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mes petites bêtises #5

Publié le par Za

Il y a bien longtemps que je n'avais fait un détour par l'atelier d'écriture de Leiloona...
Une photo, quelques mots...

© Sabine

© Sabine

Et voilà !
J'y suis arrivé !
Je l'ai enfin traversé. La première fois, c'était un mur tout simple, un peu de bois, de la boue, de la paille. Rien qui blesse et juste un minimum de concentration. Mais le mur du pierre, c'est pas la même histoire... Des mois que j'essaie. Des bosses, des coups, des égratignures, le métier qui rentre.
En réalité, le secret, c'est l'élan. Trop d'élan et, dans la précipitation, vos vêtements peuvent rester de l'autre côté. Pas dangereux en soi, mais terriblement gênant. Pas assez d'élan et c'est l'entre-deux. Ni d'un côté, ni de l'autre, coincé entre deux mondes. Certains n'en sont pas revenus, condamnés à vie au ciment, à la lentre transformation.
Alors, ce mur, je l'ai choisi avec soin. Des fissures où se glisser, de la pierre tendre. Le bâton, je l'ai pris au dernier moment, une inspiration de dernière minute, le besoin de s'accrocher à quelque chose de tangible.
Et voilà, j'y suis !
De l'autre côté, mon maître m'attend. Mon apprentissage va enfin pouvoir commencer.
"passe-muraille niveau 1"
Ce n'est que le début.

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heure bleue

Publié le par Za

heure bleue

Le jour s'éloigne... bientôt la nuit.
Entre les deux, elle passe...
C'est l'heure bleue.

heure bleue

C'est dans cet interstice infime que se glisse Isabelle Simler avec cet indescriptible imagier. Et il s'en passe des choses, durant ce crépuscule. Un nuancier ouvre le livre, 32 nuances de bleu, du bleu dragée, au bleu nuit. Tout un tas de bestioles se presse, dans l'air, sous l'eau, chacun darde son regard au fur et à mesure que le jour décline. La nuit tombe, elles ne sont plus que noires silhouettes.

heure bleue

Isabelle Simler est une valeur sûre de l'émerveillement, mais avouons-le, avec cet album, on est plus proche de l'uppercut visuel. Les majestueuses doubles pages donnent envie de s'approcher, le nez dans le papier, pour scruter chaque détail, chaque trait. C'est un travail de virtuose, magnifié par une qualité de papier, d'impression qui laisse rêveur. Bref, tout cela est simplement à tomber par terre, mais bien calé sur un tapis moelleux avec des coussins, histoire de pouvoir continuer à lire.

heure bleue
heure bleue

heure bleue
Isabelle Simler
éditions Courtes et longues
mars 2015

Gaëlle est sous le charme, la Soupe de l'espace n'en revient pas...

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Lettres à mon cher petit frère qui n'est pas encore né

Publié le par Za

J'avoue que les histoires de fraternité/sororité me touchent peu. Je n'y connais rien - d'un point de vue personnel, j'entends. Mais je ne suis pas obtuse comme fille, et quand un livre de prime abord étrange me bouscule, j'aime assez.

Lettres à mon cher petit frère qui  n'est pas encore né

Il y a d'abord ce dessin de couverture, absolument intemporel et cette écriture appliquée mais un peu hésitante, image de la détermination de celui qui a quelque chose d'important à dire et finit par se lancer.
Le premier à interpeller l'autre, c'est le petit à venir, bien ignorant de sa propre identité, garçon ou fille, sans prénom encore. C'est lui qui adresse la première lettre à son aîné, lequel se fait une joie de répondre, ne serait-ce que pour lui montrer sa science de la vie, lui, le grand. Pas franchement ravi de l'arrivée du minuscule, il endosse peu à peu le rôle de grand frère.

Lettres à mon cher petit frère qui  n'est pas encore né

Monsieur qui se prend pour le centre de l'univers,
Je ne vous connais pas encore, mais vous commencez à m'énerver.
Au centre du monde, j'y suis moi aussi, et j'y reste !
Votre grand frère agacé.

Page de gauche, la lettre, page de droite, le dessin. Les lettres se suivent, questions, réponses, craintes, fierté. Et l'on se vouvoie puisqu'on ne se connait pas encore. L'illustration joue le contraste entre l'environnement familier du grand, et l'univers onirique du petit astronaute tout nu voguant de planète en étoile, au gré de son cordon ombilical. Le texte manie le réalisme des sentiments et l'humour, la tendresse aussi.

Lettres à mon cher petit frère qui  n'est pas encore né

Cet album épistolaire évite tous les écueils du genre. Il est un objet hors du commun, à hauteur d'enfant, avec respect.

Lettres à mon petit frère qui n'est pas encore né
Frédéric Kessler & Alain Pilon
Grasset Jeunesse, février 2015

Retrouvez ces lettres à la Soupe de l'espace mais aussi du côté de La belle illustration, des Sandales d'Empédocle, de Gaëlle la libraire, de la Mare aux mots...

Et plutôt que de rejoindre l'étagère de mes préssssieux, ce beau livre va bientôt se retrouver dans les menottes d'un petit bonhomme qui vient de devenir grand frère, mais chut ! c'est une surprise...

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le journal de Gurty

Publié le par Za

Des trains, il y en a plein. Au moins quatre. Il y en a un pour Paris, un pour la Provence et puis un autre pour l'Amérique, mais celui-là, il vole.

le journal de Gurty

C'est justement du train pour la Provence que débarquent Gurty et son maître, sur le quai de la gare d'Aix-en-Provence, pour de longues vacances, du 1er au 42 juillet. D'ailleurs, une petite invraisemblance pour commencer, qui peut bien bénéficier de vacances aussi longues ? (à part moi, bien sûr)

Mais en attendant, je suis allée me coucher. La sieste dans le train m'avait épuisée et il fallait que je sois en forme pour demain, car j'aurais plein de vacances à faire.

Les vacances donc, à hauteur de Gurty, une très épatante bestiole. On savait que Bertrand Santini écrivait carrément bien - et ce texte le confirme une fois pour toutes. Et voilà que, lassé sans doute d'avoir à partager les projecteurs des dédicaces et l'admiration des admirateurs, il a illustré ce roman lui-même. Bien lui en a pris ! Qui d'autre aurait pu dessiner Gurty sans la trahir ? Qui d'autre aurait pu rendre si justement ce regard malin, cette truffe frémissante, ce poil enjoué, ce caractère ébourriffé ? (ou l'inverse) Qui d'autre aurait pu brosser cet hilarant bestiaire ?

le chat Tête de Fesses / l'écureuil qui fait hi hi / Fleur (c'est elle que je préfère)
le chat Tête de Fesses / l'écureuil qui fait hi hi / Fleur (c'est elle que je préfère)

le chat Tête de Fesses / l'écureuil qui fait hi hi / Fleur (c'est elle que je préfère)

Les vacances, c'est l'aventure, le grand air, les retrouvailles avec les amis, la rigolade. (et je m'y connais en vacances, croyez-moi) Cependant, je me permettrai ici une remarque. Quand je lis, je n'aime pas rire - parce que je lis le plus souvent allongée et que ça secoue le livre.
C'est pénible.
Et ça m'est arrivé souvent en lisant Le journal de Gurty.

A ma surprise générale, Gaspard m'a traité de cochonne et il m'a dit que c'était nul d'avoir tué "un animal comme moi".
Mais d'abord, c'est pas moi qui l'ai tué, le rat. Il s'ennuyait tout seul dans la cuisine, alors je l'ai mordu pour rigoler et ensuite, il est mort de vieillesse, peuchère. Et puis, le rat n'est pas "un animal comme moi". Lui, il est moche et noir, alors que moi je suis belle et en couleur.

Heureusement, ce texte est paré d'autres vertus que la pure rigolade. Car les livres, tout le monde le sait, c'est surtout fait pour faire réfléchir, notamment lorsqu'on s'adresse à des enfants, personnes au cerveau maléable, puisqu'en cours d'élaboration. Et j'en connais un rayon en cerveaux enfantins (comme dirait le Yark), vu que je passe une grande partie de mon temps à essayer d'en remplir une vingtaine (de cervelles). (le reste du temps, je suis en congés)
Grâce soit rendue à l'auteur de ce livre, ces vacances trépidantes et joyeuses sont également pour la candide Gurty l'occasion de se poser quelques questions essentielles, pour ne pas dire existentielles. A cet égard, nous lirons avec attention le chapitre en date du 32 juillet, intitulé Les oiseaux, une petite merveille du genre...

A ce sujet, des légendes prétendent que lorsqu'on meurt, on va au ciel. Si c'était vrai, ça ne changerait pas grand chose pour les oiseaux, de toute façon. Mais je trouve que ce ne serait quand même pas une raison pour les tuer de leur vivant.
Bizarre cette légende... Si elle était vraie, on ne saurait jamais si les oiseaux qu'on voit passer dans le ciel sont des vivants ou bien des morts.

J'arrive au terme de ce billet en me posant deux questions.
La première est importante, la seconde est cruciale.
La première donc : me suis-je bien fait comprendre ? Allez-vous, une fois ma chronique lue, vous ruer chez votre libraire indépendant le plus proche afin d'acheter ce roman échevelé et désopilant, qui vous tartinera de tendresse, à défaut de le faire de caca ? (car le caca est ici élevé au rang des beaux-arts, s'il en fallait un dixième)
La seconde me hante depuis plusieurs jours. Dans le rabat de la première de couverture, on peut lire ces quelques mots : Sous le pseudonyme de Bertrand Santini, Gurty a écrit et illustré ce livre elle-même. Cette phrase m'a fait frémir. Mais alors, lecteur chéri, si Gurty, toute mignonne et poilue qu'elle est, se révèle être la plume de Bertrand Santini, qui, je te le demande, lecteur égaré, alors qui, juste ciel, a écrit le Yark ?

le journal de Gurty

Le journal de Gurty
(Vacances en Provence)
Bertrand Santini
(à moins que ce ne soit la per
sonne à côté)
Sarbacane
collection Pépix
mai 2015 (c'est à dire tout de suite)

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Fadoli

Publié le par Za

Autant vous l’avouer, Marie-France Zérolo et moi, on se connaît en vrai, on ne s’est même pas rencontrées au bord du Cabas - parce qu’elle vit au bord d’un volcan, c’est vous dire ! Tout ça pour vous expliquer que ça va être une interview décontractée  comme tout, où on se tutoie en buvant des choses – enfin du thé.

Voici donc Fadoli, son troisième album aux éditions Courtes et Longues. Comme pour les précédents, Mathilde Magnan a chaussé ses crayons de sept lieues et nous en met plein la vue.

Fadoli

Le Cabas de Za – Je peux dire sans me tromper que Fadoli est, de loin, ton album le plus personnel…

Marie-France Zérolo – Oui ! C’est le tout premier texte fini que j’ai écrit…il y a 12 ans. L’écriture est un moyen que j’ai trouvé pour transformer les « maux » en « mots ». Je suis psychomotricienne de profession et je reçois beaucoup de personnes, disons, abîmées corporellement et/ou psychiquement. J’ai besoin de soupapes parfois pour  transformer ce qu’ils m’adressent.

Fadoli est l’un de ces textes « digestion », sorti tout d’un coup sans rature (ou presque), c’est un élan fort et le seul qui soit à ce point proche de ma profession, et donc de mon quotidien. 12 ans après je me reconnais encore dans ce quotidien et dans cette rencontre avec l’Autre.

Et puis Fadoli, c’est pas seulement l’autre-différent, dans le sens « handicapé », pas du tout, c’est aussi l’autre, étrangement familier dans ses différences toutes banales, et c’est aussi et surtout terriblement purement… moi. Voilà pourquoi c’est mon texte le plus personnel… sans compter le titre aux consonances provençales.

LCdZ – Tu parles d’un texte… Mais justement, dans cet album, il n’y en a pas beaucoup de texte ! Toi qui manie le verbe avec tant de délectation - rappelons-nous  Le héron et l’escargot en alexandrins ! – , as-tu dû te faire violence pour effacer à ce point les mots au profit de l’image ? Comment Mathilde Magnan et toi avez-vous travaillé pour cet album-là ?

MFZ - C’est un texte qui est sorti tout seul : POUF ! Quasiment sans rature. Et quand il a été fini il était… comme plein. Aucune frustration, donc. Il est écrit aussi par les images. Je porte les images depuis très longtemps dans ma tête. Les images étaient floues, dans un registre plutôt fantasmagorique, en gros je savais bien où je voulais en venir…mais il n’y avait que moi. Ce texte a attendu sur le bureau de quelques illustrateurs sans le moindre germe de début d’image. Au détour d’une « foire au tandem » (petit jeu de rencontre virtuelle entre des bouts de texte et des images pour création commune - la dernière chez Lydie Sabourin), Mathilde a attrapé mes premières phrases, et comme on se connaît bien maintenant, elle m’a dit « qu’est-ce que tu entends par là ? », du coup j’ai compris que le texte seul était un peu obscur.

J’ai alors scénarisé une histoire faite d’images, les fées qui ne seraient pas des petites bonnes femmes, le village avec ses « on dit », la colonie de fourmi, l’allumette, l’envol, la montagne dévoreuse, la digestion, le bateau, le naufrage… le bain. Tout ce qui représente certaines angoisses très archaïques rencontrées par des patients (angoisses d’engloutissement et de dévoration, de morcellement aussi, etc..).

Fadoli

MFZ - Avec Mathilde on a parlé  de couleurs, de vide, de pleins, d’éclats, de bouts de corps, de fil, de lumière, de fêlures pour que TOUT raconte et Mathilde a tout su traduire par ses propres images, sa jungle d’idées, tout son petit peuple à elle, ses couleurs travaillées si profondément, ses compositions, sa sensibilité, ses angles de vue…

Ensuite, il  y a notre éditeur qui a aussi tout compris au propos, qui a bien su voir que ce n’était pas un livre « sur le handicap », il nous a demandé plus d’images sans texte par exemple.

LCdZ – J’aime particulièrement la double page où Fadoli est paré d’ailes de papillon. La disproportion entre les ailes majestueuses et le corps accroupi, focalisé sur une minuscule bestiole, est frappante. A contrario, il est parfois représenté en très gros plan, comme fractionné…

Fadoli

MFZ - Elle est magnifique cette image, quand je l’ai découverte j’ai marqué une pause de quelques minutes. Mathilde a vraiment tout interprété avec sa palette d’émotions à elle. L’idée c’était de représenter le corps fractionné, morcelé, pour que la forme rejoigne le fond, et pour que ce soit un « corps qui raconte ». Ce qui est le cœur même de mon métier de psychomotricienne.
Il y a de la grâce dans ces disproportions, il y a de la beauté dans les fêlures. Et je ne parle pas seulement des fêlures du Fada, mais aussi des fêlures de tout le monde, de tout un chacun.

LCdZ - C'est exactement ce qui m'a touchée dans Fadoli. Il parle de nous tous, du pas de côté qu'on peut faire un jour, qu'on a déjà fait, qu'on fait de temps en temps.

Fadoli

Mais sinon, et pour être un peu plus indiscrète, et parce que je n’ai pas tous les jours l’honneur et l’avantage de recevoir une de mes auteures préférées, voici une rafale de questions brèves et senties. Quel est ton état d’esprit du moment, là,  tout de suite ?

MFZ – Je suis fatiguée. Fatiguée de ma petite virée dans le Sud, dans ma famille : qu’est-ce que tu veux, c’est tous des fadas !

LCdZ – Quelles étaient tes lectures d’enfant ?

MFZ – D’enfant ? « Oui-Oui » avec une très grande fierté de les commencer ET de les finir !!!! et des BD : « Boule et Bill », « Astérix », « Gaston Lagaffe » et adolescente : la série des Thorgal. Entre les deux des contes.

LCdZ – Quelles sont tes lectures d’aujourd’hui ?

MFZ – ça fait des années que je ne lis plus que de la littérature jeunesse. J’adore la Fantasy et le Théâtre jeunesse contemporain (Bottero, Mourlevat, Orson Scott Card, Oppel), le point commun étant… la poésie qui émane de l’écriture, des mondes inventés, de la langue, selon.
Et puis l’humour con, donc toujours les BD, Léonard est un génie, Achille Talon, Le Chat.
Harry Potter, de 1 à 7, et les Thorgal, (toujours) en livres de chevet.

LCdZ – Et quand je dis brèves, les questions…
Pourquoi ?

MFZ – Mais sans doute pour la bonne et simple raison, que , lorsque l’on veut aller  plus loin on DOIT ménager ses montures. Donc court. Oui.
Bien.
Bon.

Soit.
De fait.

LCdZ – Où ?

MFZ – Plus loin.

LCdZ – Et alors ?

Eh bé, voui.

Fadoli

Fadoli
Marie-France Chevron Zérolo & Mathilde Magnan
Éditions Courtes et l
ongues, 2015

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imagine

Publié le par Za

imagine
imagine

J'avais fini ma chronique lorsque j'ai vu cette vidéo. Alors, j'ai jeté ma chronique qui ne voulait plus rien dire parce qu'Aaron Becker dit tout mieux. Mais beaucoup mieux.

Alice au Pays des merveilles en short, avec un crayon, une cité alambiquée, des aqueducs à la Eischer, des machines volantes gentiment steampunk, les Milles et une nuits, le pouvoir de l'imagination et de l'audace au bout de la plume d'Aaron Becker, le tout aquarellé comme si c'était normal - la modestie du type !

imagine
imagine

Jetez-vous sur cet album sans texte - pas la peine !
Il suffit d'embarquer sur ce tapis volant...

imagine

Imagine
Aaron Becker
Gautier-Languereau, 2014

Journey
Cadleweek Press, 2013

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des filles ! (non mais)

Publié le par Za

Deux livres, tous deux signés Stéphanie Richard, deux filles qui me plaisent !

des filles ! (non mais)

Ce que je déteste par-dessus tout, c'est quand on m'explique que je peux pas jouer au foot sous prétexte que je suis une fille ou que je ne sais pas me battre sous prétexte que... ben, pareil. Alors que je suis tout de même l'inventrice de la célèbre Prise de l’Éléphant.

Cette prise, dont je ne vous dirais rien, fait de Popy une justicière tout à fait respectée dans la cour de récréation. Popeline, dite "Popy", a une famille ou plutôt deux, ce qui fait une famille finalement, deux lieux de vie radicalement différents mais qui font d'elle une fille équilibrée et... décidée. Et puis il y a ce super pouvoir...

des filles ! (non mais)

... un super pouvoir qui lui donne un redoutable ascendant sur son entourage. Encore faut-il le contrôler, ce super pouvoir... Popy se rends compte qu'elle ne fait pas l'unanimité. Des lettres anonymes circulent. Car, toute à sa curiosité, Popy en oublie parfois de ménager la sensibilité de ses amis, de sa famille. Ce roman est une tornade d'une drôlerie et d'une énergie communicative, peuplée de personnages attachants et doucement déjantés - mention spéciale à Greutch le hérisson - et les dessins de Joêlle Dreidemy n'y sont pas pour rien si vous voulez mon avis.

des filles ! (non mais)

Popy la tornade
Stéphanie Richard & Joëlle Dreidemy
Editions Sarbacane
collection Pépix, 2015

des filles ! (non mais)

Pour tout vous dire, je n'ai jamais fait de danse quand j'étais petite. C'est comme le patin à roulette, ça ne m'est jamais venu à l'idée. Et puis le tutu, ça ne va pas à tout le monde, c'est même assez casse-gueule comme exercice, je trouve.

des filles ! (non mais)

A moins que la danse ne soit une nature. On est danseur/danseuse ou pas. L'héroïne de cet album, sacrifiée sur l'autel des regrets maternels, est constamment décalée et ne le fait vraiment pas exprès, je vous l'assure. Mais comment convaincre sa mère que non, décidément, elle n'aime pas la danse ?

des filles ! (non mais)

Cet album vif, rapide, bat en brèche les idées reçues avec humour, sans ironie, juste pour s'amuser, avec tendresse aussi. Mais ne serait-ce pas ainsi tellement plus efficace ?

J'aime pas la danse
Stéphanie Richard & Gwenaëlle Doumont
Editions Talents Hauts
avril 2015

 

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la promesse de l'ogre

Publié le par Za

la promesse de l'ogre

La promesse de l'ogre...
Posé sur cette couverture magnifique, le titre est parfait, qui rappelle La promesse de l'aube de Romain Gary. Les pieds ballants, le fils de l'ogre regarde droit devant lui, au-delà de l'horizon.Tout est dit dans cete image, l'enfant guette, perdu dans l'ombre d'un arbre automnal, immobile devant un ciel bleu sans tache.

la promesse de l'ogre

Tous deux se passionnaient pour la botanique et les oiseaux. L'été était leur saison préférée. Ils préféraient la mer à la montagne, la douche au bain,. Les parfums du muguet et des violettes étaient de ceux qui les ravissaient.
Après le chant des oiseaux, Jean-Sébastien Bach était leur compositeur préféré.
Sans crainte de se tromper, l'on pouvait dire que le père et le fils s'aimaient.

Mais l'ogre est un ogre et le fils goûte peu la chair humaine. Alors le père promet. Plus jamais il ne mangera d'enfant, celui-ci était le dernier. Mais...

la promesse de l'ogre

L'amour entre ces deux-là est magnifique à voir. Il est fait de rigolades, de baignades dans la rivière, du chant des oiseaux, du miel et des fleurs de tilleul, du partage de la beauté de la nature. Un bonheur simple et doux, mis à mal par la violence du père, son irrépressible besoin de dévorer parfois un enfant. Le texte de Rascal est cru, sans faux semblant. Le père promet mais replonge. Il est décevant, provoque la révolte. Mais peut-on s'empêcher de l'aimer tant il est attentif et doux dans son rôle de père. Le fils, lui, va faire un choix.
Les images de Régis Lejonc, d'une extraordinaire densité, rendent poignante la solitude du fils, les nuits d'interrogation, l'espoir déçu et la grande tendresse. Jamais l'illustrateur n'occulte la sauvagerie de l'ogre. Il utilise les couleurs en virtuose : les bleus de la pénombre, les ors et l'ocre de l'automne.

la promesse de l'ogre
la promesse de l'ogre

La promesse de l'ogre est un album d'une grande franchise, balançant entre la frayeur et l'humanité des protagonistes.

La promesse de l'ogre
Rascal & Régis Lejonc
Pastel, mars 2015


Vous pouvez réécouter la chronique que Denis Cheyssoux a consacré à cet album dans l'indispensable émission L'as-tu lu mon p'tit loup ? sur la non moins indispensable France Inter, radio du service public, vous savez, de celles où l'on n'entend pas de pub...

Publié dans albums, Rascal, Régis Lejonc, Pastel

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Les affreux chandails de Lester

Publié le par Za

C'est du vécu, forcément.

Les affreux chandails de Lester

Les vilains tricots, les pulls qui grattent, les trop courts, trop serrés, ceux qui ont pile la mauvaise couleur, qui  ne ressemblent à rien de connu et plongent leur propriétaire dans un embarras abyssal... Lester est de ces malheureux. Et maudit soit le crocodile qui a dévoré la maison de Cousine Clara, obligeant la serial tricoteuse à se réfugier chez lui.

Les affreux chandails de Lester

Malgré ses louables efforts pour détruire, cacher ces horreurs, Lester est confronté aux moqueries. Quand on voit l'allure des chandails, on pouffe aussi, l'air de rien. Et on pourrait être tenté de se ranger du côté des railleurs.
D'emblée, Lester se présente comme une petite personne particulière, rédacteur de listes alphabétiques de choses suspectes, adepte des chaussettes millimétriquement égales, bref, le genre à ne pas bousculer. L'irruption de Cousine Clara dans son quotidien est, de fait, une sorte de cataclysme. D'office différent, Lester ne l'est que davantage une fois affublé des pulls dont l'originalité défie les lois du bon goût. Cette différence, poussée à l'extrême, fait le noeud de l'album. Lester finit par ressembler à un extraterrestre.

Les affreux chandails de Lester

C'est un évènement somme toute banal, une fête d'aniversaire, qui va permettre à Lester de sortir de ce cauchemar. Mais pour cela, il va devoir bouleverser ses croyances et aller lui-même au-delà de ce qu'il pense être la différence.

Les affreux chandails de Lester

K. G. Campbell rend palpables la bêtise et la méchanceté de certains, la réjouissante étrangeté des autres. Chaque caractère, chaque trogne est soignée, avec tendresse mais sans pitié pour autant. Il allie humour et noirceur et l'on est tenté d'évoquer l'ombre tutélaire d'Edward Gorey.
Les affreux chandails de Lester est un album profond et drôle comme on en lit rarement.

K. G. Campbell
Les affreux chandails de Lester
(Lester's Dreadful Sweaters, 2012)
traduction de Fanny Britt
Editions de la Pastèque, 2014

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quand je dessine, je peux dépasser...

Publié le par Za

... mais pas que !
Tous les enfants dessinent. Et puis un jour, fatalement, ils s'arrêtent.
Mais dans le tas, il y en a toujours 2 ou 3 qui continuent, obstinément.
Ceux-là seront dessinateurs.
Un dessinateur, donc, c'est un enfant qui n'a pas arrêté de dessiner.

quand je dessine, je peux dépasser...

50 dessins
50 dessinateurs
(que du très beau monde)
50 mots pour parler de ce qui peut se passer
quand on dessine

quand je dessine, je peux dépasser...
quand je dessine, je peux dépasser...
quand je dessine, je peux dépasser...
quand je dessine, je peux dépasser...

Un livre à lire, regarder, expliquer, discuter, s'étonner,
découvrir, s'approprier, dessiner, colorier.
Rien n'est interdit !

quand je dessine, je peux dépasser...

Quand je dessine, je peux dépasser...
Actes Sud Junior, hélium, Rouergue, éditions Thierry Magnier

mars 2015

 

quand je dessine, je peux dépasser...

Tous les bénéfices de ce livre seront reversés à Charlie Hebdo,
en faveur de la liberté d'expression.

 

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