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Let the wild rumpus start !

Publié le par Za

Let the wild rumpus start !

Ce Maxilivre est la traduction - signée Agnès Desarthe - de l'épais catalogue de l'exposition consacrée au dessinateur par la Society of Illustrators de New York en 2013. Offrez-vous ce livre sur-le-champ. Plongez dedans. Vous n'en ressortirez jamais. Parce qu'on ne sort jamais de l'oeuvre de Maurice Sendak, sachez-le. Il colle irrémédiablement à la rétine et au coeur.

Let the wild rumpus start !
Let the wild rumpus start !

Cet ouvrage offre plus de deux cents illustrations, affiches, croquis, esquisses, images tirées d'albums. Si l'on a lu et relu les albums de Sendak - et pas forcément tous, on connait peu en France son travail de décorateur pour l'opéra et le théâtre, ses innombrables affiches et lithographies. Voici une injustice réparée ! Qu'il illustre le Casse-Noisette, ou des brochures d'opéra, on retrouve chez tous les personnages de Sendak ce regard un peu lointain, empreint d'étonnement et d'assurance.

I don’t write for children. I write — and somebody says, ‘That’s for children!’

Sendak s'est toujours défendu d'écrire, de dessiner spécifiquement pour les enfants. C'est peut-être cette conviction profonde, cette revendication d'universalité qui a rendu son oeuvre intemporelle, accessible à tous, drôle et troublante. Et dérangeante aussi.

Let the wild rumpus start !

On peut feuilleter le Maxilivre jusqu'à plus soif, entrer dans les textes passionnants qui le parcourent, le relire dans l'ordre ou en commençant par la fin. Cette somme est destinée aux amoureux de Sendak, bien sûr, qui en feront leur miel de l'hiver, mais elle peut aussi représenter le sésame des néophytes, une porte d'entrée vers de précieux émerveillements.

Le Maxilivre
hommage à Maurice Sendak
traduction d'Agnès Desarthe
Little Urban
novembre 2016

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Parée pour l'hiver

Publié le par Za

Moi, j'adore être en vie, comme ça, on peut de balader, faire des bises et manger des plats.

Ça s'est un peu battu à la maison.
Fiston - Je le lis en premier !
Za - Tu rigoles ? Je chronique donc je lis.
Fiston - Mais moi, je lis plus vite !
Mamie - Et moi, je repars dans trois jours. Je DOIS le lire avant vous.
Parce que, chez nous, Gurty transcende les générations. Lecture jeunesse, lecture vieillesse, même combat.

Parée pour l'hiver

Ce journal commence le 4 décembre, dont j'avais toujours crû, naïve que je suis, que c'était le jour de la Sainte-Barbe, mais que nenni puisque, visiblement, c'est le jour de Sainte Clapsy - si vous connaissez des Clapsy, il faudra y penser. Le 4 décembre donc, le plein hiver, la saison de la moufle et de l'écharpe, pire, de la neige, tout ce que j'aime.
Pour Gurty, ce mois béni commence à Paris, la grande ville où elle coule des jours heureux avec son Gaspard. Enfin heureux... Tout serait parfait, s'il n'y avait les fiancées. Les affreuses, les vilaines, celles qui font tout pour pourrir la merveilleuse vie de Gurty et de son compagnon à deux pattes. Il y a Léa, Anouchka, Justine... et la pire : Myrtille.

Il est pourtant tout à fait normal que mon Gaspard m'aime plus que Myrtille, vu que je suis pure et innocente, alors que Myrtille, elle est machiavélique et pourrie.

Si d'aventure vous hésitiez à sortir les modestes - voire dérisoires, 9.90€ que coûte ce livre, sachez qu'il est indispensable. Car Le journal de Gurty ringardise en 155 pages tout ce qu'on a pu écrire sur le sentiment amoureux. Roland Barthes, Pétrarque, Goethe, Aragon, Fitzgerald peuvent aller se rhabiller.

- Être amoureux, il parait que ça fait des guilis dans le ventre comme quand on mange de la mortadelle.
- On voit bien que tu n'y connais rien en amour ! j'ai rétorqué. L'amour, c'est comme le chocolat ou des Knackis. Au moment de les manger, on est content, mais ensuite, on a mal au cœur, le ventre qui gargouille, et conclusion générale : on se retrouve tout seul dans un coin avec la colique.

L'amour des fiancées, l'amitié, mais aussi cette sorte de sentiment bizarre et exclusif qui unit parents / progéniture et inversement, tout y passe. Qu'on soit humain, chien, chat, écureuil ou souris, c'est pareil. Le spécisme n'a pas sa place ici. Ce texte est une somme, croyez-moi sur parole.

L'histoire de Fleur atteste néanmoins qu'il est important de réussir son enfance, sinon, après, la traversée de la vie devient tout une affaire.
Moi, mon enfance, je l'ai réussie du premier coup grâce à l'amour de mon Gaspard et c'est pour cela qu'aujourd'hui, je suis belle, gentille, décontractée, et que mon poil brille en toute saison.

Pour les lecteurs qui auraient déjà lu le premier opus du Journal de Gurty, cette chroniquounette ne sert strictement à rien puisqu'ils sont déjà en train de faire la queue devant la porte de leur librairie indépendante préférée, légèrement fébriles, sautillant sur place, à moitié d'excitation, à moitié de froid. Pour ceux-là donc, qu'ils soient rassurés, Gurty et Gaspard vont passer leurs vacances de Noël en Provence et y retrouver Fleur, la merveilleuse Fleur, tout comme l'impayable Tête de Fesse et l'écureuil qui fait hi hi - le rôle de ce dernier s'étant considérablement étoffé...

Parée pour l'hiver

Et puis il y a l'hiver. L'atroce hiver plein de neige. Parce que, pour ceux qui l'ignoreraient, j'ose à peine l'écrire, il peut neiger en Provence. Pas souvent, mais ça peut.

Ah, se rouler dans la neige ! L'un des plus grands bonheurs, pour un chien... C'est presque aussi chouette que de se rouler dans le caca, sauf que la neige, c'est salissant.

Oui, la neige, ça craint. Et c'est là que le talent de Bertrand Santini éclate. Tenez-vous bien, il parvient à rendre poétique et doux ce moment fugace mais pénible de l'hiver. Gurty et Fleur redeviennent alors les deux petites louves qu'elles n'ont cessé d'être.

Parée pour l'hiver

Alors oui, on se marre franchement à la lecture de ce journal. A cet égard, je vous laisse découvrir le chapitre du 16 décembre, tout entier consacré à une bataille d'acronymes très chics.  On se marre, mais pas que. La tendresse est toujours là, en embuscade, discrète et pas dégoulinante. Ce qui prouve, s'il en était besoin, qu'on peut se rouler dans le caca tout en gardant une grande distinction des sentiments.

Allez zou, c'est demain !

 

Le journal de Gurty - Parée pour l'hiver
Bertrand Santini
éditions Sarbacane - collection Pépix
novembre 2016

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la reine des truites

Publié le par Za

la reine des truites

Vous reprendrez bien une petite lichette de vacances ?

la reine des truites

Un frère, une sœur, une rivière. Pendant les vacances se jouent des aventures où, dans la liberté qu'octroie le temps sans limite et l'absence d'adultes, on peut être un autre, pirate ou reine despotique. La rivière est interdite à Ismaël et Suzie par la garde rapprochée de la redoutable Reine des Truites. Interdiction de se baigner. Le jeu n'en est plus un, des rôles qui n'en sont plus.

la reine des truites

Le texte de La reine des truites est entièrement dialogué, chaque interlocuteur étant représenté par une couleur. Rien de redondant donc, on va à l'essentiel de l'action. L'illustration plonge dans le vert des arbres, l'ombre fraiche, puis se focalise sur des enfants tout en jambes et bouilles irrésistibles.

la reine des truites

C'est une rencontre, le moment où chacun doit faire un pas vers l'autre, aller au-delà de ses peurs, l'ortie, l'insecte, l'eau vive. Certains sont de là, c'est leur rivière. Les autres sont au camping, mais se sont appropriés des territoires bien alléchants. Ce qui se joue dans cet album va bien au-delà du jeu d'été et de l'enfance. 

La reine des truites
Sandrine Bonini & Alice Bohl
Grasset Jeunesse, juin 2016

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Et après ?

Publié le par Za

Ô toi, ami du Cabas qui va parfois jusqu'à croiser sa route sur certains rézossossiaux, tu connais mon affection pour le renard, le goupil, le canidé du genre vulpes. En voici un pour toi, tout sautillant derrière une aigrette de pissenlit, autre mienne obsession

Et après ?

Ô toi, lecteur d'alboumes, qui louvoie parfois dans le sillon sinueux du Cabas, tu connais le nom de Mathilde Magnan. Si, si, tu le connais. C'est la dame qui a dessiné Gipsy et qui a parfois une pie dans les cheveux. Elle est aussi docteur es-héron et a mis en images Fadoli, une belle histoire de Marie-France Zerolo, comme les autres livres cités, lecteur, me suis-tu ?

La voici seule aux manettes de cet alboume intitulé Et après, comme une invitation à tourner les pages pour creuser le sujet - et tu vas voir la finesse du choix du verbe. Tout commence avec cette aigrette qui virevolte.

Tu la vois, l'aigrette, près de la pliure ?

Tu la vois, l'aigrette, près de la pliure ?

Au fil des images, l'aigrette s'approche, va bien finir par toucher le sol, pendant que pousse le coquelicot, seule tache de couleur avec l'oiseau. Mais le coquelicot va faner, pendant que les renardeaux grandissent entre terrier et grand air. Et dans la terre, alors, là, c'est un festival de vie ! Renards, taupes, vers, lapins, racines, insectes, crapaud, trésors, bouteille à la terre, pour finir par retrouver l'aigrette de pissenlit. Il y a même des petits animaux rigolos et non identifiés... La vie souterraine gagne peu à peu l'image et on furète jusqu'à plus soif dans les innombrables détails. On suit une bestiole de page en page avant de revenir en arrière parce qu'il y a d'autres histoires parallèles - jusqu'à la quatrième de couverture.

Et après ?

Mathilde Magnan a l'oeil. Que dis-je, l'oeil ? L'oeil et le crayon pour nous offrir des bestioles anatomiquement parfaites, dignes des plus illustres dessinateurs animaliers. Avec cependant, et c'est ce que j'aime, lorsqu'on s'y penche de plus près, un je-ne-sais-quoi dans l'oeil assez proche de l'étonnement d'être là. Au-delà du talent de la dessinatrice, au-delà du trait impeccable qui provoque l'admiration, c'est la malice de Mathilde Magnan qui fait mouche à chaque fois.

Et après ?
Mathilde Magnan
éditions Voce Verso, 2015

 

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rébus

Publié le par Za

rébus

Publié dans in my heart

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1723 pages

Publié le par Za

Moi, l'été, je tourne des pages.

Za, blogueuse et lectrice impénitente

1723 pages

Intrigante, accrocheuse, cette couverture. Et l'annonce d'un roman dont l'héroïne est un gorille femelle, n'en parlons pas. Alors, on tourne autour, on l'ouvre, et on est embarqué par une histoire formidable, à mi-chemin entre l'intrigue policière et le roman d'aventure, formidable galerie de portraits, de la chanteuse de fado au maharadja.

1723 pages

Sally Jones, puisque c'est son nom, sait lire, écrire, manie la clé à molette avec génie. Mécanicienne à bord du Song of Limerick, elle est plongée dans une sombre histoire de complot (mais une histoire de complot n'est-elle pas toujours sombre ?) qui voit le capitaine Koskela accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis. Sally Jones n'aura de cesse que de prouver son innocence. Et c'est parti pour une enquête hors norme, menée - à la première personne - par l'intelligente et courageuse Sally Jones. 
Retenez le nom de Jakob Wegelius, auteur illustrateur suédois, à qui l'on doit aussi les images qui ouvrent le livre, les en-tête de chapitres.  Le 5 octobre paraitra Sally Jones, La grande aventure, récit qui se situe chronologiquement avant ce roman.

Sally Jones
Jakob Wegelius
traduit par Agneta Ségol & Marianne Ségol-Samoy
Editions Thierry Magnier, 2016

 

1723 pages

Et de 3 ! Miss Peregrine sera donc une trilogie. Ce dernier opus plonge le lecteur dans un univers encore une fois fort différent des précédents, Miss Peregrine et les enfants particuliers et Hollow City. Jack et Emma sont sur les traces de Miss Peregrine, des Ombrunes et des Particuliers enlevés par les Estres et sous bonne garde de redoutables Sépulcreux - ami lecteur, si tu n'as pas encore lu Ransom Riggs, cette phrase te paraitra sans doute obscure, j'ai fait exprès. Voici nos héros évoluant dans une version parallèle des bas-fonds de Londres, l'Arpent du Diable - nul doute que Ransom Riggs ait lu Le peuple d'en bas de Jack London. La bibliothèque des âmes est de loin le roman plus sombre de la série. Il galope sans un temps mort vers le dénouement dont je ne dévoilerai évidemment rien, même si, je l'avoue, il mitige un peu l'enthousiasme que j'aurai pu avoir pour ces enfants particuliers. Les photographies sont toujours-là, étranges et inquiétantes. Elles demeurent la marque de fabrique de ces romans à l'univers taillé sur mesure pour Tim Burton, évidemment. Rendez-vous le 5 octobre pour le film... Tiens, le même jour que la sortie des pré-aventures de Sally Jones...

Miss Peregrine et les enfants particuliers
La bibliothèque des âmes
Ransom Riggs
traduit par Sidonie Van den Dries
Bayard Jeunesse, 2016

 

1723 pages

Si, comme moi, vous avez dévoré le premier tome, Les fiancés de l'hiver, vous devriez retrouver avec plaisir Ophélie, la passe-miroir.  On ne peut que s'attacher à cette anti-héroïne maladroite, déterminée, à l'écharpe tout droit sortie d'un roman de Boris Vian. Christelle Dabos creuse avec bonheur le sillon du premier tome. Chaque lieu est un personnage à part entière, doté de ses propres pouvoirs, tout comme les protagonistes de cette histoire. Une enquête policière s'entremêle cette fois aux intrigues de cour. On évolue sans peine d'un ascenseur à un autre, d'un miroir à l'autre, dans la citacielle hostile et baroque de Farouk, l'esprit de famille du Pôle. Les faux-semblants s'accumulent, les coups de théâtre tiennent en haleine. Les disparus du Clairdelune  est un roman immersif et terriblement efficace. Et n'oublions pas la magnifique couverture signée Laurent Gapaillard !

La passe-miroir
Les disparus du Clairdelune, tome 2
Christelle Dabos
Gallimard Jeunesse, 2015

 

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à la nuit tombée

Publié le par Za

à la nuit tombée

Conseils donnés aux enfants et aux monstres pour bien vivre ensemble.
Vivre ensemble, cohabiter avec son monstre imaginaire. Enfin, imaginaire, c'est vite dit. Enfin, vivre ensemble, n'exagérons rien. Car il s'agit bien ici de savoir coexister, chacun apprenant à éviter l'autre, à lui laisser la place qui lui est dûe. Le monstre caché dans les murs souffle votre bougie ? Utilisez une lampe électrique ! Les enfants perturbent le repos du monstre du lac ? Qu'il essaie donc le Loch Ness, c'est tranquille ! Chaque conseil, qu'on s'imagine bien lire d'une voix docte, est frappé au coin du bon sens. Les peurs enfantines sont prise très au sérieux, mais la réalité qui leur est conférée est si démesurée qu'on en sourit.

à la nuit tombée
à la nuit tombée

Dans une seconde partie, consacrée aux conseils donnés aux monsres, l'enfant tient le rôle de l'affreux persécuteur. Cette inversion est désopilante et le monstre effrayant de la première partie éveille immédiatement la sympathie devant tant de misères.

à la nuit tombée

Si l'on excepte la dédicace à Maurice Sendak, A la nuit tombée pourrait être le résultat d'un carambolage frontal entre les Gashlycrumb Tinies d'Edward Gorey avec l'univers d'Einar Turkowski.

à la nuit tombée

Cet album pas comme les autres crée une atmosphère énigmatique sans cesse contrebalancée par le détachement et l'humour du texte. A lire pendant ces belles nuits d'été où on laisse les fenêtres ouvertes...

A la nuit tombée
Conseils aux monstres et aus enfants pour bien vivre ensemble
Enrique Quevedo
Seuil Jeunesse, avril 2016

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la légende de Momotaro

Publié le par Za

Comment vous dire, comment vous expliquer sans abuser des superlatifs, que j'aime le travail de Paul Echegoyen ? Qué travail ? Son art, ouais !
De ce monsieur, vous n'avez pu louper Le bal des échassiers. Vous ne l'avez pas loupé, hein ? Puis il y eut Baba Yaga, tout de dentelle et d'entrelacs... Le Cabas ayant l'admiration tenace, je guettais patiemment - mais pas trop - l'arrivée d'un nouvel album de monsieur Paul - ça lui va bien, monsieur Paul, non ? Et le v'là !

la légende de Momotaro

Momotaro est tout d'abord une suite d'images vertigineuses, somptueuses et chacune mérite qu'on s'y arrête. Ce qui pourrait, avouons-le, ralentir la lecture et irriter un chouïa le lecteur avide de connaître la suite la suite de l'histoire. Lecteur à qui je répondrais simplement : "Lâche ce livre, minuscule adoré, je te le rends demain. Comment ça, j'avais promis de te laisser le lire en premier ? T'es sûr ? Non, mais c'était avant. Avant que je ne l'ouvre." Sachez que l'adulte amoureux d'albums jeunesse se doit à un minimum de mauvaise foi pour survivre. Sinon il peut aussi avoir recours à la menace, mais bon. Ceci dit, je pense maintenant que cette attitude a sans doute contribué au fait que Fiston 1er tienne le livre pour un objet précieux et désirable entre tous. Mais je digresse.

la légende de Momotaro

Momotaro, donc. Et le talent immense de Paul Echegoyen, la palette des couleurs, l'infinité de verts, les bleus qui se mettent à flamboyer à l'approche de l'île des diables. Et le héro, taillé à la serpe qui évolue dans une nature d'estampe, généreuse et stylisée.

la légende de Momotaro

Momotaro est une légende du folklore japonais, l'histoire d'une espèce de Tom Pouce né d'une pêche pour faire le bonheur d'un couple âgé et sans enfant. Il grandit terriblement, devient un colosse au coeur tendre, toujours prêt à rendre service, même lorsque le seigneur, qui ne doute de rien, lui demande d'aller ratatiner les démons de l'île des diables.
De cette histoire de facture classique, Margot Rémy-Verdier tire un texte élégant et fluide, dont le narrateur ne se dévoile pas immédiatement. Récit à la première personne, présent de narration, choix des mots, tout concourt à rendre l'histoire proche, évidente. La présence bienveillante d'animaux - un chien, un singe et un faisan - accompagne l'épopée de Momotaro. L'histoire se pare alors de quatre héros intrépides, à égalité.

la légende de Momotaro

Une belle histoire d'entraide désintéressée, à lire tout petit pour s'immerger dans les grandes images de Paul Echegoyen. Cette somptueuse légende de Momotaro installe le dessinateur parmi les plus grands - si ce n'était déjà fait.

La légende de Momotaro
Margot Rémy-Verdier & Paul Echegoyen
Marmaille & compagnie, 2016

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Passe à Beau !

Publié le par Za

Pour Vincent et David,
J'ai découvert à la fin de l'année que le gymnase où s'active Fiston 1er deux fois par semaine s'appelle "Gymnase Roger Couderc". J'y ai vu un signe et j'en aurais presque versé une larmichette. Alors, et si, pour changer, on parlait rugby ?

Passe à Beau !

Quelle belle composition que l'image de cette couverture ! L'oeil du dessinateur qui accompagne le beau mouvement du rugby, la chorégraphie parfaite de la passe en arrière.

Vois-tu, Antonin, le rugby est comme la vie, à la fois simple et compliqué, sommaire et subtil, immuable et changeant, logique et absurde... Pratiqué par des adultes redoutables obéissant comme des enfants à un petit homme à sifflet qui les punit parfois et les envoie au piquet, il est aussi, le rugby, un conte merveilleux plein d'exploits chevaleresques, de héros légendaires partis chercher sur un chemin semé d'embûches un fabuleux trésor ovale.

Allez savoir pourquoi le rugby pousse au lyrisme, à l'épopée. Il aurait ceci de commun avec le cyclisme, peut-être. Et encore.
Si les règles du rugby vous semblent nébuleuses, jetez-vous sur ce roman, quel que soit votre âge. Vous y trouverez un esprit, des valeurs, une ambiance, la découverte d'une culture à travers les yeux de néophytes prêts à se frotter à la rudesse d'un sport épique - ça se voit que je ne suis pas objective ?
Antonin Beau débarque à Montmartigues, ville de rugby. Dans ces cas-là, et quand de surcroit on est Parisien, il n'y a pas trente-six manières de s'intégrer. Surtout lorsqu'on se révèle avoir un talent inattendu pour le cadrage débordement (cadrage débord pour les intimes) ou l'art de mettre un vent à son adversaire.

Mais ce roman, c'est aussi l'histoire d'une communauté humaine forgée sur le rugby depuis des générations, d'une vieille histoire qui ressurgit au gré de la curiosité des jeunes héros. Il faut saluer le texte de Rémi Chaurand, savoureux, plein d'humour et présentant le noble avantage de voir surgir, page 109, c'est peut-être un détail, mais non, pas pour moi, un de mes mots préférés, certes présenté entre guillemets, ce qui le rend encore plus pécieux, mais je vous laisse juge...

Jean-Charles, qui a deux "bougnettes" de graisse de canard sur sa chemise blanche et une sur sa cravate rose, estime que l'arbitre a sifflé des pénalités injustes contre les nôtres.

Bougnettes... Mais quelle poésie dans ce simple mot.
Le grand avantage de ce roman, aussi, c'est la présence de monsieur Yvan Pommaux à l'illustration. Enfin, à la co-écriture serait plus juste. On navigue sans cesse du roman illustré à la BD, les moments de jeu étant les mieux traités à mon avis. Ce qui aurait pu être un essai (!) de plus sur le rugby devient une histoire haletante dont on sort un peu plus gagné par l'Ovalie. 

Passe à Beau !
Passe à Beau !

Que vous aimiez le rugby, ou que vous ayez envie d'y comprendre quelque chose, jetez-vous sur Passe à Beau ! Achetez-le pour vos petits !

Passe à Beau !
Yvan Pommaux & Rémi Chaurand
L'école des loisirs, 2016

Et pour finir ce billet, un petit bijou de reportage signé Roger Couderc sur la famille Spanghero. Nous sommes en 1966 dans une campagne en noir et blanc... 

le 10/07/2016 - Lecteur chéri, avant de quitter cette page, tu ne manqueras pas d'aller lire les gouleyants commentaires des deux dédicataires de cette chronique - lyriques en diable pour l'occasion.

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Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

Publié le par Za

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

Il est vraiment sympa, Bouquin. Une bonne bouille, un gentil sourire, prêt à faire rire, à dépayser. Mais il est un livre parmi tant d'autres, avide d'attirer l'attention, de devenir LE livre préféré. Et un jour, ça arrive. On l'achète, on l'embarque. Et on le malmène, on le salit. Avant de lui donner la place qui lui revient, revêtu d'une belle jaquette toute neuve.

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

L'album est lui aussi paré d'une jaquette jaune, la même que celle de l'histoire et il suffit de la soulever pour découvrir qu'on ne tient rien d'autre entre les mains que le héros de l'histoire. Bouquin vous appartient vraiment, il peut devenir votre livre préféré.

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

Une mention spéciale pour Pouding le chien, croqué à grands traits mouvants, jamais immobile, flou à force de remuer, jusqu'à la grosse bêtise. 
Au-delà d'une histoire optimiste et quotidienne - sans être banale - La jaquette est un concept original et très malin.

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

La jaquette
Kirsten Hall & Dasha Tolstikova
La Pastèque, octobre 2015

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

Ce livre contient un pilote, un capitaine, un machiniste, une conductrice, un facteur, une fillette et surtout une boite, une immense boite qui voyage. Le bateau, le train, le bus... A chaque changement, la mystérieuse boite se brise, découvrant... une autre boite, suscitant autant la curiosité que la précédente. Et chacun d'y aller de son idée : et si c'était un éléphant, ou un rhinocéros ? On voyage dans cette histoire gigogne sans une seconde d'ennui. Le format à l'italienne suit le trajet de la boite sans s'interrompre, parcourant des paysages sans cesse renouvelés.

Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?
Vous reprendez bien un peu de Pastèque ?

Le graphisme fort de cet album, les verts, les bleus, l'indispensable touche de jaune, les minuscules silhouettes qui traversent chaque page avec un petit air penché de Jacques Tati, tout concourt à rendre la lecture fluide et évidente, jusqu'au dénouement inattendu.

Qu'y a-t-il dans la boite ?
Pieter Gaudesaboos
La Pastèque, mai 2016

 

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