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Auprès de La Fontaine...

Publié le par Za

Auprès de La Fontaine...

Et de trois ! Après Il était une fois... et Autrefois l'Olympe..., voici Auprès de La Fontaine, troisième opus de recueil d'haïkus d'Agnès Domergue et Cécile Hudrisier. Objet précieux au dos toilé, petit format élégant. Les contes, les mythes, les fables, la trilogie parfaite.
La Fontaine, donc. Des fables archi-connues, d'autres moins. Certains haïkus vous paraîtront transparents, d'autres vous pousseront à aller voir plus loin. Evocations et devinettes, à mi-chemin entre la poésie et le jeu.
Le trait de Cécile Hudrisier se pare parfois d'atours japonisants, comme pour se mettre à l'unisson de la forme du texte. Ce héron...

Auprès de La Fontaine...

Au menu du jour
limaçon sur un caillou
Oh ! Le bec dans l'eau

L'illustration si délicate frôle parfois l'abstraction. Chaque image est un monde en soi, mouvement et lumière.

Auprès de La Fontaine...

Un monde dans lequel, comme chez La Fontaine, le renard est particullièrment soigné...

Auprès de La Fontaine...
Auprès de La Fontaine...

Croissant de lune
seul au sommet de son arbre
croassant de honte

Il y a de la malice dans les mots d'Agnès Domergue.  Elle tisse une connivence avec le lecteur adulte qui fouille dans ses souvenirs d'écolier, puisque c'est l'essentiel qui reste - le parfum, la silhouette, une impression ravivée par ces trois lignes avares de mots, mais si riches de réminiscences. La recherche, la découverte de l'animal entrainera les plus jeunes dans un aller-retour texte/image puis, sans doute vers les textes originaux, à disposer non loin du lecteur - ceci étant également valable pour le lecteur adulte, bien entendu.
Ce recueiil, solaire et lumineux, est un magnifique portrait des fables de La Fontaine mais se suffit aussi à lui-même, image et texte en parfait contrepoint.

Auprès de La Fontaine
Fables en haïku
Agnès Domargue & Cécile Hudrisier
éditions Thierry Magnier, 2016

 

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au creux de mon arbre

Publié le par Za

Au creux de son arbre, Hibou se réveille
Du long sommeil de l'hiver.

au creux de mon arbre

Mais que voici un nouveau préssieux ! Fracture immédiate de la rétine, plongée en apnée dans le beau, l'évident. Le chemin des saisons autour d'un arbre, rien de très nouveau, direz-vous... Eh bien, défourez-vous le doigt de l’œil immédiatement et ouvrez-le. L’œil.

au creux de mon arbre
au creux de mon arbre

Ce ne sont que merveilles galopantes, virevoltantes, floconnantes. Le hibou veille, seul bien à l'abri au creux de son arbre. Et autour de lui s'écoule l'année, immuable mais foisonnante de bestioles en tout genre, de nature joyeuse. Les déoupes laissent apparaitre de nouvelles espèces à chaque page, les familles s'agrandissent, font assaut de facéties. J'aurais une tendresse particulière pour les renards qui occuppent la partie centrale de l'image.

au creux de mon arbre

Et c'est une des manières de lire cet album - qui se passe très bien de son texte, d'ailleurs. S'attacher à une espèce, la voir apparaitre, disparaitre, revenir. Suivre la construction de la toile de l'araignée. La nuit, le jour, l'évolution des couleurs. Les prétextes ne manquent pour revenir en arrière, relire, admirer, et finalement se laisser distraire par un écureuil rigolo.

au creux de mon arbre

Indispensable, vous dis-je !

Au creux de mon arbre
(Tree)
Britta Teckentrup
Hatier Jeunesse
août 2015

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Tom la tondeuse

Publié le par Za

Tom la tondeuse

Tom est heureux. A priori, ses parents le sont aussi. L'histoire s'ouvre sur une image de félicité, un intérieur coloré où vivent des gens créatifs. Aux yeux vaguement exorbités, certes.

Tom la tondeuse

Tom vit pleinement, profite de chaque instant. Tout l'intéresse, tout le passionne. Et comble de bonheur, il est serviable comme tout ! Trop peut-être. Car lorsque ses parents cèdent à sa lubie de posséder une tondeuse à gazon, son envie de bien faire le transforme en tornade destructrice.

Tom la tondeuse

Le rythme effréné de l'histoire est mené de main de maître par Sophie Pa, dont le trait colle parfaitement à l'énergie inépuisable de Tom. Pas un temps mort dans cet album qui pourrait être moralisateur s'il n'était si drôle. Car Tom est fatalement confronté aux conséquences de ses actes, et sera fort peu réprimandé par des parents pas trop rancuniers et franchement joyeux. Le dessin est remuant, presque bruyant. Pas une page qui ne soit embarquée par un mouvement, par une scène désopilante.

Tom la tondeuse

Tom est de ces personnages exutoires, qui font exactement ce qu'on ne doit pas faire lorsqu'on est est un enfant digne de ce nom, enfin digne de ce que les adultes attendent de nous, mais qui le font tellement joyeusement que c'en est une jubilation.
Tom la tondeuse est un album foutraque qui se lit à toute allure, et vous échappe presque des mains - aussi insaississable queTom, le genre de minuscule ultra-vivant qu'on aime bien rencontrer. Pas souvent.

Tom la tondeuse
Sophie PA & Brian A.M. Smith

les Editions de la Pastèque, 2015



 

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Julia et les monstres perdus

Publié le par Za

Julia et les monstres perdus
Julia et les monstres perdus

La maison de Julie se déplace à dos de tortue (sans doute un clin d'oeil au grand Terry Pratchett) et se pose ce jour-là au bord de la mer. C'est le genre de maison où je me calerai bien pour l'après-midi, à lire avec sa propriétaire.

Julia et les monstres perdus

Mais Julia n'est pas le genre de fille à siroter du thé au coin du feu, il lui faut de l'action, de la compagnie ! Et pourquoi pas la compagnie de monstres ?

Le monstre est un classique de l'album, l'occasion pour le dessinateur de laisser libre court à sa fantaisie. Et de la fantaisie, le talentueux Ben Hatke n'en manque pas ! Ils arrivent donc en rang serré, les gnomes, vouivre, trolls, elfes, bestioles mi-humaines mi-je ne sais pas quoi, et prennent leurs aises dans la coquette maison de Julia qui n'en demandait pas tant. Cette installation est l'occasion d'un joyeux désordre...

Julia et les monstres perdus
Julia et les monstres perdus

Ben Hatke a vraiment le chic pour faire naître des héroïnes positives et inspirantes - ses cinq filles sont à coup sûr une source d'inspiration inépuisable...

Sa trilogie Zita fille de l'espace est devenue un incontournable du Cabas. Julia accompagnera les plus jeunes, les amusera sûrement. Il faut voir avec quelle détermination elle crée l'harmonie entre tous, de quelle manière elle met la différence à profit pour permettre à chacun de trouver sa place.
Cet album réjouissant, plein à ras bord de vie et de mouvement est à mettre entre toutes les mains !

Julia et les monstres perdus
Ben Hatke
Dargaud Jeunesse, 2015

Retrouvez ici le craquage du Cabas et de Fiston 1er
pour les deux premiers tomes de Zita et pour le troisième.

Publié dans albums, Ben Hatke, Dargaud

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le Noël blanc de Chloé

Publié le par Za

Quand on est une petite fille courageuse et futée, rien n'est impossible.

(il est pas beau, le cabas du Cabas ?)

(il est pas beau, le cabas du Cabas ?)

le Noël blanc de Chloé

En cette veille de Noël, il fait chaud à Québec. Tellement chaud que les moufles sont inutiles. Pas le moindre nuage à l'horizon. Rien. Un hiver qui ne vient pas. André Marois aurait-il des dons de voyance, serait-il en cheville avec une super agence méto qui aurait tout prévu ? Allez savoir. Mais tout cela ne fait pas l'affaire de Chloé. Parce que si l'hiver ne vient pas, qui sait si le Père Noël, lui, sera au rendez-vous ? C'en est trop pour la petite fille qui décide d'aller chercher l'hiver où il se trouve, cap au Nord !

le Noël blanc de Chloé

Tout l'imaginaire de Chloé est là, dans ce voyage, embarquée par les harfangs des neiges, comme Nils Holgersson à dos d'oie sauvage. Et la petite fille se démène, traverse l'album avec son manteau rouge, absorbée par sa tâche, courant, sautant, ne délaissant l'action que pour se livrer à  une intense réflexion. La belle (et fausse) simplicité du dessin, le style inimitable d'Alain Pilon, les aplats de couleurs passant du bleu du ciel au noir de la nuit, au blanc de la neige enfin au rendez-vous, tout cela rend le rêve palpable. Car c'est le courage et l'obstination d'une toute petite fille qui ramènent enfin l'hiver, qui remettent un peu d'ordre et de joie dans cette insupportable attente.

le Noël blanc de Chloé

Après Lettres à mon cher petit frère qui n'est pas encore né, Alain Pilon nous offre un merveilleux conte d'hiver, entre rêverie et aventure échevelée.

Le Noël blanc de Chloé
André Marois & Alain Pilon
Grasset Jeunesse
Octobre 2015

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C’est où qu’on crèche ?

Publié le par Za

(Avignon - 2012)

(Avignon - 2012)

S'empoigner autour d'une crèche, si c'est pas une honte... Je sais, il y a d'autres combats plus urgents et celui-ci pourrait confiner au ridicule. D'ailleurs, il l'est. Mais quand même.
Déjà, s’accaparer Jeanne d’Arc, c’était gonflé. Je suis à moitié lorraine et Jeanne d’Arc, elle est un peu à nous, la voir se faire enlever par des gros bras, pauvrette...  Il y a eu le drapeau aussi. On a mis du temps à le récupérer, on l’a bien lavé, mis à sécher, repassé un peu et le revoilà flambant propre, affiché il y a peu sur le mur de ma maison, si on m’avait dit… L’hymne, n’en parlons pas, on avait fait la fine bouche sur certaines paroles, certains couplets - moi la première, et nous voilà à le revendiquer, nom de nom ! Je me disais qu’on en avait fini, qu’on était tranquille, on avait récupéré notre bien commun.
Je me trompais lourdement.
Depuis quelques hivers, la dernière mode, c’est le hold-up municipal des crèches et comme je suis à moitié occitane, comment vous dire...
Des crèches dans les mairies, jusqu'à présent, je n’en avais vu qu’en Avignon, où l’on met en avant le travail des santonniers et où elle est tellement grande et peuplée qu’il faut un bon trois quart d’heure pour trouver le petit Jésus, plus ou moins planqué dans un coin.

(Avignon - 2012)
(Avignon - 2012)

(Avignon - 2012)

Sinon, pour voir des crèches, il fallait aller dans les églises, où est leur place naturelle.
Ou chez les gens.
La crèche, c’est une histoire de famille. Mon grand-père était champion du monde de crèche. Tous les ans, à la maison, on s’escrimait à faire un joli décor, avec de la mousse, du lierre, et c’était toujours un peu minable. Il arrivait, jetait un œil averti et
atterré, bidouillait trente seconde et c’était sublime. Rien à dire, c’était le meilleur. Du temps de sa splendeur, il était chargé de la crèche de l’hôpital de Narbonne, une sublimité monumentale, avec moulin qui tourne pour de vrai, lumières et eau qui coule. Chez nous, la sainte famille, après s’être fait virer de partout comme c’est écrit dans les livres, trouvait l’asile dans une jolie maison en bois, avec de la paille et de la lumière, limite chauffage central. Je l’ai toujours la maison. Depuis que Papi a eu le mauvais goût de nous quitter, faire la crèche, c’est un moment sacré, où je sais qu’il regarde par-dessus mon épaule et qu’il se marre parce que franchement, je m’y prends comme une quiche (le côté lorrain, évidemment).
Du coup, vous comprendrez que la récupération politique de ce rituel si intime m'exaspère au plus haut point. J'en fais une affaire personnelle.

C’est où qu’on crèche ?

Dans son film Mon père est ingénieur, Robert Guédiguian évoque une crèche laïque, sans présence de Jésus, juste ces modestes santons, représentation naïve d'un petit monde provençal d'un autre âge. C'est un des aspects de la crèche qui me tient à cœur, ce moment de concorde où les bergers se mêlent aux pêcheurs, où les bohémiens hauts en couleurs côtoient les belles arlésiennes richement vêtues, où le curé et le maire échangent fraternellement, loin des revendications identitaires...

Et puis il y a les Rois mages... Ah, les Rois mages. En réalité, c'est là que j'ai attrapé les nerfs.
Voilà qu'en Moselle, encore et toujours la Lorraine, on s'étripe autour des Rois mages. Déjà, les Rois mages, ils ne sont pas encore arrivés, à cause d'un de leurs chameaux qui trainait la jambe (Yvan Audouard, La Pastorale des santons de Provence). Chez moi, ils attendent dans la bibliothèque avec le petitou, qui naîtra demain soir, chaque chose en son temps.

Hugo van der Goes, dans son retable dit de Monforte, daté de 1468-70,

Copy the BEST Traders and Make Money : http://bit.ly/fxzulu
Hugo van der Goes, dans son retable dit de Monforte, daté de 1468-70,

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C’est où qu’on crèche ?

Les Rois mages de la navrante polémique mosellane, si vous les avez vus, ils sont vilains comme tout, et tous les trois blancs comme des culs. Allons donc. Tant qu'à récupérer les symboles, les traditions, autant le faire un minimum avec finesse. Oui bon, la finesse... Sans trahir de manière aussi ridicule. Oui bon, le ridicule... Je peux pardonner certaines formes d'ignorance, mais l'inculture triomphale, revendiquée, malhonnête, c'est pire que tout. Les Rois mages, c'est le monde accouru au berceau de l'humanité, c'est la richesse et la beauté qui se prosternent devant le dénuement, c'est l'ONU à Bethléem ! Ou alors, mais il fallait le dire, on veut revenir à une représentation de l'adoration des Mages d'avant Hugo van der Goes qui fut, pense-t-on le premier à avoir représenté un Balthazar africain en 1470, à moins de vouloir s'en tenir à une vision de cet épisode d'avant Bède le Vénérable, mort en 735 et auteur de ce texte :

Le premier des Mages s’appelait Melchior ; c'était un vieillard à cheveux blancs et à la barbe longue ; il offrit de l'or au Seigneur pour reconnaître sa royauté.
Le second, Gaspard, jeune encore, imberbe et rouge de peau, lui offrit de l’encens pour reconnaitre sa divinité.
Quant au troisième, au visage noir et portant également toute sa barbe, il avait nom Balthazar ; il présente de la myrrhe sachant que Jésus, Fils de Dieu était aussi fils de l'homme, et, comme tel, il devait mourir pour notre salut.

C’est où qu’on crèche ?

Évidemment que ces personnages ont changé de forme et de couleur au fil de l'Histoire, s'il ont jamais existé, ne soyons pas bêtes. Oui bon, la bêtise...
Ma crèche, cette année, ressemble à un immeuble, une tour de Babel, on s'y promène tranquillou, comme tous les ans. Et on voudrait simplement avoir la paix. Vous savez, celle que l'on souhaite sur la Terre, aux hommes (et aux femmes) de bonne volonté...

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mon école des loisirs #3

Publié le par Za

Elle aurait pu faire l'effort de m'appeler Violette. Mais non, il a fallu qu'elle choisisse Verte. Quelquefois j'ai eu l'envie de l'attaquer en justice. Mais quelquefois je l'aime et j'ai envie de lui offrir des vacances de rêve à Honolulu. Rien n'est plus fatigant qu'une mère. Etant entendu que je ne sais pas ce que c'est qu'un père.

mon école des loisirs #3

La première fois que j'ai rencontré Verte, il y a presque longtemps aujourd'hui, elle ne ressemblait pas à la jeune fille dessinée par Soledad Bravi. La première édition de ce roman avait pour couverture un dessin de Gaudelette, tiré de Radada la méchante sorcière. Autant vous dire que l'ambiance proposée était sensiblement différente...

mon école des loisirs #3

Ce premier roman, paru en 1996, racontait l'histoire de Verte, dernier rejeton d'une lignée de sorcières pas communes, pas commodes non plus. Des sorcières tout ce qu'il y a de moderne, vivant dans une ville banale, immeuble, appartement, tribu matriarcale, mais rien de trop voyant non plus. On est sorcière mais pas trop. L'histoire se raconte à plusieurs voix, chacun présentant son point de vue, ses doutes, ses agacements. Ursule la mère, Verte la fille, Anastabotte la grand-mère et un personnage masculin aussi, Soufi, l'ami/amoureux - à cet âge-là, on ne sait jamais vraiment.
Comment se construire une identité vivable, lorsqu'on trimblle une généalogie aussi peu banale, comment intégrer un père dans cette famille où la cocotte-minute ne sert pas qu'à préparer la soupe, vaste programme... Et défi relevé haut la main par une Marie Desplechin très en verve.

Pome débarque en 2007. Encore une sorcière... Ce deuxième roman gagne quelques personnages masculins. Soufi est rejoint par Gérard, le père, apparu dans Verte et par Ray, inénarrable grand-père, ancien commissaire de police, qui trouve bien des charmes à Anastabotte... La famille s'élargit avec bonheur.

Et puis Mauve en 2014. Un troisième roman bien différent. Plus profond, un peu venimeux - avec le personnage de Mauve-, tenté par l'aventure, par un surnaturel plus spectaculaire mais aussi bien ancré dans le monde - harcèlement, exclusion. On veut y brûler des sorcières. La différence fait désordre, chassons-la, rallumons les bûchers.

Le vieil appel s'est levé, il a enflé, il est monté vers le ciel. "Sorcières... Sorcières..." Des briquets se sont allumés dans la nuit. La bousculade autour de nous s'est aggravée.

Ces trois textes forment une trilogie cohérente et attachante, à lire d'une traite !

Verte, Pome, Mauve
Marie Desplechin
L'école des Loisirs
1996, 2004, 2014

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j'ai un calendrier de l'avent

Publié le par Za

j'ai un calendrier de l'avent

Je suis pétrie de contradictions.
Si.
Quand j'étais petite, j'avais un calendrier de l'Avent genre pop-up avec une super chouette scène de la Nativité et des fenêtres à ouvrir. En réalité, j'en avais deux, un chez moi, et un chez mes grands-parents, dans la cuisine. Ces calendriers ont servi plusieurs années de suite. L'étoile derrière la double fenêtre du 24 était fatalement toujours la même, mais je me réjouissais quand même de la voir se pointer, dans les odeurs de sapin et de papier crèche. Comprenez-moi, je ne suis pas en train de vous faire le coup de l'orange de Noël - encore que.
Ce préambule pour vous dire que Fiston 1er a essuyé l'autre soir - pov'chéri, appelez le 119 - un sermon économico-éducatif sur le thème du calendrier-légo-playmo-qui-coûte-un-bras-et-que-tu-es-grand-et-que-tu-ne-seras-même-pas-là-pour-les-dernières-fenêtres-franchement.
Et puis samedi dernier, en flanant à la recherche de scotch double-face - j'ai une vie fascinante - je suis tombée sur ça.

j'ai un calendrier de l'avent
j'ai un calendrier de l'avent
j'ai un calendrier de l'avent

Et comme, en plus d'être une personne pétrie de contradictions, je ne suis que faiblesse, je l'ai acheté. Et comme, en plus de n'être que faiblesse, je peux être d'une mauvaise foi abyssale, eh bien, ce-calendrier-là-c'est-pas-pareil-c'est-Marc-Boutavant-quand-même ! Y a des bestioles trop cool, des sapins super moelleux, et une maison douillette comme tout ousk'on voudrait passer Noël !
Un rabat par jour dévoile un autocollant à ajouter au décor, délice.

Bref, en un mot, comme en cent, j'ai un calendrier de l'Avent.

j'ai un calendrier de l'avent

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Charles amoureux d'une princesse

Publié le par Za

Charles amoureux d'une princesse

Cher Charles,
Te revoilà enfin, vieux lâcheur !
Tu le sais, nous autres, ici, on t'attendait. Ce n'est pas parce que Petitou est devenu tellement grand que ce surnom a été abandonné, ce n'est pas parce que le bonhomme a onze ans qu'il t'a oublié. Et c'est en trépignant de joie que le grand dadais m'a quasiment arraché cet album des mains il y a quelques jours - en plus, il court beaucoup plus vite que moi maintenant.

Le livre rapetisse, le petit grandit...

Le livre rapetisse, le petit grandit...

Chère bestiole...
Te voilà aujourd'hui errant dans un paysage pour le moins désolé. Faut dire qu'une dragonne XXL ravage la contrée. L'album s'ouvre sur une scène hautement cinématographique, grand angle, fureur, bataille. En un mot, ça chauffe.

Charles amoureux d'une princesse

Bien inconsciemment, tu te jettes à la tête de l'immense dragonne boueuse, sans peur, la gueule pleine de poésie, d'histoires. La rencontre est savoureuse. L'une est balèze, l'autre pas. L'un lit, l'autre pas. Mais qu'importe les différences. Elle nous plait, ta nouvelle amie, cette Cornélia un peu moche, à la fois redoutable et timide, bodybuildée à mort, dont la robe et l'allure contrastent si parfaitement avec ta fragilité, ton aspect solaire.

Votre corps, Cornélia, est celui d'une athlète
Le mien ressemble hélas à une cacahuète...

Charles amoureux d'une princesse

De tes livres de contes, mon vieux Charles, tu as tiré une curiosité sans bornes pour... les princesses. Qui l'eût cru ? Tu sais, il faut quand même que je te dise que les princesses, c'est très surfait. Elles sont partout, les princesses. Des roses, des bleues, des niaises, des envahissantes. C'est une tendance un peu, comment dire... Lourde. Alors, en voir une dans le titre de tes nouvelles aventures, ça nous a un brin déconcertés.
Mais on se doutait bien que messieurs Cousseau et Turin ne pouvaient décemment pas tomber dans les travers de l'histoire à princesse. Il faut avouer qu'ici, elle n'est pas où on l'attend et son traitement donne lieu à des scènes franchement décalées, bousculant les codes du genre. Tout ça pour dire qu'on a bien rigolé, avec ex-Petitou.

Dans ce monde sans joie
où manque la tendresse,
Reste-t-il un endroit
pour soulager ses fesses ?
- C'est un peu spécial, grimace Cornélia. Et si tu te taisais un peu pour voir ? On entendrait le silence. C'est beau aussi, le silence... Chuuut !

De l'action, de l'humour, du grand spectacle aussi. Des pages, où ça s'agite en tout sens, où ça bataille ferme, au point de ne plus lire le texte tellement c'est palpitant. Et puis toujours de grandes images somputueuses, des doubles pages monstrueuses de précision, de virtuosité où l'on pourrait entendre rouler les pierres du château, où l'on pourrait sentir tomber la pluie.
Si je ne devais garder qu'une page, ce serait d'ailleurs celle de l'averse, ce moment de stupeur qui frappe les héros. Qui pourrait imaginer tout ce qu'il y a de travail, de respect du lecteur derrière cette image ?

Charles amoureux d'une princesse
Charles amoureux d'une princesse

Voilà, mon cher Charles, tout ça pour te dire que chacune de tes visites nous enchante. Pas la peine que je te dise qu'elles sont trop rares, tu le sais. Alors, à très vite, du côté de ce fameux horizon plein de promesses...
                                       Poutous,
                                       ta vieille Za

Charles amoureux d'une princesse
Alex Cousseau & Philippe-Henri Turin
Seuil Jeunesse, octobre 2015

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une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Publié le par Za

Deux albums résolument optimistes, ça vous dit ?

une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Une journée parfaite... Rien que ça ! Les pages de garde s'ouvrent sur un ciel bleu à peine nuageux, deux hirondelles. Le ton est donné, cet album sera aérien. Trois enfants pieds nus et libres dessinent, jouent, bricolent, se promènent. De belles pages sereines égrainent les moments de la journée, sans heurts. Une idée en amène une autre, on a le temps de rêver, on a le temps de ne rien faire aussi. Pas d'adulte qui traine dans le coin, juste un chat qui accompagne. Une journée parfaite, on vous dit !

une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Les dessins de Freya Blackwood, crayon et acrylique, sont d'une grande douceur, d'une sérénité sans ombre. Chaque image déroule un chemin qui va de gauche à droite de la double page, sans se presser, et conduit tout naturellement vers la soirée, aussi paisible que la journée fut radieuse et fatigante. Ces images de facture classique me replongeraient presque - vieille que je suis - dans l'ambiance de mes Pomme d'Api. Cet optimisme sans faille rappelerait les dessins de Lucille Butel - pas le style mais l'esprit. Une journée parfaite est un livre qui incite à faire de chaque instant un petit trésor à engranger précieusement. D'une beauté pas tapageuse, d'une approche modeste, voici une merveille d'album.

une journée parfaite, un ballon sous la pluie
une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Matilda et Clémi se réveillent un samedi pluvieux comme tout. Une horreur, de quoi se pourrir un ouikede. Mais il en faut plus pour décourager la grande Matilda que ce temps de chien met en joie. Il pleut ? Fantastique !

une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Liniers met en scène ses propres filles par une matinée maussade où la grande démontre à la petite combien la pluie est un fantastique terrain de jeu, changeant, passionnant. Sauter dans les flaques, jouer dans la boue, trouver des vers de terre... Et le vent, le tonnerre, l'arc en ciel... Un ballon sous la pluie se présente comme une bande dessinée remuante, débordante de spontanéité.

une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Là encore, les deux fillettes ne sont contraintes par aucune présence adulte. L'imagination seule tient lieu de fil conducteur. Elles rentreront trempées, boueuses, éternueront un peu, et après ? La spontanéité qui règne ici est tout simplement jubilatoire. On suivrait Matilda et Clémi jusqu'au bout du... jardin sans hésiter !

une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Si Une journée parfaite est un brin plus contemplatif qu'Un ballon sous la pluie, les deux albums se complètent finalement à merveille. Alors, n'hésitez pas, lisez les deux !

une journée parfaite, un ballon sous la pluie

Une journée parfaite
Danny Parker & Freya Blackwood
Grasset Jeunesse, septembre 2015

Un ballon sous la pluie
Liniers
éditions de la Pastèque, 2015

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