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Publié le par Za

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Donc, concours !

Modalités simples et de bon goût...

1. Dites-moi que vous m'aimez.

1. Dites-moi en commentaire quel livre chroniqué, quelle bêtise dite ici durant ces 5 années a eu l'heur de vous plaire.

2. Soyez de ceux qui aiment la page FB du Cabas, si ce n'est déjà fait. Si vous n'avez pas de compte FB, ça ne change rien.

3. Et c'est tout.

4. Enfin pour vous. Parce que moi, j'aurais encore un tirage au sort à faire - le plus dur étant de trouver une main innocente. Petitouuuu, viens voir deux secondes ! J'aurais besoin de toi pour un tirage au sort. Quand ? Mercredi 3 septembre, t'as un créneau ? Oui, je sais, moi aussi j'ai école le matin (grrrrrrrrrrrrr), on dit mercredi aprèm alors ?

Et kesson gagne ? Un alboume chroniqué récemment, of course !

Je vous embrasse !

Tous.

au clair de la nuit

Publié le par Za

On dit toujours que je suis dans la lune,

Mais ce n'est pas vrai.

C'est la lune qui est en moi.

au clair de la nuit

C'est simplement un moment de grâce, de silence, le temps suspendu d'une lecture. Une trentaine de poèmes de Janine Teisson, brefs, envoyés de la plume à la lune. Et en réponse, pour chaque texte, pour chaque double page, il y a un dessin de Joanna Consejo. Illustrer la poésie, être fidèle ou ne pas l'être, rester au plus près de l'image des mots, s'en éloigner sans trahir.

au clair de la nuit

On dit que la lune est pleine.

Mais pleine de quoi ?

Des visages énigmatiques se succèdent, regardent ailleurs, demi-sourires, pas vraiment là - dans la lune. Les images crayonnées de Joanna Consejo allient l'étrange à la rêverie. Rien n'est tout à fait bizarre, rien n'est tout à fait normal. La lune est cachée derrière un saule, elle prend la forme d'une aigrette de pissenlit, se baigne dans un seau d'eau, rougit, blanchit.

au clair de la nuit

Avec cette collection, les éditions møtus nous proposent un livre comme je les aime : finesse absolue de la restitution des dessins, papier recyclé au grain épais - qui offre une vraie matière. Ce recueil est une petite merveille, écrit pour être susurré, dessiné pour interroger.

Au clair de la nuit

Janine Teisson & Joanna Consejo

møtus, 2009

collection Pommes pirates papillons

sabotage

Publié le par Za

sabotage

Chez les humanimaux comme ailleurs, composer une famille n'est pas toujours aisé. Caroline doit composer avec Jean-Loup, le fils de la nouvelle femme de sa mère. On peut finir par trouver des arrangements mais la cohabitation entre herbivore et carnivore s'avère franchement rock'n roll.

sabotage

Avec cette histoire qui pourrait être tout à fait banale, Marion Pradier réalise un album curieux, presque inquiétant. Le simple fait d'ajouter des pattes à ses personnages les classe immédiatement dans des groupes, carnivores, herbivores, menaçants, menacés. Et l'on ne peut s'empêcher, à tort ou à raison, de calquer un caractère sur chaque paire de pattes. Jean-Loup, le bien nommé, a tôt fait de montrer les griffes, de regarder d'un drôle d'oeil Caroline, chaussée de sabots. Les idées reçues se déchaînent, surtout lorsqu'on semble vouloir renier sa nature.

sabotage

Maman, elle, elle s'épile. Je ne sais pas ce qui est pire, se faire défriser ou s'épiler. Moi, quand je serai grande, je ne m'épilerai pas et je ne me ferai pas défriser. Mon amoureux aimera mes poils aux pattes, bouclés et soyeux ou alors, il ira faire des claquettes en Australie. Point à la ligne.

Chaque scène recèle un clin d'oeil, un second degré discret, un détail qui décale le récit, lui fait faire juste un pas de côté vers l'étrange. Les deux enfants finissent par faire de leurs différences des avantages, des raisons supplémentaires de vivre ensemble. Parce que, même si, à l'école, ils font comme si on était tous omnivores, Caroline et jean-Loup savent bien, eux, qui ils sont.

Sabotage

Isabelle de Catalogne & Marion Pradier

La joie de lire, 2010

Sabotage est le deuxième volet de cette histoire de famille. Mais il peut être lu indépendamment du premier, Papattes - La joie de lire, 2008.

sabotage

je suis le chien qui court

Publié le par Za

Je suis celui qui prend la nuit à rebrousse-poil.

je suis le chien qui court

Un album comme un geste poétique. Un album enveloppant où deux matières, deux techniques se côtoient, plume et huile. Les traits par milliers donnent des airs de gravures à la ville, à la route, au bord de mer. Le crépuscule est noir et blanc. Le chien est dense, flamboyant. Et il court. En chemin, les animaux s'effraient, lui emboîtent parfois le pas. La chouette l'accompagne. Ils se hâtent vers la nuit qui tombe, vers le blockhaus planté sur la plage où l'enfant attend. A eux trois, ils redonnent avec confiance des couleurs à la nuit, une nuit qui n'a plus rien d'effrayant.

je suis le chien qui court
je suis le chien qui court

Les images de Marc Daniau frappent par leur singularité, leur mouvement permanent. Le texte est sobre, minimal, haletant. Il traduit les pensées de celui qui est tour à tour le chien, l'oiseau et l'enfant, de ces personnages virevoltants, vivants. Je suis le chien qui court est un album envoûtant, sans concession.

Je suis le chien qui court

Marc Daniau

Seuil Jeunesse, 2013

 

Marc Daniau est l'illustrateur de Tous à poil !

Vous pouvez admirer son travail sur son site.

le château des étoiles

Publié le par Za

le château des étoiles

C'est tout d'abord l'objet qui attire. Un journal de vingt-quatre pages, un papier épais qui craque lorsqu'on tourne les pages, un format plus que généreux - 30 x 42, ce qui nous fait, arrêtez-moi si je me trompe, 60 x 42 lorsqu'il est ouvert, derrière lequel on peut se planquer à l'aise.

le château des étoiles

La bande-dessinée proprement dites est présentée dans cet écrin journalistique digne de l'Illustration ou du Petit Journal, tous deux publiés au tournant de la fin du 19ème siècle, jusqu'après la Première Guerre mondiale. Et c'est cet esprit que l'on retrouve dans les premières et dernières pages du Château des étoiles, mêlant documents historiques contemporains de l'intrigue (1868), informations plus fantaisistes sans oublier le cliffhanger palpitant vous donnant envie de vous ruer sur l'épisode suivant.

L'histoire s'ouvre sur deux doubles pages magistrales qui plantent le décor dans le ciel, où la mère du jeune Séraphin disparait à bord d'un ballon, à la recherche de l'éther - source d'énergie, chimère électro-magnétique. Cette exploratrice d'un nouveau monde laisse en héritage à son fils une curiosité à toute épreuve, un goût pour l'aventure qui les poussera, lui et son père à poursuivre ses recherches, parfois au péril de leur vie.

le château des étoiles
le château des étoiles

Le Château des étoiles est un cocktail épatant : une dose de Jules Verne, une dose d'Histoire (Louis II de Bavière et sa cousine Elisabeth d'Autriche font partie du voyage), une dose de sciences, le tout saupoudré d'un suspens rigoureux, de scènes dignes du Tour du monde en 80 jours, de personnages haut en couleurs...  La lecture est haletante, portée de bout en bout par le dessin léger et vivant d'Alex Alice, par son magnifique travail d'aquarelle.

le château des étoiles

Publiée en mai, juin et juillet derniers, cette histoire forme en réalité le début d'un diptyque. Les trois journaux ressortiront ce 24 septembre en un seul album cartonné. Les amateurs de grands formats - dont je suis - attendront la suite des aventures de Séraphin qui paraîtra au printemps prochain, sous la forme de trois nouvelles gazettes : Les naufragés du ciel  (mai 2015), Les secrets de la face cachée  (juin 2015) et Le roi-lune  (juillet 2015). Patience...

le château des étoiles

Le Château des étoiles

Alex Alice

Rue de Sèvres, 2014

Plus d'images et une interview passionnante d'Alex Alice sur BD'Gest.

comment remplir un cabas...

Publié le par Za

Prenez un temps menaçant, du genre couvert mais pas trop, du genre frais mais pas trop, enfin du genre suffisamment humide pour que la tondeuse à gazon cale à la moindre tentative, ce qui n'est finalement pas pire... Alors vient l'envie de remplir un cabas à ras bord, de rentrer et de se caler dans ce qui reste de soleil pour se régaler.

comment remplir un cabas...

Direction donc la médiathèque. Une averse plus tard, me voilà à l'orée de la caverne d'Ali Baba - qui se situe au bord de l'Oise, qu'on se le dise. Un paradoxe estival veut qu'il n'y ait aucun enfant en vue dans la section jeunesse. Je suis seule. Délice. D'autant que Petitou est en vacances de son côté et que je détiens sa carte, exempte de tout emprunt. Extase.

Ma médiathèque possède un rayon que j'adore, issu de la perplexité des bibliothécaires : le rayon des inclassables. En gros les alboumes dont on ne sait que faire, ni les classer dans une thématique particulière - ô joie ! - ni les envoyer au paradis des petitous ousk'ils seraient par trop malmenés, pire encore, où ils provoqueraient l'embarras des parents/enseignants prescripteurs. C'est généralement le secteur que j'explore en second, juste après le présentoir des nouveautés. C'est seulement après que je farfouille dans les autres rayonnages.

Ma récolte d'hier fut fructueuse : des alboumes que j'avais entrevus sur la blogosphère, des noms qu'on ne saurait rater, des couvertures alléchantes - je vous promets d'en chroniquer kek'z'uns !

comment remplir un cabas...

Et puis deux romans, Sacrées souris dont le sujet m'intrigue, et du coup me donne envie de me replonger dans L'élue, dévoré il y a très longtemps et qui me laisse un souvenir très fort.

comment remplir un cabas...

Mais tant qu'on y est, savez-vous que le Cabas possède une jolie page Facebook ?

couverture Ian Falconer / Victoria

couverture Ian Falconer / Victoria

Un lieu follement convivial mis à jour presque quotidiennement ouske, outre l'annonce de chaque nouvelle chronique, ce qui n'est pas rien, vous pouvez également suivre l'actualité brûlante de la littérature jeunesse - enfin surtout de l'alboume et de mes illustrateurs chéris, soyons honnêtes. Prenons au hasard l'exemple d'une information que je qualifierais de capitale :

comment remplir un cabas...

Alors n'hésitez pas à aimer cette page - comme ils disent. D'autant que c'est bientôt mon bloganniversaire et qu'il n'est pas impossible que j'organise ici et là-bas comme un petit concours...

A bientôt donc, mes gens !

 

Coeur de pierre / Séverine Gauthier & Jérémie Almanza / Delcourt, 2013

Je m'ennuie / Michael Ian Black & Debbie Ridpath Ohi / Seuil Jeunesse, 2013

Frère des chevaux / Michel Piquemal & Stéphane Girel / L'élan vert, 2012

Joseph avait un petit manteau / Simms Taback / Le Genévrier, 2011

Le livre abominable / Noé Carlain & Ronan Badel / Sarbacane, 2014

Drôle d'oeuf / Emily Gravett / Kaléidoscope, 2008

Sabotage / Isabelle de Catalogne & Marion Pradier / La joie de lire, 2010

J'en ai marre / Yann Fastier / Thierry Magnier, collection Tête de lard, 2014

Pomelo s'en va de l'autre côté du jardin / Ramona Badescu & Benjamin Chaud / Albin Michel Jeunesse, 2007

L'élue / Lois Lowry / Gallimard jeunesse, 2001

Sacrées souris / Lois Lowry / L'école des loisirs, 2014

(aujourd'hui, c'est série) le Trône de fer # et de 4 !

Publié le par Za

Ce qui est pénible attendrissant chez les série-addicts, c'est leur propension à considérer l'objet de leur affection comme une sorte d'alpha et d'omega. Rien n'a existé avant, rien n'existera après. A tel point que le pauvre - enfin pauvre, l'infortuné - enfin infortuné, George RR Martin, alias GRRM, s'est vu récemment obligé de préciser que oui, il y aurait une suite à la quatrième saison, qu'elle était même déjà écrite. Pire, déjà publiée. Je vous jure. Et même traduite en français, lucky you !

(aujourd'hui, c'est série) le Trône de fer # et de 4 !

Car oui, bande de veaux, le Trône de fer est, à la base, ô aventure incommensurable, un... - j'ose à peine l'écrire tellement c'est osé... une série de livres ! Ecrits par un auteur, humain, qui n'a pas trois mains. Et les conjectures qui consistent à spéculer sur sa santé, son âge, voire sa mort, commencent, Patricia mon petit, à les lui briser menu. Certes, le succès de la série et avant elle, des romans, font que l'honorable George Raymond Richard Martin, né à Bayonne - New Jersey - est désormais accueilli partout où il passe comme une rock star.

Mais revenons à nos dragons.

(aujourd'hui, c'est série) le Trône de fer # et de 4 !

On devrait jamais quitter Winterfell pourrait être le sous-titre de cette quatrième saison, si les producteurs ne lui avaient préféré le nettement plus glamour All men must die, ou Valar Morghulis - pour ceux qui auraient fait haut-valyrien LV2. Pour ma part, après mûre réflexion, j'aurais choisi La psychologie, y en a qu'une : défourailler le premier, tant la plus élémentaire réflexion, le plus simple sens de la realpolitik semblent faire défaut à nos héros. Né-go-cier, ce n'est tout me même pas compliqué de né-go-cier. Mais non, vous les connaissez, le genre réservé, mousse et pampre, c'est tellement plus festif de de se vautrer dans la tripaille ! Pour y avoir vu passer un flot d'intestins tout frais, je ne saurais trop vous déconseiller le septième épisode aux heures des repas. On  ne peut donc hélas que déplorer de voir la ruse céder trop souvent le pas au coup de hache dans la tronche, ou à l'explosion à deux mains de la boite crânienne - je ne vous dis pas qui, je ne vous dis pas quand, je vous laisse la surprise.

Notons aussi au passage quelques citations flagrantes. L'épopée de Daenerys se fend d'une allusion à Spartacus - à force de libérer des esclaves, c'est bien le moins qu'elle pouvait faire. Et puis le dernier épisode cligne joliment de l'oeil vers Jason et les Argonautes, version 1963. Mais je ne vous en dis pas plus, je m'en voudrais de spoiler. Se poiler, c'est une chose, spoiler, c'est mal.

Sachez enfin que j'ai eu un vrai moment d'hésitation proche du problème de conscience avant de regarder les deux dernier épisodes tant l'antépénultième m'avait laissée pantoise, l'estomac au bord des lèvres, l'espoir en berne. Et je ne suis pas la seule. Même elle en reste perplexe...

(aujourd'hui, c'est série) le Trône de fer # et de 4 !

Pourtant, elle est fan, je le sais. La preuve !

Mais revenons à nos sauvageons. M'étant l'an dernier attardée sur les personnages féminins de la troisième saison, j'apporterai cette année un brin de testostérone à ma chronique. Parce qu'il faut reconnaitre, c'est du brutal.

(aujourd'hui, c'est série) le Trône de fer # et de 4 !

Jon Snow d'abord, sans peur et sans reproche, est toujours droit dans ses bottes, le sourcil immanquablement chiffonné, agacé comme tout par l'incurie béante de ses supérieurs. Il recevra quand même une belle leçon de savoir vivre de Mance Rayder. Leçon inattendue mais très classe. Du coup, entre la marmoréenne Garde de nuit et des Sauvageons qui ne sauraient plier le genoux devant un quelconque monarque, mon cœur s'est mis à balancer. L'ennemi n'est peut-être pas celui qu'on attendait et le salut a un arrière-goût pas frais.

Attention les filles - et les garçons, voici Oberyn Martell. Mû par la vengeance, bisexuel, lettré, raffiné et viril, fine lame, il est, de loin, un des personnages les plus fascinants de cette saison. J'oubliais : il a un accent... torride.

Et le Limier, Sandor Clegane, brutasse au grand cœur - mais qui l'ignore -, protecteur d'Arya Stark bien malgré lui. Je ne saurais me lasser de ses considérations sur la vie en général et le meurtre en particulier, considérations mises immédiatement en pratique, de façon un brin péremptoire, quoique efficacement définitive. A moins que ce ne soit définitivement efficace.

Lors de la séance de dédicaces de George RR Martin à Dijon, un lecteur arborait une pancarte sur laquelle on pouvait lire cette supplique "Don't kill Tyrion !" Son personnage, forcément fragile, de pur jouisseur est devenu inquiet et lucide, véritable pivot de l'intrigue. Je m'adresserais alors à son ange gardien, monsieur GRRM, qui tient son destin au bout de sa plume : "Yes please, don't kill Tyrion..."

Et les dragons, me direz-vous ? Il y en a toujours. Mais moins mignons. Le dragon, sachez-le, grandit vite, et cesse aussi très vite d'être...

(aujourd'hui, c'est série) le Trône de fer # et de 4 !

... mignon.

(aujourd'hui, c'est série) le Trône de fer # et de 4 !

pop-up !

Publié le par Za

Lorsque l'image surgit du livre et vous saute aux yeux ! Le livre pop-up est l'objet d'un délicieux dilemme car, s'il est souvent destiné aux enfants, il n'en est pas moins fragile et précieux. Ceci dit, les plus beaux réunissent les petits et les grands autour de la même admiration. Pour les participant-e-s au challenge Je lis aussi des albums, le jour est au pop-up. N'arrivant pas à me résoudre à en choisir un, en voici un cabas plein !

pop-up !

Au royaume du pop-up, ces deux-là sont rois. Depuis quelques années, Anouck Boisrobert et Louis Rigaud cisèlent sans relâche des albums parfaits où le dispositif colle au propos comme l'arapède au rocher. Impossible de se lasser, chaque relecture apporte son lot de nouveauté, on est dans l'inépuisable.

pop-up !

Au royaume du pop-up, il y a le maître, Philippe Ug, qui a fait du papier un matériau à part entière. Son album Drôle d'oiseaux, paru en 2011, est un modèle du genre, qu'on ouvre, qu'on réouvre, qu'on tourne, qu'on retourne, qu'on ressort de la bibliothèque régulièrement, jusqu'à plus soif.

pop-up !
pop-up !

J'avais pris un genre de claque en découvrant ce livre, en plongeant dans la métamorphose de l'oisillon en oiseau de feu, en oiseau de paradis. Jetez un oeil à la courte chronique de Gérard Collard, qui - à mon sens - malmène un peu l'objet. Mais doucement ! Un peu de respect, de déférence, que diable ! (et vous avez vu, derrière lui, il y a le Bal des Echassiers de monsieur Paul Echégoyen !)

Au royaume des Pop-up, il y a l'ancêtre vénéré, Jan Pienkowski, né en 1936.

pop-up !

Ce grand classique de 1979, heureusement réédité en 2013, a élu domicile depuis bien longtemps dans ma bibliothèque, leg généreux de ma chère Bree.

pop-up !

Son étrangeté n'a pas pris une ride. Mieux, le vernis vintage qui l'entoure désormais ne fait qu'ajouter à sa valeur. On y va mollo, c'est celui de marraine quand elle était petite !

pop-up !
pop-up !
pop-up !

Popville, Dans la forêt du paresseux, Oceano

Anouck Boisrobert & Louis Rigaud

Hélium, 2009 - 2010 - 2013

 

Drôle d'oiseaux

Philippe Ug

Les grandes personnes, 2011

 

La maison hantée

Jan Pienkowski

Nathan, 1979 - 2013

 

une femme et un homme

Publié le par Za

une femme et un homme
une femme et un homme

Deux maisons se font face, deux fenêtres, deux derniers étages. Pas de la première jeunesse, les bâtisses. De l'herbe sur le toit, le crépis qui s'effrite, deux maisons grises et exiguës au-dessus d'autres toits tout aussi tristounets. Et pourtant...

Chacun à sa fenêtre, une femme et un homme se rencontrent. Elle est là depuis longtemps, toujours peut-être. Il vient d'arriver. Et la conversation s'installe, découverte, défis, sourires.

une femme et un homme

Format à l'italienne, reliure horizontale, voilà un album pas tout à fait comme les autres. Le dialogue entre la femme et l'homme, présenté au-dessus de l'image, flirte avec un surréalisme joyeux et tendre. Le texte de Grassa Toro est une joute tendre et amusée, une surenchère poétique.

- Qu'est-ce que vous mangez ?

- Des pêches, a-t-elle répondu.

- Entières ? s'est-il exclamé avec surprise.

- Non, seulement le noyau. Manger le reste, c'est facile. J'essaie d'éviter les situations faciles, a-t-elle prévenu.

une femme et un homme

Les collages facétieux d'Ana Yael ne se contentent pas d'illustrer le texte, ce serait trop facile, ils accompagnent le texte plus loin encore. Il n'y a rien à croire, rien à voir, il n'y a qu'à imaginer. Les maisons se transforment au gré de la conversation, profitent même de l'absence des protagonistes pour se parer d'atours végétaux spectaculaires.

Boire à même les nuages, user d'un mètre pliable pour évaluer la distance qui nous sépare de l'autre, descendre pieds nus dans la rue, se laisser porter par des oiseaux... Rien n'est trop beau pour enchanter cette rencontre.

Impossible de n'être pas ému par cette lecture, de ne pas béatement sourire en refermant ce livre.

Une femme et un homme

Grassa Tora & Ana Yael

L'atelier du poisson soluble

mars 2014

ogre vole

Publié le par Za

L'ogre, c'est comme le loup. Incontournable. Quasi obligatoire. Encore que. Il doit y avoir moins d'ogres que de loups en ce monde de livres. La figure du loup, bien que menaçante, n'est pas dérangeante comme l'ogre. Le loup est aujourd'hui lointain, l'ogre l'est moins. Et même si le croque-mitaine est passé de mode, le personnage fait toujours frémir.

Des ogres, on en a croisé quelques-uns dans le Cabas, certains dans l'indispensable encyclopédie de Sylvie Chausse - illustrée par les non moins indispensables Durual et Turin, d'autres - et non des moindres - dans le conte délicat d'Albert Lemant...

 

ogre vole

Tout commence par un matin de neige et un ogre possiblement sympathique, bien que mal vu dans la région. Un matin de neige donc, de ceux qui vous donnent l'envie de crapahuter en forêt (enfin vous peut-être, moi toujours pas).

ogre vole

La nature vous fait parfois de drôles de cadeaux. En l'occurence, une belle paire d'ailes, prêtes à l'emploi, enthousiasmantes de nouveauté. Ogre vole !

ogre vole

Le texte de Rascal est d'une élégante sobriété, renvoyant cet ogre à celui des contes par une langue classique, sans effets.

Ogre battait à présent des deux ailes et volait comme un oiseau au-dessus de la campagne. Il pouvait aperceoir sa maison qui avait désormais la taille d'un briquet à pierre, le moulin du père Roland à peine plus haut qu'un pain de sucre, et la rivière gelée qui scintillait entre les vallons comme une couleuvre blanche. Ogre volait de plus en plus haut, et finit par traverser les larges nuages gonflés de neige.

Et qu'y trouve-t-il, dans cet au-delà des nuages d'hiver ? Une punition pour la noirceur de sa vie, la possibilité de changer d'existence, de se repentir, une vengeance ourdie depuis des années par ses victimes, un juste châtiment ? Eh bien, à vrai dire, chacun pourra y voir un peu de tout ça.

ogre vole

Le dessin d'Edith campe un ogre plutôt rigolard, qui, là aussi, laissera à chacun le loisir d'imaginer son ogre. Cette histoire d'ange étrange voletant au-dessus de l'hiver nous offre de grands aplats à peine mouchetés sur lesquels se détachent les bottes rouges, bottes de sept lieux bien inutiles à ces altitudes. Les visages d'enfants souriants seraient, eux, presque inquiétants de tant de similitude, avec leurs grands yeux noirs et leurs sourires à l'unisson.

Ogre vole est un conte merveilleux et subtil où j'aimerais finalement que les apparences soient trompeuses...

 

Ogre vole

Rascal & Edith

Pastel / L'école des loisirs

mars 2014

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