforment cette situation robinsonnesque classique en une confrontation jubilatoire. Depuis la Fontaine, on sait que le lion est noble, mais ces deux-là sont aussi naïfs, roublards, enragés, sacrément tenaces. On s'interroge tout au long du livre sur la nature de chacun, jamais figée, roi, pirate, faux semblants.

Le pirate et le roi

L'humour qui parcourt l'album donne lieu à une lecture haute en couleur, portée par des dialogues ravageurs. La lutte des classes prend une tournure inattendue et c'est à savoir qui dominera l'autre. A mi-chemin entre l'album classique et la BD, Le pirate et le roi est une histoire alerte, juste grinçante comme j'aime.

Le pirate et le roi
Jean Leroy & Matthieu Maudet
L'école des loisirs
avril 2015

logo challenge albums 2015

Partager cet article

C'est chic !

Publié le par Za

C'est chic !

Qu'est-ce qui est chic ?
Qu'est-ce qui est à la mode ?
Un coup de chaud tout ce qu'il y a de banal fait dérailler le marchand de la place Pépin-le-bref, qui s'ennuie ferme derrière son étalage. Tout se mélange, et les passants intrigués font de cette faiblesse passagère une tocade des plus... chic.
Sans crainte du ridicule, ils adoptent un dress code foutraque où la quincaillerie tient le haut du pavé. Dès la première page, le capharnaüm du marchand laisse envisager le collage surréaliste. Tout le monde est gagné par cette nouvelle mode, sans souci du confort, abandonnant tout sens pratique. Ce qui est à la mode devient la norme, en un instant.

C'est chic !

Détournés de leur fonction première, les objet deviennent in-dis-pen-sa-bles à ceux qui les possédaient déjà mais en avaient un usage plus prosaïque.

C'est chic !
C'est chic !

Les personnages de Marie Dorléans, tout en longueur, à la Modigliani, oscillent entre grande classe et fantaisie. Tout de gris et de noir vêtus, ils contrastent franchement avec leur accoutrement, gardent leur quand-à-soi, même chapeautés d'une soupière et c'est irrésistible. Ils sont ridicules mais on n'a pas envie de se moquer. Il n'y a rien ici de méchamment ironique. On s'interroge sur les phénomènes de mode sans jamais se départir d'un sentiment de tendresse envers ces fashion victims somme toute innofensives.

Une fantaisie douce, un sens de l'absurde souriant traversent cet album finalement très élégant.

C'est chic !
Marie Dorléans
Seuil Jeunesse
mai 2015

logo challenge albums 2015

Partager cet article

Sophie et sa courge

Publié le par Za

Tout d'abord, permettez-moi de vous avouer que j'aime le mot courge. Je le préfère largement à potiron, même si je sais que les deux termes recouvrent des réalités botaniques bien différentes. Et puis chez moi, on ne dit pas "j'ai préparé un potage au potiron", mais "j'ai fait une soupe de courge", ce qui a le mérite, à mon sens, d'être direct. Et même si peu vous chaut - du verbe chaloir, il fallait que ce soit dit.

Sophie et sa courge
Sophie et sa courge

Sophie a une courge. Certains ont un hamster, un chat, une poupée, Sophie a une courge. A vue de nez, j'irai jusqu'à dire que c'est un butternut, c'est vous dire si je suis balèze en courges. Bref, au lieu de la manger, elle s'en entiche. J'en connais qui ont fait ça avec des lapins. Sophie dorlote sa courge, l'appelle Bernice, la traine partout avec elle. Sophie et Bernice deviennent inséparables, s'amusent follement.
Mais il faut se rendre à l'évidence, Bernice est périssable et commence même à pourrir légèrement. L'hiver est là, et la courge doit retourner à la terre. Pour renaître.

Sophie et sa courge

On connait l'art d'Alice Wilsdorf pour les bouilles irrésistibles et cet album ne déroge pas à la règle. Une succession de simples, doubles pages et de vignettes remuantes donne son rythme à l'histoire.

Sophie et sa courge

Les saisons passent, les manches rallongent, un petit gilet et zou, c'est l'hiver, l'attente du tendre dénouement. Le côté décalé de la situation de départ éveille la curiosité et fonctionne jusqu'à la dernière page. Un album tendre et frais ! ( j'ai dis frais ?)

Sophie et sa courge
Pat Zietlow Miller & Anne Wilsdorf
Kaléidoscope
mars 2015

Sophie et sa courge

Et comme cette histoire m'en rappelait une autre, j'ai demandé à Fiston 1er, archiviste de la famille, qui m'a ressorti un de ses vieux Tralalire sur le même thème, Yaci et sa poupée de maïs (René Escudié/Natacha Sicaud - n°67/juin 2006).

logo challenge albums 2015

Partager cet article

refuges

Publié le par Za

refuges

Lorsque la littérature dite de jeunesse s'empare d'un sujet d'actualité aussi brûlant, il arrive, dans le meilleur des cas, qu'elle le fasse sans faux-semblants ni manières, avec ce respect du lecteur qui consiste à imaginer, quel que soit son âge, qu'il puisse penser par lui-même. Et cela donne ce roman, un texte d'une acuité remarquable.
Il y a le fait d'actualité. Lampedusa, île minuscule située à 350 km de la Lybie est, depuis des années, la porte d'entrée en Europe de migrants et réfugiés venus d'Afrique, du Moyen-Orient. Une première lecture de ce roman consiste donc à s'approcher de cette situation pour la vivre de l'intérieur. Une seconde lecture attend l'auteur au tournant. Comment s'approcher du sujet, comment le rendre audible à un lecteur adolescent ?
Sans jamais affadir son sujet, Annelise Heurtier le croise avec l'histoire de Mila, adolescente romaine originaire de Lampedusa, une île qui lui est presque étrangère. Un drame familial pousse sa famille a y retourner, le temps d'un été. Retrouver des racines, se retrouver, chercher aussi refuge.
Deux écritures se font face, par chapitres intercalés. L'une, qui raconte l'été suspendu de Mila sur l'ile de Lampedusa, est introvertie. Elle tourne et retourne, explore, se demande, avance mais pas tout à fait. L'autre, qui parle à la première personne, est la voix des réfugiés qui abordent l'ile depuis la Libye toute proche, venant d’Érythrée. Cette autre face de l'écriture, bouleversante, est dépouillée de tout artifice. Des artifices qui seraient tout à fait inutiles, déplacés.
Ce que comprend Mila du drame qui se joue à Lampedusa est d'abord lointain. Puis s'impose à elle le courage des habitants de l'île, contrevenant à la loi parce que leur conscience le leur ordonne. Pas de grands discours dans ce texte, ni de démonstration de bonne conscience. Il ne s'agit pas de statistique, mais de destins, d'humanité.

Refuges
Annelise Heurtier
Casterman, 2015

Mirontaine, Lu Cie & Co et les Sandales d'Empédocle parlent aussi de ce roman.
A lire également, cet article de Libération.

Partager cet article

au cerf de lune

Publié le par Za

Une photo étrange à la une de l'atelier d'écriture de Leiloona, une photo, quelques mots...

Vincent Héquet

Vincent Héquet

- Des cornes ?

- Des bois.

- Si tu veux.

- J’ai mal au cou, c’est lourd, j’arrive pas à garder la tête droite.

- C’est juste l’affaire d’une demi-heure. Tu sors à la limite du sous-bois, ça devrait suffire. 

- Pourquoi moi ?

- Parce que tu me dois suffisamment d’argent pour te taire. 

- J’y comprends rien à ton truc.

- Il n’y a rien à comprendre. Les temps sont durs et la concurrence fait rage. Les charlatans pullulent,  les crédules aussi. Mes amulettes ne suffisent plus. Aujourd’hui, tout le monde fabrique des poudres, des potions. Il faut que je leur prouve que je suis le plus puissant des sorciers. On m’a défié.  Les métamorphoses, c’est le dernier chic en matière de sorcellerie. Je vais leur offrir un homme-cerf. Après ça, ils me foutront la paix, sois en sûr.

- Et si on me reconnait ?

- Aucun risque. Avec tous les poils de sanglier que je t’ai collé sur la figure, ta propre mère ne te reconnaitrait pas. Mets ces gants. Ne reste pas devant la fenêtre !

- Il y a du monde dehors, de la lumière !

- Prends ce manteau. N’aie pas peur. Je vais passer devant. Je ne laisserai personne t’approcher. Attention à la porte ! Baisse la tête !

- Ils approchent…

- Tais-toi.

- Ils sont nombreux…

- Tais-toi.

Partager cet article

le panier à pique-nique

Publié le par Za

le panier à pique-nique

Le goût de l'album, du beau livre illustré, lorsqu'on le conserve en étant adulte, c'est sans doute pour la promesse d'émerveillement, pour ce moment délicieux où l'on tient entre les mains un bel objet, fermé encore. Devant la couverture, on fait durer encore un peu le plaisir, parce que cette frimousse rouge, attentive, ce hérisson glouton, le trait, les couleurs, on sait d'avance qu'on risque de se régaler. Avec le temps, on commence quand même à se faire une petite expérience. Et cet album-là nous emmène au-delà de la dite expérience.

le panier à pique-nique

C'est une histoire simple et universelle. La petite rouge en robe jaune découvre un jardin tout en géométrie délicate, en superposition de couleurs inattendues, un jardin qui aurait pu être dessiné par Charley Harper. Ce jardin a un jardinier, ce jardinier a un panier à pique-nique dans lequel la petite va chaparder des mets succulents, préparés avec amour. Ce sont des choses qui ne trompent pas. La nourriture préparée avec amour est différente. Et si elle réparait son emprunt en préparant à son tour un pique-nique ? 

le panier à pique-nique

De ce jeu bienveillant nait une complicité discrète, sans mot. On fait connaissance à distance, on s'apprivoise l'air de rien, et tout se met en place, une pierre puis l'autre, un regard, un cadeau. Les grands aplats du rouge de la peau et des tomates, le bleu, le jaune, le jardin au soleil, tout traduit la générosité du propos.

(Si jamais cette image devenait une affiche... )

(Si jamais cette image devenait une affiche... )

C'est une histoire douce qui vous laisse avec le sourire, et l'envie de replonger dans les grandes et somptueuses images de Susumu Fujimoto pour y retrouver le hérisson, le hibou et les autres bestioles, spectateurs comme nous de l'adoption qui se joue.

Le panier à pique-nique
Gabriele Rebagliati & Susumu Fujimoto
Grasset Jeunesse, mai 2015

logo challenge albums 2015

Partager cet article

alpha

Publié le par Za

alpha

1956, naissance de l'alphabet phonétique de l'OTAN, appelé aussi code alpha international. Une lettre, un mot. Un abécédaire, donc. Et Isabelle Arsenault qui s'en empare pour en faire un album à part.

alpha

Elle propose une lecture-millefeuille qui va bien au-delà de la simple illustration, nécessitant parfois l'association adulte/enfant. Ce chapeau melon, cher minuscule, viens ici que je t'explique... Et ces deux-là, quelle histoire !

alpha
alpha

Au fil des pages, on est attendri, amusé, et l'on partage de petits morceaux de cinéma, de géographie, de mode, de littérature, de souvenirs aussi. On transmets, on s'amuse.

alpha

L'air de rien, il va en falloir du temps pour profiter de cet album. Alpha, c'est comme un bon tour qu'on jouerait au lecteur qui se dit qu'un abécédaire, c'est vite lu. Naïf qu'il est.

Alpha
Isabelle Arsenault
La Pastèque, 2015

logo challenge albums 2015

Partager cet article

mes petites bêtises #5

Publié le par Za

Il y a bien longtemps que je n'avais fait un détour par l'atelier d'écriture de Leiloona...
Une photo, quelques mots...

© Sabine

© Sabine

Et voilà !
J'y suis arrivé !
Je l'ai enfin traversé. La première fois, c'était un mur tout simple, un peu de bois, de la boue, de la paille. Rien qui blesse et juste un minimum de concentration. Mais le mur du pierre, c'est pas la même histoire... Des mois que j'essaie. Des bosses, des coups, des égratignures, le métier qui rentre.
En réalité, le secret, c'est l'élan. Trop d'élan et, dans la précipitation, vos vêtements peuvent rester de l'autre côté. Pas dangereux en soi, mais terriblement gênant. Pas assez d'élan et c'est l'entre-deux. Ni d'un côté, ni de l'autre, coincé entre deux mondes. Certains n'en sont pas revenus, condamnés à vie au ciment, à la lentre transformation.
Alors, ce mur, je l'ai choisi avec soin. Des fissures où se glisser, de la pierre tendre. Le bâton, je l'ai pris au dernier moment, une inspiration de dernière minute, le besoin de s'accrocher à quelque chose de tangible.
Et voilà, j'y suis !
De l'autre côté, mon maître m'attend. Mon apprentissage va enfin pouvoir commencer.
"passe-muraille niveau 1"
Ce n'est que le début.

Partager cet article

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 > >>